La fille à son père

6 novembre 2011

Dans son spectacle d’adieu intitulé « 50 ans de métier, ça s’raconte », un show qui accorde la prépondérance aux mots et à la poésie, Clémence DesRochers tire sa révérence du monde du spectacle.

Née à Sherbrooke le 23 novembre 1933, Clémence fait son baluchon et part pour Montréal en 1950 pour rejoindre la « roulotte » à Paul Buissonneau. Elle n’a que 20 ans lorsqu’elle participe à la naissance de la télévision à Radio-Canada.

En 1959, elle est de la première vague des chansonniers québécois en lançant les Bozos auprès des Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Raymond Lévesque et André Gagnon. C’est dans son propre cabaret, Chez Clémence, qu’elle donnera sa première chance à un certain Yvon Deschamps.

Tout au cours de son dernier spectacle, Clémence se réclame de la poésie, de cette flamme qui a habité son père, le poète et journaliste Alfred DesRochers, pendant toute sa vie. On n’a qu’à lire ce poème écrit en hommage à son père, intitulé « L’homme de ma vie », pour savourer dans les mots la tendresse qu’elle éprouvait pour lui :

« Si nous devenons bon amis
Je t'amènerai un dimanche
À ma maison en bois de planches
Rencontrer l'homme de ma vie

Il te tendra sa longue main
Pareille à un dessin d'étoile
Il mettra du bois dans le poêle
Pour réchauffer le café brun

Le coude appuyé sur la table
Il te parlera framboisier
Du sous-bois qu'il a nettoyé
Pour entailler ses deux érables

Il t'amènera en forêt
Voir ses fagots de branches mortes
Et te dira de quelles sortes de fleurs
Est garni ton bouquet

Si tu es là à la brunante
Il allumera le foyer
Et commencera à chanter
Ses chansons anciennes et lentes

Un chant d'oiseau le fera taire
Il pleurera comme un enfant
Moi je sais la voix qu'il entend
C'est l'épouse en-allée, ma mère

Si nous devenons bon amis
Je t'amènerai un dimanche
À ma maison en bois de planches
Rencontrer l'homme de ma vie »

Finalement, aujourd'hui, je crois qu'Alfred DesRochers, le poète nationaliste, serait fier de dire qu'il était le père de notre Clémence nationale !

quebechebdo 6 novembre 2011 

Le chaînon manquant

6 novembre 2011

Le 20 février 2009, Guy Turcotte poignardait froidement ses deux enfants à quarante-six reprises. Le 5 juillet 2011, Turcotte a été reconnu criminellement non responsable des meurtres de ses enfants, à la suite d’un procès extrêmement médiatisé. Depuis lors, il a été détenu à l’Institut Philippe-Pinel.

Quatre mois plus tard, devant les membres de la Commission d’examen des troubles mentaux, le psychiatre Pierre Rochette conclut qu’il en est encore « au point zéro » dans sa compréhension des motifs qui ont poussé le meurtrier à commettre un geste aussi atroce.

Aux yeux du psychologue Guy Desjardins, rien ne peut expliquer le double passage à l’acte de Turcotte ni exclure une éventuelle récidive puisqu’il a toujours refusé de suivre une psychothérapie et, qu’en ce sens, sa fragilité n’a non seulement été traitée, elle n’a même pas été identifiée.

Quant à Guy Turcotte, il souhaite, à sa sortie, reprendre ses activités de cardiologue, s’exiler dans une autre province, se refaire une vie affective et possiblement ravoir des enfants.

Sans être un expert dans l’analyse de tels cas, je serais porté à me rallier à la proposition du docteur Rochette de maintenir en détention Guy Turcotte pour au moins une année avant réévaluation, compte tenu que, selon l’expression du psychiatre, il existe encore un « chaînon manquant » entre sa personnalité et les gestes posés.

quebechebdo 6 novembre 2011

Prendre à César ce qui ne lui appartient pas

5 novembre 2011

J’ai toujours apprécié m’enrichir des pensées de celles et de ceux qui s’étaient arrêtés, l’espace d’un instant, sur une page de leur vie pour en ressortir un message ou une réflexion. Dernièrement, une de ces pensées, écrite par Paul Éluard, m’est apparue pleine de subtilité et porteuse de sens, particulièrement dans le contexte socio-politique du Québec.

« Il faut prendre à César ce qui ne lui appartient pas ».

