Justin Trudeau change son fusil d’épaule!

4 décembre 2012

Six ans après la tuerie de l’École Polytechnique où 14 femmes ont perdu la vie le 6 décembre 1989, le registre des armes d’épaule a été créé en 1995 par les libéraux de Jean Chrétien. En avril 2012, le registre a été aboli par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui l’a toujours décrié. Lors du vote à ce sujet, qui s’est soldé par une majorité de 159 voix contre 130, le député de Papineau, Justin Trudeau, avait alors voté contre l’abolition du registre.

Sept mois plus tard, le même Justin Trudeau, maintenant candidat à la direction du Parti libéral du Canada, a déclaré récemment, dans la circonscription ontarienne conservatrice de Glengarry-Prescott-Russel, que « le registre des armes d’épaule tel qu’il était fut un échec et [qu’il n’a pas] l’intention de le ressusciter », ajoutant que la possession d’armes à feu fait partie de l’identité canadienne : « Je n’ai pas l’impression qu’il y a une contradiction entre le fait de garder nos villes sécuritaires tout en permettant cette facette importante de l’identité canadienne qu’est la possession d’une arme à feu. »

Et, pour ajouter un peu de piquant « à la Trudeau », tout en poursuivant sur une note personnelle, le fils de l’ancien premier ministre Pierre Eliott Trudeau a expliqué qu’il avait grandi entouré d’armes à feu. Les agents de la Gendarmerie royale du Canada qui assurait la sécurité de sa famille lorsqu’il était petit lui laissaient d’ailleurs parfois jouer avec leurs armes « de manière très responsable », a-t-il raconté.

À titre d’argument sur la position pour le moins contradictoire du député montréalais et du candidat à la direction du PLC dans le dossier du registre des armes d’épaule, Justin Trudeau allègue que le débat autour du registre des armes s’est polarisé au cours des dernières années dans le cadre de jeux politiques, tant à cause des conservateurs qui ont utilisé le débat sur le registre des armes pour diviser les Canadiens que des gouvernements qui ont précédé.

Toutefois, celui qui est considéré comme le favori dans la course à la direction du PLC assure que même s’il n’a pas l’intention de réimplanter ce registre, il entend tout de même continuer de « réfléchir à des moyens de garder les villes sécuritaires et de lutter contre la violence conjugale », reconnaissant que les armes à feu « jouent un rôle » dans ces problématiques, tant en ville qu’en région.

Quelques jours avant l’anniversaire des tristes événements de la commémoration de la tuerie du drame de Polytechnique du 6 décembre 1989, et avant de condamner les propos de M. Trudeau, le groupe Polysesouvient lui demande d’expliquer ses propos controversés sur le registre des armes d’épaule : « Je ne peux pas croire et j’aimerais qu’il clarifie sa position », demande Heidi Rathjen, porte-parole du groupe Polysesouvient et étudiante à l’École Polytchnique de Montréal au moment de la tragédie de 1989. « J’attends de savoir s’il est bel et bien contre l’enregistrement des armes à feu, parce que si c’est le cas, ce serait une immense trahison des valeurs québécoises et canadiennes. Ce serait aussi une trahison pour les familles des victimes. »

En attendant, nous nageons en plein paradoxe… Le député Trudeau s’est prononcé contre l’abolition du registre des armes d’épaule alors que le candidat à la chefferie du PLC Trudeau allègue maintenant que ce registre était un « échec » ! Mais que s’est-il donc passé au cours des derniers mois pour que le dauphin à la tête du PLC change son « fusil d’épaule » ? Ce n’est sûrement pas pour se rallier la faveur des Québécois qui se sont déjà prononcés massivement pour le maintien de ce registre…à moins que, sur les traces de son père, Justin ait la capacité d’adapter son discours à ses auditeurs, en l’occurrence, lors sa dernière déclaration sur le registre des armes d’épaule, à des citoyens d’une circonscription conservatrice ontarienne !

quebechebdo 3 décembre 2012
vigile.net tribune libre 3 décembre 2012

Le budget du sursis

3 décembre 2012

Les hauts cris d’indignation lancés par tous les partis d’opposition lors du dépôt du budget n’ont pourtant pas empêché pour autant son adoption le 30 novembre 2012 à l’Assemblée nationale. Le budget du ministre des Finances Nicolas Marceau a donc été adopté par 49 voix contre 48, l’absence de 22 députés libéraux lors du vote ayant ainsi permis au gouvernement minoritaire de Pauline Marois de survivre au vote.

