Regarder vers l’avenir

18 mars 2013

Aubert Caron-Guillemette avait à peine 15 ans et sa copine Caroline Dubé venait de fêter ses 16 ans lorsque, en 2007, Aubert a appris qu’il était atteint d’une leucémie. À la suite de traitements de chimiothérapie à fortes doses, le malheur a fait que l’adolescent s’est retrouvé paralysé jusqu’au cou : « Je n’étais même pas capable d’écrire, mais heureusement, après six ou sept mois, j’ai retrouvé des sensations jusqu’à mes abdominaux et je peux maintenant utiliser mes bras normalement. »

Le courageux jeune homme a donc poursuivi ses traitements et sa réhabilitation tout en terminant du même coup sa cinquième secondaire, si bien qu’il étudie aujourd’hui en psychologie à l’université Laval alors que Caroline travaille comme designer d’intérieur.

En septembre 2012, lorsque Aubert a obtenu la confirmation que la guérison de sa leucémie était complète, il en profita pour demander à Caroline de devenir sa fiancée. Pour le couple qui vient de terminer une lutte de cinq ans contre la maladie, le mariage revêt un symbole d’une grande intensité. Pour Caroline, le mariage devient « une façon de souligner la fin de ce long périple, une manière de passer à autre chose, de regarder vers l’avenir. »…un avenir que je leur souhaite empli de petits bonheurs qu’ils ont bien mérités! 

quebechebdo 17 mars 2013

Une époque révolue

16 mars 2013

Les familles des militaires demandent de conserver leur libre choix scolaire dans le cadre du projet de loi 14, plusieurs d'entre elles craignant pour l'avenir de leurs enfants le jour où ils seront mutés hors du Québec, d’autant plus que les intéressés connaîtront leur nouvelle affectation d'ici deux semaines, un calendrier serré qui contribue sans doute à exacerber les sentiments de crainte devant l'inconnu.

Quant à la Défense nationale, elle ne fait rien pour atténuer les appréhensions des familles en cause en manifestant un certain malaise devant l'action de ces parents francophones, en refusant, entre autres, de s’ingérer dans le débat linguistique québécois [une attitude de « je m’en lave les mains »], alléguant habilement que ce sont les parents qui détiennent la responsabilité de l’éducation de leurs enfants.

À titre de rappel, ce privilège avait été accordé par René Lévesque et Camille Laurin en 1977, les auteurs de la loi 101 reconnaissant, de façon « politically correct », les devoirs des militaires et les sacrifices imposés à leur famille.

À mon sens, cette époque est révolue. Rappelons d’abord que la Charte des droits de Pierre Elliott Trudeau a contraint les provinces à offrir l'éducation en français partout où le nombre le justifie, une obligation confirmée plus tard par la Cour suprême. Sur les 25 bases de l'armée, de la marine et de l'aviation que compte le pays, 24 disposent maintenant d'un enseignement en français, généralement jusqu'à la fin du secondaire.

Le régime d'avantages sociaux de la Défense nationale prévoit même une indemnité d'études, s'ils doivent envoyer leurs enfants étudier dans une autre localité, et ce, jusqu'à la fin du secondaire. Les militaires reçoivent même l'appui de leur employeur. Chaque famille reçoit avec son avis de déplacement un dossier d'accompagnement donnant les coordonnées des écoles françaises à proximité de sa résidence, lesquelles sont facilement accessibles sur le site Navigateur familial des Forces armées.

En réalité, face à un tel progrès dans les services offerts à ces familles contestataires, l'attitude de certains parents d'ici envoie un très mauvais message aux communautés francophones hors Québec qui se sont battues bec et ongles pour obtenir leurs écoles. Un minimum de respect envers elles s’impose. Qu’y-a-t-il de plus insultant, pour elles, que de voir des Québécois francophones leur passer sous le nez, dans un autobus scolaire, pour se rendre dans une école anglaise alors que la survie de ces communautés dépend très souvent des nouveaux arrivants?

