Les deux côtés de la médaille

14 janvier 2018

C’est dans un attentat à Ouagadougou au Burkina Faso le 15 janvier 2016 qu’Yves Carrier, Gladys Chamberland, Charlelie Carrier, Maude Carrier et leurs amis Louis Chabot et Suzanne Bernier ont perdu la vie, les six Québécois ayant tombé sous les balles de terroristes islamistes alors qu’ils se trouvaient dans le pays africain pour un voyage d’aide humanitaire.

Par ailleurs, un débat a lieu au Québec sur la pertinence de créer une journée nationale contre l’islamophobie le 29 janvier, anniversaire de l’attentat de la grande mosquée de Québec, une proposition qui a fait réagir Camille Carrier, la mère de Maude Carrier et ex-conjointe d’Yves Carrier. « Pourquoi ne pas aussi instituer une journée pour commémorer l’ensemble des victimes de l’islamisme et les dommages vécus par leurs familles et amis? », lance Mme Carrier.

Une réaction tout à fait légitime dans le contexte où les proches de Mme Carrier ont été tués sauvagement alors qu’ils « étaient en train de mettre en action leur amour pour les autres en participant à la construction d’une école en Afrique ».

Je souscris d’emblée au profond malaise de Camille Carrier eu égard à la demande faite par la communauté musulmane, une proposition comparable à celle de Mme Carrier qui, pourtant, ne suscitera jamais de débat de société au Québec… En bref, peut-être devrions-nous tenir compte des deux côtés de la médaille au lieu de sombrer dans une islamophobie québécoise alarmiste!  

vigile.net tribune libre 14 janvier 2018 

Oui à la commémoration

14 janvier 2018

Le débat qui a cours actuellement à l’Assemblée nationale sur la pertinence ou non d’instituer le 29 janvier, date de l’attaque de la grande mosquée de Québec, la journée nationale contre l’islamophobie, prend, à mon sens, des allures de politicaillerie partisane entre les quatre partis politiques représentés à l’ASSNAT, chacun des quatre partis prenant bien soin d’éviter d’irriter son électorat un peu frileux sur la question.

Car, il faut bien l’admettre, l’islamophobie représente un sujet délicat au Québec comme ailleurs au Canada et en Europe, une épée de Damoclès au-dessus de la tête des chefs de partie qui doivent « marcher sur des œufs » à chaque fois que le sujet ressort dans les médias.

Or, compte tenu qu’il existe déjà une journée internationale contre l’islamophobie le 10 décembre, je suis porté à me rallier à l’idée de tenir une journée commémorative annuelle le 29 janvier pour les victimes de la grande mosquée de Québec, tout comme l’attentat de Polytechnique est souligné le 6 décembre de chaque année… Un temps d’arrêt nécessaire et propice pour se rappeler que d’innocentes victimes ont été tuées sauvagement par des détraqués.

vigile.net tribune libre 14 janvier 2018

#moiaussi est-il allé trop loin?

13 janvier 2018

Voici un extrait de la lettre publiée dans Le Monde et signée par une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve : « Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste… Le jeu de la séduction est un tango : tu t’avances, tu t’essayes, tu fais une approche, parfois subtile, parfois moins, parfois ça marche, parfois pas. Faut-il clouer au pilori tous les gars qui ont embrassé une fille, mis leur bras autour de leur épaule, frôlé une cuisse, pour se rendre compte après que le sentiment, que l’attraction n’était pas réciproque ? Si oui, je devrais poursuivre pas mal de gars en justice… »

En lisant ce passage, force est de constater que, nonobstant une légitime et nécessaire prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel, où certains hommes abusent de leur pouvoir, la campagne #moiaussi a pris une ampleur telle qu’elle met en exergue « un féminisme qui perçoit tous les hommes comme des agresseurs potentiels ».

De mon temps, les hommes « faisaient la cour » aux dames. Aujourd’hui, ils « draguent » les femmes. De mon temps, les dames étaient flattées qu’un homme leur fasse la cour. Aujourd’hui, la drague est perçue comme une forme d’agression…Face à ce constat, est-il possible que nous ayons perdu en route les subtils méandres de la séduction?

quebechebdo 13 janvier 2018 

Oprah à la présidence?

11 janvier 2018

Après son passage très remarqué lors de la dernière cérémonie des Golden Globes, le hashtag #Oprah2020 a inondé Twitter, corroborant ainsi ce que plusieurs stars souhaitent, à savoir qu’Oprah Winfrey s’engage dans la course à la présidentielle américaine en 2020 sous la bannière démocrate. 

