PKP, l’homme politique

28 mai 2014

Le retour rapide de Pierre Karl Péladeau à l’Assemblée nationale à la suite de son accident à vélo témoigne à mon sens d’une volonté claire de l’homme d’affaires de se consacrer entièrement à sa nouvelle carrière politique.

Dans une courte rencontre avec les médias, PKP n’a laissé aucun doute sur ses intentions d’accomplir avec conviction ses tâches de député de Saint-Jérôme et de porte-parole de l’opposition officielle en matière de Développement économique.

Quant à sa possible candidature à la course à la chefferie du Parti québécois, il ne fait aucun doute dans mon esprit que PKP incarnerait un vent de changement bénéfique au sein d’un parti usé par des années de pouvoir qui ont vu ses dirigeants, plus souvent qu’à leur tour, reléguer leur option fondamentale dans le placard.

Par ailleurs, on ne peut oublier le poing levé de PKP en faveur du pays du Québec au moment de l’annonce de sa candidature à titre de député de Saint-Jérôme. À cet effet, nul doute que sa participation à la course à l’investiture du PQ ne pourrait qu’apporter un vent de fraîcheur dans les débats.

Somme toute, Pierre Karl Péladeau, le bagarreur et le fonceur, par sa façon déterminée d’affronter les écueils laissés à la suite de son accident, vient marquer des points marquants quant à ses idées bien arrêtées de plonger avec conviction dans une carrière politique assumée… et c’est tant mieux pour la scène politique québécoise!

quebechebdo 28 mai 2014
vigile.net tribune libre 29 mai 2014

Contournera, contournera pas…

27 mai 2014

Cela fera bientôt un an que le train de la fatalité est venu faucher la vie de 47 personnes à Lac-Mégantic tout en laissant dans un deuil amer des centaines de parents et amis. Un train fou, poussé par un élan meurtrier, du haut d’une pente abrupte, s’est emballé de Nantes et a poursuivi sa descente vertigineuse et fatale sans que personne ne puisse l’arrêter.

Et, dix mois plus tard, le ministre Pierre Moreau est encore en train de tergiverser sur les motifs qui pourraient justifier la construction d’une voie de contournement, alléguant l’iniquité qu’une telle voie pourrait causer envers les 500 autres municipalités québécoises traversées par des voies ferrées…

Dans tout ce tohu-bohu de considérations malveillantes, la mairesse de Lac-Mégantic a fait valoir sa propre définition de l’équité: «Est-ce que le gouvernement du Québec peut nommer une autre ville où un accident ferroviaire a tué 47 personnes et détruit son centre-ville historique? Je réclame l’équité: que notre chemin de fer soit aussi sécuritaire que celui des autres».

À mon sens, le gouvernement Couillard fait preuve d’un mépris scandaleux envers les Méganticois qui ont droit à la même sécurité que les citoyens des autres villes qui ne sont pas confrontés aux dangers de l’inclinaison marquée d’une pente aussi abrupte que celle qui existe entre Nantes et Lac-Mégantic.

Monsieur Moreau, l’heure n’est plus aux viles tergiversations… Agissez et dégagez les fonds pour la construction d’une voie de contournement et soyez assuré que personne ne vous en tiendra rigueur!

quebechebdo 27 mai 2014
Le Journal de Québec 28 mai 2014 "Contourner Lac-Mégantic" (version abrégée)
Le journal Métro 29 mai 2014 "Agissez!" (version abrégée)

Le PQ est-il viable?

26 mai 2014

En août 1968, René Lévesque et Gilles Grégoire s'entendent sur la fusion prochaine du MSA et du Ralliement national en vue de créer un nouveau parti. Du 11 au 14 octobre 1968, 957 délégués représentant toutes les régions du Québec se rassemblent à l'Université Laval et au Petit Colisée de Québec pour fonder un nouveau parti politique.

Élu à la présidence, René Lévesque prononce un discours au terme de ces assises de fondation. Le président commente le choix du nom de Parti québécois, un beau nom, mais chargé d'une «écrasante responsabilité», qu'il faudra porter avec dignité et travailler à mériter.

