28 janvier 2026
«Lâchez-moi avec les GES!», s’était exclamé Bernard Drainville, en conférence de presse durant la campagne électorale de 2022, en répondant à une question à propos du troisième lien reliant Québec et Lévis. Or le même Bernard Drainville, le 22 janvier 2026, maintenant ministre de l’Environnement, annonce le report de cinq ans de la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES), fixant l'objectif de -37,5 % à 2035 au lieu de 2030, une décision qualifiée par le ministre de « pragmatisme vert » visant à protéger l'économie. Et c’est toujours ce même Bernard Drainville qui annonce en grandes pompes le 24 janvier qu’il sera candidat à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) et, par conséquent, au poste de premier ministre du Québec jusqu’au scrutin d’octobre 2026.
C’est bien connu des analystes politiques, l’économie et l’environnement ne font pas toujours bon ménage, et le candidat à la direction de la CAQ semble privilégier nettement le volet économique au volet environnemental. D’ailleurs, à cet effet, lors du dernier remaniement ministériel de François Legault, les rumeurs circulaient dans les officines du parti à l’effet que Drainville convoitait le ministère de l’Économie, lequel a finalement été octroyé à sa rivale à la direction de la CAQ, Christine Fréchette.
Dans l’hypothèse où Bernard Drainville remportait l’investiture à la chefferie de la CAQ, les défenseurs de l’environnement devront surveiller étroitement l’impact de ses décisions à caractère économique sur les conséquences désastreuses des changements climatiques, son « pragmatisme vert » risquant de bifurquer subrepticement sur la voie économique perçue davantage pragmatique par le commun des mortels que la lutte contre les effets insidieux des gaz à effet de serre sur la protection de notre planète.
vigile.quebec tribune libre 27 janvier 2026
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26 janvier 2026
Adopté en avril 2025 dans la foulée de la loi visant à renforcer la protection des élèves, le code d’éthique impose aux centres de services scolaires ainsi qu’aux écoles privées une série de règles à suivre « selon la forme prescrite par le ministre ». Selon ce code d’éthique, les membres du personnel doivent maintenir « une distance professionnelle avec tout élève» en raison de leur «situation d’autorité». Ils doivent ainsi éviter «toute situation susceptible de générer de l’ambiguïté» dans leurs «rapports avec l’élève», et ainsi «refuser toute invitation ou participation à une activité ou à un événement à l’extérieur du cadre scolaire», peut-on y lire.
Or une enseignante d’expérience a reçu un avis disciplinaire provenant de sa direction parce qu’elle a annoncé son intention d’organiser un souper à la fin de l’année avec ses élèves et leurs parents pour souligner la fin de leur primaire comme elle le fait depuis déjà plusieurs années, une initiative qui contrevient, peut-on lire dans l’avis, au code d’éthique imposé au personnel scolaire.
En vertu de quel principe une activité sociale regroupant une enseignante, ses élèves et leurs parents s’ingère-t-elle dans l’obligation de « distance professionnelle» entre l’enseignante et ses élèves en raison de sa « situation d’autorité », les parents étant de surcroît présents à l’activité? Ne s’agit-il pas là d’un code d’éthique qui va au-delà du gros bon sens? Où est passée l’école « milieu de vie » qui faisait jadis l’apanage d’une école dans la continuité de la société?
Somme toute, il m’apparaît tout à fait hors propos de confondre éthique et socialisation entre l’enseignant et ses élèves, une contorsion malveillante qui ne peut que cantonner l’école dans son rôle éducationnel et en oublier son rôle communicationnel essentiel entre l’enseignant et les élèves qui lui sont confiés.
vigile.quebec tribune libre 25 janvier 2026
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25 janvier 2026
Si Mark Carney avait l’intention de lancer un appel à l’unité nationale sur les Plaines d’Abraham à Québec, encore eût-il fallu que ses références à l’histoire soient fondées, ce qui, de toute évidence, est à tout le moins idéalisé.
