Autonomie tranchée au couteau
L’incendie dramatique de l’Isle-Verte soulève de nombreuses questions, notamment sur la nécessité pour les résidences pour personnes âgées d’être munies de gicleurs. Et, à cet effet, l’autonomie des résidents est visée comme un des critères déterminant l’installation obligatoire de gicleurs.
Parlant de cette « autonomie », les personnes âgées sont divisées en trois catégories, à savoir autonomes, semi-autonomes et non-autonomes. Une catégorisation liée à différents facteurs, tels le nombre de minutes de soutien dont une personne a besoin au quotidien pour se lever, se laver, se nourrir, se déplacer, ce à quoi s’ajoutent d’autres minutes pour les soins médicaux.
Toutefois, si nous considérons les circonstances dans lesquelles l’alarme de feu a été déclenchée à l’Isle-Verte, à savoir en pleine nuit, peut-on s’imaginer qu’une personne « autonome » le jour, mais sous l’effet d’une médication la nuit, puisse avoir le réflexe nécessaire pour évacuer rapidement sa chambre? Et cette autre personne « semi-autonome » se déplaçant avec une marchette peut-elle s’échapper d’une chambre enfumée en pleine nuit?
Des exemples concrets qui prouvent, à mon sens, que l’autonomie des personnes âgées ne peut être tranchée froidement au couteau tel un vulgaire problème bureaucratique. En conséquence, au lieu de tergiverser sur l’impact économique lié à l’installation de gicleurs dans les résidences pour personnes âgées, il m’apparaît essentiel que des mesures soient entreprises pour que des gicleurs soient installés rapidement dans « toutes » ces résidences!
quebechebdo 25 janvier 2014
Henri Marineau

