L’humour en mode « destruction massive »

De nos jours, les humoristes poussent au rythme des champignons si bien qu’ils doivent se différencier les uns des autres s’ils désirent percer dans leur métier. Un commentaire, tiré d’un média à la suite des propos caustiques de Mike Ward envers le « petit Jérémy », porte à réflexion : « Il y a une certaine noblesse à défier le puissant par le rire. Il est médiocre d'humilier plus faible que soi, en se moquant de lui. L'humour est intelligence quand on l'exerce en riant de ses propres travers. L'humour est violence quand on l'exerce au détriment de l'autre, quand on l'utilise pour humilier ou dénigrer l'autre. »

Jérémy Gabriel prétend avoir vécu «l’enfer» parce que l’humoriste Mike Ward s’est moqué de lui et de son handicap, au point d’avoir songé au suicide. Via la Commission des droits de la personne, « le petit Jérémy » réclame 80 000 $ à l’humoriste, en dédommagement pour diffamation et discrimination fondée sur le handicap. À titre d’exemple, je vous cite la version intégrale d’un extrait du monologue de Mike Ward concernant Jérémy : «J’ai été voir sur internet pour voir c’est quoi sa maladie. Sais-tu c’est quoi? Y est lette, osti! »

À mes yeux, il y a des limites à user d’un humour en mode « destruction massive » sur le handicap physique d’une personne, et dans ce cas, Mike Ward est allé trop loin. Il doit maintenant assumer les conséquences de ses paroles blessantes, voire même bassement outrancières… C’est une simple question d’éthique que l’humour doit respecter s’il désire encore siéger au royaume des arts de la scène!

quebechebdo 24 septembre 2015
vigile.net tribune libre 10 octobre 2015
 

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