Loin de vouloir m’avancer dans des comparaisons inopportunes ente Oprah et Donald Trump, force est de constater que les deux n’émanent pas de la classe politique, ce qui, dans les faits, peut soulever quelques interrogations sur leur manque d’expertise concernant les « rouages » de la présidence.

Toutefois, à sa défense, le charisme de Mme Winfrey auprès des Américains, de toutes formations politiques confondues, semble un pré-acquis assuré, compte tenu de la notoriété sans équivoque dont elle dispose d’entrée de jeu.

Parlant du hashtag#metoo, Oprah Winfrey y est allé de cette déclaration : «Je suis fière et inspirée par toutes les femmes qui se sont senties assez fortes pour prendre la parole et partager leurs témoignages. Chacun de nous dans cette pièce est célèbre grâce aux histoires qu’il ou elle raconte. Cette année, nous sommes devenues l’histoire. Et ce n’est pas juste une histoire qui affecte le show-business. Elle transcende tout, que ce soit la culture, le pays, la race, la religion, la politique…»

Reste à savoir si Oprah Winfrey sera candidate aux prochaines élections présidentielles de 2020…Elle seule connaît la réponse!

vigile.net tribune libre 10 janvier 2018
 

La politique-spectacle?

11 janvier 2018

Il y eu Ronald Reagan, il y a maintenant Donald Trump, il y aura peut-être Oprah Winfrey. Qu’ont en commun ces trois personnalités? Aucun d’entre eux n’émane du monde politique. En réalité, sommes-nous en train d’assister à la naissance de la politique-spectacle aux États-Unis? Et si oui, quelle en est la cause?

À la première question, force est de constater qu’une tendance marquée semble faire son nid dans les coulisses du pouvoir américain, le monde du spectacle semblant s’emparer de la cote de popularité au détriment des politiciens en place. Tant et si bien que nous sommes en droit de nous demander si ces mêmes politiciens n’incarnent plus le « rêve américain » d’un John Kennedy!

Autres temps, autres mœurs? Peut-être. N’empêche qu’il est opportun de nous interroger sur le manque d’expertise politique de ces personnalités publiques envers qui l’électorat américain semble vouer malgré tout une admiration sans bornes qui outrepasse la « supposée » lacune de l’absence d’expertise… Devant cet état de fait, une question s’impose : qu’adviendra-t-il de la politique américaine?

vigile.net tribune libre 10 janvier 2018
 

Une étoile s’est éteinte

10 janvier 2018

Un mois après le grand départ de Johnny Halliday, la chanson française vient de s’endeuiller à nouveau avec le décès d’une icône des années 60, France Gall, celle que l’on surnommait affectueusement la « poupée blonde ».

Comme une foule de ses admirateurs, France Gall aura marqué mon adolescence, particulièrement avec ses premières chansons, telles Sacré Charlemagne et Poupée de cire, poupée de son que nous fredonnions sans nous lasser entre copains et sur lesquelles nous dansions lors de nos rencontres sociales du samedi soir.

France Gall n’avait pas la force de la voix de certaines chanteuses. Toutefois, la limpidité de sa voix amalgamée à la sincérité de l’interprétation de ses chansons réussissait à nous envoûter tel un voile d’intimité qu’elle déposait tout doucement sur elle et nous. 

Enfin, parmi les milliers de commentaires qui ont circulé sur la Toile depuis l’annonce de son décès, je retiens celui de Lara Fabian pour sa justesse : « Elle avait ce tout petit supplément d'âme, cet indéfinissable charme, cette petite flamme dans le regard », un regard qui restera gravé longtemps dans nos mémoires!

vigile.net tribune libre 10 janvier 2018
 

Donald Trump, le « génie »

8 janvier 2018

Au lendemain de la publication du livre-massue du journaliste Michael Wolff sur les déboires de la première année de Donald Trump à la Maison blanche, le président contre-attaque en se décrivant comme « un génie très équilibré ». Et, de poursuivre notre « génie » : « En fait, dans ma vie, mes deux plus grands atouts ont été l'équilibre mental et le fait d'être, genre, vraiment intelligent ».

Eh bien, M. Trump, un adage définit le génie comme étant près de la folie. En ce qui vous concerne, j’ai plutôt l’impression que la folie a pris le dessus sans équivoque et que votre génie, si jamais il a existé un jour, est disparu complètement dans les abysses de la démesure démoniaque!

vigile.net tribune libre 7 janvier 2018
Le Journal de Québec 9 janvier 2017
​Le Soleil 11 janvier 2018 (version abrégée) 'Le "génie"'
 

Trump, président malgré lui?