Et pourtant, force nous est de constater que, depuis presque cent cinquante ans, nous persistons à « laisser » à César ce qui ne lui appartient pas…nous subissons aveuglément l’aliénation de nos biens sans broncher, en bon petit peuple soumis.

Bien sûr, au cours de toutes ces années, des voix isolées se sont élevées pour dénoncer avec conviction ces injustices et revendiquer les droits des Québécois, mais toujours, le naturel est revenu au galop, tel un stigmate indélébile.

Par ailleurs, plus récemment dans notre histoire, d’autres voix, telles celles des défenseurs de l’étapisme, des conditions gagnantes ou de la gouvernance souverainiste, plus discrètes et beaucoup moins convaincantes, ont exploré des chemins plus tortueux qui ont abouti à des culs de sac qui n’ont fait qu’amplifier le fossé qui nous sépare de notre indépendance

Aujourd’hui, se font entendre des voix plus percutantes qui nous lancent un appel criant à nous libérer de cette peur viscérale qui nous colle à la peau depuis si longtemps. Ces voix, incarnées souvent par des jeunes, nous invitent à la ré-appropriation de nos ressources, à la défense et à la promotion de notre langue et de notre culture, et à la protection de notre environnement.

En d’autres mots, ces voix nous invitent à l’unification des forces souverainistes à l’intérieur d’une nécessaire coalition citoyenne nationale. Elles nous disent haut et fort que seule l’indépendance pourra nous rendre tous nos pouvoirs et nous affranchir du servile aplaventrisme qui nous stigmatise depuis trop longtemps.

Ces voix, elles essaiment de partout au Québec à travers un mouvement indépendantiste vigoureux et déterminé à « prendre à César ce qui ne lui appartient pas » pour enfin parvenir à créer le pays du Québec, une nation française en Amérique du nord qui se tient fièrement debout! 

quebechebdo 4 novembre 2011

Faut-il cacher les indignés?

4 novembre 2011

Le « mouvement des Indignés » est une série de manifestations pacifiques spontanées menées en Espagne à partir du 15 mai 2011, totalisant jusqu'à plusieurs dizaines de milliers de personnes, nées sur les réseaux sociaux et initiées par le mouvement et le site web « Une vraie démocratie, maintenant », d'où ont émergé plus de 200 petites associations solidaires.

Bien que les manifestants forment un groupe assez hétérogène, ils ont en commun un désaveu des citoyens envers la classe politique et la corruption. Les sensibilités des manifestants varient beaucoup, certains réclamant seulement un peu plus de compréhension de la part de la classe politique, d'autres, une réforme de la loi électorale, d'autres encore, une révolution citoyenne qui déboucherait sur la création d'une véritable démocratie.

Le 15 octobre se produit la première « journée mondiale des indignés », appelée aussi « journée mondiale de la colère », sous le mot d'ordre « Tous ensemble pour un changement mondial ». Les manifestations ont eu lieu dans 951 villes de 82 pays.

Plus près de nous, les quelque 50 manifestants du mouvement « Occupons Québec », qui campent dans le Jardin de Saint-Roch depuis une douzaine de jours, sont menacés d’être expulsés des lieux par les autorités municipales de la Ville de Québec qui allèguent des raisons de sécurité.

Des inspections des services de police et des incendies de la Ville ont été réalisées et les manifestants semblent avoir procédé aux ajustements nécessaires pour être conformes aux normes de sécurité.

Face à ce constat, il y a lieu de se demander si, derrière ces « motifs de sécurité », il ne se cache pas des raisons « politiquement dérangeantes » pour une certaine classe de politiciens ! Une question se pose alors : « Faut-il, pour ces raisons, cacher les indignés ? »

quebechebdo 4 novembre 2011
vigile.net tribune libre 4 novembre 2011

À l’image de Claude Béchard

3 novembre 2011

Quelques jours après sa mort, une page Facebook avait été créée sous le nom «Pour que l’autoroute 85 devienne l’Autoroute Claude-Béchard». Plus de cinq mille personnes avaient démontré leur appui à cette initiative populaire.

Un an plus tard, la Commission de toponymie du Québec vient de donner un avis favorable au baptême de la future autoroute 85 au nom de l’ex-député de la circonscription de Kamouraska-Témiscouata. Il faut se souvenir que le fédéral et le provincial se renvoyaient la balle dans ce dossier et que c’est grâce à la détermination de Claude Béchard que le projet a fini par débloquer.

