Le PQ peut-il se relever?

24 mars 2019

Pour employer une expression du monde de la boxe, le Parti québécois (PQ) a été durement « sonné » lors du scrutin d’octobre 2018, assez sonné pour se retrouver « au tapis ». La question est maintenant de savoir s’il pourra se relever avant le « compte de 10 de l’arbitre », à défaut de quoi il sera mis « hors de combat ». À mes yeux, dans les mois à venir, et ce jusqu’au congrès extraordinaire de refondation de novembre 2019, une réponse à cette question vitale devrait nous informer sur le sort qui sera réservé au parti de son fondateur, René Lévesque.

Toutefois, le chemin risque d’être long et ardu si on se fie aux durs constats qu’ont dressés les militants, notamment les jeunes, lors du Conseil national du parti qui s’est tenu récemment. Incohérence dans les décisions, louvoiements dans les orientations, choix contestables sur divers dossiers, notamment sur la politique environnementale, sont autant de sujets que les politiciens se sont fait reprocher, particulièrement par l’aile jeunesse du parti.

Néanmoins, à la fin du Conseil national, les 350 délégués présents ont adopté à l’unanimité un plan d’action pour la refondation du parti. Un défi monumental qui risque d’ébranler sérieusement les assises mêmes du parti. Tout sera sur la table sauf l’indépendance du Québec qui demeurera le pivot de ce « nouveau parti ».

De l’avis du chef du PQ, Pascal Bérubé, la direction du parti veut « créer de l’adhésion et du désir pour le projet d’indépendance. » Le PQ part de loin. Reste à voir s’il réussira à se relever de sa cuisante défaite du 1er octobre 2018, et à redonner un second souffle au « désir pour le projet d’indépendance » …

quebechebdo 24 mars 2019

Les louves dans la bergerie

23 mars 2019

Depuis le début de la saga sur l’affaire SNC-Lavalin, les députées Jody Wilson-Raibould et Jane Philpott ne cessent de faire la manchette sur de nouvelles allégations qu’elles détiennent mais qu’elles ne peuvent révéler à cause du secret professionnel.

Compte tenu qu’elles se disent convaincues que Justin Trudeau et sa garde rapprochée ont commis de l‘ingérence dans le dossier SNC-Lavalin et que, par conséquent, elles n’ont plus confiance en ce gouvernement, comment peuvent-elles encore siéger comme députés libérales telles des louves dans la bergerie? Pourquoi ne démissionnent-elles pas pour siéger comme indépendantes?

Or il est reconnu que, dans le monde du travail, il est préférable de ne pas trop s’éloigner de son adversaire de façon à pouvoir connaître ses intentions dans tel dossier. Alors, se pourrait-il que Mmes Wilson-Raibould et Philpott utilisent une stratégie similaire? Par ailleurs, on peut aussi se demander pourquoi Justin Trudeau permet à ces deux ministres démissionnaires de continuer à siéger comme députés libérales…Une situation qui soulève tout au moins une apparence d’incohérente de la part des deux parties!

quebechebdo 23 mars 2019

Petit cours d’histoire 2.0 sur les symboles à l’Assemblée nationale

22 mars 2019

« On s'enfarge dans le crucifix alors que les armoiries des couronnes britanniques et françaises, dont trois fleurs de lys, symbole de la Sainte Trinité chrétienne, dominent ledit crucifix… » Or, « Dans l'Église primitive, après la crucifixion de Jésus, les disciplines de « Krestos » firent de la croix leur symbole. Prétendaient-ils séparer l'Église de l'État ? Affirmatif, répond Goy George ! La fameuse phrase tirée de l'Évangile : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Marc 12 17; Mt 22 21; Luc 20 25), constitue une invitation expresse à la laïcité, c'est-à-dire à la séparation des pouvoirs « temporels » et « spirituels ». De la même manière, on comprend que Duplessis souhaitait, en plaçant le crucifix au mur de l'Assemblée législative, séparer la couronne britannique et l'Église anglicane de l'État canadien-français au Québec. »

Jean Laberge, professeur de philosophie au collège du Vieux Montréal, Huffington Post, 30 octobre 2017, Le mythe du crucifix