«Pour moi, tout parti politique n’est au fond qu’un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. Mais les partis appelés à durer vieillissent généralement assez mal. Ils ont tendance à se transformer en églises laïques, hors desquelles point de salut, et peuvent se montrer franchement insupportables. À la longue, les idées se sclérosent, et c’est l’opportunisme politicien qui les remplace. Tout parti naissant devrait à mon avis inscrire dans ses statuts une clause prévoyant qu’il disparaîtra au bout d’un certain temps. Une génération? Guère davantage, ou sinon, peu importe les chirurgies plastiques qui prétendent lui refaire une beauté, ce ne sera plus un jour qu’une vieillerie encombrant le paysage politique et empêchant l’avenir de percer.» René Lévesque

En relisant cette réflexion venant de la part du fondateur du Parti québécois, on ne peut que demeurer perplexe sur la viabilité du parti qu’il a créé à la fin des années 1960, particulièrement à la suite de la déconfiture qu’il a subie le 7 avril dernier.

Et, qu’en est-il aujourd’hui de l'«écrasante responsabilité» liée au choix du nom de Parti québécois? Quarante-six ans plus tard, la question se pose : le PQ a-t-il réussi à «porter avec dignité» cette responsabilité et à travailler à la mériter?

Indépendamment de l’épisode historique du référendum de 1995 où les Québécois ont failli faire un pas vers leur autonomie, force est de constater que le PQ s’est laissé porter par les affres du pouvoir et la gestion d’un bon gouvernement provincial.

Devant la stratégie des dirigeants du PQ lors de la dernière campagne électorale qui se sont adonnés à toutes sortes de tergiversations pour reléguer dans le placard l’option fondamentale du parti, il y a lieu de s’interroger sur la viabilité du parti de René Lévesque.

En réalité, le Parti québécois est-il devenu «une vieillerie encombrant le paysage politique et empêchant l’avenir de percer?»…Où possède-t-il encore les éléments qui pourront lui permettre d’émerger de cette stagnation dévastatrice dans laquelle il s’est enlisé sous le poids des années? Des questions cruciales qui doivent animer les militants du PQ au moment où ils entament une réflexion sur l’avenir du parti…

quebechebdo 26 mai 2014

Le message en toute simplicité

25 mai 2014

Le succès retentissant que remporte Xavier Dolan à Cannes avec son film Mommy révèle à mon sens une des qualités essentielles du jeune prodige cinématographique québécois, à savoir l’art de porter à l’écran la qualité du message dans sa plus grande simplicité.

En effet, autant le cinéphile averti que l’amateur occasionnel sont assurés de ressortir nourris des scénarios de Dolan et du jeu exceptionnel des actrices et acteurs qui campent des personnages authentiques et imbus d’une crédibilité sans faille.

Et c’est tant mieux pour le cinéma qui souffre souvent de l’étalage de décors à grands déploiements au détriment de la qualité du texte. En ce sens, on doit donner raison à Xavier Dolan lorsqu’il évoque que sa plus grande préoccupation lorsqu’il aborde la création d’un film, c’est qu’il plaise aux spectateurs.

En recevant le Prix du jury pour son cinquième long métrage, un prix prestigieux remporté ex-aequo avec Jean-Luc Godard, 83 ans, pour Adieu au langage, Xavier Dolan, 25 ans, vient ériger le pont des générations à l’enseigne du cinéma de vérité. À cet effet, je laisse la parole au jeune prodige Québécois :

« Je reconnais le gouffre de temps qui nous sépare. Nos recherches respectives de liberté au cinéma se sont faites à des époques différentes. En son temps, il a tenté de réinventer le cinéma. J’aime avoir l’impression que le cinéma prend un virage et que j’y participe. Le cinéma s’exprime à travers toutes les générations. Je viens du Québec. Toute mon enfance j’ai entendu : “Redescends sur terre ! Pour qui tu te prends ?” Je venais d’un endroit plutôt grand où les gens rêvaient petit. Les gens de ma génération ont une plus grande propension à rêver. »

Mission accomplie, M. Dolan, vous méritez amplement les lettres de noblesse dont vous bénéficiez actuellement sur le tapis rouge !

vigile.net tribune libre 25 mai 2014
quebechebdo 24 mai 2014 (version abrégée)

Eugénie rebondit

25 mai 2014

Battue en demi-finale des Internationaux d’Australie récemment, la Québécoise Eugénie Bouchard a rebondi de façon exceptionnelle en remportant la finale de la Coupe de Nuremberg contre la Tchèque Karolina Pliskova 6-2, 4-6 et 6-3, un premier titre en carrière sur le circuit de la WTA.

