Tout n’est pas parfait au royaume de Carney

Depuis les premières frappes américano-israéliennes sur l’Iran le 28 février, le premier ministre du Canada, Mark Carney, telle une girouette, s’est empêtré dans ses déclarations eu égard au conflit au Moyen-Orient à trois occasions. Primo, Mark Carney a manifesté son appui sans condition à l’opération militaire en Iran. Secundo, il s’est mis à admettre que les frappes « semblaient de prime abord être contraires au droit international » et exiger une « désescalade » du conflit. Et tertio, dès le lendemain de cette déclaration, il annonce qu’on « ne peut jamais exclure catégoriquement une participation » canadienne dans ce conflit qui s’étend désormais à des pays alliés. Enfin, il aura fallu l’intervention de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, pour affirmer que le Canada n’avait aucune intention de participer activement à ce conflit de quelque façon.

Ce n’est pas la première fois que Mark Carney s’empêtre dans ses propos, son plaidoyer emberlificoté sur la bataille des Plaines d’Abraham en faisant foi. C’est à se demander parfois s’il ne dévie pas intentionnellement de l’opinion de ses conseillers par sa suffisance héritée de de sa popularité croissante en politique. Et pourtant, en tant qu’expert dans les fluctuations de la bourse, M. Carney devrait savoir que tout ce qui monte redescend, particulièrement en politique où, le temps d’un sondage, tout peut basculer sans préavis.

Pour l’heure, il bénéficie de la chance du débutant, la cote de popularité du premier ministre se maintient dans les sommets. Les prochaines élections partielles dans la grande région de Toronto devraient maintenir cette tendance. Il s’approcherait de facto d’une majorité aux Communes à moins qu’il s’empare de Terrebonne, ce qui serait fort surprenant.

En politique, la popularité se maintient avec l’acquisition de résultats. De nombreux projets ont été annoncés depuis son arrivée en poste en tant que premier ministre du Canada mais bien peu de chantiers ont été ouverts. Le coût de la vie continue de grever le panier d’épicerie des Canadiens. Ses élucubrations sur le conflit au Moyen-Orient risque de se répercuter sur l’aura que lui vouent une majorité de Canadiens.

Enfin le premier ministre a brillé par son absence aux Communes le 9 février à l’occasion du débat exploratoire sur la position du Canada portant sur le conflit au Moyen-Orient pour porter plutôt son choix sur une activité du Ramadan, une décision qui s’apparente dangereusement à un manque de jugement patent de sa part.

vigile.quebec tribune libre 10 mars 2026

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