Une autre promesse du PQ balayée par en arrière

3 mars 2013

Le Front commun des personnes assistées sociales est extrêmement déçu de la réforme coercitive que s’apprête à appliquer au programme d’aide sociale la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, d’autant plus que celle-ci s’était engagée durant la campagne électorale auprès de l’organisme à ne pas diminuer les prestations.

En effet, le gouvernement Marois amputera les prestations de certains assistés sociaux pour « renforcer l’incitation au travail » et favoriser la participation de « tous les bassins de main-d’oeuvre » au marché de l’emploi, une approche jugée coercitive par les groupes de protection des assistés.

À partir du 1er juin, tous les ménages composés de deux parents aptes au travail perdront une allocation de 129 $ liée à la charge d’un enfant de moins de cinq ans. Le ministère repousse aussi de 55 à 58 ans le seuil minimal pour recevoir la même allocation qui compense les difficultés dans cette tranche d’âge à percer le marché du travail.

Selon la réforme prévue, le montant d’une prestation passera alors de 733 $ à 604 $, une coupe de près de 20 %, déplore Amélie Châteauneuf, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales. « On est extrêmement surpris et déçu, affirme Mme Châteauneuf. Mme Maltais s’était engagée auprès de nous à ne pas diminuer les prestations. Elle et le PQ ont dit à plusieurs reprises vouloir lutter contre la pauvreté et pour la justice sociale. [...] Même les libéraux n’ont jamais été jusque-là. »

Pour jeter un peu de baume sur la plaie, les prestataires touchés seront accompagnés en priorité par Emploi-Québec pour les aider à retrouver un travail. Certains pourraient recevoir une allocation de 195 $ par mois liée à des mesures d’aide à l’emploi. Toutefois, « on ne peut pas dire que tout le monde aurait droit à cette allocation », reconnaît François Lefebre, du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. « C’est l’évaluation de leur situation qui va faire en sorte qu’ils peuvent la recevoir ou pas. »

Par ailleurs, au cabinet de la ministre, l’attachée de presse Mélanie Harvey, [qui semble n’avoir pas été informée de cette situation au moment de la campagne] note qu’à partir de 2014, il y aura au Québec plus de personnes à l’extérieur qu’à l’intérieur du marché du travail. D’ici 2021, 1,4 million d’emplois seront à pourvoir, insiste-t-elle. « Notre gouvernement n’a pas le choix, indique Mme Harvey. On a le devoir de relever ce défi-là. Et ça implique une participation plus importante de tous les groupes éloignés du marché du travail. »

À leur défense, dès le début février, la première ministre Pauline Marois et la ministre Maltais ont présenté la stratégie Tous pour l’emploi qui prévoit des investissements de 463 millions $ pour favoriser l’intégration des jeunes, des assistés sociaux, des préretraités et des immigrants au marché du travail, des investissements qui, bien que généreux, ne réussiront jamais à répondre aux besoins de tous les assistés, dont un bon nombre devront vivre avec des prestations coupées de 20%.

Pour Amélie Châteauneuf, la possibilité d’une allocation de 195 $ pour certains est loin de compenser les coupes garanties de la « réforme Maltais ». « Là, on coupe le monde, dit-elle. Ce n’est pas un choix. Si vous ne voulez pas crever de faim après le 4 du mois, faut que vous y alliez. Et si vous n’êtes pas capable ou que vous n’êtes pas dans la bonne catégorie, alors désolé, meilleure chance la prochaine fois. C’est très grave. »

Bien qu’en partie d’accord avec une politique ayant pour but de « renforcer l’incitation au travail », le gouvernement Marois, encore une fois, sortira mieux nanti, en adoptant la stratégie de donner d’une main parcimonieusement à quelques assistés-sociaux qui auront la chance de se trouver un emploi, tout en amputant de 20% les prestations de la majorité des assistés-sociaux qui demeureront sans emploi.

