Le crucifix de la discorde

C'est le gouvernement de l'Union nationale de Maurice Duplessis qui a décidé d'apposer le crucifix au-dessus du trône du président de la Chambre à la première session du gouvernement qui venait tout juste d'être élu, en octobre 1936, une décision réfléchie de Duplessis qui correspondait au désir du nouveau gouvernement de l’époque d'effectuer un virage dans les relations entre l'Église et l'État québécois. Duplessis voulait démontrer qu'il se distinguait ainsi des gouvernements libéraux antérieurs en étant davantage à l'écoute des valeurs catholiques du Québec.

Aujourd’hui, le gouvernement du Parti québécois s’apprête à déposer à l’assemblée nationale une charte des valeurs québécoises à l’intérieur de laquelle les symboles et pratiques catholiques appartiennent au patrimoine historique du Québec alors que les symboles et pratiques minoritaires doivent être relégués à la sphère privée.

Comment l’État peut-il demander à ses employés de ne pas afficher leurs croyances religieuses alors qu’il affiche lui-même un symbole religieux dans son enceinte? Ce crucifix, par lequel Duplessis a voulu sceller l’alliance entre l’État et l’Église catholique, est le symbole même de la non laïcité. Conséquemment, le premier geste à poser par un État qui prétend se déclarer laïque serait de le retirer illico du Salon bleu…

quebechebdo 26 août 2013
vigile.net tribune libre 26 août 2013
cyberpresse.ca 30 août 2013

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