Affaire Michaud – Suggestion à Richard Le Hir et Pierre Cloutier

16 décembre 2012

Le 2 novembre, vous signiez conjointement sur la tribune libre de Vigile une lettre ouverte que vous faisiez parvenir au ministre de la Justice, Bertrand Saint-Arnaud, sous le titre "Affaire Michaud – Lettre ouverte au ministre de la Justice"

Cinq semaines plus tard, soit le 12 décembre, nous apprenions avec consternation, dans un article de Pierre Cloutier titré « Triste anniversaire de l’affaire Michaud – 12 ans d’infamie » que cette missive était demeurée lettre morte.

Je me permets de vous citer les derniers éléments de l’argumentaire de M. Cloutier :

[4] Le mois dernier, Richard Le Hir et moi avons envoyé une lettre ouverte au nouveau ministre (péquiste) de la Justice, Bertrand Saint-Arnaud pour lui demander de présenter une motion devant l’Assemblée Nationale pour faire annuler la motion scélérate et rendre enfin justice au citoyen Michaud.

[5] Nous n’avons pas exigé de lui une obligation de résultat. Nous lui avons tout simplement demandé comme ministre de la justice de présenter devant l’Assemblée une motion pour réparer cette injustice.

[6] Nous n’avons même pas reçu un accusé de réception.

[7] Honte à vous, monsieur le ministre péquiste de l’Injustice. Honte à vous, petits parlementaires minables.

Je peux facilement compatir à la colère et à la frustration véhiculée principalement dans les deux derniers arguments de Pierre Cloutier, d’autant plus qu’un nouveau gouvernement péquiste aurait dû faire preuve d’un minimum de compassion dans l’affaire du citoyen Michaud.

Conséquemment, compte tenu de la désinvolture scandaleuse du « ministre péquiste de l’Injustice », le dossier devrait maintenant être référé au bureau de la première ministre. En termes clairs, je suggère à Mm Le Hir et Cloutier de faire parvenir leur lettre à Pauline Marois… En agissant de la sorte, les co-signataires seront montés jusqu’aux plus hautes instances gouvernementales en obligeant Mme Marois à se commettre dans ce dossier qui a déjà souffert de délais inacceptables et irrespectueux envers l’intégrité de M. Michaud. 

quebechebdo 16 décembre 2012

Commentaire:

Après avoir envoyé cet article à Québec Hebdo, j'ai reçu un message électronique de Richard Le Hir m'avisant que cet article que j'avais aussi fait parvenir à Vigile n'a pas été retenu compte tenu que et Pauline Marois et tous les députés de l'Assemblée nationale avaient reçu copie de la dite lettre et, qu'en conséquence, sa publication était hors propos.

Henri Marineau

Dissension au sein d’Équipe Labeaume

16 décembre 2012

«Déçus» du comportement de leur chef, les conseillers qui ont annoncé leur démission jeudi n’ont pas été tendres envers le maire de Québec. Patrick Paquet et Ginette Picard-Lavoie quittent Équipe Labeaume parce que, selon eux, l’attitude du maire « ne correspond en rien aux valeurs démocratiques » qu’ils souhaitent défendre. Décisions prises à l’avance, difficulté à avoir accès à l’information, « attitude irrespectueuse» envers «tous ceux qui osent s’opposer à lui… Le maire ne tolère aucune discussion avant décision, ne respecte pas ceux qui diffèrent d’opinion et il empêche souvent sinon toujours les autres de s’exprimer ».

Par ailleurs, lorsque questionné sur le style autocratique que dénoncent ses deux détracteurs, le maire a été virulent en plus de démontrer une attitude bassement cavalière. « Il faut les comprendre, ce sont des gens qui veulent se représenter en politique, ils ont peur de perdre leur salaire. Ils se débattent comme le diable dans l’eau bénite . » De toute façon, réplique Régis Labeaume, ces deux conseillers ne faisaient plus partie des plans en vue des élections de 2013, alléguant même qu’il était prévu de leur montrer la porte en janvier. « Je pense qu’ils ont capté les signaux qu’on leur a transmis ».