À mon sens, une pilule dorée qui aura pour effet de garnir davantage les coffres de l’État comme ce fut le cas pour l’éducation supérieure avec l’indexation des frais de scolarité !

quebechebdo 2 mars 2013
vigile.net tribune libre 2 mars 2013



Le mythe de l’anglais intensif

1 mars 2013

Pendant que plusieurs écoles ont déjà tout mis en œuvre pour offrir l'anglais intensif pour tous les élèves de sixième année dès l'automne 2013, certaines informations circulent à l’effet que la ministre de l’éducation envisage maintenant d’adopter un nouvel objectif, à savoir que tous les jeunes Québécois terminent leurs études secondaires en pouvant s’exprimer facilement en anglais.

En effet, même si Marie Malavoy n'a toujours pas officiellement fait connaître ses orientations concernant l'apprentissage de l'anglais, des acteurs du milieu de l'éducation ont récemment été consultés sur ce nouvel objectif, qui pourrait aussi modifier l'enseignement de l'anglais dans les écoles secondaires.

Au cabinet de la ministre, l'attaché de presse Mathieu LeBlanc n'a pas voulu commenter ces informations. «Je ne confirme ni n'infirme rien. Une annonce sera faite très bientôt à ce sujet», s'est-il contenté d'affirmer.

Et, pendant ce temps, sept nouvelles écoles primaires ont décidé d'aller de l'avant pour la rentrée dans la seule région de Québec. Il s'agit des écoles de Château-d'Eau, de l'Aventure, de la Chaumière, de l'Escabelle, du Val-Joli, Jules-Émond et Saint-Claude. Parmi elles, certaines ont décidé d'opter pour la formule moitié-moitié (une demi-année consacrée à l'anglais intensif et l'autre demi-année consacrée aux matières de bases), alors que d'autres écoles ont choisi une formule réduite où seulement le tiers de l'année est consacré à l'anglais intensif.

Puisque sept autres écoles offrent déjà l'anglais intensif cette année, la commission scolaire de la Capitale comptera donc à la rentrée 14 écoles primaires qui offriront le programme. Pour préparer le terrain, certaines écoles ont aussi modifié cette année la grille-matière des élèves de cinquième année, afin d'y inclure des apprentissages de sixième année, puisque l'année scolaire suivante sera compressée.

De son côté, la Fédération des commissions scolaires (FCSQ) a encouragé les écoles qui le souhaitent à aller de l'avant, puisque les sommes prévues pour l'implantation de l'anglais intensif sont au rendez-vous, explique sa porte-parole, Caroline Lemieux.

On se souvient que l'ancien gouvernement libéral avait décrété que tous les élèves de sixième année devaient avoir accès à un programme d'anglais intensif d'ici 2015-2016, ce qui avait soulevé un tollé de critiques dans l’ensemble du réseau scolaire. Pour sa part, le gouvernement Marois n'entendrait plus imposer l'anglais intensif en sixième année «mur à mur», mais pourrait plutôt exiger qu'à la fin de leur cinquième secondaire, tous les élèves puissent s'exprimer oralement «avec aisance et spontanéité», rapporte la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Manon Bernard. Une orientation qui est loin de plaire à la FSE, qui demande plutôt à la ministre de mettre un «frein immédiat» à l'implantation de l'anglais intensif en sixième année et à toute nouvelle cible concernant l'apprentissage de la langue de Shakespeare. Quant aux syndicats d’enseignants, ils demandent au Ministère de prendre le temps de bien étudier la situation avant d'aller de l'avant avec un nouvel objectif national.

«On est passé du "mur à mur" au n'importe quoi, lance Mme Bernard. On n'est pas contre l'apprentissage de l'anglais. Mais on pense qu'avant de décider quoi que ce soit, une analyse s'impose. Est-ce qu'on peut prendre le temps de se demander si ça répond aux besoins réels?»

Telle est, à mon sens, la question cruciale. En réalité, quelles sont les raisons fondamentales pour lesquelles le gouvernement québécois persistent à s’engouffrer dans le mythe de l’anglais intensif sans « se demander si ça répond aux besoins réels »? Les véritables besoins de nos écoles primaires et secondaires ne sont-ils pas d’accorder toute l’importance nécessaire aux matières de base, en particulier à l’enseignement de la langue maternelle qui souffre déjà de lacunes marquantes lorsque nos jeunes arrivent à l’université?