En fait, si le gouvernement accepte l'exception militaire, n’y-a-t-il pas danger de l'étendre aux autres francophones qui seraient appelés à travailler un jour hors du Québec dans quelque profession que ce soit? Il appartient maintenant à nos politiciens de rappeler à TOUS les résidents québécois qu’ils doivent accepter les conséquences de vivre dans un État où le français est la langue officielle.

quebechebdo 16 mars 2013
vigile.net tribune libre 16 mars 2013

François 1er, le pasteur dans un château doré

14 mars 2013

Les cardinaux ont innové dans la continuité : l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, 76 ans, devient le premier non-européen à diriger l’Église catholique. Les premiers échos font état d’un Jésuite austère, considéré comme modéré et de tendance réformiste. Conservateur et réformiste, il n’y a qu’au sein de l’Église qu’on retrouve pareil personnage. On le dit timide et à la parole rare, humble et aimant garder un profil bas, ce qui ne laisse pas entrevoir de grandes campagnes de communication du Vatican. Celui qui était jusque-là archevêque de Buenos Aires soutient une doctrine conservatrice en matière d’avortement, d’euthanasie, de contraception, d’ordination des femmes et d’homosexualité.

Toutefois, là où la rupture pourrait être plus frappante, c’est dans son approche aux gens. On le dit très près de la population, en particulier des pauvres. Leur défense a d’ailleurs toujours guidé son action. L’homme a même vendu la limousine qui lui servait pour redonner aux moins fortunés. Depuis, il se déplaçait toujours en transport en commun dans la capitale argentine. On le décrit comme un habile négociateur qui n’hésite pas à s’opposer aux personnalités politiques sur différents sujets.

Lors de sa première allocution devant les milliers de fidèles rassemblés sur la Place Saint-Pierre, il a leur demandé humblement de prier pour lui, des paroles rassembleuses qui ont eu l’heur de susciter un sentiment de proximité avec la foule.

Simple et humble aux dires de tous, il a la réputation de détester les carriéristes de l’Église. Il a durant sa carrière ecclésiastique toujours refusé les promotions offertes, préférant s’occuper de ses ouailles sur le terrain plutôt que de s’exiler à Rome. Évoquant les problèmes financiers du Vatican et les réformes internes nécessaires, un cardinal cité à son sujet mentionnait « que dans quatre ans sous Bergoglio, on ne reconnaîtra plus la Curie ». Ce qui n’est pas peu dire et se veut rafraîchissant.

La grande question réside maintenant dans la difficulté à laquelle sera confronté le pape François, dont le nom, selon certains analystes, se veut un rapprochement avec François d’Assise, à savoir de concilier sa mission de pasteur avec sa vie pontificale à l’intérieur d’un château doré.

Comment l’ex-archevêque de Buenos Aires arrivera-t-il à réformer la Curie romaine devant l’imposant lobby ecclésiastique qui la compose? Mais surtout, comment le « pasteur » parviendra-t-il à descendre de son trône papal et à se rendre dans la rue à la rencontre de ses fidèles? Des défis ardus mais ouvrant des portes intéressantes pour l’avenir d’une Église plus humaine et plus apostolique.

quebechebdo 14 mars 2013
vigile.net tribune libre 14 mars 2013
cyberpresse.ca 15 mars 2013 "Conclave 2013"

L’art de réinventer la roue

11 mars 2013

La réforme scolaire a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. Or, contrairement à ce qu’on pourrait croire, le "renouveau pédagogique" n’a pas changé grand-chose dans l’enseignement du français au secondaire, révèle une vaste enquête réalisée dans les écoles du Québec. La traditionnelle dictée et les exercices de grammaire y sont toujours présents.

Voilà l’une des conclusions tirées de l’enquête intitulée "État des lieux de l’enseignement du français", réalisée par Suzanne-G. Chartrand et Marie-Andrée Lord, professeures à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, en collaboration avec le Conseil supérieur de la langue française.

Selon Mme Chartrand, qui se spécialise en didactique du français, il n’existe "aucune preuve scientifique de l’efficacité de la dictée". Les élèves qui en arrachent en français ne deviendront pas meilleurs en multipliant les dictées. "C’est loin d’être la panacée. Il y a des exercices beaucoup plus utiles… L’important est surtout d’expliquer aux élèves comment se corriger eux-mêmes afin qu’ils apprennent à réfléchir et à comprendre les règles de grammaire, plutôt que de bêtement les mémoriser… On a proposé des changements parce que les résultats escomptés n’étaient pas au rendez-vous", affirme-t-elle, en rappelant les lacunes des élèves en français.