Enfin, la longue lutte de M. Béchard contre son cancer du pancréas qui a eu raison de son courage avait été perçue, par plusieurs, comme un exemple de persévérance.

Une décision qui reflète et récompense la détermination des gens de cette région…à l’image de Claude Béchard, à qui ce projet tenait tellement à coeur!

quebechebdo 3 novembre 2011 

Pour un véritable vent de changement

3 novembre 2011

Je me souviens, lorsque j’avais à peine dix ans, quel engouement je vouais à Maurice Richard ! Lorsqu’il sautait sur la patinoire, j’avais l’impression de sauter avec lui tellement il y mettait de fougue et de détermination.

Toutefois, dans les dernières années de sa carrière, j’ai ressenti moins d’ardeur et de souplesse dans ses mouvements…le Rocket avait perdu la bougie d’allumage qui réussissait depuis vingt ans à électriser la foule du Forum.

Je me souviens aussi, avec une profonde tristesse, des huées de ses fans qui l’avaient adulé depuis toutes ces années…Plusieurs années plus tard, je me suis demandé si Maurice Richard n’avait pas raté sa sortie.

Aujourd'hui, si je transpose la patinoire du Rocket avec l’arène politique, j’ai l’impression que certains « joueurs », tels François Legault ou Gilles Duceppe, risquent de rater leur sortie.

Pourtant, si je reste dans le même champ de comparaison, des personnages aussi aguerris et adulés que Jean Béliveau et Jacques Parizeau, ont su « réussir leur sortie » tout en demeurant des mentors respectés dont l’expertise et les valeurs ont profité à une pléiade de jeunes joueurs de hockey et de politiciens.

En tant qu'ex-enseignant, j’ai été à même de constater toute la satisfaction que le maître peut éprouver à être surpassé par un de ses élèves. C’est là la preuve qu'il était un excellent pédagogue. Pourquoi alors, un politicien ne pourrait pas éprouver la même satisfaction ? Pourquoi certains d’entre eux s’obstinent-ils ainsi à demeurer dans l’arène politique au risque de se faire « huer » par l’électorat ? Pourquoi n’utilisent-ils pas plutôt leur expertise pour contribuer positivement à un véritable vent de changement ?

Selon moi, les tenants du retour à la politique active des Duceppe et Legault font fausse route en espérant qu'ils deviennent les utopiques sauveurs d’une cause en péril. Comme pour tous les travailleurs, la retraite des politiciens est inévitable, ce qui ne veut pas dire qu'ils doivent se taire, loin de là !

Ils doivent continuer de s’exprimer ouvertement sur les débats qui animent la scène politique et agir à titre de mentors, de sages conseillers qui auront l’insigne mérite de contribuer à un véritable vent de changement en faisant profiter la relève de leur expertise, de leurs convictions et de leurs conseils.

vigile.net tribune libre 3 novembre 2011
quebechebdo 6 novembre 2011



Il voulait écrire

2 novembre 2011

Le 8 novembre prochain, Jean Provencher, le célèbre historien de Québec, recevra le prix Gérard-Morisset, reconnaissant sa contribution exceptionnelle pour la promotion du patrimoine, dans le cadre du Prix du Québec, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec.

Fervent amoureux de l’histoire depuis les débuts de ses études secondaires, sa rencontre avec Jean Hamelin, son professeur d’histoire du Canada contemporain à l’université Laval, allait déclencher une brillante carrière comme historien.

Un jour, M. Hamelin demanda à Jean Provencher ce qu’il avait envie de faire dans la vie. Ce dernier lui répondit qu’il voulait écrire…et s’ensuivit une suite ininterrompue d’écrits sur le patrimoine québécois qu’il qualifie de la base de la culture d’un peuple!

Depuis quarante ans, Jean Provencher travaille à faire découvrir le patrimoine à travers l’histoire. Comme le dit à juste titre cet amant du patrimoine québécois, « tu ne peux pas savoir qui tu es si tu ne sais pas d’où tu viens »!

En cette période où le peuple du Québec semble végéter dans une errance moribonde quant à son identité, il aurait avantage à consulter les écrits de Jean Provencher et à s’en inspirer pour arriver à retrouver ses racines et sa fierté!

quebechebdo 2 novembre 2011

Commentaire:

"Au nom de l'Association des Provencher d'Amérique inc, je félicite Jean Provencher pour l'obtention du prix Gérard-Morisset. Membre de l'Association, nous connaissons la valeur de Jean comme historien et nous avons eu l'occasion , à l'Association, de souligner son travail et sa personne. Et que cette reconnaissance vienne du Gouvernement du Québec, nous en sommes tous très touchés. Bravo Jean!" 