À mon avis, les gouvernements doivent se défaire de ce mythe malsain aux odeurs de petite politique colonialiste et s’attaquer en priorité à l’apprentissage en profondeur du français tout en accordant une juste place à l’enseignement progressif de la langue seconde du primaire au secondaire.

quebechebdo 1er mars 2013
vigile.net tribune libre 1er mars 2013
Le Soleil 6 mars 2013 (version abrégée) 

Stéphane Hessel: la confiance dans l’évolution

28 février 2013

Stéphane Hessel, l'auteur du manifeste vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde Indignez-vous!, est mort mercredi le 27 février à l'âge de 95 ans. Cet ex-diplomate français et survivant de la Seconde Guerre mondiale considéré comme le «père» du mouvement Occupons aura mis en pratique ce qu'il prêchait jusqu'à son dernier souffle.

Né le 20 octobre 1917 à Berlin, arrivé en France à 7 ans, Stéphane Hessel était le fils de Franz et Helen Hessel, née Grund, qui inspireront, avec l'écrivain Henri-Pierre Roché, le trio Jules et Jim porté à l'écran par le cinéaste français François Truffaut.

Naturalisé en 1937, reçu à l'école d'élite française Normale Supérieure en 1939, Stéphane Hessel, qui parlait allemand, français et anglais, représentait l'incarnation de l'intellectuel européen.

Mobilisé en 1939, fait prisonnier, il s'était évadé et avait rejoint le général De Gaulle à Londres. Envoyé en France en 1944, il avait été arrêté et déporté à Buchenwald, où il avait maquillé son identité pour échapper à la mort. Après une nouvelle évasion, il avait réussi à rallier les troupes américaines pour arriver à Paris en mai 1945.

À la Libération, il avait rejoint le secrétariat général de l'ONU, participé en tant que secrétaire à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et avait entamé une carrière de diplomate qui allait le conduire au Vietnam et à Alger.

Élevé à la dignité d'ambassadeur de France par François Mitterrand en 1981, Stéphane Hessel avait alors milité pour les immigrés sans-papiers et pour les Palestiniens, ce qui lui avait valu les vives critiques des associations juives.

«Je tire de mon "vieil âge" la confiance dans l'évolution, peut-être trop lente, peut-être quelquefois décevante, mais toujours possible», avait confié le corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en entrevue au Soleil en décembre 2011.

Avec humilité, Stéphane Hessel refusait cependant catégoriquement de s'attribuer la paternité du mouvement. Il répétait que son livret était simplement arrivé au bon moment alors qu'il s'adressait en premier lieu à ses compatriotes «léthargiques» afin qu'ils cessent de s'attarder à leur nombril et qu'ils endossent des causes plus nobles.

À la retraite depuis 1983, Stéphane Hessel avait poursuivi son combat contre les injustices par des publications de manifestes et appels, à commencer par le célèbre Indignez-vous! en octobre 2010.

Cet opuscule de 32 pages, appelant à une «insurrection pacifique», a été vendu à quelque 4,5 millions d'exemplaires dans 35 pays. Il a accompagné les soulèvements populaires contre les régimes dictatoriaux arabes. En Occident, le terme d'«indignés» a été repris par des manifestants en France, Espagne, Grèce, et jusqu'à New York où il a inspiré le mouvement Occupy Wall Street.

Interrogé en mars 2012 par l'AFP, Stéphane Hessel disait «s'étonner» encore de ce succès en ajoutant: «Cela s'explique par un moment historique. Les sociétés sont perdues, se demandent comment faire pour s'en sortir et cherchent un sens à l'aventure humaine».

En 2011, l'intellectuel avait récidivé en publiant Engagez-vous! un livre d'entretiens ainsi qu'un appel contre l'arme atomique dansExigez! Un désarmement nucléaire total. Et l'an dernier, il avait sorti en France Déclarons la Paix! Pour un progrès de l'esprit, reprenant des entretiens avec le dalaï lama.

