Qui trop embrasse, mal étreint

Interrogée par le chef de l’opposition officielle lors de la séance sur l’étude des crédits, André Fortin, la première ministre, Christine Fréchette, a dû admettre qu’elle ignorait le montant de la dette du Québec évalué à 7,7 milliards de dollars, et n’était pas au courant de la hausse prévue de la taxe de vente sur les primes d’assurance auto et habitation à compter du 1er janvier. « Ce n’était pas dans mon territoire à moi quand ça a été annoncé, j’étais à l’Économie, à l’Innovation, à l’Énergie, donc je n’étais pas nécessairement au fait du détail de cette augmentation-là », a répondu Mme Fréchette.

Dans un contexte où elle multiplie les mesures pour permettre aux Québécois de respirer un peu devant la hausse du coût de la vie, une telle ignorance de l’étendue du déficit du Québec m’apparaît pour le moins gênant, voire inquiétant. En effet, comment peut-elle donner sans réserve d’une main et ignorer l’étendue du déficit de l’autre? On nage ici en pleine aberration.

Dès les premiers jours ayant suivi sa nomination officielle à titre de première ministre le 12 avril, Christine Fréchette a voulu s’afficher comme la représentante du changement et la responsable de l’économie. Elle a affiché l’attitude posée d’une première ministre en contrôle de la situation, et tout un train de mesures électoralistes liées à la croissance du coût de la vie s’ensuivirent. Or aujourd’hui, il semble que le temps la rattrape. Ses mesures, hormis un montant forfaitaire aux personnes bénéficiant du crédit d'impôt pour solidarité, s’appliquent à tous les Québécois de tous revenus confondus.

En revanche, Christine Fréchette dispose de très peu de temps avant la fin de la session parlementaire et le début de la campagne électorale conduisant au scrutin du 5 octobre. Six petites semaines se sont écoulées depuis sa nomination à titre de première ministre et déjà, la Coalition avenir Québec a rejoint le peloton de tête au chapitre des sondages sur les intentions de vote des Québécois. Toutefois elle devra s’éloigner de cette image de « distributrice de bonbons » aux Québécois, et démontrer davantage qu’elle possède les atouts pour bien gérer les finances publiques du Québec.

vigile.quebec tribune libre 2 juin 2026

 

 

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