Et maintenant que les changements proposés par la réforme ont été mis à l’épreuve, est-ce que les "résultats escomptés" sont au rendez-vous ? Les résultats mitigés des élèves de cinquième secondaire aux examens de français du ministère me laissent plutôt perplexe.

Pourtant, selon les résultats tirés de l’enquête, 40 % des enseignants déclarent avoir eu recours à la dictée environ une fois par mois. À mon sens, ce faible pourcentage d’enseignants utilisant la "traditionnelle dictée" [une connotation péjorative à peine voilée des auteures] pourrait être en partie responsable de la mauvaise qualité du français de nos élèves québécois, d’autant plus que le programme d’études n’en fait même pas mention.

Au cours de ma carrière de 32 ans dans le monde de l’éducation, dont 27 dans l’enseignement du français au secondaire, j’ai dû passer à travers l’implantation de 4 ou 5 nouveaux programmes et, à chaque fois, à la lecture du contenu de ces programmes, je me demandais s’il n’y avait pas quelque part dans une Tour à Québec, des fonctionnaires qui s’évertuaient à réinventer la roue en tentant, par tous les moyens, de trouver des failles à l’utilisation de la dictée comme mode d’apprentissage de notre langue maternelle.

À mon avis, la dictée, pour autant que le professeur laisse du temps à ses élèves pour se corriger et qu’il insiste sur la "compréhension" des phénomènes grammaticaux "plutôt que de bêtement les mémoriser", demeure un instrument privilégié d’apprentissage du français. Après tout, n’est-ce pas "en forgeant qu’on devient forgeron" de la même manière que c’est en écrivant qu’on apprend à écrire ?

vigile.net tribune libre 11 mars 2013
quebechebdo 11 mars 2013
Le Soleil 17 mars 2013 (version abrégée)

Leclerc de l’Île

10 mars 2013

J’ai toujours considéré Félix Leclerc comme le pionnier de la chanson québécoise en plus d’être devenu un de ses premiers ambassadeurs outre-mer…et ce n’est pas sans raison que le p’tit gars de l’Île d’Orléans m’a autant marqué.

En effet, je me rappelle que dès ma prime jeunesse, lorsque notre famille entreprenions notre périple vers notre chalet dans le comté de Portneuf, les cinq enfants, mon père, ma mère, mon grand-père maternel et deux de mes tantes qui vivaient avec lui, cordés comme des sardines, mon père, profitant d’un rare moment de silence, se mettait à chanter le P’tit bonheur, le trémolo dans la voix, et avec quel envoûtement j’étais fasciné par les paroles de cette chanson et le plaisir que mon père éprouvait à nous la chanter.

Beaucoup plus tard, lorsque, à mon tour, je suis devenu père, il m’arrivait, à l’occasion, de refaire le même scénario lors de certaines randonnées en famille avec mes deux filles qui m’écoutaient religieusement et qui, encore aujourd’hui, se rappellent de ces instants privilégiés.

Or, un jour que je m’étais rendu sur l’Île comme il m’arrive souvent de le faire pour y retrouver le calme qui s’en dégage, assis sur un banc au quai de Sainte-Pétronille, devant la rive sud, le Saint-Laurent nous séparant, la muse me souffla ce petit poème intitulé « Au bout de l’Île » que je vous offre avec simplicité :

Au bout de l’île d’Orléans
Devant le fleuve Saint-Laurent
Tournoyant en reflets d’argent
J’entends le chant des goélands

Sur l’autre rive curieux mariage
De vert côtoyant l’usinage
Le temps sur son infâme passage
Ayant brisé le pâturage

Au loin un paquebot fend l’eau
Du fleuve qui porte sur son dos
La marée noire du cargo
Enfouie dans son lourd tombeau d’eau

Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
Je le reçois comme un cadeau
Du matelot venu d’en haut

Par un après-midi d’automne
En revenant par le pont de l’île
Je me suis rappelé Leclerc de l’île
Comme l’homme que toujours on fredonne

De chaque côté du Saint-Laurent
Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
En arrière-plan l’île d’Orléans

quebechebdo 10 mars 2013
vigile.net tribune libre 10 mars 2013

Le p’tit gars de La Motte n’occupera pas le siège de Saint-Pierre

8 mars 2013

Il y a quelques jours à peine, le cardinal Marc Ouellet se retrouvait parmi les plus sérieux candidats à prendre la succession de Benoît XVI. Aujourd’hui, il est placé sur la liste noire des soutanes rouges.

