Un virage à 180 degrés

3 février 2022

La désignation de l’infirmière de formation et ancienne vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Shirley Dorismond, à titre de candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Marie-Victorin, soulève certaines interrogations eu égard à des critiques qu’elle a faites sur la gestion de crise dans des déclarations précédentes

À titre d’exemples, dans une vidéo datée de mai 2021, Shirley Dorismond établit un rapport entre le manque d’équipement de protection individuelle dans le réseau et l’hécatombe dans les CHSLD. Lors d’un débat virtuel organisé en mai 2021 par l’Institut Santé et société de l’Université du Québec à Montréal, elle y va d’une critique virulente sur la gestion de crise du gouvernement, notamment dans les centres de soins de longue durée (CHSLD). « Le gouvernement a fait le choix de remettre l’équipement aux hôpitaux en premier lieu, explique-t-elle. On a laissé pour compte les CHSLD. »

Or, en présentant sa candidate aux médias, François Legault a allégué qu’elle devait défendre ses membres à titre de responsable d’un syndicat. Deux jours plus tard, dans une communication écrite, Shirley Dorismond affirme que « dans les circonstances, devant une telle crise sans précédent, le gouvernement a agi dans le meilleur intérêt des Québécois et des travailleurs de la santé, avec les informations qu’il avait ».

Est-il vraiment plausible que, huit mois seulement après avoir vivement critiqué la gestion de crise de François Legault, Mme Dorismond ait fait un virage à 180 degrés et lui donne maintenant sa bénédiction sans condition? Permettez-moi de ressentir un sérieux doute sur la conversion subite de Shirley Dorismond qui a, selon moi, senti l’attrait du pouvoir en faisant le saut chez la CAQ.

vigile.quebec tribune libre 3 février 2022
Le Soleil 5 février 2022

Le yo-yo de Legault

2 février 2022

Depuis le début de la pandémie, on ne compte plus les occasions où François Legault a fait marche arrière sur une mesure sanitaire proposée quelques semaines auparavant, une situation qu’il attribuait généralement à l’imprévisibilité du virus.

À titre d’exemple récent, il y a à peine un mois, le premier ministre annonçait la création d’une taxe santé à titre de mesure incitative contre les non-vaccinés. « C’est pas vrai que ce 10% de la population va venir nuire aux 90% de la population… On est rendu là: les personnes qui refusent de se faire vacciner amènent un fardeau financier important sur la majorité des Québécois. », avait lancé François Legault.

Or, un mois plus tard, la situation, semble-t-il, a changé aux yeux du premier ministre. La grogne se fait entendre de plus en plus dans la population depuis trois semaines, une grogne amplifiée par le convoi des camionneurs. Toujours selon M, Legault, l’heure est maintenant à la « cohésion sociale », à un retour au « vivre ensemble ».

En une trentaine de jours, les Québécois sont passés littéralement de la ligne dure à la main tendue, d’une mesure punitive à une ouverture à la paix sociale. Comme dirait l’autre, c’est quoi le rapport? Comment expliquer chez notre premier ministre un tel changement de discours dans un lapse de temps aussi court?

À mon avis, je n’y vois qu’une seule explication et elle est essentiellement politique : au moment où le début de la campagne électorale est à nos portes, il serait catastrophique que la CAQ subisse les effets de la grogne persistante eu égard aux mesures sanitaires. Conséquemment, il faut s’attendre dans les prochains jours et semaines à un allègement croissant des mesures sanitaires pour redonner aux Québécois le goût du « vivre ensemble »… et cela, comme par hasard, quelques mois avant le jour du scrutin!

Le Soleil (version internet) 2 février 2022
vigile.quebec tribune libre 3 février 2022

Les rouspéteurs

2 février 2022

Parti de la Colombie Britannique dans l’intention de faire lever la mesure sanitaire obligeant la vaccination pour traverser la frontière, le convoi des camionneurs a vite dégénéré en une contestation de l’ensemble des mesures sanitaires au fur et à mesure qu’il progressait vers Ottawa.