En conséquence, ces défections portent à cinq le nombre de conseillers indépendants à l’Hôtel de Ville sur 27 élus. Patrick Paquet et Ginette Picard-Lavoie, quant à eux, deviennent les 2e et 3e conseillers à quitter l’Équipe Labeaume après Jean Guilbault en 2010. En compagnie d’Yvon Bussières et d’Anne Guérette, ils seront maintenant 5 à siéger dans l’opposition.

Toutefois, indépendamment des avantages d’une saine opposition provoquée par ces deux dernières défections de l’Équipe Labeaume, je me demande sérieusement si, au royaume de Labeaume, nous ne faisons pas face à une « équipe » dont les règles de fonctionnement sont édictées unilatéralement par le maître de céans qui dispose avant même que les sujets ne proposent… « Équipe Labeaume », vous dites?

vigile.net tribune libre 15 décembre 2012
quebechebdo 15 décembre 2012 

La démagogie selon Trudeau

13 décembre 2012

« Les gens s’inquiètent au sujet de leur emploi, […] se demandent dans quelle direction nous allons, […] comment nous allons nous assurer que nos enfants aient des opportunités [sic]. [Les questions constitutionnelles] sont de vieilles, vieilles querelles qui ne sont importantes que pour un petit segment de gens qui sont furieux parce que j’ai demandé que nous passions à autre chose. Alors, je vais me répéter : pouvons-nous passer à autre chose ? » Justin Trudeau, cité dans « Pas de débat constitutionnel pour Trudeau », Le Devoir, le mardi 11 décembre 2012.

Un article, signé par Frédéric Bastien, professeur d’histoire au Collège de Dawson, paru dans Le Devoir du 13 décembre 2012 sous le titre « Les débats constitutionnels – Brisons ce mythe du sujet sans importance », en réaction à l’opinion de Justin Trudeau sur les « vieux débats » suscités par les débats constitutionnels, démontre, à mon sens, à quel point le fils de l’autre excelle dans l’art de la démagogie en plus de souffrir dangereusement du syndrome du paradoxe dans son argumentaire.

Si vous le permettez, je vais reprendre quelques exemples illustrés par M. Bastien pour prouver à quel point Justin Trudeau tente désespérément de noyer le poisson dans le dossier des débats constitutionnels en utilisant la voie d’une basse démagogie.

D’abord, tel que rappelé par M. Bastien, alors que Justin Trudeau parle de l’intérêt des Québécois sur les « vraies affaires », un sondage Léger et Léger mené au printemps dernier nous apprenait que 71 % des Québécois sont pour une modification constitutionnelle. Presque toutes les enquêtes d’opinion menées sur ce sujet indiquent d’ailleurs une insatisfaction des Québécois devant le statu quo actuel.

M. Bastien aborde ensuite l’intention de François Legault d’abolir les commissions scolaires alors que la Cour suprême du Canada a déjà décrété que les minorités linguistiques disposent d’une autonomie de gestion de leurs commissions scolaires par rapport aux différents gouvernements provinciaux, un droit qui leur est reconnu par la Constitution.

M. Bastien cite ensuite en ces termes la dichotomie subversive entre la Charte des droits et libertés du père de l’autre et le code civil québécois dans l’affaire Lola en 2010 : « Interprétant l’article 15 de la Charte portant sur l’égalité, les juges nommés par Ottawa ont invalidé une partie du Code civil québécois. Lors d’une séparation, celui-ci réserve des obligations différentes aux conjoints de fait et aux conjoints mariés en matière de pension alimentaire. Le tribunal a conclu qu’il s’agissait d’une discrimination envers les conjoints de fait. Ceux-ci risquent maintenant d’être soumis contre leur gré au même régime de droit que les gens mariés. »

Et, de poursuivre M. Bastien : « Pendant que la loi suprême sert à marier de force les habitants de la province, Philippe Couillard ajoute sa voix à ceux qui disent que la question constitutionnelle est sans importance. Elle relève du terrain des adversaires du PLQ, disait-il dans Le Devoir, le 5 décembre dernier. Cette affaire ne serait qu’une lubie partisane du PQ. Du même souffle, l’aspirant à la chefferie affirmait que son parti devait renouer avec les valeurs libérales historiques, par exemple, « le combat pour l’ouverture du Québec aux immigrants » et les accommodements raisonnables. »