Rétablissons d’abord les faits. Le journal britannique The Telegraph affirme que le départ à la retraite du cardinal Keith O’Brien, le plus haut responsable religieux catholique britannique, aurait été soigneusement planifié pour passer sous le tapis les écarts sexuels de Son Éminence d’Écosse. Le grand magicien derrière ce coup de théâtre fomenté il y a cinq mois ne serait nul autre que le cardinal Marc Ouellet. Précisons d’emblée que le journal ne fournit aucune preuve, qu’il suppose d’un bout à l’autre de l’article au sujet du Québécois qui n’y est mentionné qu’une seule fois…une fois de trop !

Qu’il ait trempé ou non dans ce mensonge n’a pas d’importance pour la suite des événements. Dans un calendrier ecclésiastique si court devant mener au couronnement, Marc Ouellet n’aura pas la chance de prouver son innocence. À l’opposé, l’accusation n’aura pas plus de temps pour démontrer sa culpabilité. Mais la simple suspicion, la moindre odeur de possibilité d’implication dans l’affaire disqualifie directement le cardinal québécois. Malheureusement pour ses partisans, l’odyssée papale du cardinal Ouellet vient de prendre fin. La campagne électorale du pré-conclave bat son plein et, tout comme dans nos « bonnes vieilles campagnes électorales », il s’est trouvé des détracteurs pour éliminer de la course le p’tit gars de La Motte.

À sa défense, si l’hypothèse s’avérait fondée, Marc Ouellet n’est pas un simple cardinal, c’est d’abord et avant tout le préfet de la Congrégation pour les évêques et un membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. En termes simplifiés, le Québécois est responsable de chaque diocèse de la planète, il décide de l’ensemble des nominations d’évêques dans le monde.

De plus, amoureux de son Église comme il l’est, dévoué corps et âme comme il l’a toujours été, il ne serait pas surprenant que le cardinal Ouellet ait mis tout en œuvre pour préserver jusqu’à la mort l’aura et l’image de cette institution dont il est un des plus grands représentants. À cet effet, je vous réfère à deux ouvrages écrits par Marc Ouellet qui démontrent à quel point il est empreint viscéralement d’un côté mystique débordant : Marc Ouellet, Dieu plus merveilleux que les rêves, Éditions Anne Sigier, 2004 Marc Ouellet, Divine ressemblance, Éditions Anne Sigier, 2006

Ceci étant dit, une question se pose : l’Église catholique d’aujourd’hui doit-elle désigner un tel type de personnage pour faire face aux problèmes qu’elle vit ? Serait-elle plutôt prête à recevoir un pasteur de terrain qui invite son clergé à sortir de son presbytère et descendre dans la rue pour y rencontrer ses paroissiens ?

Le conclave débutera dans quelques jours. Que faut-il en espérer ? En ce qui me concerne, j’espère qu’un vent de renouveau soufflera sur l’Église et qu’à l’instar de Jean XXIII, ce pape de 78 ans que les experts avaient qualifié « de transition », qui, trois mois seulement après son élection en 1958, annonça la tenue d’un concile qui a remis, pendant plusieurs décennies, l’Église catholique sur ses rails, à savoir sur le terrain des fidèles.

Si la conjoncture mondiale des années ‘50 appelait la tenue d’un concile pour réformer l’Église, cela est tout aussi approprié en ce début de XXIe siècle. Puisse l’élection d’un nouveau pape être l’élément déclencheur d’une réforme en profondeur de cette Église !

vigile.net tribune libre 8 mars 2013
quebechebdo 9 mars 2013

Commentaires:

"Je pense que cette Église, loin des Évangiles et du monde contemporain, doit retrouver la modernité en se dépouillant de toute cette mascarade moyenâgeuse et se donner pour mission, non pas d'enseigner la doctrine catholique, mais de témoigner des évangiles en suivant les consignes données par celui qui en est leur maître, Jésus de Nazareth. Retrouver la foi de l'itinérant qui le mène dans les sentiers où les humbles, les blessés de la vie, les oubliés les y attendent. La véritable église devrait se présenter à l'inverse des paradigmes de nos gouvernements. Les plus élevés dans les fonctions ecclésiales devraient se retrouver au plus bas de l'échelle et les plus petits retrouver une place de choix. Il y aurait moins de candidats pour vouloir occuper les plus hautes fonctions. Les luttes de pouvoir se feraient rares.

