La sortie de crise
À partir du moment où, d’une part, les trois associations étudiantes sont unanimes sur le gel des droits de scolarité et sur les problèmes de gestion et de financement des universités et que, d’autre part le gouvernement et les représentants des universités et des Cégeps se déclarent opposés à ces propositions, nous nous retrouvons, après plus de douze semaines de boycott de la part des étudiants, devant un cul-de-sac.
Pour ma part, j’avoue que les moyens proposés pour dénouer le conflit par plusieurs intervenants au cours des derniers jours me laissent parfois perplexes. D’un côté, vous avez ceux qui prônent l’intervention d’un médiateur, de l’autre, la création d’une commission parlementaire spéciale ou la tenue d’états généraux sur la gestion et le financement des universités.
À mon sens, les dernières propositions concrètes des associations étudiantes touchant la gestion et le financement des universités ont l’avantage de faire ressortir des éléments de discussion qui doivent absolument être déposées sur une table de négociation ou dans un forum accepté par les deux parties.
En déposant leurs propositions sur la place publique, les étudiants, bien qu’ils s’en défendent à juste titre en alléguant que le gouvernement ne leur laisse pas le choix, en arrivent à « jouer le jeu » de ce même gouvernement dont ils dénoncent la stratégie.
Par ailleurs, je ne crois plus qu’un retour à la table de négociation soit réaliste…les deux partis ayant fait la preuve incontestable qu’aucune entente n’est possible sur l’enjeu majeur du conflit, à savoir la hausse des droits de scolarité.
Ne restent que deux hypothèses, la médiation dont le rôle est de favoriser un rapprochement entre les partis sur le dépôt de « leurs propositions » dans le but d’en arriver à une entente, ou la voie de l’échange sur « l’ensemble des solutions envisageables » via une consultation élargie.
Je serais plutôt porté à favoriser la « consultation élargie » qui possède l’avantage d’ouvrir la discussion sur un éventail plus grand de solutions que la médiation qui ne doit se limiter qu’aux propositions déposées par les deux partis. Quant à savoir laquelle des deux voies, la commission parlementaire ou les États généraux, représente le moyen le plus sûr d’en arriver à la sortie de crise, je demeure encore perplexe, la première présentant l’avantage de donner des résultats plus rapidement, la seconde, de faire davantage appel à une consultation citoyenne.
Quoi qu’il en soit, un fait est incontournable…Les problèmes de financement et de gestion des universités doivent constituer le mandat principal de l’instance qui sera créée pour sortir de ce conflit !
vigile.net tribune libre 4 mai 2012
quebechebdon 4 mai 2012
Henri Marineau