Enfin, M. Bastien fait allusion aux nombreuses intrusions perverses de la Constitution canadienne dans le dossier de la loi 101, tout en concluant que « prétendre que toute cette question est sans importance et qu’elle n’intéresse personne constitue certainement la plus grande entreprise de mystification de l’histoire récente du Québec. »

J’ajouterais, en terminant, pour ma part, que nous pourrions étendre encore davantage la liste de ces paradoxes dans lesquels la troupe des petits amis de Justin Trudeau tente de manipuler les Québécois et de les détourner, grâce à tout le talent démagogique hérité de leur maître suprême en la personne de PET, des véritables enjeux auxquels sont confrontés ces mêmes Québécois devant le monstre d’une Constitution assimilatrice dont nous devons absolument nous débarrasser si nous désirons sérieusement nous attaquer un jour aux « vraies affaires »!

quebechebdo 13 décembre 2012

Conflit dans la LNH: la marmite risque de sauter

9 décembre 2012

Je crois que les membres de l'Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey viennent de laisser passer une occasion inespérée de mettre fin au lock-out dans des conditions qui répondaient en grande partie à la leurs demandes en refusant la plus récente proposition faite par les propriétaires de la LNH aux quelque 700 joueurs en arrêt de travail, une offre qui ne froissait aucunement la philosophie préconisée par les joueurs depuis le début du conflit.

J’ai vraiment l’impression que le représentant des joueurs, Donald Fehr, chauffe un peu trop la marmite qui risque de sauter. À titre d’exemples, la durée de 10 ans de la convention collective était un point très important pour les propriétaires et je pense que c'était un compromis facile à faire pour les joueurs. De toute façon, chaque fois qu'ils négocient, les joueurs sont obligés de céder des acquis, alors pourquoi ne pas signer à long terme? Les joueurs ont aussi refusé que la durée maximale des contrats, à l'intérieur du nouveau système, soit de 5 ans. En réalité, c'est une minorité des joueurs, les grandes vedettes, qui signent pour plus de 5 ans, et si ces vedettes produisent à la hauteur de leur talent, ils pourront négocier un autre gros contrat sans problème.

À mon sens, la tension monte au sein de l’AJLNH et je ne serais pas surpris que l’entêtement de Donald Fehr le conduise vers la porte de sortie et que les joueurs considèrent sérieusement la dernière offre des propriétaires de la LNH et un éventuel retour au jeu.

quebechebdo 9 décembre 2012 

Une initiative fort louable

7 décembre 2012

L’ex-joueur étoile de la LNH, Theoren Fleury, ayant lui-même été victime d’agressions sexuelles de la part d’un de ses entraîneurs dans les années 80, se lance en campagne contre le système judiciaire canadien qu’il accuse d’être beaucoup trop laxiste envers les sanctions imposées aux agresseurs pédophiles.

Selon Theoren Fleury, le système judiciaire « victimise doublement » les victimes de violence sexuelle en se montrant trop clément à l’endroit des agresseurs. Pour pallier cette injustice, il préconise l’adoption de peines minimales de 15 ans de prison pour chaque chef d’accusation à être purgés consécutivement de même que l’imposition de sanctions à quiconque omet de signaler tout cas de violence sexuelle.

Dans le but de sensibiliser la population à sa cause, M. Fleury entreprendra une marche qu’il a baptisée « La marche du vainqueur » en parcourant la route de Toronto jusqu’à la colline du Parlement à Ottawa du 14 au 23 mai 2013 pour ramasser des fonds pour des organismes qui viennent en aide aux victimes de tels crimes en plus de faire pression sur le gouvernement.

Une initiative fort louable à laquelle je ne peux que souscrire compte tenu de la vulnérabilité de ces jeunes victimes et de l’atrocité des séquelles laissées par ces agresseurs sans scrupule!

quebechebdo 7 décembre 2012

Comment se fait-il que les Québécois ne se soient pas encore donné un pays?

6 décembre 2012

Selon l’Institut de la statistique du Québec, le Québec comptait
8 012 000 habitants au 1er janvier 2012, un chiffre qui le placerait au 95ième rang de tous les pays du monde en terme de population, devant la Suisse, le Honduras, la Serbie, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, l’Irlande, le Kosovo…etc, s’il obtenait son indépendance.