Et Jean Laberge de poursuivre en citant Goy George, alias George Tremblay, qui, dans une vidéo d'une lucidité remarquable, souligne que « lors de l'intronisation du crucifix par Duplessis au mur de l'Assemblée législative, il n'y eut aucune contestation, du moins chez les Canadiens français de l'époque, devant cette initiative politique. Car il s'agit bien d'une initiative politique, et non religieuse, comme on le croit malheureusement trop souvent. Toujours selon Goy George, la réaction véhémente fut celle d'Ottawa. Car, les fédéralistes canadiens y percevaient, et ce, de manière odieuse et éhontée, la subordination au crucifix des symboles de la couronne britannique, dont l'Église anglicane, laquelle est dominée par la couronne royale anglaise ! Et Goy George de rappeler que le crucifix n'est pas le symbole désignant proprement l'Église catholique. Du moins, ce ne sont pas les armoiries de l'Église catholique romaine avec ces deux clés croisées surmontées de la tiare papale. »

Alors, pourquoi, aujourd'hui, certains « progressistes » désirent-ils retirer le crucifix de l’Assemblée nationale? « L'inénarrable Goy George propose la réponse lumineuse suivante. Ce sont les progressistes québécois, en réaction au conservatisme du régime duplessiste, qui transformèrent le crucifix en symbole de soumission et d'oppression de la part de l'Église catholique sur la population québécoise. Les progressistes québécois virent alors dans le crucifix, non plus une sorte de pied de nez faite à la couronne britannique, mais une odieuse et honteuse domination de l'Église sur l'État québécois. »

Et de conclure M. Laberge, « Voilà le fameux « mythe » du crucifix. Comme si le crucifix à l'Assemblée nationale menaçait l'institution parlementaire québécoise par l'ombre que jetterait sur elle l'Église catholique. Mais ce n'est là que du pur délire des progressistes laïcistes. Comme s'il y a avait péril en la demeure ! »

vigile.net tribune libre 21 mars 2019

La farce a assez duré, M. Legault

21 mars 2019

« Moi, je pense que la première question qu’on a, c’est à M. Couillard : vous avez collecté, là, vous, et M. Charest, puis un peu Mme Marois, 1,4 milliard $ de trop dans les poches des Québécois pour l’électricité, quand allez-vous remettre cet argent-là ? » François Legault, le 5 avril 2017

C’est aussi à cette période que la CAQ a déposé une pétition de plus de 48 000 noms exigeant le remboursement des trop-perçus au gouvernement libéral, qualifié de « taxe déguisée, alors que des calculs effectués par le parti démontraient qu’entre 2008 et 2016, les Québécois avaient payé 1,5 G$ de plus que ce qu’ils auraient dû sur leur facture d’électricité, soit environ 350 $ par client. Or, une fois au pouvoir, François Legault argue qu’il n’a jamais promis «en campagne électorale» qu’il rembourserait lui-même cette somme.

Toutefois, un récent sondage Léger démontre sans équivoque que 92 % des répondants souhaitent que le gouvernement caquiste indemnise en tout ou en partie les clients d’Hydro-Québec pour les trop-perçus engrangés depuis des années, les sympathisants caquistes n’étant pas en reste avec 90 % pour l’indemnisation. Selon les dernières données, cette somme équivaudrait à 1,5 milliard $, soit environ 350 $ par client, ce qui n’a pas empêché Hydro -Québec de continuer d’encaisser des trop-perçus de 182 millions $ en 2018.

De son côté, Hydro-Québec soutient, pour l’année 2017, avoir « redonné » la moitié des trop-perçus, soit 43 millions $ sur une somme totale de 90 millions $, en déduisant ce montant de la hausse de tarif demandée pour l’année 2019.

La farce a assez duré, M. Legault. Il est plus que temps que vous soyez conséquent avec votre discours du temps où vous étiez dans l’opposition, et que vous respectiez votre « promesse électorale » à l’effet de remettre de l’argent dans les poches des contribuables…C’est le temps de passer des paroles aux actes, monsieur le premier ministre!

vigile.net tribune libre 20 mars 2019

L’art de noyer le poisson

21 mars 2019

Le comité de la justice de la chambre des Communes, composé d’une majorité de libéraux, a mis fin à la poursuite des travaux sur l’affaire SNC-Lavalin, contrecarrant ainsi la demande des partis d’opposition qui désiraient réentendre l’ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raibould.

