Un parti à la dérive
La saga Fatima Houda-Pepin Couillard vient de connaître son dénouement…Expulsion du PLQ selon la principale intéressée, départ, aux dires du chef du PLQ. D’un côté, la députée de La Pinière prône que le caucus libéral refuse de se rallier à ses doléances concernant la charte de la laïcité, de l’autre, Philippe Couillard allègue que la députée refuse de se plier à la position de son parti…et, ligne de parti oblige !
Pour tenter d’y voir clair [en autant que cela soit possible compte tenu des méandres empruntés par Philippe Couillard au cours des dernières semaines], voyons les arguments de chacune des parties.
Aux yeux de Fatima Houda-Pepin, la neutralité religieuse de l’État doit « s’incarner minimalement » dans les agents de l’État dotés de pouvoirs de coercition, comme les juges, les procureurs, les policiers et les agents correctionnels. Ils ne devraient pas porter de signes religieux ostensibles, et refuser d’interdire le port de signes religieux, « c’est une porte ouverte à beaucoup de dérives ».
Du côté de Philippe Couillard, la notion de neutralité religieuse de l’État, défendue par les libéraux, fera une distinction « entre les institutions et les individus. « On met sur la table sciemment, et c’est doublement irresponsable de leur part, un projet qui est illégal selon les lois du Québec, par les lois d’Ottawa, d’ailleurs »
Et voilà, le sempiternel « faux débat » entre les sacrosaints droits individuels évoqués par le « champion défenseur des libertés individuelles » et les droits d’un peuple à protéger ses valeurs patrimoniales à l’intérieur d’une charte refait immanquablement surface.
Quant à la menace d’intégrisme de la part des musulmans, bien que le chef Couillard prétende comprendre ce que les Québécois voient et craignent et qu’il le partage aussi, lui qui a passé cinq ans en Arabie saoudite, familier avec ces questions de la crainte des gens devant l’intégrisme, on repassera… !
Enfin, et c’est là, à mon sens, toute la roublardise du chef du PLQ, cette fois, les libéraux se montrent solidaires de la ligne de parti. Bien que le départ de Fatima Houda-Pepin nuise au parti, a reconnu le chef libéral, ce qui nuisait au parti avant tout, « c’est le flottement, c’est l’impression d’une direction qui n’existe pas, qu’il n’y a pas de ralliement, de consensus. Ce n’est pas le cas, c’est terminé ».
Et voilà, le « chef » vient de décréter l’omerta…Reste à savoir si la muraille qui craque de partout au PLQ réussira à tenir le coup…Permettez-moi d’en douter sérieusement, d’autres secousses sismiques sont à prévoir !
vigile.net tribune libre 21 janvier 2014
quebechebdo 21 janvier 2014
Henri Marineau