En France, plusieurs personnalités ont salué sa mémoire. «Sa capacité d'indignation était sans limites, sauf celle de sa propre vie. Au moment où celle-ci s'achève, il nous laisse une leçon, celle de ne se résigner à aucune injustice», a réagi le président François Hollande dans un communiqué. Quant au maire de Paris, Bertrand Delanoë, il a notamment rendu hommage à «l'humaniste authentique, le résistant indomptable et le penseur généreux» qui «manqueront terriblement à notre pays».

À Bruxelles, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a salué dans un tweet «le grand Européen, toujours engagé, jamais satisfait, mû par un esprit de combat et de liberté».

quebechebdo 28 février 2013
vigile.net tribune libre 28 février 2013

Une histoire vraie vécue à l’hôpital

28 février 2013

J’ai dû être hospitalisé pendant quelques semaines récemment, une expérience qui, malgré ses inconvénients, m’a permis de côtoyer des personnes intéressantes. Toutefois, parmi celles-ci, il en est une qui m’a particulièrement frappé sur deux facettes de sa personnalité.

Un jour, une dame dans la quarantaine est arrivée à ma chambre pour y occuper le lit voisin qui était vacant depuis quelques jours. Le lendemain de son arrivée, nous avons commencé à échanger sur les raisons qui nous avaient conduits à notre hospitalisation. C’est alors que j’ai appris que la dame venait d’apprendre qu’elle avait un cancer du sein qui semblait, selon les premiers tests, démontrer des signes inquiétants de dégénérescence.

À ma grande surprise, loin de se montrer inquiète devant un tel diagnostic, elle démontrait un optimisme admirable et un moral de plomb qui m’ont laissé pantois, tellement ses paroles débordaient d’une croyance en la vie phénoménale.

Quelques jours plus tard, d’un sujet de discussion à l’autre, nous sommes tombés sur la politique. La dame m’a alors demandé quelle était mon allégeance politique. Je lui ai répondu que j’étais indépendantiste. Alors, me regardant droit dans les yeux :

- Moi aussi, dans mes jeunes années, j’ai même milité pendant quelque temps pour le Parti québécois… mais je crois que je n’aurai pas la chance de vivre ce grand moment!…

- …

- J’espère que vous, vous pourrez assister à ce grand événement!

- Je l’espère aussi mais, au rythme où vont les choses, j’en doute de plus en plus!

- Vous avez bien raison…

Puis, le silence se fit…

Or, un jour où je sortais à l’extérieur pour respirer un peu d’air pur, j’ai rencontré son mari assis dans le hall de l’hôpital. Tout en m’arrêtant près de lui pour jaser un peu, il m’apprit que le diagnostic concernant sa femme venait de tomber…de 3 à 18 mois, dépendant de l’efficacité ou de l’échec des prochains traitements.

Je me suis alors rappelé la chanson fétiche qu’elle aimait fredonner à l’occasion, à savoir «Nous sommes Québécois» des Colocs, dont voici un extrait sur lequel j’ai cru opportun de vous laisser :

«Québécois
Nous sommes Québécois
Le Québec saura faire
S'il ne se laisse pas faire
Que l'on soit un bleu ou un rouge
Capitaliste ou communiste
Moi je suis un idéaliste
Je crois qu'il faudrait que ça bouge

En devenant plus solidaires
On ne sera plus minoritaires
Pourquoi faut-il se faire
La guerre mes frères?»

quebechebdo 27 février 2013
vigile.net tribune libre 27 février 2013 "Une histoire vraie"

La chanson québécoise, un trésor à explorer!

4 février 2013

Au moment où s’ouvre le Forum sur la chanson québécoise, organisé par le Conseil des arts et des lettres du Québec, les auteurs proposent d’inclure les œuvres des piliers de la notre répertoire québécois dans les programmes d’intégration des immigrants comme dans l’apprentissage des enfants.