Les contestataires en ont ras-le-bol. Ils ne demandent rien de moins que la levée complète des mesures sanitaires, plusieurs d’entre eux menaçant même d’occuper les lieux tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas obtenu gain de cause.  De son côté, le premier ministre Justin Trudeau demeure ferme, arguant que ce n’est pas en rouspétant que les Canadiens vont sortir de cette crise mais plutôt en se faisant vacciner.

À mon avis, Justin Trudeau, en traitant les manifestants de rouspéteurs, commet deux erreurs stratégiques venant de la bouche d’un premier ministre responsable. Tout d’abord, il englobe tous les récalcitrants dans un seul tout homogène, ce qui est complètement faux. Ensuite, il suscite la provocation, ce qui va à l’encontre de toute possibilité d’entente entre son gouvernement et les camionneurs.

En conséquence, le premier ministre devrait maintenir la ligne dure devant les tenants d’une levée complète des mesures sanitaires tout en ouvrant la porte à la négociation eu égard à l’obligation de la vaccination des camionneurs pour traverser la frontière. En réalité, il doit revenir à l’origine du mouvement et isoler la frange complotiste qui s’y est greffée en chemin.

vigile.quebec tribune libre 1er février 2022

Pour l’amour de notre langue

2 février 2022

Mon intention ici est de mettre l’accent sur la beauté et la richesse du français parlé au Québec, partant du principe qu’on ne protège bien que ce que l’on connaît bien.

Lors de mes études en linguistique à l’université Laval au début des années ’70, j’ai eu l’extrême privilège d’avoir comme professeur l’éminent linguiste québécois Gaston Dulong dont le style coloré n’avait d’égal que son immense talent de communicateur. Aujourd’hui, je peux affirmer avec certitude que Gaston Dulong a été la bougie d’allumage qui a contribué à créer en moi l’amour de notre langue franco-québécoise, un amour qui ne s’est jamais démenti depuis lors.

Le bilinguisme, une utopie

Le bilinguisme canadien à la Pierre Elliot Trudeau est une utopie. Un État, quel qu’il soit, en viendra toujours à parler la langue du dominant en assimilant avec les décennies la langue du dominé. À titre d’exemple actuel, on n’a qu’à constater l’anglicisation galopante et fort inquiétante de la grande région métropolitaine. 

C’est l’écrivain et humoriste québécois, Albert Brie, qui disait que « le bilinguisme au Canada, c'est parler en anglais et se taire en français ». Dans cette foulée, vous n’avez qu’à observer le style révérencieux des vendeurs dans les boutiques du Vieux Québec qui en oublient leur français devant l’arrogance des clients anglais qui utilisent uniquement leur langue sans vergogne. Une image saisissante du dominant imposant littéralement sa langue au dominé.

La syntaxe, cette grande malmenée

La construction de la phrase, à savoir la syntaxe de notre langue, tient son origine de la phrase latine tandis que la langue anglaise est d’origine germanique. Or, dans le langage courant, il n’est pas rare que notre phrase française se colle au modèle syntaxique anglais comme dans ce regroupement de mots « la fille que je parle avec… » copié sur le modèle « the girl I speak with… ». Il arrive souvent aussi que notre phrase française souffre d’une mauvaise construction sur le plan syntaxique, telle « la chose que je te parlais… »

En bref, la structure de la phrase française, à savoir sa syntaxe, est comparable à la charpente d’une maison en ce sens qu’elle incarne l’agencement de mots qui confère au message toute sa beauté et sa cohérence.  

Les québécismes et les amérindianismes

Le français du Québec est une langue riche dans laquelle vivent en harmonie des québécismes et des amérindianismes qui nous caractérisent en tant que peuple héritier de ces trésors socio-culturels.