Heureusement qu'il y a une Église qui n'attend pas que le Vatican change pour témoigner de sa foi à travers des engagements au service de la justice, de la vérité, de la solidarité et de la compassion.

Merci, M. Marineau, pour ce partage."

Oscar Fortin
vigile.net tribune libre 9 mars 2013

"Monsieur Marineau, Et souhaitons qu'il ne le devienne pas. Le Cardinal Ouellet peut occuper de très ''hautes fonctions'' mais pas celle de chef de l'Eglise. Son passage à Québec nous le démontre. Vous avez raison: remettre l'Eglise ''sur ses rails''. Et, surtout,donner l'exemple car ce que nous lisons et écoutons concernant le Vatican et ses jeux de ''coulisse'' n'est pas très édifiant. Sans parler des scandales, les connus et…les inconnus. Que de sagesse et de lucidité dans votre chronique. Merci! Suzanne Leblond, Québec"

quebechebdo tribune libre 9 mars 2013

Le PQ en mode survie

8 mars 2013

Je commencerai cet article par un extrait de l’opinion de M. Hubert Baril, parue dans le Devoir du 7 mars sous le titre « Le cul-de-sac du Parti québécois » :

« Le Parti québécois repose historiquement sur deux grandes idées : l’indépendance du Québec et la défense ou l’expansion de sa sociale-démocratie. Exception faite de quelques flirts avec le centre, le PQ a toujours été un parti souverainiste de centre gauche. C’est encore ainsi qu’il se définit aujourd’hui. Malheureusement, ces deux projets n’ont plus beaucoup d’attraction auprès de l’électorat. L’appui à la souveraineté stagne sous les 40 % depuis des années. La réalité économique et les finances publiques du Québec rendent impossible une expansion du modèle québécois. Elles forcent même sa révision en profondeur. Les deux grands rêves du PQ sont à bout de souffle… À défaut de proposer un projet qui nous inspire et qui nous dépasse, le parti semble être devenu le dernier refuge des angoisses existentielles du Québec… La réalité est que le Parti québécois tourne en rond parce qu’il n’a nulle part où aller. »

Pourtant, un parti, Option nationale, sous la gouverne d’un homme intègre et convaincu [voire même convaincant], Jean-Martin Aussant, a adopté une plateforme qui nous propose « un projet qui nous inspire et qui nous dépasse », qui nous fera sortir définitivement du « dernier refuge des angoisses existentielles du Québec » et nous ouvrira enfin la voie vers l’accession à notre statut de pays.

À cet effet, je n’ai pas pu trouver meilleur exemple que de vous citer le premier chapitre de la plateforme d’ON qui, avec clarté et diligence, nous présente des moyens concrets et réalistes dont nous devons obligatoirement disposés pour nous défaire du carquois fédéral en enfin prendre notre élan pour aboutir à notre indépendance :

« L’avenir du Québec passe par les Québécois eux-mêmes. Cela implique que nous puissions prendre nous-mêmes toutes les décisions importantes quant à notre développement collectif. Or, nous sommes actuellement soumis à un système fédéral dans lequel un gouvernement composé aux trois quarts d’élus non québécois nous impose ses lois, perçoit nos impôts et signe en notre nom les traités qui nous lient aux autres nations du monde. Cet état de fait contredit notre liberté de choisir selon nos intérêts. Le Québec devra se contenter d’être autre chose que lui-même tant que sa souveraineté ne sera pas totale sur son territoire.