À mon sens, les auteurs, en y allant d’une proposition aussi "rafraîchissante", surpassent de cent coudées les interventions timides de nos politiciens actuels lorsqu’ils parlent de leurs intentions concernant le renforcement de la loi 101 qui ressemblent bien souvent davantage à un recul qu’à une avancée !

Pourtant, quand on considère tout le chemin parcouru par la chanson québécoise, de Félix à Vigneault en passant par Charlesbois et Ferland, on se doit de constater avec fierté que les chansons de nos pionniers constituent sans contredit un des vecteurs majeurs de la culture québécoise.

"Du petit bonheur jusqu’au tour de l’île Félix a semé tout a commencé Vigneault a grandi avec mon pays C’est en le chantant que les gens d’ici Se sont reconnus se sont retrouvés Un cœur dans la voix de nos chansonniers car…" Extrait du début de "C’est dans les chansons" Jean Lapointe.

À cet effet, je me permets de vous raconter une anecdote extrêmement porteuse de sens qu’il m’est arrivé de vivre auprès de mes élèves durant ma carrière d’enseignant au secondaire. Pendant plusieurs années, à la période de l’année où j’abordais la poésie comme genre littéraire, je commençais toujours par leur faire entendre « Le p’tit bonheur » de Félix après leur avoir distribué les paroles de la chanson…soit dit en passant au grand scepticisme de mes collègues quant à l’intérêt que pourrait susciter cette « vieille » chanson.

Au contraire, dès le début de l’audition de la chanson, plusieurs élèves se mettaient à fredonner les paroles en compagnie de Félix, certains d’entre eux le faisant même sans jeter un coup d’œil sur le texte écrit. Il était de plus évident que l’atmosphère de la classe revêtait un air de fête où l’enthousiasme était palpable.

Dans la lignée des auteurs réunis au Forum sur la chanson québécoise, je ne peux que me rallier à leur idée de se servir de ce patrimoine québécois "toujours bien vivant" pour servir d’instrument d’intégration pour les nouveaux arrivants, notre chanson constituant un répertoire riche et éclairant autant sur notre culture que sur notre langue.

En terminant, en guise d’illustration des immenses richesses patrimoniales que contient notre trésor de chansons québécoises, je vous laisse sur les paroles de Claude Gauthier qui nous raconte "son plus beau voyage" :

"J’ai refait le plus beau voyage De mon enfance à aujourd’hui Sans un adieu, sans un bagage, Sans un regret ou nostalgie

J’ai revu mes appartenances, Mes trente-trois ans et la vie Et c’est de toutes mes partances Le plus heureux flash de ma vie !

Je suis de lacs et de rivières Je suis de gibier, de poissons Je suis de roches et de poussières Je ne suis pas des grandes moissons Je suis de sucre et d’eau d’érable De Pater Noster, de Credo

Je suis de dix enfants à table Je suis de janvier sous zéro

Je suis d’Amérique et de France Je suis de chômage et d’exil Je suis d’octobre et d’espérance Je suis une race en péril Je suis prévu pour l’an deux mille Je suis notre libération Comme des millions de gens fragiles À des promesses d’élection Je suis l’énergie qui s’empile D’Ungava à Manicouagan

Je suis Québec mort ou vivant !"

vigile.net tribune libre 4 février 2013
quebechebdo 4 février 2013

Le PQ se détacherait-il de sa base militante?

2 février 2013

À quelques jours du Conseil national du Parti québécois, la grogne règne contre la permanence du PQ avec la démission en bloc d’au moins cinq membres de l’exécutif de Maskinongé, qui se disent tout simplement désillusionnés et trompés par les fausses promesses électorales, le peu d’intérêt accordé à la base militante et à l’option souverainiste.

« En même temps que le gouvernement du Parti québécois prend ses distances par rapport au programme du parti, le PQ, notamment la permanence nationale, se bureaucratise et s’éloigne de sa base militante, en mettant l’emphase plus sur les procédures que sur l’atteinte de l’objectif », écrivent Robert Gauthier, président de l’exécutif, et les membres démissionnaires dans une lettre datée du 29 janvier 2013.