C’est ainsi que le franco-québécois contient une kyrielle de mots empruntés aux réalités d’ici appelées québécismes, tels guignolée, tapocher, jasette, ramancher, parlure, etc… auxquels s’ajoutent les amérindianismes comme achigan, atoca, caribou, rabaska, touladi, etc.. , une kyrielle de termes qui contribuent à enrichir notre langue. Entre parenthèse, nous n’avons pas à rougir devant nos cousins français eu égard aux anglicismes, lesquels font leur « grocery » et vont au « drugstore ».

Le français, une langue fière

Le français du Québec, à l’exemple de ses parlants, est une langue fière qui a traversé les mers pour s’établir ici dans ce vaste pays de froids et d’interminables hivers où il y a vite pris racine et s’est senti chez lui.

En ces temps de grande turbulence où le français au Québec semble parfois bien fragile et où les Québécois doivent régulièrement monter aux barricades pour protéger leur langue, le temps est venu de rappeler à la mémoire collective les gestes héroïques de nos ancêtres qui ont su lui conserver la vigueur qu’il manifeste encore aujourd’hui malgré les nombreux écueils qui se dressent si fréquemment sur son chemin.

vigile.quebec tribune libre 1er février 2022
Le Journal de Québec 4 février 2022

Le troisième lien est-il une priorité?

30 janvier 2022

Un sondage réalisé auprès de résidents de la Capitale-Nationale, de la ville de Lévis et de la circonscription de Bellechasse, sur la Rive-Sud par la firme Mainstreet en juin 2021 et commandé par la Coalition avenir Québec (CAQ) conférait 60 % d’appui en faveur d’un 3e lien sous-fluvial entre Québec et Lévis, incluant une voie réservée pour les autobus électriques.

Or, aujourd’hui, certaines voix s’élèvent eu égard à la priorité d’un tel projet, à savoir la pertinence d’être considéré comme plus important que tout autre projet. Force est de constater que certains secteurs de la société, notamment la santé et l’éducation, souffrent de carences qui, selon moi, sont prioritaires à la construction d’un tunnel de quelque 10 milliards $.

On entend depuis des décennies que notre système de santé craque de partout et que plusieurs de nos écoles sont en décrépitude. C’est sans compter la pénurie flagrante de personnel en santé et en éducation à laquelle la pandémie nous a confrontés implacablement depuis presque deux ans.

Avec une somme aussi astronomique, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pourrait, entre autres, améliorer les conditions de travail du personnel infirmier et, de ce fait, attirer davantage de candidats au baccalauréat en sciences infirmières. De plus, il ne fait aucun doute que le projet de « refondation » du MSSS avancé par le gouvernement nécessitera des investissements substantiels.

En ce qui a trait à l’éducation, la construction de nouvelles écoles répondant aux besoins du milieu actuel devrait voir le jour pour le plus grand bien des jeunes du Québec. À court terme, il serait plus que temps que les élèves et les enseignants puissent évoluer dans un milieu où la qualité de l’air répond aux critères de la santé publique.

vigile.quebec tribune libre 30 janvier 2022
 

La contribution santé ne tient pas la route

30 janvier 2022

De toute évidence, le projet de François Legault d’instaurer une contribution santé aux non-vaccinés fait couler beaucoup d’encre par les temps qui courent, certains manifestant leur approbation à une telle mesure, d’autres y voyant une entorse flagrante à l’éthique.

En ce qui me concerne, il m’apparaît pertinent de placer cette question dans le contexte des mesures sanitaires. Or, la contribution santé est-elle une mesure sanitaire destinée à freiner la propagation du variant Omicron au même titre que le port du masque, la distanciation physique ou le lavage des mains? De toute évidence, la réponse est non. Et, de surcroît, en instaurant une contribution santé aux non-vaccinés, le premier ministre François Legault ne s’apprête-t-il pas à ouvrir pour une première fois une brèche importante dans la gratuité universelle de notre système de santé ?