Primo en référence aux Plaines d’Abraham, Carney parle de coopération et de partenariat alors que l’histoire révèle que c’est le site où notre peuple a été conquis par la force. Deuzio les Plaines d’Abraham sont un lieu de conquête et de résistance et non pas de coopération. Tertio le Québec n’a jamais choisi d’entrer dans le Canada. Nous avons été soumis à des décisions imposées par des élites avec la force et la violence. Parler de « choix » aujourd’hui efface cette réalité. Et quarto la douceur et la coopération vantées par Carney tiennent de la pure fabulation alors que, dans les faits, nous avons dû lutter pour chaque droit, chaque espace de liberté, chaque usage du français si bien que rien ne nous a été donné, et que tout a été conquis par la force de notre mobilisation.
Le peuple du Québec connaît son histoire et il continuera de la défendre ad vitam aeternam. De facto, M. Carney, je vous invite à lire [ou relire] les événements relatant l’histoire des Plaines d’Abraham à Québec au lieu d’élaborer sans scrupule une mise en scène irréaliste cherchant à allumer l’unité nationale… à tout prix!
Le Soleil (version numérique) 25 janvier 2026
vigile.quebec tribune libre 25 janvier 2026
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23 janvier 2026
Visiblement, Donald Trump n’a pas apprécié l’allocution de Mark Carney prononcée au Forum économique mondial à Davos. À preuve le retrait de l’invitation du président au premier ministre canadien de faire partie de son « Conseil de paix ». « Veuillez considérer la présente lettre comme une notification du retrait par le Conseil de paix de son invitation à participer à ce qui sera le Conseil de dirigeants le plus prestigieux jamais réuni », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Or en réalité, le Conseil de paix du président américain est ni pus ni moins qu’une organisation accordant une large place aux partenaires historiques des États-Unis au Moyen-Orient, aux alliés idéologiques de Donald Trump et aux pays désireux d'attirer l'attention du président américain. En somme, l’exclusion de Mark Carney de ce Conseil de paix bidon à la tête duquel siège en roi et maître Donald Trump n’est qu’un coup d’épée dans l’eau.
vigile.quebec tribune libre 23 janvier 2026
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23 janvier 2026
Pour être bien honnête, je dois admettre que la relation diplomatique aplaventriste de Mark Carney envers Donald Trump m’a excédé énormément dès les premiers jours où les deux hommes d’État se sont rencontrés. Or son allocution au Forum économique mondial à Davos m’a agréablement surpris. Enfin me suis-je dit, notre premier ministre se tient debout et appelle un chat un chat.
Finies les pirouettes acrobatiques par peur des doléances malveillantes, voire incriminantes du président américain. « Aujourd'hui, je vais parler d'une rupture dans l'ordre mondial, de la fin d'une fiction agréable et du début d'une dure réalité, où la géopolitique, où la grande puissance principale, la géopolitique, n'est soumise à aucune limite, à aucune contrainte », a lancé le premier ministre canadien d’entrée de jeu.
La table était mise pour le grand retour au respect du droit international, de l’ordre mondial et de la souveraineté territoriale. « Si vous n'êtes pas à la table, vous êtes au menu » a argué Mark Carney soulignant de facto que les nations qui ne participent pas activement aux décisions mondiales deviennent des pions ou des victimes des grandes puissances. Or « …chaque jour nous rappelle que nous vivons à l'ère de la rivalité entre grandes puissances, que l'ordre établi fondé sur des règles s'estompe, que les forts peuvent faire ce qu'ils peuvent et que les faibles doivent subir ce qu'ils doivent », a poursuivi M. Carney du même souffle.
En revanche j’ajouterais un bémol à tout ce flux de bonnes intentions. Maintenant que Mark Carney a placé ses pièces sur l’échiquier, il doit mettre de l’avant son plan de match et, pour l’instant, à ce chapitre, les Canadiens demeurent encore sur leur appétit. En termes clairs, les bottines doivent suivre les babines s’il ne veut pas que son appel à la mobilisation contre les visées expansionnistes de Trump ne soit déplorablement perçu que comme un futile cri dans le désert.
vigile.quebec tribune libre 23 janvier 2026
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22 janvier 2026
Advenant la victoire du Parti québécois au scrutin d’octobre 2026, son chef, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), sera confronté à un double défi, soit de réaliser l’indépendance du Québec par voie de référendum au cours de son mandat, et d’être confronté à la mégalomanie chronique de son voisin du Sud, Donald Trump, eu égard à ses visées d’annexer le Canada comme 51e État des États-Unis. En revanche, le deuxième mandat de Trump prendra fin en 2029, ce qui ne laisse qu’un seule année à PSSP pour naviguer sans l’omniprésence du président dans la géo-politique québécoise, soit jusqu’à la fin de son mandat en 2030.