M. Gauthier évoque également les relations avec la permanence nationale du parti, qui ne reconnaît pas suffisamment l’implication des militants et des exécutifs régionaux. « Nous sommes perçus comme des gens qui servent à amasser des fonds pour financer la permanence, tout simplement », constate-t-il.

Les démissionnaires déplorent surtout le fait que le parti ne mette plus l’emphase sur la souveraineté. « Il est de plus en plus évident que le Parti québécois, qui a été un grand parti au Québec, ne réussit plus à rassembler seul l’ensemble des forces souverainistes pour atteindre l’objectif de faire du Québec un pays. […] Une des raisons, selon nous, vient sans doute du fait que les dirigeants actuels du PQ, qui répètent souvent être souverainistes, ne consacrent pourtant pas beaucoup de temps, d’énergie et de ressources à expliquer les avantages pour une nation d’avoir son propre pays. »

Par ailleurs, en marge du caucus du gouvernement, qui se tenait à l’Estérel, Mme Marois, informée des ces démissions, a répondu que « c’est dommage, mais d’autres prendront la relève ». Elle invite par ailleurs les démissionnaires à « continuer à militer pour la souveraineté », comme ils disent vouloir le faire dans leur missive…une réponse plutôt cavalière, voire même méprisante envers la base militante de son parti.

Quant à Mario Charron, ex-président de Groulx, qui a démissionné avant les élections l’été dernier, les commentaires de Mme Marois sont une véritable insulte. « On voit bien qu’elle n’a jamais compris pourquoi les militants démissionnent. C’est exactement ce que nous avons subi dans Groulx. Elle est en train de mettre à terre ce parti. »

Quoiqu’il ne faille pas généraliser les démissions dans Maskinongé, le mécontentement qu’elles manifestent devraient envoyer un son de cloche à Pauline Marois, en ce sens que la « tête » a besoin du « corps » pour fonctionner adéquatement…sinon, il risque de se produire un effet boomerang contre le PQ aux prochaines élections. 

quebechebdo 2 février 2013
vigile.net tribune libre 2 février 2013

Où s’en va Jean-François Lisée?

31 janvier 2013

Le ministre de la métropole, Jean-François Lisée, aurait pris position en faveur du bilinguisme dans les services offerts par la Société de transport de Montréal (STM). Comme société responsable, la STM offre djà des services bilingues en ce qui concerne les conseils de sécurité. Pour le reste, l'information est transmise en français à tous les voyageurs.

Dans un de ses blogues publiés récemment, il répond ainsi au président de la SSJB, Mario Beaulieu, qui ressort son mécontentement face aux intentions de Jean-François Lisée dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir :

« Il [M. Beaulieu] m'accuse de promouvoir «l'anglicisation» des services publics. Mon crime? Avoir simplement dit tout haut, et en anglais, ce que stipule la loi 101 depuis 30 ans: si un employeur fait la démonstration que la connaissance de l'anglais est requise pour un poste, il peut réclamer la connaissance de l'anglais dans l'embauche pour ce poste… Je me permets de rappeler à Mario qu'avec mon appui enthousiaste, ma collègue Diane de Courcy a déposé en décembre une mise a jour de la loi 101 qui fera en sorte que les entreprises ne puissent pas réclamer sans raison la connaissance de l'anglais, comme ils le font beaucoup trop aujourd'hui. Le projet forcera également chaque commerce à disposer de personnel francophone en tout temps. »

Lisez attentivement ces mots : « …une mise à jour de la loi 101 fera en sorte que les entreprises ne puissent pas réclamer sans raison la connaissance de l'anglais, comme ils le font beaucoup trop aujourd'hui. Le projet forcera également chaque commerce à disposer de personnel francophone en tout temps. » Vous n’avez pas, comme moi, l’impression d’une proposition qui n’a rien à voir avec un resserrement significatif des règles d’application de la loi101? Mais où donc s’en va Jean-François Lisée avec ces airs de bon gars qui désire présenter l’image d’un ministre gentil et bien perçu?