Georges Provencher, président de l'Association des Provencher d'Amérique inc
quebechebdo 4 novembre 2011

 

Le fantasme Duceppe

2 novembre 2011

En juin 2011, un sondage CROP accordait 18% des intentions de vote au PQ sous la direction de Pauline Marois, derrière les libéraux à 25% et loin derrière l’hypothétique parti de François Legault à 40%. Quatre mois plus tard, le sondage de Léger Marketing-QMI indique qu’un Parti québécois dirigé par Gilles Duceppe récolterait 37% des voix, contre 25% pour Legault et 21% pour les libéraux. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les intentions de vote des Québécois semblent se balader tout azimut, au gré des rumeurs et des changements éventuels.

Toutefois, il y a un an, à cette même période, les « 50 jeunes souverainistes » écorchaient le leadership de Pauline Marois et son plan de gouvernance souverainiste dans une lettre ouverte qui a fait couler beaucoup d’encre et qui, à n’en pas douter, est toujours d’actualité. Si on ajoute à cela les doutes, exprimés ou non, qui traversent actuellement tout le PQ, de la base à la direction, le coup fatal pourrait venir des présidents de circonscriptions, où la grogne s’exprime déjà depuis des mois.

Il n’en fallait pas davantage pour qu’une éventuelle candidature de Gilles Duceppe à la tête du PQ refasse surgir le fantasme du sauveur. Pourtant, si nous tentons d’examiner les éléments qui pourraient répondre aux critères de relance du PQ à travers le personnage de Gilles Duceppe, nous aurions avantage à nous poser quelques questions. Représente-t-il vraiment le changement recherché par les forces souverainistes ? Même si, pour des raisons stratégiques, Gilles Duceppe n’a pas encore annoncé ses intentions, prêterait-il flanc à des intentions opportunistes s’il se lançait dans l’arène ? Son image de chef autoritaire risquerait-elle de nuire à la nécessaire coalition nationale citoyenne ?

Enfin, malgré la volatilité des intentions de vote manifestées lors des derniers sondages, ils dénotent une tendance lourde et bien établie, c’est le profond désir de changement au sein de l’électorat québécois. En ce sens, comment se fait-il qu’en l’espace de quelques mois, c’est Gilles Duceppe qui en récolterait les dividendes au profit de François Legault, deux politiciens aguerris qui n’incarnent sûrement pas un « vent de changement » ?

À mon avis, je ne crois pas que Gilles Duceppe puisse mobiliser les militants et les sympathisants du mouvement indépendantiste. Il pourrait tout au plus servir de cataplasme sur l’hémorragie…en d’autres termes, comme disait mon grand-père : « On ne fait pas du neuf avec du vieux ! »

vigile.net tribune libre 2 novembre 2011
quebechebdo 2 novembre 2011



La chef et la souveraineté dans le placard

1 novembre 2011

La promotion de la souveraineté ne fait pas partie de la stratégie à court terme du Parti québécois en vue de regagner la faveur populaire. En effet, une campagne publicitaire, évaluée à 172 000$, exclura la promotion de l’article un du parti et sa raison d’être, soit la gouvernance souverainiste, et, la cerise sur le gâteau, la chef du parti, Pauline Marois, sera relayée à l’arrière-plan.

En effet, selon un article de La Presse canadienne paru dans le Devoir du 31 octobre…

« Les stratèges du parti ont donc convenu qu’il valait mieux miser d’abord sur le contenu du programme, et non sur la souveraineté et la chef, pour espérer regagner la faveur des Québécois. On estime ne pas avoir réussi au cours des six derniers mois à attirer l’attention des médias sur le nouveau programme. « La souveraineté, c’est en filigrane », explique en entrevue le président du parti, Raymond Archambault, pour justifier le choix du parti.

La promotion de la souveraineté, le PQ s’en occupera plutôt une fois porté au pouvoir, a-t-il précisé. « C’est beaucoup plus facile de faire la promotion de nos idées quand on est au gouvernement que quand on est dans l’opposition », selon lui. »

En d’autres termes, les « stratèges » du parti ont décidé « sagement » de mettre l’option fondamentale du PQ et sa chef dans le placard, au détriment d’un programme provincialiste, la gouvernance souverainiste, qui recule l’indépendance du Québec de plusieurs années en relançant le stérile débat des conditions gagnantes et ce, « pour regagner la faveur des Québécois » !