Un scénario annoncé d’avance par le chef par intérim du PLQ, Jean-Marc Fournier, qui avait déjà indiqué, en ces termes, qu’il laisserait passer le budget même s’il le dénonçait, particulièrement au niveau de ce que M. Fournier qualifie de « promesses reniées » : « Nous considérons qu’il serait abusif et irresponsable de déclencher des élections dans les 100 premiers jours suivant une élection ».

De son côté, je dois reconnaître au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, dont le jugement laisse souvent pantois, qu’il frappe en plein dans le mille lorsqu’il raille la stratégie libérale de dénoncer le gouvernement tout en permettant son maintien au pouvoir, alléguant que l’absence des 22 députés libéraux ne constitue qu’une manœuvre politique pour camoufler que le PLQ est actuellement sans chef et que le parti est, de surcroît, embarrassé sérieusement par les révélations de la commission Charbonneau.

Du total des 48 votes contre le budget, on compte donc 28 libéraux, 19 caquistes et 1 vote du député de Québec solidaire, Amir Khadir, dont le parti a décrié l’obsession de l’atteinte du déficit zéro et la taxation de la classe moyenne. L’autre députée de Québec solidaire, Françoise David, était absente de la Chambre pour défendre sa propre motion, déposée par l’intermédiaire de M. Khadir, estimant que le budget ne comportait pas suffisamment de mesures de justice sociale, laquelle motion n’a recueilli qu’un seul vote, soit celui de M. Khadir.

Avant le vote, en Chambre, le ministre Nicolas Marceau a justifié son approche prudente, en faisant valoir qu’il était fier d’avoir déposé le budget menant à l’équilibre budgétaire. « Ce budget n’aligne pas seulement le niveau des revenus et des dépenses, c’est un budget dans lequel le dosage des actions est équilibré. Nous avons respecté, avec les moyens disponibles, plusieurs de nos engagements, et ce, à l’intérieur d’un cadre financier prudent. C’est un budget de rigueur », a dit M. Marceau.

À mon sens, le véritable test auquel sera soumis le budget Marceau ressortira au grand jour lorsque le gouvernement déposera ses crédits la semaine prochaine, à savoir l’ensemble des dépenses prévues pour chaque ministère… une opération fort délicate qui risque de faire monter aux barricades des milieux « frileux » dont les octrois seront diminués, ce qui aura comme conséquence, entre autres, de fragiliser davantage le budget du sursis du ministre Marceau et nous conduire dans une session parlementaire où la traditionnelle guerre de tranchées ne fera que contribuer à créer un climat de stagnation néfaste et improductif à l’Assemblée nationale !

quebechebdo 2 décembre 2012
vigile.net tribune libre 2 décembre 2012

« Il lance et compte!… »

30 novembre 2012

Les amateurs de hockey de ma génération se souviendront sans doute où, durant les années ’60, Jean Béliveau s’emparait de la rondelle au centre de la patinoire après l’avoir habilement subtilisée à un adversaire, contournait le défenseur en manipulant la rondelle et se présentait seul devant le gardien de but pour le déjouer d’un simple lancer du poignet dans le haut du filet…le tout se terminant par la phrase classique de René Lecavalier « il lance et compte!… », suivie d’un soulèvement massif de la foule de spectateurs!

À l’époque, le centre de la patinoire était une zone privilégiée où les joueurs de talent pouvaient manier la rondelle dans un espace qui leur laissait toute la place pour faire valoir leur brio dans le maniement du bâton. Aujourd’hui, les entraîneurs semblent avoir oublié le centre de la patinoire pour favoriser davantage le corridor le long des bandes et donner lieu à une guerre de tranchées où les mises en échec l’emportent sur le maniement de la rondelle.

Conséquences…une étude commune de l’Université de Calgary avec l’Université McGill et l’université Laval conclut que les mises en échec chez les joueurs de hockey de niveau pee-wee ont des conséquences graves sur la santé des enfants, notamment en terme de commotions cérébrales.

À titre d’exemples, en Alberta, les mises en échec sont acceptées dès le niveau pee-wee alors qu’elles sont interdites au Québec. Des chercheurs universitaires ont suivi 74 équipes albertaines et 76 québécoises sur une période d’un an au cours de laquelle 209 enfants albertains ont subi des blessures mineures et graves et 70 au Québec, parmi lesquels 73 cas de commotions cérébrales ont été diagnostiqués en Alberta contre 20 au Québec.