Dans cette foulée, à la question d’un journaliste au directeur national de santé publique du Québec par intérim, le Dr Luc Boileau, lors d’un point de presse le 27 janvier sur son opinion concernant le bien-fondé d’une contribution santé aux personnes non-vaccinées, a répondu que cette mesure en était une économique et qu’il n’était donc pas de son ressort d’y répondre, une façon de dire qu’une telle mesure n’est pas du domaine de la santé publique.

Enfin, j’ajouterais qu’une telle contribution financière est porteuse de discrimination envers les personnes à faible revenu par rapport aux mieux nantis qui, sans l’ombre d’un doute, ne souffriraient pas d’une telle contribution financière… Bref, la contribution santé ne tient définitivement pas la route!

vigile.quebec tribune libre 30 janvier 2022

Qui est Éric Duhaime?

28 janvier 2022

S’il est un personnage public coloré sur la scène médiatique, c’est bien Éric Duhaime. Aussi, par curiosité, je suis allé sur Wikipédia pour en savoir davantage sur le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) depuis le 17 avril 2021.

Voici donc un condensé de ce que j’ai obtenu qui, je l’espère, saura attirer votre attention et peut-être, votre intérêt…

Biographie

« Éric Duhaime est détenteur d’un baccalauréat en science politique de l’Université de Montréal et d’une maîtrise en administration publique de l’École d’administration publique (ÉNAP). Il publie en janvier 2012 l'essai politique intitulé L'État contre les jeunes : comment les baby-boomers ont détourné le système (VLB éditeur). Il fait paraître en mars 2013 l'essai politique Libérez-nous des syndicats (Éditions Genex). Il publie en novembre 2014 l'essai politique La SAQ pousse le bouchon (VLB éditeur).

Le 20 mars 2017, il annonce publiquement son homosexualité durant l'émission de radio Duhaime et Drainville le midi. Il déclare aussi que le combat pour l'égalité des gais et lesbiennes est remporté, et critique les associations de défense des homosexuels, qui ont selon lui « intérêt à créer une industrie de la victime ». Cette annonce précède la sortie de son livre La fin de l'homosexualité et le dernier gay où il estime que les organismes défendant les homosexuels et les femmes devraient recevoir désormais moins de financements publics.

Carrière politique

Dans les années 1990, il est militant du Parti québécois et du Bloc québécois, puis il s'engage dans l’équipe de Stockwell Day dans le début des années 2000, lors de la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada.

Il se présente pour la première fois aux élections en 2003, avec l'ADQ, dans la circonscription de Deux-Montagnes, où il termine troisième. Il est attaché politique de ce parti de 2003 à 2005, puis de 2007 à 2008.

En septembre 2010, Duhaime, de retour au Québec, cofonde le Résean Liberté-Québec, un mouvement d'inspiration libertarienne prônant un renouveau du conservatisme et du nationalisme de la droite au Québec. Le mouvement, qui présente des similitudes avec le Tea Party américain, prône une limitation de l’État providence, un rôle de l’État amoindri, des budgets équilibrés, des marchés libres et une forte concentration sur les libertés individuelles.

Le 22 novembre 2020, Duhaime annonce qu'il se présente à l'élection de la chefferie du Parti conservateur du Québec pour succéder à Adrien Pouliot. Il remporte l'élection avec un peu moins de 96 % des voix, le 17 avril 2021.

Controverses et polémiques

Québec solidaire – Amir Khadir

En juin 2011, Duhaime et l'animateur Mario Dumont reçoivent un blâme du Conseil de presse du Québec pour des propos inexacts tenus le 16 décembre 2010 dans le cadre de l'émission quotidienne Dumont 360. Duhaime et Dumont avaient alors faussement affirmé que le député Khadir était un partisan de la thèse du complot relativement aux attentats du 11 septembre 2011.

