La patate chaude du PLQ

Ce n’est pas d’hier que le statut du français au Québec cause des maux de tête au Parti libéral du Québec (PLQ). À cet effet, rappelons que, tout récemment, le nouveau chef du PLQ, Charles Milliard, a dû rétropédaler après avoir évoqué l’existence de deux langues officielles au Québec, et changer son fusil d’épaule au sujet de la protection de la réforme de la Charte de la langue française contre les poursuites judiciaires.

Qu’à cela ne tienne, le plan du PLQ pour le français, qui n’est toujours pas connu, sera « meilleur » pour la santé du français que les gestes posés par la CAQ dans la loi 96, a insisté Charles Milliard en marge du rassemblement militant de Sherbrooke. Or des libéraux présents au rassemblement se sont prononcés pour ramener le libre choix dans les cégeps. Plusieurs critiques visent par ailleurs directement la loi 96 à l’égard de la limitation des inscriptions des francophones et des allophones dans les cégeps anglophones, et de l’obligation pour tous les étudiants de suivre trois cours de français ou trois cours de leur programme en français. « Chose certaine, on touche à des institutions qui sont importantes pour la communauté anglophone », a lancé le président de la Commission politique nationale du PLQ, André Pratte, à cet effet en point de presse à Sherbrooke.

Nonobstant le contenu du plan libéral ayant trait au français, les premières réactions des divers intervenants qui se sont prononcés pour l’heure sur le sujet laissent présager un recul significatif sur les acquis obtenus par la CAQ de François Legault au cours de ses deux mandats. De toute évidence, Charles Milliard doit se créer un passage entre l’arbre et l’écorce, à savoir ne pas déplaire à sa base anglophone d’une part, et rallier une partie de l’électorat francophone d’autre part s’il aspire gruger assez de votes à la CAQ et se rapprocher sérieusement du peloton de tête avec le PQ sans négliger la montée substantielle de la CAQ dans les récents sondages depuis l’arrivée de Christine Fréchette à titre de première ministre.

Le Devoir 11 juin 2026

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