Couillard au régime minceur
Même si le nouveau chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, bénéficie d’un appui de 48% à titre de politicien le plus populaire au Québec selon le dernier baromètre des personnalités politiques publié en juin 2013, les militants libéraux tardent à faire sonner la caisse du parti.
En effet, selon les données du Directeur général des élections du Québec du 15 juillet 2013, l’organisation libérale n’a amassé que 118 111 $ auprès de 1379 donateurs depuis le début de l’année 2013, soit moins de dons que Québec solidaire, la plus petite formation représentée à l’Assemblée nationale avec seulement deux élus, qui a récolté 118 642 $ auprès de 1771 donateurs.
Des chiffres fort révélateurs qui contrastent dangereusement avec les ambitions de Philippe Couillard qui clame à tout vent qu’il compte refaire du Parti libéral une force politique comparable à celle des années ‘60 de Jean Lesage.
Qu’à cela ne tienne, «l’arrivée de M. Couillard a fait souffler un vent de renouveau au Parti libéral du Québec», lance Marie-Ève Ringuette, directrice générale du PLQ, qui explique la minceur du financement populaire par la course à la direction du parti, qui a couronné le nouveau chef en mars dernier. « De janvier à mars, tous nos efforts ont été mis dans la course à la direction », poursuit Mme Ringuette, tentant de se faire rassurante.
Et, pour remobiliser ses ouailles égarées, le PLQ compte mettre en branle un « blitz de financement » à l’automne, ajoute la directrice générale. Le parti se prépare à la tenue d’élections à tout moment, parce que le gouvernement minoritaire de Pauline Marois peut tomber dès cet automne. À cet effet, les libéraux ont commencé à tenir des assemblées d’investiture avant la pause des vacances d’été. Pour sa part, Philippe Couillard compte sillonner le Québec d’ici là pour répandre la « bonne nouvelle libérale » et rebâtir le PLQ, amoché après neuf années de pouvoir.
Par ailleurs, compte tenu que la nouvelle loi sur le financement électoral limite les dons individuels à 100 $ par année, le PLQ a mis sur pied des « équipes qui revoient [son] mode de fonctionnement. Il faut penser à faire les choses différemment », conclut Marie-Ève Ringuette.
Affublé d’une « star académie » de la scène politique provinciale à sa tête qui risque de durer le temps d’une éclipse solaire, le PLQ, enlisé depuis des décennies dans un financement engraissé par les vaches grâces du système oligarchique, risque de se retrouver « gros jean comme devant » face à une base partisane qui a décroché depuis longtemps de ce parti perverti jusque dans ses fondements.
Enfin, en ce qui a trait à la « bonne nouvelle » annoncée par le Sauveur désigné en la personne du « distingué » docteur Couillard, ses dernières sorties à ce sujet laissent plutôt présager d’un « retour vers le futur » dans lequel le scénario tourne autour du thème d’un Québec fort dans un Canada uni!
quebechebdo 23 juillet 2013
Henri Marineau