Si les responsables du développement des jeunes joueurs de hockey revenaient à la base de ce sport d’adresse et d’agilité, peut-être arriverions-nous à redonner au hockey ses lettres de créances qui ont soulevé l’enthousiasme de toute une génération de Québécois qui rebondissaient littéralement de leur siège devant le petit écran lorsque René Lecavalier lançait son légendaire « il lance et compte!… »

quebechebdo 30 novembre 2012

Confusion de termes fallacieuse autour de la loi 101

29 novembre 2012

En campagne électorale, le Parti québécois jugeait indispensable de durcir et d'élargir la portée de la loi 101, entre autres, par l’interdiction pour les francophones et les allophones de fréquenter les cégeps anglophones, l’obligation pour les entreprises de moins de 50 employés de se soumettre aux dispositions de la loi et des services de garde en français, le PQ envisageant de la sorte les grands moyens pour que le français ne perde pas de terrain.

Toutefois, ce n'est pas le portrait que vient de dresser l'Office québécois de la langue française (OQLF) qui viendra conforter le gouvernement Marois dans sa position d’adopter la ligne dure dans sa défense du français au Québec, un portrait mitigé et tendancieux dans lequel partisans comme opposants au renforcement de la loi 101, inquiets ou confiants devant la hausse du bilinguisme, trouveront dans les récentes études sur la langue de travail des éléments pour les conforter chacun dans sa position respective.

Résumons les récentes études divulguées par l'OQLF. Le français demeure la langue de travail de la majorité des Québécois. De 1971 à 1989, la proportion de travailleurs utilisant principalement le français au travail est passée de 83 à 91 % dans la province. Dans la région de Montréal, même tendance. Quatre-vingt-cinq pour cent des gens travaillaient en français en 1989, comparativement à 69 % avant l'adoption de la Charte de la langue française. Autre donnée à considérer, la proportion d'allophones travaillant principalement en français dans la région de Montréal demeure en progression, mais de façon beaucoup moins marquée. De 42 % en 1971, elle atteignait 63 % en 1989, puis 68 % en 2010.

De 1989 à 2010, les choses se gâtent cependant. Ce ne sont plus 91 % des travailleurs de la province qui exécutent leur tâche principalement en français, mais bien 89 %. Dans la région métropolitaine, le recul atteint cinq points. Conclusion plutôt « simpliste » de l'OQLF : le bilinguisme est en hausse.

En réalité, est-ce la mondialisation et la nécessité de parler anglais avec les clients ou les interlocuteurs à l'étranger qui expliquent que de plus en plus de Québécois utilisent l'anglais au travail? Le recul du français n’est-il pas plutôt attribuable à la mollesse de la loi 101, aux lacunes dans la francisation et l'intégration des nouveaux arrivants, au laxisme et à la tolérance des francophones qui ont peur de passer pour ringards s'ils réclament que le français domine au boulot comme on a pu le constater à la Caisse de dépôt et placement, où la direction n'avait pas jugé indispensable qu'un haut dirigeant puisse s'exprimer en français avec les employés de Montréal?

L'adoption de la Charte a permis des avancées indéniables depuis 35 ans. Comment s'assurer que le français demeurera prédominant et ne redeviendra pas une langue de second ordre? Comment, dans un contexte où l'anglais est omniprésent dans plusieurs domaines et où les Québécois se veulent et se doivent d'être ouverts sur le monde, la connaissance et l'usage du français peuvent-ils s'imposer?

À mon sens, il m’apparaît fallacieux et dangereux de confondre une hausse naturelle du phénomène du bilinguisme chez les Québécois considérant le contexte géographique du Québec, avec la défense et la promotion de notre langue officielle, le véritable porteur de notre identité culturelle qui se doit d’être consolidé contre les dangers éminents d’une assimilation sournoise si nous n’y prêtons pas un œil vigilant!

quebechebdo 29 novembre 2012
vigile.net tribune libre 29 novembre 2012 "Confusion des termes fallacieuse"

Le chef de la CAQ retrouve ses ailes

28 novembre 2012

C’est sans tambour ni trompette que le Bureau de l’Assemblée nationale, qui se compose des représentants de trois principales formations politiques, a voté, le 11 novembre, un nouveau budget de 25 000$ à la disposition de François Legault, le chef de la Coalition avenir Québec et ex-pdg d’Air Transat, la « meilleure ligne aérienne vacances au monde », dit son site Internet, pour ses déplacements dans certaines régions du Québec, ce qui constitue une première pour un chef de la deuxième opposition.

