François, un pape pas comme les autres
Le pape François continue d’étonner, voire de provoquer, par ses déclarations fracassantes sur la société d’aujourd’hui. Cette fois-ci, il s’en prend au capitalisme financier qu’il qualifie de système économique de « l’exclusion » et de « nouvelle tyrannie invisible » tout en plaidant pour un « retour de l'économie et de la finance à une éthique en faveur de l'être humain », en appelant les dirigeants des grandes puissances mondiales à lutter contre la pauvreté et les inégalités engendrées par le capitalisme financier, et en rappelant la nécessité d’une solidarité sans condition entre riches et pauvres.
« Il n'est pas possible que le fait qu'une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en Bourse en soit une… Tant que ne seront pas résolus radicalement les problèmes des pauvres, en renonçant à l'autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière, et en attaquant les causes structurelles de la disparité sociale, les problèmes du monde ne seront pas résolus, ni en définitive aucun problème. La disparité sociale est la racine des maux de la société ».
Extrait du document apostolique du pape François « Evangelii Gaudium » (« La Joie de l'Évangile »)
Une exhortation apostolique qui en appelle à la « gratuité » et à la « solidarité » pour contrer le « capitalisme sauvage », dans le style chaleureux et simple du pape François, tranchant radicalement avec les écrits plus académiques et plus formels de ses prédécesseurs.
"Ici se vit une hospitalité ouverte, sans distinction de nationalité et de religion, selon l'enseignement de Jésus. Nous devons tous retrouver le sens du don, de la gratuité, de la solidarité. Un capitalisme sauvage a enseigné la logique du profit à tous prix, du don fait pour obtenir, de l'exploitation sans attention aux personnes. Et nous en voyons les résultats dans la crise que nous vivons !"
Le 21 mai 2013, au Vatican, en visite à la maison d'accueil tenue par les soeurs de Mère Térésa
Indépendamment du fait que je ne sois pas un « catholique pratiquant », force m’est de constater que François m’interpelle sur les valeurs profondes de justice entre les hommes qui m’ont été inculquées dès ma jeunesse et que j’ai toujours défendues. Aussi dois-je admettre que ce pape, au contraire de ses prédécesseurs, incarne une dynamique de renouveau bénéfique au sein de l’Église catholique.
quebechebdo 29 novembre 2013
vigile.net tribune libre 29 novembre 2013
Henri Marineau

