Les « critiqueux »
Pour mettre les choses au clair dès le départ, je respecte le droit à la liberté expression, il est fondamental dans une saine démocratie. Toutefois là où j’émets certaines réserves concerne les propos souvent incendiaires de certains individus dont le métier est de critiquer certaines œuvres littéraires ou cinématographiques, et que je qualifierais de « critiqueux ». J’en ai pour exemple la présence régulière de deux critiques invités hebdomadairement à l’émission Tout peut arriver animée par Marie-Louise Arsenault sur les ondes de Ici RDI le samedi à 19 h.
Le scénario est le suivant : un auteur invité est interrogé par l’animatrice sur l’oeuvre qui constitue le nœud de la discussion qui se déroule entre eux sous la forme d’entrevue généralement tenue dans la bonne entente. Par la suite, entrent en jeu les deux critiques invités qui émettent leurs opinions sur l’oeuvre de l’auteur qui, rappelons-le, assiste tant bien que mal aux propos des critiques.
Or là où le bât blesse, c’est lorsque les « critiqueux » attaquent un aspect du scénario du film ou d’un passage du livre soumis à la critique après qu’ils eurent encensé comme il se doit l’ensemble de l’oeuvre. À ce moment-là, les flèches qu’on pourrait qualifier d’empoisonnées, fusent en direction de l’auteur qui n’a d’autre choix que de les subir. « Moi, j’aurais aimé que tel ou tel personnage soit plus…ou moins… » [remarquer l’utilisation dominante du « moi »] , lancent sans coup férir les « critiqueux », esquissant même à l’occasion un petit sourire narquois. Après tout, il faut bien que leur présence à l’émission soit justifiée, une critique entièrement positive n’aurait tout simplement pas l’heur de satisfaire leur soif de pouvoir sur le « condamné ». Tout simplement pathétique!
vigile.quebec tribune libre 9 février 2026
Henri Marineau