Rappelons que, lorsqu’une situation parlementaire semblable, à savoir celle d’un gouvernement minoritaire face à deux partis comptant une majorité de députés s’est produite en 2007, nulle enveloppe budgétaire pour utiliser un tel moyen de transport n’existait. En effet, à l’époque, le leader de la deuxième opposition, André Boisclair, du Parti québécois, s’était contenté d’une automobile mise à sa disposition par le Parlement, ce qui demeure évidemment pour M. Legault. En réalité, cette allocation « voiture » pour la seconde opposition avait été créée pour M. Boisclair, le PQ de l’époque ayant alors récolté 28,3 % des suffrages et 36 élus alors qu’en septembre 2012, la CAQ a obtenu 27% des voix et 19 députés.

Le règlement modifié stipule maintenant que, « sur présentation des pièces justificatives, les frais réellement engagés » pour les déplacements peuvent s’accumuler « jusqu’à concurrence d’un montant de 25 000 $ par exercice financier ». Il y est précisé que l’élu qui en profite « peut utiliser un moyen de transport nolisé ». Dans leurs délibérations, les membres du BAN conviennent « qu’il est opportun de lui permettre d’utiliser un moyen de transport nolisé pour ses voyages faits au Québec ou ailleurs dans l’exercice de ses fonctions ».

Ces nouvelles règles de remboursement des dépenses de l’Assemblée nationale atterrissent sur la place publique au moment où une formation politique dont le chef se fait le champion de la lutte contre les dépenses publiques, ce même François Legault, a été particulièrement actif ces derniers temps pour réclamer une baisse du plafond des sommes pouvant être investies par les partis en campagne électorale.

Qu’à cela ne tienne, même si le leader de la CAQ ne s’est pas encore servi du nouveau budget de nolisement, son entourage immédiat s’est dit parfaitement à l’aise avec la demande qu’a acceptée par consensus le Bureau dont les membres péquistes sont majoritaires.

vigile.net tribune libre 28 novembre 2012
quebechebdo 28 novembre 2012 "Une petite vite passée inaperçue…"

Jamison, le coyote rusé

28 novembre 2012

Après de longues heures de délibération, le conseil municipal de Glendale a approuvé, par quatre voix contre deux, dont celui de la mairesse Elaine Scruggs, farouchement opposée, l’entente pour le sauvetage des Coyotes de Phoenix, tard dans en soirée le 27 novembre en acceptant de verser 320 M$ sur 20 ans à l'homme d'affaires Greg Jamison, qui souhaite ardemment garder les Coyotes en Arizona.

Une entente qui est approuvée, comme par un heureux hasard pour Greg Jamison, quelques semaines avant l'entrée en fonction du nouveau conseil municipal de Glendale, en janvier 2013, dont les nouveaux conseillers élus ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils étaient contre l'entente entre la Ville de Glendale et Greg Jamison.

Le nouveau conseil pourrait cependant avoir son mot à dire si l'entente n'est pas en vigueur au 31 janvier, date limite fixée par le contrat. En effet, Greg Jamison doit encore compléter l'achat des Coyotes auprès de la Ligue nationale et la vente doit être approuvée par le Bureau des gouverneurs de la LNH.

Rappelons que plusieurs citoyens de Glendale s'opposent farouchement au versement de fonds publics à Jamison, alléguant, entre autres, que cette aide sera octroyée au moment où les finances de la Ville sont mal en point et où le niveau de taxation à Glendale est l'un des plus élevés aux États-Unis.

En attendant, les partisans du retour d'une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec peuvent toujours garder un œil vers l'Arizona, en espérant que l'entente soit rejetée par le nouveau conseil municipal et que les espoirs ressurgissent!

quebechebdo 28 novembre 2012
cyberpresse.ca 29 novembre 2012

Au sujet de la « délicate question » de la francisation obligatoire des immigrants

26 novembre 2012

Lors d’une conférence de presse tenue le 2 octobre 2012 portant sur la francisation des personnes immigrantes et des non-francophones et leur intégration à la société québécoise, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a fait savoir en ces termes qu'elle accueille positivement les préoccupations exprimées par la Fédération autonome de l'enseignement et les organisations qui s’y sont exprimées : « Cette préoccupation rejoint mon mandat en immigration de même que celui relatif à la langue. La vitalité et la qualité du français, ce qui inclut la francisation des nouveaux arrivants, est clairement pour moi une priorité ».