Même si le taux de croissance de la population, qui était de 1,02 % en 2009, a diminué à 0,95 % en 2010, puis à 0,91 % en 2011, précise-t-on dans le « Bilan démographique du Québec », dévoilé le 3 décembre, « En fait, la population du Québec continue d’augmenter. La population du Québec n’a pas commencé à diminuer. Une croissance de population, ça s’explique par deux grands facteurs. On va parler d’un accroissement naturel, qui est la différence entre les naissances et les décès – et qui est positive – et un accroissement migratoire, qui est la différence entre les personnes qui entrent sur un territoire et les personnes qui quittent le territoire. Ces deux composantes-là sont positives », a résumé en entrevue Chantal Girard, démographe à l’Institut de la statistique du Québec.

Par ailleurs, la région de Montréal continue de perdre des citoyens au profit des autres régions, tandis que celles des Laurentides, Lanaudière, Laval et la Montérégie en gagnent. Dans les faits, si on ne regarde que les mouvements migratoires entre les régions du Québec, il y a chaque année 20 000 personnes de plus qui quittent Montréal que de personnes qui s’y établissent, soient environ
60 000 départs par rapport à 40 000 arrivées, explique Mme Girard. Cependant, l’immigration internationale de même que la croissance des naissances viennent contrebalancer le phénomène en ce qui a trait à Montréal.

« Au total, la population de Montréal augmente, parce qu’il y a plus de naissances que de décès et parce que les immigrants internationaux s’installent là en grand nombre. Par contre, la croissance est moins importante que ce qu’elle pourrait être, parce qu’il y a quand même dans les échanges interrégionaux pas mal plus de gens qui quittent l’île qu’il y en a qui viennent s’y installer chaque année », relate la démographe.

Les régions éloignées, quant à elles, ont vu leurs pertes diminuer considérablement sur cinq ans. Il en est ainsi de la Côte-Nord, de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine, du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay-Lac Saint-Jean. « Ce sont des régions qui ont enregistré des déclins de population dans les années passées », et maintenant, il y a ou bien stabilisation ou bien déclin moins marqué, souligne Mme Girard. De plus, parmi les régions éloignées, l’Abitibi-Témiscamingue a même enregistré une légère croissance de sa population si on compare l’année 2006 à l’année 2011.

Le territoire du Québec, c’est plus de 1 500 000 km2 de superficie, soit un territoire : trois fois plus grand que la France, sept fois plus grand que la Grande-Bretagne, quarante fois plus grand que la Suisse, plus de 10 000 km de frontières, plus de 180 000 km2 d’eau douce, un potentiel récréo-touristique exceptionnel, un bassin de ressources naturelles qui comporte d’importantes ressources forestières, fauniques, énergétiques, agricoles et minérales, une partie significative du fleuve et du golfe Saint-Laurent…

Devant ces données plutôt encourageantes, voire même impressionnantes, une question fondamentale s’impose : comment se fait-il qu’un peuple de plus de 8 millions d’habitants, imprégné jusque dans ses racines les plus profondes d’une culture et d’une langue francophones qui ont résisté depuis des siècles à toutes les formes imaginables d’assimilation anglophone, baignant dans un royaume où foisonnent de multiples ressources naturelles qui lui appartiennent et enfin, dont le génie de la population rejaillit partout à travers le monde dans une multitude de sphères d’avant-garde, comment se fait-il enfin que ce peuple, dans la lignée de nombreux autres au cours des dernières décennies, ne se soit pas encore offert un pays ?

Permettez-moi de risquer une réponse…Tant et aussi longtemps que les politiciens que nous élisons demeureront tièdes et timides dans leurs convictions concernant la souveraineté du Québec, nous continuerons de piétiner dans une politique du petit pas qui, bien souvent, nous conduit dans des culs-de-sac à répétition. En conséquence, les Québécois doivent se regrouper autour d’une équipe solide dont les convictions souverainistes sont clairement affirmées…et cette équipe est incarnée par l’Option nationale de Jean-Martin Aussant !

vigile.net tribune libre 6 décembre 2012
quebechebdo 6 décembre 2012

Labeaume derrière le paravent de la loi!

6 décembre 2012

«C’est la loi, je ne peux rien y faire», s’est contenté de répondre Régis Labeaume aux médias concernant la prime de séparation de 75 000$ que touchera l’ex-conseillère d’Équipe Labeaume à l’hôtel de ville de Québec, Denise Trudel, élue sous la bannière de la Coalition avenir Québec le 4 septembre.