En réalité, une telle stratégie nous ramène à « La Guerre des tuques », le film d’André Melançon, sorti en 1984, dans lequel les deux clans de jeunes s’affrontent, l’un avec des balles de neige, l’autre bien abrité dans son château fort… le PQ avec ses « balles de neige » comme munitions, les fédéralistes, bien protégés dans leur « château fort » canadian.

Et, ces mêmes stratèges voudraient nous faire croire que c’est avec un tel « armement » que nous allons gagner la guerre et qu’une fois que nous aurons pris le pouvoir, nous sortirons l’artillerie lourde !

Foutaise ! Soyons réalistes… Si le PQ désire sérieusement gagner la faveur de son électorat, soit les militants et les sympathisants à notre cause, c’est maintenant qu’il doit sortir son arsenal ! Sinon, il devra battre pavillon et céder le flambeau aux soldats qui désirent vraiment gagner la guerre !

vigile.net tribune libre 1er novembre 2011
quebechebdo 1er novembre 2011

Commentaire:

"J’espère que cette campagne est (enfin) le chant du cygne de l’establisment péquiste actuel. Une telle campagne publicitaire a quelque chose d’irréel. Imaginez : elle ne parle pas de la cheffe ni de la souveraineté ! L’une et l’autre ne seraient donc plus présentables ! Humour noir à l’évidence germée par des cerveaux de ciment armé qui ne perçoivent plus rien au-delà de la paroi de leur bulle, la campagne démontre d’abord et avant tout que Marois doit partir."

Sonia Simard
vigile.net tribune libre 1er novembre 2011

À la défense des femmes

31 octobre 2011

Dans un article paru sur cette tribune le 17 octobre sous le titre « Le célibat de Vigile », André Vincent déplorait le fait qu’aucune femme n’avait publié d’article sur Vigile depuis une quinzaine de jours, et il les invitait en ces termes à reprendre leur place sur le site :

« Alors mesdames, si vous vous êtes retirées pour les raisons que j’évoque (peut-être maladroitement), je vous demande de revenir sur ce site, de reprendre la parole ; ce que vous avez à dire est trop important pour ne pas le dire.
Et puis… ça manque de lumière ici dedans. »

Dernièrement, certains articles, sur cette tribune, attaquent le « féminisme aveugle » des femmes qui se portent à la défense de Pauline Marois. Mettons les choses au clair…en ce qui me concerne, tant et aussi longtemps que Pauline Marois s’entêtera à garder le cap sur son plan de gouvernance étapiste, je ne lui accorderai pas mon appui. J’en suis donc au niveau de ses « idées » et non pas au niveau de son « sexe ».

Faisons un petit rappel historique concernant l’évolution du mouvement indépendantiste au Québec, particulièrement du Parti québécois. Depuis plus de 40 ans, ce parti est dirigé par des hommes et pourtant, nous en sommes encore là où vous savez.

Néanmoins, tout au cours de ces longues années, est-il déjà arrivé une seule fois que nous ayons entendu un commentaire de la part d’une femme qui ait remis en question le « masculinisme aveugle » des hommes ?

En d’autres termes, pourquoi faut-il essayer de trouver des raisons « profondes » qui motivent plusieurs femmes à continuer d’appuyer Pauline Marois ? Se pourrait-il que leur motif en soit un d’idéologie ou est-ce que les femmes ne seraient pas capables d’atteindre un tel niveau ?

Au moment au Claude Morin ou Pierre-Marc Johnson tentaient de nous embarquer dans leur démarche d’étapisme ou d’affirmation nationale, y-a-t-il quelqu’un qui se soit levé pour dénoncer le chauvinisme des hommes qui les appuyaient ?

En réalité, indépendamment du fait que nous soyons en désaccord avec les idées de Pauline Marois, je suggère que nous maintenions le débat au niveau des idées au lieu de tenter d’expliquer les choix des femmes par des motifs purement féministes.

Enfin, je crois que nous aurions avantage à exploiter la complémentarité des sexes plutôt que de favoriser un climat d’affrontement nocif qui risque de priver la cause souverainiste de la moitié de l’électorat québécois ! De ce fait, nous contribuerions à « ajouter un peu de lumière ici dedans ! »

vigile.net tribune libre 31 octobre 2011
quebechebdo 1er novembre 2011 (version abrégée)