En conséquence, dans un premier mandat, un gouvernement d’Option nationale : 1.1 Fera en sorte que toutes les taxes, toutes les contributions et tous les impôts payés sur le territoire québécois soient dorénavant perçus par le gouvernement du Québec. La redistribution éventuelle à d’autres instances sera assurée par le gouvernement du Québec, selon les responsabilités respectives reconnues par le gouvernement du Québec ; 1.2 Fera en sorte que toutes les lois qui régissent les citoyens du Québec soient votées par l’Assemblée nationale du Québec. Cette dernière se réservera le droit d’amender toute loi existante qui concerne le Québec afin qu’elle corresponde mieux à la société québécoise, réaffirmant par le fait même la légitimité démocratique de notre seul parlement national. Une table de travail sera mise sur pied avec les nations autochtones du Québec afin de remplacer la Loi sur les Indiens fédérale par un cadre légal et coopératif qui correspondra mieux à leurs aspirations ; 1.3 Fera en sorte que tous les traités qui lieront les Québécois aux autres nations du monde soient signés par le gouvernement du Québec. Le Québec respectera le principe de présomption de succession pour les traités existants et négociera directement tout nouveau traité qui l’engagera auprès d’autres pays ; 1.4 Fera en sorte qu’une Constitution du Québec soit écrite avec la plus grande participation possible de la population du Québec, accompagnée d’experts en la matière, et qu’elle soit ultimement entérinée par le biais d’un référendum. Cette Constitution contiendra notamment une déclaration de souveraineté du Québec, de même que la reconnaissance de valeurs fondamentales telles que l’égalité homme-femme, la justice sociale, le bien-être des aînés, la protection de la langue française, la laïcité des institutions et le respect rigoureux des principes de développement durable. »

Telle est, à mon sens, une stratégie gagnante qui a toutes les chances de réussir auprès des Québécois de toute allégeance parce qu’elle repose sur des critères lucides, appuyés par un leader qui, pour l’avoir affirmé à maintes occasions, a épousé la cause en priorité avec détermination.

vigile.net tribune libre 7 mars 2013

Lise Thibault en remet!

6 mars 2013

Dans le dernier article de Mme Manon Arsenault paru sur la tribune libre de Vigile en date du 4 mars sous le titre « Pétition : abolition du poste de lieutenant-gouverneur », je ne peux qu’endosser entièrement les arguments invoqués dans la pétition pour me ranger derrière l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur, un poste devenu caduc et opprimant dans la « société distincte » du Québec.

Pourtant, contre vents et marées, l’ex-lieutenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, poursuit insatiablement son interminable croisade judiciaire en demandant à la Cour d’appel de suspendre les procédures criminelles qui pèsent contre elle, le temps que la Cour suprême rende une décision sur son « immunité royale », alors que le plus haut tribunal du pays n’a pas encore fait savoir s’il entendra la cause. La requête en ordonnance de sursis des procédures a été déposée le 25 février et, si elle était refusée, la requérante estime qu’elle subirait un « préjudice irréparable ».

En guise de rappel, Lise Thibault a été accusée en septembre 2009 de six chefs d’accusation, notamment de fraude, d’abus de confiance et d’utilisation de faux documents. Elle aurait émis des dépenses injustifiées de 700 000 $ de 1997 à 2007.

Depuis lors, l’inculpée tente de faire valoir un principe selon lequel la représentante de la reine Élisabeth II au Québec ne devrait pas être tenue de subir un procès, parce que Sa Majesté la reine « ne peut se poursuivre elle-même », un principe appelé « The Queen can do no wrong ».

Par ailleurs, en février, Mme Thibault perdait une manche lorsque la Cour supérieure rejetait une autre requête, celle-là pour que son dossier au civil soit suspendu en attendant l’issue de son procès au criminel. Enfin, si un procès criminel devait être tenu, c’est devant juge seul que l’inculpée souhaite être entendue, un changement de cap, étant donné que la défense avait été de tenir un procès devant juge et jury. La requête pour surseoir aux procédures criminelles et la demande pour tenir un procès devant juge seul seront entendues le 18 mars.

