Jusqu’où ira la violence envers les femmes?
De nos jours, la violence a envahi toutes les sphères de la société particulièrement chez les jeunes. À ce sujet, un article publié dans les médias m’a littéralement décontenancé. Une pétition intitulée « Légalisons le viol » a circulé dans une école secondaire de Saint-Hyacinthe avant d’être interceptée par le personnel. Mais comment se fait-il qu’un torchon aussi violent envers les filles d’une école secondaire ait pu être lancée dans les corridors de l’école en 2026? Où s’en va la gent masculine d’aujourd’hui? Comment en est-elle arrivée à banaliser un geste aussi grotesque que le viol?
Je suis un vieux grand-père de 79 ans d’une petite-fille de 21 ans et père de deux filles aujourd’hui dans la cinquantaine, et je rends grâce à ma bonne étoile de m’avoir épargné de vivre dans un monde aussi pervers. Heureusement, à l’époque où mes filles traversaient leur adolescence, le phénomène de la violence chez les femmes n’avait pas atteint un si haut sommet et faisait partie de l’exception. Or aujourd’hui, la violence est devenue monnaie courante, et les femmes sont perçues comme des objets de prédilection pour le « sexe fort ». C’est à se demander si l’ampleur du masculinisme ne vient pas faire contrepoids au féminisme en bafouant sans coup férir les gains obtenus à bout de bras par les femmes au cours des dernières décennies.
Jusqu’à aujourd’hui, le Québec dénombre 20 féminicides et l’année 2026 n’est pas terminée. C’est énorme. Face à ce fléau innommable, les organismes communautaires dénoncent l’inaction et le silence du gouvernement. Aujourd’hui, au Québec, en 2026, des femmes sont violentées quotidiennement par leur conjoint autant psychologiquement que physiquement. Aux yeux de leurs bourreaux masculinistes, les femmes incarnent une classe inférieure soumise aux volontés des hommes, amplement alimentée par la panoplie d’influenceurs sur les médias sociaux. En bref, la femme doit être cantonnée à sa cuisine et destinée à la reproduction.
La violence faite aux femmes a atteint un niveau très inquiétant notamment chez les jeunes Québécois. À partir du moment où la légalisation du viol est banalisée à outrance par des adolescents sans repères, dans une société dite moderne dépassée par un phénomène aussi abject, le gouvernement via le ministère de l’Éducation a le devoir d’entreprendre une vaste mobilisation dans les écoles visant à sensibiliser les garçons sur le nécessaire respect envers les filles, à défaut de quoi le climat social entre les garçons et les filles risque de s’envenimer davantage, et de produire un clivage malsain qu’il deviendra impossible de pallier.
Le Soleil 14 octobre 2026
Le Journal « Faites la différence » 19 octobre 2026
Henri Marineau