La communauté noire

En janvier 2014, Éric Duhaime, dans son émission de Radio X Montréal, Duhaime le midi, fait valoir que « la communauté noire a peu de représentants dont elle peut être fière », affirmant notamment : « Je trouve ça plate parce que les Noirs ont eu peu de héros. Malheureusement, j'ai l'impression que quand ils ont des héros, ça finit souvent que c'est des zéros » et citant plusieurs personnalités noires pour étayer son propos. Ces propos sont critiqués par plusieurs acteurs de la société québécoise, dont le chanteur Karim Ouellet.

Les agressions sexuelles[

À la suite du rassemblement à l’Université Laval contre les agressions sexuelles du 19 octobre 2016, l’animateur de radio Éric Duhaime, lors de l’émission du 20 octobre 2016 de Duhaime-Drainville le midi à la station de radio FM93, est revenu sur des propos qu’avait tenus une jeune femme lors de ce rassemblement. Dans l’extrait présenté, on entend une femme expliquer que, pour elle, la culture du viol c’est faire porter la responsabilité du viol à une femme qui n'aurait pas « barré sa porte ». Elle faisait référence aux intrusions par effraction qui sont survenues à l'Université Laval lors de ces agressions. Après avoir passé l’extrait, Éric Duhaime a comparé une agression sexuelle à un vol d’auto, soutenant que le propriétaire du véhicule est tenu responsable du vol par son assureur s'il n'a pas verrouillé ses portes.

En mars 2017, il déclare : « Pour moi, il n'y a pas de culture du viol au Québec. C'est une création des militants. Ça voudrait dire que le viol fait partie de notre culture en tant que Québécois. Je m'excuse, mais les Québécois qui nous écoutent ne sont pas tous des violeurs potentiels ».

Covid-19

Lors de la pandémie de COVID-19, Duhaime organise avec Josée Turmel, ancienne chef d'antenne de TQS, une manifestation contre les masques à l’école à Québec, à laquelle participe près de 2 000 personnes.

En août 2021, il est expulsé d'une commission parlementaire à la suite d'une entente entre les autres partis pour limiter le nombre de personnes présentes, en raison de la pandémie de COVID-19. Il exprime par la suite son indignation aux médias.

Attachées politiques

En 2021, sur les ondes de CHOI Radio X, Éric Duhaime tient les propos suivants sur les attachées politiques féminines: « Sont toutes "laites", Jeff, oublie ça », en réponse à l'animateur Jeff Fillion. Ces propos suscitent une réponse de François Legault, premier ministre du Québec; au moment des faits, celui-ci qualifie ces propos de « disgracieux ».

vigile.quebec tribune libre 28 javier 2022

Un tramway qui divise

25 janvier 2022

S’il existe un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre à Québec depuis quatre ans, c’est bien le projet de construction d’un tramway dans la Capitale nationale. À cet effet, le dernier sondage Léger indique qu’une majorité de citoyens, soit 52 %, s’opposent maintenant à la construction d’un tramway, parmi lesquels 62 % arguent que ce n’est pas le bon type de véhicule pour la ville de Québec et que les autobus suffisent. Du côté des partisans, 37 % des répondants se disent convaincus que le tramway facilitera les déplacements sur le territoire de Québec alors que 38 % des opposants soutiennent que le tramway accentuera la congestion.

Une statistique intéressante : 56 % se disent familiers avec le projet contre 43 % qui répondent être peu ou pas du tout familiers et cela, quatre ans après le lancement du projet de réseau structurant de transport en commun. Il n’en fallait pas davantage pour que le maire Marchand s’apprête à présenter une mise à jour sur le tramway, notamment au sujet des dépassements de coût et des modifications qu’il envisage d’apporter au projet.

Dans un communiqué, le maire Bruno Marchand affirme que « Nous sommes convaincus que des efforts de communication accrus et une plus grande transparence aideront à mieux faire connaître le projet et à faire remonter le taux d’adhésion. Nous devons être meilleurs pour que tous les citoyens puissent découvrir et s’approprier celui-ci. Nous voulons que la population rêve ce projet avec nous. »

Quoi qu’il en soit, si le sondage est clair sur un point, c’est que les citoyens sont divisés sur la pertinence d’un réseau structurant à Québec. Conséquemment, le maire devra sortir des arguments solides de son chapeau pour renverser la tendance et faire en sorte que « la population rêve ce projet avec nous. »

quebechebdo triune libre 25 janvier 2022
vigile.quebec tribune libre 26 janvier 2022

Motion de non-confiance envers la Santé publique?

