Le goût du pouvoir avant le désir de réaliser la souveraineté
Dans la colonne de gauche du Soleil du 25 avril, la chronique de Jean-Simon Gagné intitulée « Le sourire du fauve », faisant allusion à la blague grotesque désormais « célèbre » de Jean Charest, dans la colonne de droite, une entrevue de Simon Boivin en compagnie de Jean-Martin Aussant…Une page que l’on pourrait titrer « L’ancien et…le moderne » !
Pour le mieux-être de mon moral, je préfère vous entretenir du « moderne », à savoir des propos du chef d’Option nationale qui, pour une des rares occasions, bénéficie d’un espace raisonnable dans un média.
D’entrée de jeu, Jean-Martin Aussant y va d’une déclaration percutante et fort révélatrice lorsqu’il affirme que son passage au sein du PQ l’a persuadé que le goût du pouvoir y passe avant le désir de réaliser la souveraineté…une attaque en règle contre un parti vieilli et ramolli qui se contente d’espérer les « conditions gagnantes » et de gérer les affaires courantes.
« Si on parle de souveraineté comme telle, je suis convaincu que ce serait plus néfaste un gouvernement souverainiste qui ne la fait pas que d’attendre une élection de plus… Si même un souverainiste au pouvoir, qui a les clés de tout ça, ne fait rien pour faire avancer la cause, les gens vont se dire qu’on s’en sort bien comme province et qu’il faut continuer comme ça. Ce serait très néfaste pour la cause. »
Quant à ceux qui croient qu’Option nationale devrait fusionner avec le PQ, je crois qu’ils devraient oublier leur rêve…À cet effet, le simple fait qu’un ex-organisateur péquiste, Gilles Mayrand, soit sur les rangs pour le PQ dans sa circonscription démontre à quel point le PQ met tout en œuvre pour se venger de la défection de JMA au prochain scrutin.
En attendant, bien que conscient que son parti n’a aucune chance de remporter les prochaines élections, le chef d’Option nationale n’a pas l’intention de quitter la scène politique et ce, même s’il devait perdre sa circonscription. Enfin, pour Jean-Martin Aussant, il est primordial qu’un politicien intègre puisse pouvoir dire le fond de sa pensée sans les compromissions de celui qui tient à une réélection à tout prix, une liberté de parole qu’il juge essentielle pour pouvoir assumer un sain exercice démocratique :
« Ça doit être long quand même de dire des choses qu’on ne pense pas ou de ne pas dire des choses qu’on pense. »
vigile.net tribune libre 25 avril 2012
quebechebdo 26 avril 2012 "La leçon de Jean-Martin Aussant lors de son passage au PQ"
Henri Marineau