Devant le constat de telles « pirouettes » face au système judiciaire, j’ai l’impression que Lise Thibault et son avocat, Me Marc Labelle, joue à la chaise musicale dans le but inavoué, mais combien évident à mes yeux, de gagner du temps pour une cause qui l’a déjà conduite à des accusations de dépenses non-autorisées de 700 000 $.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que toute cette saga occasionne des frais énormes à la Couronne, donc aux contribuables du Québec qui, comme le souligne un élément de la pétition présentée par Mme Arsenault, s’opposent à plus de 85% à la monarchie.

vigile.net tribune libre 6 mars 2013

En plein paradoxe

5 mars 2013

Le quart-arrière des Ravens de Baltimore, Joe Flacco, a signé le 4 mars un nouveau contrat de six ans au montant de 120,6 millions $US, ce qui fait de lui le joueur le mieux payé de toute l’histoire de la NFL. « Ce n’est pas vraiment une question d’argent, il s’agit plutôt d’avoir droit à une marque de respect…Le fait que nous en soyons arrivés à une entente me donne assurément de bonnes raisons d’être fier de la façon dont j’ai joué et de l’évaluation qu’ils font de moi. »

Au même moment, le président Obama a mis en garde contre les conséquences de l’austérité entrée automatiquement en vigueur la semaine dernière aux États-Unis, des coupes de 85 milliards$ dans les dépenses de l’État fédéral déclenchées le 1er mars, conséquence de l’incapacité des démocrates et des républicains de s’entendre sur la façon de réduire les déficits, des mesures qui « ont déjà commencé à nous coûter des emplois », a affirmé le chef de la Maison blanche.

Toujours selon M. Obama, cette crise devrait bientôt s’additionner à une autre, encore plus lourde de menaces : le financement de l’État fédéral pour les derniers mois de l’exercice 2013, qui devra faire l’objet d’un vote au Congrès avant le 27 mars, faute de quoi des services publics fermeront purement et simplement.

De ce côté-ci de la frontière, dans la capitale nationale, notre petit Napoléon, Régis Labeaume s’impatiente auprès de l’Autorité des marchés financiers qui tarde à donner son accord sur l’octroi du contrat d’acier de son éléphant blanc « estimé » à quelque 400 millions, un projet, faut-il le rappeler, a été appuyé, à une époque pas très lointaine, par Agnès Maltais, celle-là même qui s’apprête à couper 20% dans les prestations des assistés sociaux.

Bref, dans notre beau monde capitaliste, il semble que les sommes astronomiques dépensées, entre autres dans le monde du sport, ont préséance sur les intérêts sociaux et, qu’en ce sens, les valeurs de justice sociale font bien piètre figure au tableau d’honneur des divers gouvernements contemporains !

vigile.net tribune libre 5 mars 2013
quebechebdo 7 mars 2013 "En plein paradoxe avec le contrat de Flacco"

Mettre la cause toujours avant le parti

4 mars 2013

Même si j’ai beaucoup apprécié l’argumentaire de l’article de Nic Payne paru sur le site du Devoir du 2 mars sous le titre « Souverainistes et indépendantistes – L’unité peut se faire autour d’Option nationale », j’ai cru pertinent de vous livrer intégralement les résultats d’une entrevue réalisée avec Le Soleil au cours de laquelle Jean-Martin Aussant devait répondre à six questions la veille du congrès d’ON qui se tiendra samedi et dimanche à Montréal.

Q Comment se porte Option nationale depuis les élections de septembre ?

R Le parti se porte à merveille. Il compte 25% plus de membres que le jour des élections, soit près de 8000 et cela, un peu plus d’un an après sa création. Il a fallu plusieurs années aux autres partis dits « nouveaux » pour atteindre ce chiffre, et plusieurs ne l’ont jamais atteint. Notre message et notre façon de le livrer ont intéressé des milliers de jeunes à s’impliquer en politique pour la première fois de leur vie et nous en sommes très fiers.

Q Selon vous, le Parti québécois ne peut obtenir de majorité sans ON. Comment comptez-vous le convaincre de former une alliance ?

R En fait, je ne dirais pas que c’est impossible, mais plutôt improbable. Le PQ n’a pas réussi à gagner une majorité malgré un chef libéral que personne ne voulait voir, et malgré le fait qu’Option nationale n’avait à peu près aucun moyen pour faire campagne. Lors de la prochaine élection, le Parti libéral aura un nouveau chef et ON sera beaucoup plus en moyens pour mener une campagne électorale efficace. Le contexte sera encore moins favorable à une majorité péquiste qu’il ne l’était en septembre dernier. Sur le plan d’une quelconque collaboration, nous ne courrons pas après qui que ce soit. Notre message est clair et inscrit dans nos statuts : si un autre parti est aussi souverainiste que nous, nous sommes intéressés à discuter, pour le bien et l’avancement de la cause. [...] Option nationale mettra toujours la cause avant le parti et seuls les intérêts collectifs guident nos prises de position, même si ça peut parfois rendre les choses plus difficiles pour nous. La population mérite cette sincérité.