Or, moins de deux mois plus tard, le gouvernement Marois refuse de dire s'il va ou non respecter son engagement visant à forcer des milliers d'immigrants allophones à apprendre la langue officielle du Québec. En effet, en entrevue à La Presse Canadienne, sa première depuis qu'elle est entrée en fonctions, la ministre De Courcy, a dit qu'il était trop tôt pour se prononcer sur cette délicate question tout en ajoutant qu’elle ne se fixait pas d'échéance pour y répondre. «Je ne suis pas encore à des mesures, à des dispositions. Je suis à des constats, a lancé la ministre. Il serait trop tôt pour vous dire que mon idée est faite.»

Le Québec accueille plus de 50 000 immigrants chaque année. Environ 12 000 d'entre eux ne peuvent dire un mot de français à leur arrivée en terre québécoise et, de ce nombre, près de 5000 ne s'inscriront à aucun cours de français. Et pourtant, quoi que la ministre De Courcy se dise consciente que le Québec échappe ainsi, année après année, quelque 40% des nouveaux arrivants non francophones et qu’elle se demande comment rejoindre ce pourcentage imposant, qui, pour diverses raisons, ne s'intègre pas à la majorité francophone, elle rétorque qu’elle « n’est pas rendue là » quand on lui demande quels moyens elle entend envisager pour corriger le tir.

Pourtant, en septembre 2012, la plateforme électorale du Parti québécois était très claire sur ce point, affirmant qu'un gouvernement Marois allait «rendre obligatoires les cours de francisation pour celles et ceux qui n'ont pas une connaissance fonctionnelle du français». Mais, que s’est-il passé depuis lors pour que le gouvernement traite la francisation obligatoire des immigrants de « question délicate » comme si le fait que les immigrants doivent se soumettre à l’apprentissage de la « langue officielle du Québec » ne devait pas être considéré comme une exigence qui découle de soi?

À mon sens, il serait inadmissible que la ministre de l’Immigration, confrontée à des contraintes quant à la capacité du Québec d’accueillir un nombre trop élevé d’immigrants à qui il peut offrir de l’emploi, mêle cette juridiction à celle qui lui incombe en tant que ministre responsable de la charte de la langue française en remettant en question la francisation obligatoire des immigrants indépendamment de leur nombre… ce sont là deux « chapeaux » avec lesquels Mme De Courcy devra apprendre à composer sans qu’ils ne subissent des contrecoups inopportuns l’un par rapport à l’autre.

vigile.net tribune libre 26 novembre 2012
quebechebdo 26 novembre 2012 

Pauline Marois doit éviter le recul sur la loi 101

24 novembre 2012

Nombreux ont été les reculs du gouvernement Marois que la première ministre a dû gérer depuis le début de son mandat. Même si certains de ceux-ci peuvent trouver leur justification dans la situation minoritaire du gouvernement ou le contexte budgétaire difficile, certains autres semblent plutôt faire ressortir que certains engagements électoraux, tels le retrait du Conseil de la fédération et la promesse d’engager des fonds publics pour développer l’argumentaire de la souveraineté, ont été pris sur des prémisses douteuses qui dénotent une lecture erronée de la réalité.

Ce sont là des dossiers sur lesquels la base militante du PQ est particulièrement sensible…Au chapitre de ces fers de lance sur lequel le Parti québécois ne peut se permettre de reculer, plane l’ombre de la loi 101 sur laquelle un gouvernement péquiste s’est engagé, dans les 100 premiers jours de son mandat, à pointer quatre priorités, à savoir une nouvelle loi 101 avec davantage de mordant, l’application de la Charte de la langue française aux cégeps et aux entreprises comptant de 11 à 49 employés et l’abolition de la loi sur les écoles passerelles.

Les 100 premiers jours nous conduisent au 13 décembre 2012…Un recul sur une telle pierre angulaire de la souveraineté du Québec risquerait d’ébranler considérablement la crédibilité de Pauline Marois quant à ses véritables convictions souverainistes !

quebechebdo 24 novembre 2012
vigile.net tribune libre 24 novembre 2012

Négociations à la Ville de Québec: factures salées pour les contribuables

23 novembre 2012

Même si, de prime abord, les négociations de conventions collectives ne sont jamais une sinécure, il me semble que certaines d’entre elles entre la Ville de Québec et ses employés traînent dangereusement en longueur.