24 janvier 2022

Dans le but de pallier l’inexistence d’information de la part du gouvernement et de la Santé publique eu égard à la prévisibilité dans l’évolution de la pandémie, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, propose la création d'une unité ayant comme mandat d'anticiper la venue d'une prochaine vague de COVID-19 et de faire le lien avec les différents milieux des affaires telles la restauration et la culture. Toujours dans la foulée d’assurer une meilleure prévisibilité, le PLQ suggère la mise sur pied d'un comité scientifique indépendant dirigé par le scientifique en chef du Québec dans le but de renforcer le volet scientifique et mieux anticiper l’avenir.

N'en déplaise à Dominique Anglade, l’ensemble des mandats prévus en relation avec la création des deux nouvelles structures proposées par la cheffe du PLQ sont sous la responsabilité de la Santé publique. Est-ce à dire que le PLQ de Dominique Anglade, en agissant de la sorte, est en train d’adresser « indirectement » une motion de non-confiance à la Santé publique?

Quoi qu’il en soit, si tel est le cas, le directeur de la Santé publique du Québec devrait sauter rapidement sur l’occasion qui lui est offerte pour procéder à la mise sur pied d’un instrument scientifique permettant de présenter à la population des tableaux de prévisibilité de l’évolution du variant Omicron… à défaut de quoi il continuera de jouer au yo-yo avec le milieu des affaires et de contribuer davantage à la grogne qui se répand, notamment chez les restaurateurs et les organisateurs d’événements culturels.

vigile.quebec tribune libre 24 janvier 2022

Jean-François Lagaffe

24 janvier 2022

Je ne sais pas si je fais erreur mais j’ai parfois la curieuse impression que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, se trouve sur une autre planète. Son dernier périple sur terre l’a conduit devant les caméras pour déclarer en grandes pompes que le taux de CO2 dans l’air d’un local répond à la norme tant qu’il reste sous le seuil des 1500 parties par millions (ppm), à défaut de quoi les enseignants doivent assurer la circulation de l’air en ouvrant les fenêtres et les portes… dans une période de froid extrême qui stagne sur le Québec!

Or, la plupart des lecteurs de CO2 installés dans les écoles cet hiver, qui ne sont en passant que des indicateurs, montrent des taux supérieurs à la norme, une « nouvelle » qui ne fait que confirmer ce que tout le monde savait, soit que la qualité de l’air dans les écoles est mauvaise. La solution demeure dans l’installation d’échangeurs d’air…qui sont actuellement en fonction dans 400 classes sur des dizaines de milliers de classes au Québec.

Qu’à cela ne tienne, « la sécurité des occupants n’est […] pas compromise tant et aussi longtemps que les lectures ne dépassent pas les 5000 ppm sur huit heures », a assuré le ministre. « La ventilation est une mesure additionnelle aux mesures déjà en place, telles que le port du masque, la distanciation et les mesures d’isolement en cas de COVID-19 ».

En bref, en ce qui a trait à la ventilation pour l’instant, les enseignants disposent d’un milieu d’ « apprentissage » toutes fenêtres ouvertes devant des élèves portant des tuques et des gants pour se protéger d’un froid qui frise les 14 °C dans les classes.

Et pendant ce temps-là, Jean-François Lagaffe, qui n’a pas tenu de point de presse depuis le 5 janvier, participe en commission parlementaire à l’étude de son projet de loi sur le « Protecteur » de l’élève … Curieuse de coïncidence, n’est-ce pas?

quebechebdo tribune libre 24 janvier 2022
vigile.quebec tribune libre 26 janvier 2022