La querelle des Anciens et des Modernes

Le projet de TGV Québec-Toronto accuse tout un lot de contestations, particulièrement de la part des agriculteurs qui y perçoivent un danger imminent pour la survie de leurs cultures. Sur le plan politique, le Bloc québécois et le Parti québécois le dénoncent vivement, alléguant pour l’un que ce projet à été bâclé, et pour l’autre que les milliards $ que le gouvernement fédéral s’apprête à investir dans ce projet devraient plutôt être injectés dans les infrastructures désuètes de certains hôpitaux et d’écoles et dans la réparation du réseau routier. De surcroît, s’ajoute à ce scénario le contournement de la participation du BAPE décrié par les agriculteurs qui répliquent vivement aux séances de « consultation » d’Alto, le promoteur du projet, qui ont tourné davantage en séances d’information. En bref, nous assistons à une véritable querelle des Anciens et des Modernes dans laquelle s’affrontent les traditionnels agriculteurs à la modernité de la technologie. Si un terrain d’entente devait naître entre les deux parties, il devra nécessairement protéger les terres agricoles, sources essentielles alimentaires auprès de la population depuis des siècles à défaut de quoi les citoyens de Mirabel risquent de revivre le traumatisme de leur expropriation cavalière par le gouvernement de Pierre Elliot Trudeau en 1969 au profit d’un aéroport qui a été déplacé à Dorval 20 ans plus tard. Comme le dit le proverbe bien connu, chat échaudé craint l’eau froide.

Le Devoir 23 juin 2026

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