Il en est ainsi du contrat de travail entre la Ville et ses pompiers dont le contrat de travail est échu depuis décembre 2006, un délai qui a vu la facture des frais d’avocats de la Ville de Québec passer de 189 000$ à l’origine pour atteindre au fil des années la somme de 888 370$, soit une hausse de 370% par rapport au montant initial prévu au budget de la Ville il y a six ans.

Le même phénomène est aussi observé dans un contrat de services professionnels en actuariat pour le renouvellement des régimes de retraite des employés municipaux qui a grimpé de 226 046$ en 2009 à 650 819$ aujourd’hui, un écart représentant une augmentation de 187%.

À mon sens, les autorités de la Ville de Québec sont redevables des contribuables qu’ils représentent. En conséquence, elle se doivent de se montrer efficaces dans l’exercice de leurs fonctions de gestionnaires des fonds publics et, jusqu’à maintenant, les contribuables sont confrontés à des factures salées qu’ils doivent payer à même leurs taxes municipales sans connaître les véritables raisons de ces sommes astronomiques…une attitude qui manque pour le moins de la transparence inhérente à toute saine gestion!

quebechebdo 23 novembre 2012
cyberpresse.ca 26 novembre 2012 "Factures salées pour les contribuables"

Des mots qui crient, des mots qui s’insurgent…

23 novembre 2012

« Moi, je dis que le Québec est un pays. Et je le dis haut et fort. Et je le répéterai tant et plus. Je refuse cette identité canadienne qui n’est pas la mienne. Je suis Québécoise pure laine. Je le suis dans ma langue, dans mon écriture, dans mon sang latin, dans ma tête, dans mon cœur. Je refuse ce passeport qui fait de moi une anglo-saxonne, alliée inconditionnelle d’Israël et des pétrolières ; une guerrière. Je veux pouvoir avoir mes opinions et pouvoir les défendre. Le Canada n’a pas à parler en mon nom ni à dépenser mon argent. Je lui dis non et non. » Extrait d’un article de Caroline Moreno paru sur cette tribune le 23 novembre 2011 sous le titre « Adieu Québec ? ».

Des mots qui crient, des mots qui s’insurgent, des mots qui se défendent, des mots qui se rebellent, des mots qui s’affirment…mais des mots qui risquent aussi de s’essouffler à force d’être étouffés par les tentacules dévastatrices des maux d’un pays étranger qui s’infiltrent jusque dans nos racines.

J’en prends pour exemple la saga des drapeaux qui monopolise actuellement une bonne place de la scène politique québécoise…Lorsque j’entends les arguments absolument dérisoires des pro-unifoliés qui clament haut et fort que le drapeau canadien doit demeurer au Salon rouge de l’Assemblée nationale du Québec, j’ai le goût de me rappeler le cri du cœur de Mme Moreno et de crier « haut et fort que le Québec est un pays » et, qu’à ce titre, ce pays du Québec, par la voie de son gouvernement élu démocratiquement, peut décider de disposer du drapeau canadien comme il l’entend à l’intérieur de l’Assemblée des élus du peuple qu’il représente sans demander l’avis de qui que ce soit.

Lorsque j’ai lu ce passage de Caroline Moreno sous la rubrique « Il y a un an » du 22 novembre 2012 de la tribune libre de Vigile et que je l’ai confronté au triste épisode des drapeaux, je n’ai pu m’empêcher de le rappeler à notre mémoire pour que nous prenions conscience de l’ampleur du travail que nous avons à abattre avant d’espérer un jour entraîner avec nous un peuple qui aspire à « pouvoir avoir ses opinions et pouvoir les défendre ».

Le Québec possède son drapeau comme le Canada possède le sien…Le Québec possède sa langue et sa culture propres…Le Québec est maître de ses ressources naturelles et, en ce sens, « le Canada n’a pas à parler en mon nom ni à dépenser mon argent ».

Cet extrait du texte de Caroline Moreno paru il y a un an aujourd’hui nous ramène à cet essentiel coup de fouet qui nous est parfois nécessaire pour nous sortir d’une léthargie sclérosante et avilissante que nous inculquent sournoisement nos voisins depuis les débuts de l’illusion d’un pays dénommé le Canada qui a tenté de nous façonner à une « identité qui n’est pas la nôtre »… Pour toutes ces raisons, nous devons continuer à lui « dire non et non » !

vigile.net tribune libre 23 novembre 2012