D’ici là, il reste trois ans à Donald Trump pour multiplier ses déclarations sur ses intentions de s’approprier le Canada et, pendant cette période, PSPP devra rassembler ses forces pour la victoire du « oui » dans un contexte où les défenseurs du fédéralisme useront de toutes les stratégies imaginables pour mettre en exergue la souveraineté du Canada.
Dans ce contexte explosif, il faudra surveiller de près la stratégie de Trump au cours des prochaines semaines eu égard à ses velléités d’acheter le Groenland, et le cas échéant, ses déclarations pointant l’annexion du Canada. À ce sujet, j’émets certaines réserves à l’effet que cette potentielle annexion se réalise avant le prochain scrutin provincial et, de ce fait, selon les tendances sur les intentions de vote des Québécois, les sondages laissent présager l’élection d’un gouvernement péquiste en octobre 2026.
Somme toute, quel que soit le scénario envisagé, il est clair que PSPP, advenant sa victoire à l’automne 2026, devra user de finesse dans ses approches avec Donald Trump qui, jusqu’à maintenant, ne s’est jamais prononcé sur l’éventualité d’un Québec souverain. Dans un contexte aussi explosif, je suis d’avis que PSPP devrait attendre le départ de Trump de la Maison-Blanche et tenir le référendum sur l’indépendance du Québec dans la dernière année de son mandat, soit en 2030.
vigile.quebec tibune libre 22 janvier 2026
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21 janvier 2026
Remettant en cause la souveraineté du Danemark sur le Groenland, dans un message adressé à son président, Jonas Gahr Store, Donald Trump y va d’une déclaration dont voici le début : « Étant donné que votre pays a décidé de ne pas m'attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à huit guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix ». (…) Un peu comme la mère qui apostrophe son enfant en ces termes : « Si tu ne manges pas ta viande, tu n’auras pas de dessert! ». Un chantage puéril qui illustre encore une fois toute la dynamique qui incarne l’éternel enfant qui survit dans l’inconscient de Donald Trump. Et dire que cet olibrius aspire se hisser parmi les grands de ce monde aux côtés de Vladimir Poutine et de Xi Jingping. De quoi craindre le pire pour la survie de l’ordre mondial sur notre planète.
vigile.quebec tribune libre 21 janvier 2026
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21 janvier 2026
Si on y réfléchit bien, le chef des libéraux fédéraux, Mark Carney, et le futur chef pressenti des libéraux provinciaux, Charles Milliard, présentent un profil possédant des caractéristiques similaires. Et de un, tous les deux n’avaient aucune expérience en politique lorsqu’ils se sont présentés à la chefferie de leur parti respectif, et de deux, ils sont des chefs non-élus, et de trois, les deux hommes sont issus de la sphère économique, Carney en tant qu’ex-gouverneur des banques d’Angleterre et du Canada, Milliard en tant qu’ex-président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Enfin et de quatre, si on pousse un peu plus loin la réflexion sur les similitudes liées aux circonstances entourant leur arrivée en politique, force est d’admettre qu’ils arrivent tous les deux à la tête de leur parti respectif pour répondre à un besoin pressant de changement des Libéraux sur les deux scènes politiques à la suite des démissions en catastrophe de Justin Trudeau et de Pablo Rodriguez.
À ce jour, les comparaisons s’arrêtent là. En effet, pour que les similitudes puissent s’ajouter au profil des deux chefs politiques, il faudrait que le nouveau chef du PLQ puisse combler l’écart qui le sépare du PQ et obtienne le pouvoir en octobre 2026, un scénario qui fait encore partie du monde de la pure spéculation. Toutefois, le cas échéant, il faudra ajouter une cinquième comparaison entre le profil des deux chefs libéraux. À cet effet, rappelons que le plus récent sondage Léger, paru le 17 décembre, jour de la démission de Pablo Rodriguez, prévoyait que le Parti libéral terminerait deuxième derrière le Parti québécois à 35 %, avec 20 % du vote populaire.