Et, d’ajouter notre défenseur de la loi : «Il ne faut pas être disgracieux avec une ex-collègue». Est-ce à dire que notre bon maire aurait pu prononcer des paroles «disgracieuses» envers le récipiendaire de la dite prime si elle avait été versée à un politicien d’une autre formation politique?

À mon avis, je serais porté à croire, connaissant le caractère bouillant de Régis Labeaume, qu’il en aurait profité pour se laisser aller dans l’une de ses sorties colorées auxquelles il nous a habitués depuis qu’il occupe le trône de l’hôtel de ville au lieu de se faire discret en se cachant habilement derrière le paravent de la loi pour protéger une «ex-collègue»!

quebechebdo 6 décembre 2012
Le Soleil 7 décembre 2012 "Derrière le paravent de la loi"
vigile.net tribune libre 7 décembre 2012 "Derrière le paravent de la loi"

Une décision déraisonnable

5 décembre 2012

C’est parce qu’il « a les compétences qu’il faut » qu’André Boisclair a hérité d’une permanence à vie dans la fonction publique en même temps qu’il est devenu délégué général du Québec à New York. Attaquée de toutes parts, la première ministre Pauline Marois a ainsi défendu la double nomination de l’ex-politicien péquiste comme délégué, mais aussi bénéficiaire du statut de sous-ministre adjoint aux Relations internationales.

Toutefois, là où le bât blesse dangereusement, c’est qu’au sein même des rangs péquistes, la nouvelle a été mal accueillie. En effet, pendant que le vice-premier ministre François Gendron admettait qu’il n’était pas au courant de la double nomination, un député péquiste a qualifié la situation « d’indéfendable ». L’interlocuteur rencontré par les médias, dont le nom n’a pas été divulgué, s’est dit convaincu que « le caucus n’était pas au courant. [...] C’est passé sans qu’ils ne le voient » au Conseil des ministres, a-t-il ajouté… Une décision qui risque de rappeler le goût amer du projet de loi 204 concernant l’amphithéâtre du maire Régis Labeaume, les élus de l’équipe Marois n’ayant pas été consultés dans cet épineux dossier.

Cette fois-ci, pour tenter de justifier sa décision, la chef du gouvernement a insisté sur les qualifications de M. Boisclair qu’elle a décrit comme une personne « qui a beaucoup d’entregent » et qui « a complété des études supérieures » aux États-Unis, une maîtrise d’un an dans une école affiliée à l’Université de Harvard. « Il a failli être premier ministre du Québec », a-t-elle ajouté. « Il a eu plus de 1 million de voix » à l’élection générale de 2007. Qualifiant André Boisclair d’homme de « tous les talents », Mme Marois a insisté sur la feuille de route de celui qui « a dirigé des ministères importants, dont celui de l’Environnement », et a été responsable « de milliers de fonctionnaires ».

Pour sa part, à son arrivée au caucus péquiste, le ministre Jean-François Lisée, le patron des délégués du Québec à l’étranger, a confessé que c’est à la suggestion de M. Boisclair que la clause sur la permanence d’emploi comme haut fonctionnaire a été incluse dans son contrat d’embauche. Même si M. Lisée a plaidé qu’André Boisclair a dû abandonner une clientèle qu’il s’était bâtie comme consultant, le ministre a quand même dû admettre qu’il aurait été préférable de mentionner, dès le départ, dans le communiqué de presse de nomination, le double statut qui échoit à André Boisclair.

Enfin, dans un ultime effort pour légitimer sa décision, Pauline Marois a plaidé que le libéral Jean Charest a procédé à des nominations politiques autrement plus critiquables. Une demi-douzaine d’attachés politiques ont quitté l’entourage d’un premier ministre libéral pour atterrir dans un siège de sous-ministre. Leurs noms apparaissent sur la liste que le Parti québécois a confectionnée pour illustrer le fait que Pauline Marois n’invente rien en donnant le statut de sous-ministre à André Boisclair. Le problème, c’est qu’aucun des 32 noms des libéraux contenus sur la liste remise par le PQ , élus ou attachés politiques, n’a fait l’objet d’une double nomination comme M. Boisclair qui devient délégué du Québec à New York tout en étant désigné sous-ministre, un privilège qui lui permet d’accéder au régime de pension des administrateurs d’État en plus d’obtenir l’assurance d’un revenu annuel indexé d’environ 170 000 $ et le droit à sa pleine retraite, sans pénalité actuarielle, dès l’âge de 55 ans.