Q Vous battez-vous à armes égales contre le PQ ?

R Le rôle des leaders souverainistes n’est pas de dire « parlons d’autre chose » quand la souveraineté n’est pas en tête dans les sondages, c’est plutôt de tout faire pour convaincre la population du bien-fondé de l’idée pour qu’elle remonte dans le sondage qui suivra. Et sur ce plan, force est de constater que le PQ n’est pas très vigoureux. Un leader qui doute de sa propre cause n’enthousiasmera jamais les indécis.

Q Dans une récente entrevue, vous sembliez fier de dire que Jacques Parizeau, le seul membre à vie du PQ, appuie Option nationale. Il sera présent à votre congrès. Quelle relation entretenez-vous avec M. Parizeau ?

R M. Parizeau a appuyé ma candidature dans Nicolet-Bécancour en septembre dernier et j’en étais très heureux. Il est pour moi celui qui a la plus contribué au Québec moderne et à la cause souverainiste, de par ses compétences unanimement reconnues et par la clarté de ses propos. [...] J’espère qu’il trouve qu’on fait du bon travail pour l’avancement de la cause. Et si jamais il voulait une deuxième carte de membre à vie, ça pourrait toujours s’arranger…

Q Quelles leçons tirez-vous du Sommet sur l’enseignement supérieur tenu cette semaine par le gouvernement Marois ?

R Je n’y ai rien entendu de nouveau qui n’ait été discuté avant la tenue du Sommet. Je trouve que plusieurs questions, incluant la gratuité scolaire et les façons de l’instaurer, ont été ignorées d’un Sommet qui aurait dû les aborder. Comment se fait-il qu’on accepte de payer 500 millions $ par année pour un dédoublement des déclarations de revenus pendant qu’on se prive de la gratuité ? Pourquoi ne pas rehausser les redevances sur nos ressources pour mettre en place la gratuité ? [...] Ou encore, pourquoi ne pas avoir discuté le moindrement du droit de grève des étudiants ? Je pense que le Sommet était nécessaire pour le gouvernement comme exercice de relations publiques. Il ne pouvait pas imposer 3% d’augmentation unilatéralement, même si le résultat est identique en bout de ligne.

Q Que pensez-vous de la controverse entourant l’Office de la langue française et ses « excès de zèle » contre les restaurateurs italiens ?

R Je trouve ces dérapages bien dommage, puisqu’ils donnent des munitions à ceux qui combattent la loi 101 de toutes leurs forces. Cette loi est nécessaire au Québec, sauf que je ne crois pas que ce soit les mots pasta, burger ou hot-dog qui mettent en péril le français en Amérique. Il faut plutôt s’assurer que les nouveaux arrivants seront intégrés en français à notre société, qu’ils étudieront en français et qu’ils se trouveront un travail en français. Le problème réside davantage en amont, sur le plan de l’intégration, que dans la recherche de mots venant d’autres langues dans des menus. [fin de l’entrevue]

Pour reprendre un élément de la vision de Jean-Martin Aussant : « Option nationale mettra toujours la cause avant le parti et seuls les intérêts collectifs guident nos prises de position, même si ça peut parfois rendre les choses plus difficiles pour nous. La population mérite cette sincérité. »…Vous ne croyez pas que c’est cette attitude qui définit le mieux l’expression « faire de la politique autrement ? »

Enfin, je termine sur cet extrait de l’article de Nic Payne qui révèle sans équivoque la charisme et le leadership que dégage JMA devant ses auditeurs : « Or il n’est pas de bon chef politique qui n’incarne pas une vision, et qui ne tienne pas un discours qui trouve résonance dans la population. De toute évidence, le discours indépendantiste du chef d’Option nationale était attendu par les uns, et il a la faculté d’intéresser et de rallier les autres. C’est sur une telle volonté de porter un engagement indépendantiste mobilisateur, clair et serein qu’Option nationale fonde son existence. »

vigile.net tribune libre 3 mars 2013