8 janvier 2018

Dans son livre-choc, Fire and fury : Inside the Trump White House, le journaliste américain Michael Wolff multiplie les anecdotes sur les coulisses de la première année de Donald Trump à la Maison Blanche.

Toutefois, parmi ces révélations, il en est une qui est particulièrement saisissante, à savoir que personne, au sein de l'équipe de campagne de Donald Trump, ne s'attendait à ce que celui-ci remporte l'élection. Plus incroyable encore, on y lit que Donald Trump lui-même ne voulait pas devenir président des États-Unis, et voyait uniquement cette candidature à l'élection comme un moyen de booster sa carrière à la télévision et en politique.

Racontant le soir du 8 novembre 2016, qui a vu le magnat de l'immobilier remporter l'élection à la surprise générale, alors que la démocrate Hillary Clinton partait grande favorite, Michael Wolff écrit: « Peu de temps après 20 heures, le soir de l'élection, quand la tendance inattendue selon laquelle Trump pourrait gagner semblait se confirmer, Donald Trump Jr., le fils aîné de Donald Trump, a dit à un ami que son père ressemblait à quelqu'un ayant vu un fantôme ».

Et pourtant, contre toute attente, Donald J. Trump est devenu le 45ième président des États-Unis d’Amérique en martelant sans arrêt son leitmotiv America first, un slogan qui a littéralement envoûté une majorité d’Américains qui attendent toujours désespérément les fruits de ses promesses…

vigile.net tribune libre 7 janvier 2018
 

Mes voeux pour les chefs

8 janvier 2018

En ce début d’une nouvelle année marquée par une élection générale au Québec, j’ai cru bon de vous présenter les vœux que j’exprime pour les quatre chefs des partis de la scène provinciale.

Philippe Couillard : Au chef d’un parti grugé par la gangrène des allégations de collusion et de corruption, je ne peux que souhaiter l’arrivée d’un tsunami dévastateur qui balayera le Parti libéral du Québec de l’échiquier électoral québécois, ce qui devrait reconduire le bon docteur Couillard dans les couloirs d’un système de santé « réaménagé pour le mieux » aux dires de son ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Jean-François Lisée : Au chef de l’opposition officielle, je lui souhaite de retrouver la lucidité et la clairvoyance qui lui permettront d’ouvrir le placard dans lequel il a camouflé l’accession du Québec à son indépendance, et de cesser ses tergiversations oiseuses et alambiquées eu égard au « bon gouvernement provincial » pour lequel M. Lisée semble avoir développé une certaine prédilection.

François Legault : Au chef de la deuxième opposition officielle, j’offre mes vœux de succès dans sa pénible traversée du désert qu’il a entreprise depuis le dernier sondage le plaçant en tête des intentions de vote des Québécois, tout en le mettant en garde contre son auto-suffisance et son excès de confiance qui pourraient lui jouer de vilains tours d’ici octobre 2018.

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois : Enfin, aux deux coreprésentants de Québec solidaire, je leur souhaite de tirer profit de leur mariage de raison avec Option nationale, et de retrouver le « gros bon sens » dans le dossier sur la féminisation du vocabulaire qui les conduit dans des aberrations abracadabrantes, tel le « matrimoine ».

vigile.net tribune libre 7 janvier 2018
 

Français malmené des deux côtés

6 janvier 2018

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les emprunts à la langue de Shakespeare ont envahi les conversations et les publicités de nos cousins français. Les derniers en liste ont trait au récent sommet sur le climat qui s’est tenu à Paris avec comme carte d’invitation «One Planet Summit», et le second, au slogan unilingue anglais des JO de Paris de 2024 «Made for sharing».

Et pourtant nombre de Québécois ressentent un complexe quasi viscéral envers les habitants de la terre de leurs aïeux eu égard aux anglicismes qu’ils utilisent à profusion dans leur langue d’usage, un complexe sans doute dû à une aura «légendaire» lié à leurs ancêtres et perpétué par les premiers colons de la Nouvelle-France.

Somme toute, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, il semble que l’anglais bénéficie d’un traitement de faveur de la part des parlants Français comme s’il disposait d’un statut in de notre époque, une situation que je qualifierais de pur snobisme social, de «bien paraître» dans les «salons» d’aujourd’hui que sont les médias sociaux…

Le Soleil 6 janvier 2018