Selon le député libéral Randy Boissonnault, qui s'est fait le porte-parole de ses collègues, le comité a rempli son mandat après avoir entendu 13 heures de témoignages livrés par 10 témoins qui se sont fait poser 600 questions au cours des cinq dernières semaines. « Les Canadiens voulaient qu’on se penche sur cet enjeu, comprendre ce qui s'est passé. Nous avons entendu plusieurs des principaux joueurs dans cette affaire […] et il est temps que le comité de la justice revienne à ses travaux [habituels] », a-t-il plaidé. Mme Wilson-Raybould a elle-même été entendue pendant plus de quatre heures, a-t-il rappelé.

Or, à mon avis, il demeure au moins deux questions qui sont restées sans réponse dans cette affaire Premièrement, pourquoi le comité a-t-il accepté d’entendre à deux occasions le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, alors qu’il persiste à refuser le même privilège à Mme Wilson-Raibould?

Deuxièmement, considérant que le secret concernant les faits qui se sont passés en dehors de l’affaire SNC-Lavalin n’a pas été levé, notamment la rétrogradation de Mme Wilson Raybould de ministre de la Justice et de procureure générale à ministre des Anciens combattants, est-ce possible que le témoignage acerbe de Mme Wilson-Raibould envers la garde rapprochée de Justin Trudeau, y compris lui-même, eu égard à de l’ingérence agressive dans le dossier SNC-Lavalin, ait contribué à sa rétrogradation?

Des élections sont prévues dans six mois. Les libéraux devaient tourner la page sur l’affaire SNC-Lavalin., et mettre au premier plan le budget Morneau comme manoeuvre de diversion. On verra si leur stratégie électoraliste a porté fruit ou non le jour du scrutin!

vigile.net tribune libre 20 mars 2019
 

Le crucifix au coeur du débat sur la laïcité

21 mars 2019

La pertinence ou non de la présence du crucifix à l’Assemblée nationale a pris, à mes yeux, une couleur politique compte tenu du fait que le premier ministre François Legault accepte maintenant de débattre de son retrait alors la Coalition avenir Québec a toujours maintenu comme position son maintien.

Or, ce changement de cap me semble nettement relié au projet de loi sur la laïcité qui doit être déposé bientôt par le gouvernement qui souhaite le voir appuyé le plus largement possible par les partis d’opposition. En ce sens, je suis d’avis qu’un tel argumentaire ne repose sur aucun fondement crédible eu égard au maintien ou non du crucifix à l’Assemblée nationale.

Quant au débat sur la laïcité de l’État, il m’apparaît péremptoire de considérer un symbole patrimonial tel le crucifix comme un simple signe religieux ostentatoire et de le retirer au même titre que les signes religieux pour les personnes en ligne d’autorité, le crucifix, il faut bien l’admettre, n’exerçant aucune autorité sur qui que ce soit.

Notre histoire nous a-t-elle échappé dans le tourbillon de la vie moderne? Sommes-nous condamnés à sombrer dans un déracinement dramatique au détriment d’un monde matérialiste pour qui l’héritage du passé a perdu tous ses points d’ancrage?

quebechebdo 21 mars 2019
 

Le torchon brûle au PLC

20 mars 2019

Après les départs de Jody Wilson-Raybould, Jane Philpott et Gérald Butts, c’est maintenant au tour du greffier du Conseil privé, Michael Wernick, de tirer sa révérence, et tous ces départs dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

Par ailleurs, le premier ministre Trudeau a fait appel à deux avocats privés dans le cadre de l’enquête du Commissaire à l’éthique qui a débuté en février. De plus, rappelons qu’il y a deux semaines, la GRC a été saisie par une plainte formelle du chef de l’Opposition officielle, Andrew Scheer, qui a soutenu que le premier ministre et certains membres de son cabinet ont enfreint le Code criminel en faisant pression sur l’ancienne procureure générale, Jody Wilson-Raybould. Pour l’instant, la GRC refuse de dire si oui ou non une enquête policière a été déclenchée à la suite de la plainte de M. Scheer. 

Enfin, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que l'honorable Anne McLellan, ancienne ministre libérale de la Justice, servira à titre de conseillère spéciale en vue d'examiner les questions qui ont été soulevées sur la relation entre le gouvernement fédéral, et les fonctions du ministre de la Justice et de procureur général du Canada.