Personne ne semble remettre en question la nomination d’André Boisclair à titre de délégué général du Québec à New York… Quant à M. Boisclair, il disposait de toute la latitude pour négocier les conditions liées à ses nouvelles fonctions. Toutefois, en acceptant les conditions proposées par un « fidèle allié de son parti », Pauline Marois ouvre la voie à une politique partisane qu’elle s’évertue à décrier depuis des mois et nous laisse pour le moins perplexes sur ses intentions fermement avouées de « faire de la politique autrement ».

vigile.net tribune libre 5 décembre 2012
quebechebdo 5 décembre 2012

Rendez-vous avec la fatalité

5 décembre 2012

Encore une fois, l'horreur et l'insensé se sont manifestés brutalement le 2 décembre dans un appartement de la rue Turcotte, à Drummondville, où une jeune mère de 33 ans semble avoir mis fin à la vie de ses trois jeunes enfants, profitant de l'absence de sa propre mère qui devait superviser la rencontre familiale.

Même si le Québec a réussi, entre 1980 et 2009, à diminuer de 32 % le taux d'homicides familiaux, il est tout à fait inhumain et incompréhensible que les mains d’une mère viennent arracher violemment et sciemment la vie qu'elles ont donnée. Qu'est-ce qui a fait défaut dans le cas de Sonia Blanchette et de sa petite famille? Comment le sort dramatique réservé à Loïc, Laurélie et Anaïs aurait-il pu être différent?

Difficulté de vivre une séparation, trouble mental grave, état dépressif avec ou sans symptômes psychotiques, consommation de drogues ou d'alcool, grossesse non désirée, violence ou souci de protéger leur progéniture d'un monde qu'elles jugent trop cruel conduisent des mères à commettre l'irréparable. Des causes variées qui nous rappellent que tous les efforts de prévention et de prise en charge de ces personnes en désarroi doivent constamment faire partie des préoccupations des divers intervenants.

Même s’il subsistera toujours des occasions ratées, des messages non décodés, des appels à l’aide minimisés, des décisions inappropriées au sein des familles et des services de santé et de justice, l'impossibilité d'atteindre le risque zéro ne doit cependant pas constituer une raison de demeurer passif en attendant le prochain fatidique rendez-vous avec la fatalité!

quebechebdo 5 décembre 2012

Une invitation ratée

4 décembre 2012

Après les pompiers et les cols bleus, mercredi dernier, c'était au tour des cols blancs et des policiers lundi d'annoncer qu'ils ne seraient pas présents à la quatrième rencontre du 7 décembre convoquée par le maire Labeaume pour négocier à la même table, notamment en ce qui concerne la question du déficit des régimes de retraite. L'Alliance des professionnels de la Ville de Québec a également prévenu qu'elle sera absente.

De l’avis de Bernard Lehré, le président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec, Régis Labeaume tient un double discours, un en privé, un en public, une attitude qui vient court-circuiter tout effort de négociation entre les parties. À titre d’exemples, M. Lehré affirme ne pas comprendre pourquoi le maire Labeaume a rencontré les médias après la troisième rencontre au sommet, en novembre, pour parler de l'âge de la retraite à 67 ans et du déficit des caisses de retraite, qui atteindrait 750 millions de dollars, alors que ces deux données n'ont jamais été mentionnées lors de la rencontre.

Pour sa part, le maire de Québec trouve « insensée » la décision des principaux intéressés de boycotter cette quatrième rencontre en les accusant de ne pas vouloir discuter des « vraies choses » tout en ajoutant que s'il le faut, il imposera des conditions aux syndicats et que ce sont eux, au final, qui seront perdants.

Si Régis Labeaume est véritablement sincère dans ses intentions de négocier avec ses employés, il devra déposer les livres sur la table de négociation avant de l’étaler devant les médias…sinon, le maire de Québec risque de vivre une autre invitation ratée! 

quebechebdo 4 décembre 2012
vigile.net tribune libre 7 décembre 2012