En guise de conclusion, je laisse les derniers mots au mouvement« Impératif français » qui résume clairement la voie que le gouvernement du Québec doit suivre pour mener à bien la réforme de la loi 101 :

« Impératif français rappelle au gouvernement du Québec, à l’OQLF et plus particulièrement au ministre Jean-François Lisée qu’il est de la responsabilité de tous les Québécois et Québécoises d’apprendre le français et de le parler. Le français est au Québec la langue commune d’usage public. Le refus d’apprendre le français et de l’utiliser ne confère à personne le droit d’angliciser le Québec, d’exiger le bilinguisme institutionnel, de priver les travailleurs et travailleuses de leur droit d’exercer leurs activités en français, de leur droit de gagner leur vie! Quant aux touristes ou visiteurs d’ailleurs, ceux-ci doivent savoir que, comme ailleurs dans le monde, il leur faut par intérêt, par plaisir ou par savoir-vivre apprendre les rudiments de base de la langue du pays que l’on visite. »

quebechebdo 31 janvier 2013
vigile.net tribune libre 31 janvier 2013

L’homme derrière le chef

30 janvier 2013

Nous avons appris cette semaine que le chef cuisinier du Château Frontenac, tirait sa révérence après 20 ans d’une carrière qui a réussi à donner au Château ses lettres de créance en tant que qualité exceptionnelle de menus.

Toutefois, j’ai décidé ce matin de vous raconter une anecdote qui ajoutera aux nombreuses qualités de Jean Soulard déjà exprimées à profusion dans les médias depuis l’annonce de son départ des cuisines du Château Frontenac.

Même si je n’ai pas connu personnellement M. Soulard, il m’a été donné à quelques reprises de le voir se faire un devoir d’abandonner ses cuisines quelques minutes et se présenter sur la scène de la salle de bal pour venir s’adresser, vêtu de son sarrau blanc de travail quotidien, aux centaines de personnes qui participent annuellement au souper reconnaissance organisé pour le personnel et les bénévoles d’une résidence pour soins palliatifs.

À chaque occasion, j’étais émerveillé de l’entendre, dans des mots simples, louer le travail de ces personnes qui s’occupaient de ces malades en insistant sur le caractère humanitaire de leur implication…Et, on ne pouvait que vibrer à la sincérité des propos de cet homme qui, avouons-le, n’était pas obligé de quitter ses lieux de travail pour prendre le temps de venir nous adresser des mots qui, sans contredit, décrivaient une qualité peu connue des clients réguliers du Château, à savoir l’humanisme de l’homme derrière le chef.

quebechebdo 30 janvier 2013
cyberpresse.ca 3 février 2013 

Les droits de scolarité

29 janvier 2013

À quelques semaines du début du Sommet sur l’enseignement supérieur, il est indéniable que la question des droits de scolarité occupent une place prépondérante. Toutes les hypothèses sont invoquées par les divers intervenants, allant de l’indexation [position que semble défendre le ministre de l’éducation supérieure] en passant par le gel, la gratuité jusqu’à la nouvelle trouvaille de la CAQ, à savoir la modulation des droits de scolarité en fonction de l’envergure des universités et de leur coût de formation.

D’entrée de jeu, je rejette d’emblée cette dernière proposition qui risque de diminuer grandement l’accessibilité de certains élèves dans ces universités qualifiées « d’envergure » en les pénalisant sur le choix de l’université qu’ils souhaitent fréquenter en biaisant le coût de leurs frais de scolarité pour des raisons essentiellement administratives.

En ce qui a trait au gel des frais de scolarité, force nous est de constater que les universités « semblent » éprouver de sérieux problèmes de financement. Toutefois, à cet égard, il m’apparaît essentiel que « toutes » les données concernant la gestion et le financement des universités soient déposées sur la table des intervenants au Sommet et qu’elles soient filtrées à loupe, à défaut de quoi aucune hausse de frais de scolarité ne sera acceptée, voire même acceptable, par les étudiants.