Enfin si Charles Milliard parvient à tenir dans l’ombre les scandales qui hantent le PLQ depuis des décennies, qu’il incarne, à l’image de Mark Carney, le sauveur attendu et qu’il remporte le prochain scrutin, le tableau des comparatifs entre les deux chefs libéraux atteindra le chiffre six, certainement une primeur sur la scène politique fédérale-provinciale. Entre temps, Charles Milliard ne dispose que de 6 ou 7 mois [ s’il y a course au leadership ] pour mobiliser ses troupes et regagner la confiance des Québécois, particulièrement dans les régions.
vigile.quebec tribune libre 20 janvier 2026
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19 janvier 2026
En 2011, François Legault créait la Coalition avenir Québec (CAQ), un parti politique qui regroupait des fédéralistes et des souverainistes qui ont vu dans ce parti la possibilité d’un Québec fort à l’intérieur du Canada doté d’une autonomie renforcée. Or quinze ans plus tard, après avoir obtenu deux mandats majoritaires consécutifs, force est de constater que le rêve de François Legault tenait de la pure utopie. En bref, de toutes les demandes d’accommodements faites par la CAQ au gouvernement fédéral, aucune n’a reçu l’aval d’Ottawa.
Et pourtant en théorie, l’idée d’un parti ni fédéraliste ni souverainiste qui se définit comme un parti nationaliste semble plutôt rassembleuse à prime abord. À l’origine, son fondateur créait un créneau politique tout à fait réaliste, tirant les avantages et du souverainisme et du fédéralisme tout en se dotant d’une identité propre. Dans les faits, le temps a donné raison à François Legault qui a pris le pouvoir après seulement sept années de construction.Tout un exploit, il faut bien l’admettre.
Or aujourd’hui, de toute évidence, la troisième voie tracée par François Legault est cahoteuse, elle recherche ses repaires qui lui ont donné l’élan nécessaire pour occuper le pouvoir au cours des huit dernières années. L’union des bleus et des rouges qui ont réussi à déchiffrer une troisième voie a perdu sa boussole. La convivialité s’est effritée au détriment de l’usure du pouvoir. Ce parti ni-chair ni-poisson qui devait ouvrir la porte à une troisième voie est irrémédiablement confronté au « noui » à l’égard de l’avenir constitutionnel du Québec.
En somme, la troisième voie sur l’échiquier politique du Québec se retrouve encarcanée entre l’arbre et l’écorce D’un côté, le fédéral ne se pliera jamais aux demandes du Québec et de l’autre, le nationalisme de la CAQ incarnera toujours la pâle image d’un Québec fort qui n’existe que dans les rêves des militants de la CAQ.
vigile.quebec tribune libre 19 janvier 2026
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19 janvier 2026
Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump en janvier 2025, il ne se passe pas une journée sans qu’il fasse les manchettes dans les médias. Aujourd’hui, c’est son intention d’acheter le Groenland, le déploiement de ICE au Minnesota pour des mesures dites de sécurité publique, hier c’était son plan de paix à Gaza, ses menaces contre l’Iran, il y a quelques semaines, l’enlèvement du président Maduro du Venezuela, et j’en passe…Le président américain apparaît quotidiennement dans les médias partout dans le monde telle une icône incontournable. L’attendu dossier Epstein est finalement sorti des boules à mites non sans avoir été presque entièrement clavardé. La politique internationale est entièrement drapée autour de son image, vêtu de son complet foncé, sa chemise blanche et sa cravate rouge. La géo-politique internationale est suspendue à ses lèvres aussitôt qu’il ouvre la bouche pour y aller d’une déclaration la plupart du temps farfelue et déconnectée de la réalité sur le terrain. L’imposition de ses tarifs sont devenus monnaie courante. Le droit international est cavalièrement reléguée aux oubliettes. Son omniprésence sur les médias donne l’impression que le reste du monde s’est arrêté de tourner. Enfin bref, chu pu capable de le voir ni de l’entendre déblatérer contre tout ce qui bouge sur la planète!
vigile.quebec tribune libre 17 janvier 2026
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