Le phénomène grandissant des parents-rois
En cette période de compressions dans le domaine de l’éducation, certains parents, inquiets des répercussions de ces coupures, ont entamé un processus d’ingérence dans la vie de l’école, allant même jusqu’à remettre en question l’autorité du professeur, voire même ses méthodes d’enseignement. Bienvenu au règne des parents-rois, un phénomène de plus en plus grandissant.
«Ces parents sont persuadés que l’école ne comprend pas leur enfant. Ce sont des « control freaks » qui croient que s’ils administraient l’école, ça irait mieux», lance le professeur émérite à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, Antoine Baby. Et, dans certains cas, la coupe déborde dangereusement. Ainsi en est-il de cette enseignant qui a reçu cette note d’un parent dans l’agenda d’un élève : « Pourriez-vous ne rien enseigner de nouveau en l’absence de mon fils, il ne sera pas en classe la semaine prochaine, car il nous accompagne en voyage… Certains parents nous prennent pour leurs valets ».
Selon une récente étude, 12% du personnel au primaire disent avoir été la cible de blasphèmes et d’insultes, 6 %, avoir été victimes de menaces et 2 %, avoir reçu des messages injurieux par courriel. Au secondaire, 50% des membres du personnel rapportent avoir vu un parent causer des problèmes à l’école.
À mon sens, la collaboration des parents à la vie de l’école est essentielle. Toutefois, certaines limites s’imposent, notamment au chapitre de la gestion de classe de l’enseignant qui demeure une chasse-gardée essentielle au bon déroulement de la classe. En terminant, je vous laisse sur cette remarque d’une enseignante fort révélatrice du danger qui guette le milieu de l’éducation : « Avant, l’éducation, c’était important. Aujourd’hui, c’est devenu un service. Les parents sont devenus des clients… et le client est roi! »
quebechebdo 31 août 2015
vigile.net tribune libre 31 août 2015
Henri Marineau

