Retour au bercail partiel
L'obligation de trois jours de présence au bureau suscite un tollé de contestations, particulièrement chez les fonctionnaires syndiqués du gouvernement. Les syndicats dénoncent une mesure politique "illogique", soulignant les aberrations d'un présentiel forcé, telles l’obligation de tenir des réunions virtuelles depuis le bureau, des locaux inadaptés et les longs déplacements pour se rendre au bureau.
En guise de rappel, il m’apparaît important de souligner ici que le télétravail à la maison a été introduit dans le contexte de l’épidémie suscité par la COVID-19 en 2020 et que, de facto, les travailleurs de la fonction publique travaillaient cinq jours semaine avant cette date. C’est donc dans des circonstances exceptionnelles qu’une mesure circonstancielle et implicitement temporaire a été instaurée. Or depuis six ans, le télétravail a peu à peu fait son nid si bien qu’il est devenu dans la norme de penser qu’il est là pour rester à long terme.
Un tel constat suscite à mon sens une question préalable : avant l’arrivée du télétravail dont on ignorait l’existence avant la pandémie, pourquoi était-il « normal » de travailler cinq jours semaine? En d’autres termes, pourquoi, une fois la cause de l’avènement du télétravail éliminée, ne devrait-on pas revenir au travail à temps plein au bureau comme c’était le cas avant la pandémie?
Enfin, au risque de passer pour un dinosaure, et nonobstant les « avantages » soulevés par les tenants du télétravail, je suis plutôt d’avis que les liens qui se créent entre les employés doivent primer sur les considérations évoquées par les syndiqués pour le plus grand bien de la solidarité et de l’esprit d’équipe qui contribuent directement à la qualité du climat de travail et, par conséquent, au rendement des employés.
vigile.quebec tibune libre 2 juin 2026
Le Devoir 3 juin 2026
Henri Marineau