Quant à la gratuité scolaire, elle représente pour moi la solution idéale…dans un « monde idéal », un monde qui, il faut bien l’admettre, est bien loin de la situation déficitaire actuelle du gouvernement et qui nous oblige à relayer cette hypothèse dans les années futures, une déclaration d’ailleurs exprimée à plusieurs occasions par Pierre Dufresne lors de ses dernières allocutions préparatoires au Sommet, ce dernier alléguant que son parti est ouvert à cette hypothèse.

Reste enfin l’indexation…la seule formule « acceptable » dans les circonstances. Toutefois, j’apporterais un bémol dans la formule comptable utilisée pour déterminer cette indexation. Au lieu d’indexer les droits de scolarité au coût de la vie comme il semble que ce soit les intentions du gouvernement, je proposerais que les frais de scolarité soient indexés en fonction du revenu familial d’où provient l’étudiant. En effet, les parents ne sont-ils pas appelés à contribuer souvent aux frais de scolarité de leurs enfants ?

En agissant de la sorte, le gouvernement ferait preuve d’une gestion équitable qui permettrait de conserver et peut-être d’accroître l’accessibilité des jeunes québécois dans nos universités tout en conservant un certain principe de « juste part » qui tiendrait compte de la situation économique des familles québécoises en ce qui a trait à leur contribution aux frais de scolarité de leurs enfants.

quebechebdo 29 janvier 2013
vigile.net tribune libre 29 janvier 2013

Revenir au rôle essentiel de l’université

25 janvier 2013

Depuis le début des rencontres préparatoires au Sommet sur l’enseignement supérieur, les discussions et analyses ont rarement dévié du sous-financement des universités estimé à l’aide de données qui démontrent souvent des écarts substantiels, et leur gestion que certains qualifient de discutable.

À cet effet, un article paru dans Le Devoir du 19 janvier 2013 et co-signé par 18 administrateurs d’universités québécoises sous le titre « Mauvaise gestion des universités – Des accusations faciles et douteuses », se veut une défense de la saine gestion des universités et une attaque de leur sous-financement comparativement à celui de la moyenne des universités canadiennes.

« Nous partageons le souci des Québécois et du gouvernement quant au respect d’une gestion rigoureuse et transparente des universités. Nous attachons par ailleurs une grande importance aux faits, et croyons aux meilleures pratiques de gouvernance et de gestion. Maintenir un établissement dans une situation déficitaire chronique et structurelle, faute de financement, ne saurait constituer une solution viable. Il est impératif d’en venir à un consensus durable. »… Soit !

Pour l’instant, je dois malheureusement constater que le débat tourne autour d’une guerre de chiffres en dents de scie autour de laquelle les principaux interlocuteurs développent des positions stratégiques oiseuses et nuisibles au sain développement des avenues de solutions.

Pourtant, si on revient au rôle essentiel d’une maison d’éducation, à quelque niveau que ce soit, n’est-ce pas d’offrir une excellente qualité de cours, accessibles au maximum de jeunes qui souhaitent atteindre le degré universitaire et obtenir un diplôme qui leur permettra de s’épanouir pleinement en plus d’offrir une contribution inestimable à la société québécoise ?

Une fois que les participants au Sommet auront assis cette pierre angulaire au centre de leur discussion, ils pourront ensuite discuter des moyens qui permettront à ces jeunes l’accessibilité à des études supérieures et, en ce sens, je rejoindrais la conclusion des auteurs de l’article pré-cité : « Pour que le dialogue sur l’avenir de l’enseignement supérieur soit productif, il doit permettre des échanges ouverts et respectueux qui doteront le Québec et sa jeunesse d’universités bien gérées, adéquatement financées, accessibles et de calibre mondial. »

À chaque jour, des milliers de jeunes franchissent les portes des pavillons universitaires québécois pour s’instruire…Vivement un leitmotiv qui remet les discussions sur ses rails avant que le train ne dérape dans les interminables méandres financiers et gestionnaires !

vigile.net tribune libre 19 janvier 2013
quebechebdo 19 janvier 2013