L’usure du pouvoir est venue à bout de François Legault

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe sur la scène politique québécoise, François Legault quitte le navire dont il assurait la gouverne depuis 2011. L’usure du pouvoir et son corollaire, le besoin de changement, seront venus à bout du fondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui incarnait la troisième voie sur le spectre politique du Québec, la voie du nationalisme québécois. Depuis plusieurs mois, des vents violents soufflaient sur les voiles du navire qui tanguaient dangereusement de tous côtés. Le capitaine n’arrivait plus à calmer la tempête.

Gouverner un État pendant presque huit ans laisse inévitablement des écorchures parfois difficiles, voire impossibles à refermer, et cela, malgré sa gestion remarquable de la pandémie qui, sans l’ombre d’un doute, restera un legs inoubliable de François Legault envers les Québécois. Autre fait notoire, le chef de la CAQ aura défendu jusqu’au bout la sauvegarde du français au Québec, menacée particulièrement sur l’île de Montréal.

On aura beau passer en revue tous les écueils jonchant le chemin emprunté par François Legault tels le scandale SAAQclic ou la mésaventure de Northvolt, les pénibles négociations avec les médecins ou le projet de loi 1 sur une constitution du Québec, chacun de ces dossiers a laissé une cicatrice profonde dans la population au fil du temps. On dit souvent qu’en politique, six mois peuvent paraître une éternité. Dans ce contexte, il est aisé de comprendre qu’une durée de sept ans ne peut que laisser des empreintes indélébiles.

François Legault a toujours placé l’économie au centre de ses priorités, son obsession pour atteindre le PIB de l’Ontario en faisant foi. Or en agissant de la sorte, il a délaissé la qualité de vie des citoyens notamment à l’égard de l’augmentation du coût de la vie, de la pénurie de logements abordables et de la croissance des itinérants qui ont été relégués au second plan si bien que l’homme d’affaires a décroché de la pénible réalité aux yeux des contribuables québécois.

« Pour le bien du parti et surtout, pour le bien du Québec », François Legault a décidé de céder le flambeau à un successeur. Il marque incontestablement la fin d’une époque. Plusieurs journalistes feront le bilan de son passage à la tête du gouvernement du Québec. Toutefois, avec le recul, c’est l’histoire qui évaluera objectivement son bilan politique pour le meilleur comme pour le pire.

vigile.quebec tribune libre 15 janvier 2026 

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