Le crucifix en guise de bouée de sauvetage

Décidément, le projet de loi sur la laïcité n’en finit plus de causer des maux de tête à Philipe Couillard. En effet, après avoir tergiversé pendant des semaines sur la position du PLQ concernant le port des signes religieux en milieu de travail pour les employés de l’État, à tel point qu’il est devenu presque impossible d’en connaître la véritable teneur, le chef du PLQ est maintenant confronté à une attaque en règle de l’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin qui l’accuse d’être à la tête d’un « parti strictement montréalais ».

En conséquence, un parti déconnecté des régions du Québec…Il n’en fallait pas plus pour que le chef essaie de détourner l’attention sur les valeurs catholiques des habitants des régions en tentant de les récupérer par une profession de foi des valeurs libérales qui ont toujours prôné l’attachement de la présence du crucifix à l’Assemblée nationale.

Parlant des régions, dans le cadre du caucus libéral qui se tient présentement « en région » à Saint-Félicien, plusieurs députés ont applaudi à la nouvelle ferveur de leur chef vis-à-vis le maintien du crucifix accroché au Salon Bleu par Maurice Duplessis en 1936.

Pour le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, « les gens veulent garder le symbole », particulièrement dans les circonscriptions rurales comme celle qu’il représente. En ce qui a trait au député de Mégantic, Ghislain Bolduc, cette défense du crucifix aura « un effet positif » pour les libéraux.

En agissant de façon aussi démagogique, Philippe Couillard démontre à quel point son parti s’achemine vers un naufrage politique qu’il souhaite éviter en utilisant à des fins purement partisanes le crucifix comme bouée de sauvetage.

Enfin, et c’est là toute la « flagornerie » du chef libéral, devant son caucus, il a déclaré sans sourciller que la charte « c’est un dossier classé dans le sens que notre position est claire », tout en ajoutant du même souffle « qu’on consacre 250 heures de travaux de l’Assemblée nationale à un enjeu largement théorique et une fiction du Parti québécois. »

À constater tous les subterfuges que Philippe Couillard invente pour se sortir du guêpier dans lequel il s’est lui-même pris au piège, je ne peux que conclure que le chef du PLQ n’a pas su doser toute l’importance du débat sur la charte de la laïcité et qu’il devra se résigner à sombrer impitoyablement dans le gouffre de sa basse démagogie.

vigile.net tribune libre 28 janvier 2014
quebechebdo 28 janvier 2014 (version abrégée)


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