Attaquer sur les deux fronts
Imaginons le scénario suivant…Je possède une magnifique maison patrimoniale sur un spacieux terrain boisé le long du Saint-Laurent. Cependant, les séquelles laissées sur sa charpente, dû à la rigueur de notre climat, m’obligent à la retaper pour lui redonner ses airs de fierté.
Par ailleurs, mon voisin immédiat, propriétaire d’un domaine ancestral, délaisse depuis des décennies son entretien, si bien que les conditions d’hygiène et de salubrité sont même remises sérieusement en question par plusieurs résidents environnants.
Certains d’entre eux, connaissant mon projet de rénovation, m’ont conseillé de porter plainte aux autorités municipales et d’exiger la démolition de la maison de mon voisin. En ce qui me concerne, comme je suis à peu près convaincu que je n’obtiendrai pas gain de cause à la suite d’une telle demande, j’ai plutôt opté pour une plainte exigeant que mon voisin respecte les conditions normales de salubrité.
De cette façon, je pourrai procéder aux rénovations souhaitées tout en obtenant de mon voisin qu’il se conforme aux règles élémentaires de civisme, ce qui aura comme effet que les rénovations apportées sur ma maison auront davantage d’effets positifs sur son apparence et sur celles des résidents immédiats.
Attaquons maintenant le contenu de mon argumentaire. Certains commentaires parus dans divers médias souhaitent que le mouvement indépendantiste attaque de front les aberrations du fédéralisme, alléguant que notre cause pourra rallier bon nombre d’indécis en agissant de la sorte.
Quoique conscient qu'une telle stratégie pourrait avoir des effets positifs sur une certaine mobilisation, je demeure convaincu que nous devons aussi travailler sur notre terrain pour en arriver à rallier ces mêmes indécis aux bienfaits de la souveraineté.
En termes clairs, je ne crois pas que c’est en détruisant que l’on construit, je ne crois pas que le seul objectif de destruction d’un système fera germer la naissance d’un autre. Je crois plutôt que nous devons unir nos efforts et attaquer sur les deux fronts, à savoir les failles de la forteresse fédérale et les forces de notre résidence patrimoniale québécoise.
De cette façon, nous arriverons à donner à notre territoire toute sa fierté tout en continuant à cohabiter avec un voisin qui n’aura d’autre choix que de respecter son voisinage.
quebechebdo 13 novembre 2011
Henri Marineau