Une toile de fond qui laisse présager des jours sombres pour Justin Trudeau à quelque six mois des élections fédérales. Une fin de mandat qui risque de voir sortir souvent le « fantôme » de SNC-Lavalin des placards des partis d’opposition!

vigile.net tribune libre 18 mars 2019

Le « p’tite fille » réplique à Mulroney

20 mars 2019

On se souviendra que la députée de Glengarry-Prescott-Russell pour le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Amanda Simard, a claqué la porte du parti devant le refus du premier ministre Doug Ford d’annuler l’abolition du projet universitaire francophone et d'assurer la survie d’un commissariat indépendant aux services en français, une décision qui avait alors été saluée par plusieurs personnalités de la francophonie ontarienne alors que la position du gouvernement Ford avait été largement critiquée.

Or, lors de l’émission Tout le monde en parle (TLMEP), l’ex-premier ministre du Canada, Brian Mulroney, a clairement pris position pour sa fille, Caroline, ministre ontarienne des Affaires francophones, en alléguant qu’Amand Simard, qui vient d'avoir 30 ans, « la p’tite fille qui a démissionné, elle est partie; c’est fini. Mais Caroline est toujours là pour défendre les intérêts des francophones de l'Ontario. »
Une assertion plutôt méprisante qui a eu l’heur d’hérisser la députée indépendante qui a contre-attaqué sur Twitter, en affirmant au contraire que son ancienne collègue avait complètement laissé tomber les Franco-Ontariens, tout en soutenant que Brian Mulroney
avait fait de grandes choses pour le Canada, mais que ses propos appartenaient maintenant à une autre époque et n’avaient pas leur place dans une société respectueuse et égalitaire.

Enfin, je suis d’avis que Brian Mulroney a perdu une belle occasion de demeurer neutre dans cette affaire et ainsi lui éviter de se placer carrément en position de conflit d’intérêt dans lequel la « belle-mère » défend sa propre fille… Tout un tableau!

vigile.net tribune libre 18 mars 2019

Le phénomène Andreescu

20 mars 2019

Bianca Andreescu, un nom dont on n’a pas fini d’entendre parler dans le monde du tennis.  À 18 ans, classée 60e au monde, elle vient de remporter le prestigieux tournoi d’Indian Wells en Californie aux dépens de l’Allemande Angelique Kerber, 8e au monde.

Avec cette victoire, l’Ontarienne est devenue la première Canadienne, autant chez les femmes que chez les hommes, à gagner un tournoi en simple de l’envergure d’un événement de la Women’s Tennis Association (WTA).

«J’espère que ce moment pourra servir d’inspiration pour plusieurs jeunes athlètes. Comme je l’ai toujours dit, si tu crois en toi, tout est possible. Ou comme me l’a souvent dit ma mère, si tu travailles fort, tu peux accomplir tant de choses. Ce moment est devenu réalité, donc c’est vraiment un moment fou», a déclaré la nouvelle championne après le match.

Grâce à une performance aussi exceptionnelle, nul doute que ses vœux eu égard à l’importance de ne jamais abandonner rejoindront plusieurs jeunes athlètes qui aspirent à gravir les échelons sur les traces de Bianca Andreescu.

Le Soleil 20 mars 2019
 

Accès à la carte de crédit chez les mineurs

19 mars 2019

Dans un document de consultation présenté par l’Office de la protection du consommateur (OPC), on apprend que «des cartes de crédit seraient émises à des personnes de moins de 18 ans, sans vérification du consentement des parents». À cet effet, l’OPC suggère que les institutions financières se donnent comme règle tout au moins l’obligation d’obtenir l’autorisation écrite d’un parent avant d’octroyer une carte ou une marge de crédit à un mineur.

Cette démarche provient d’une demande de la députée Lucie Lecours, adjointe parlementaire de la ministre de la Justice, qui allègue que le surendettement des jeunes est bien réel et qu’il est devenu primordial de se questionner sur l’accès trop facile au crédit à un jeune âge, voire même d’interdire la carte de crédit chez les moins de 18 ans. Une situation embarrassante qui conduit de jeunes adultes à empiéter sur leur cote de crédit, voire à être acculés à la faillite.

Considérant que les parents demeurent légalement les premiers responsables de leur enfant, je suis d’avis que leur approbation, le cas échéant, soit exigée pour que leur adolescent puisse avoir accès à la carte de crédit.

quebechebdo 19 mars 2019