Nul doute que cette victoire de la Québécoise lui donnera la confiance nécessaire pour affronter les meilleures joueuses de tennis au monde pour la prochaine étape à Roland-Garros.

Eugénie Bouchard, 20 ans seulement, une fierté qui rejaillit sur l’ensemble de l’organisation du tennis québécois et qui insuffle un vent de détermination auprès des milliers de jeunes Québécois qui persévèrent dans la pratique de ce sport.

quebechebdo 25 mai 2014

Tableaux interactifs cherchent utilisateurs

23 mai 2014

En 2011, le gouvernement Charest procédait à l’achat de 40 000 tableaux blancs électroniques (TBI) estimés à 2800$ l’unité. Or, selon une étude confidentielle menée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, datée de novembre 2013, des lacunes importantes dans la planification du programme ressurgissent de plus en plus.

Et, parmi celles-ci, les coûts élevés reliés à la formation adéquate des enseignants qui sont soumis à l’utilisation des TBI. Conséquence… Dans plusieurs écoles, les tableaux sont restés dans une boîte, faute de personnel pour former les enseignants au fonctionnement des tableaux interactifs.

Quant aux principaux intéressés, à savoir les enseignants, ils déplorent à juste titre que ce projet est «sorti de nulle part», personne n’ayant réclamé ces tableaux dans le réseau de l’éducation. Si vous ajoutez à cette aberration l’engagement de personnel de soutien au moment où le gouvernement se prépare à imposer des compressions budgétaires, vous obtenez la recette idéale d’un manque de planification scandaleux de la part de nos politiciens.

Une patate chaude, héritée de son ancien patron Jean Charest, entre les mains du ministre Bolduc qui s’apprête à réclamer des efforts dans la réduction des dépenses des commissions scolaires…

quebechebdo 23 mai 2014
vigile.net tribune libre 23 mai 2014

Le dilemme gauche-droite

22 mai 2014

L’arrivée de l’homme d’affaires Pierre-Karl Péladeau sur la scène politique québécoise alliée à la cuisante défaite du PQ lors du scrutin du 7 avril suscite un débat qui remet en question l’option sociale-démocrate au profit d’un certain virage à droite axé sur le milieu des affaires.

À titre d’exemple, j’apporte à votre attention cet extrait de l’article de François St-Louis paru sur la tribune libre de Vigile en date du 21 mai sous le titre « Le PQ et le Bloc font la cour à la gauche » :

« Enfin, troisièmement, le Parti Québécois a cette fâcheuse habitude de vouloir toujours faire la cour à la gauche québécoise, tout en négligeant le reste de l’électorat, qui se situe majoritairement plus au centre et à droite, comme l’attestent les résultats du scrutin du 7 avril. Les Jean-François Lisée, Réjean Hébert et autres, viennent nous dire que le Parti québécois est, et sera toujours un parti social- démocrate. Décidément, ou bien ces gens n’ont rien, mais vraiment rien compris, ou bien ils ont comme objectif commun d’empêcher l’accession de Pierre- Karl Péladeau à la chefferie du PQ. »

Bien que conscient que le PQ doive courtiser davantage le centre et la droite de l’électorat québécois, particulièrement depuis que PKP a rallié ses rangs, il n’en demeure pas moins que sa base sociale-démocrate incarne encore la pierre d’assise de sa création.

Quoique sensible aux arguments des promoteurs de la droite, je lance un appel à la prudence aux partisans de la candidature de PKP à la chefferie du PQ. Une radicalisation du discours de droite pourrait facilement bifurquer de la gauche traditionnelle dédiée au PQ depuis le début de son existence, un écueil qui risque de faire fuir une masse importante de partisans de la sociale-démocratie.

En termes clairs, à force de vouloir sauver la chèvre et le chou, le PQ risque de se retrouver dans un état de flottement idéologique néfaste s’il ne réussit pas à conserver sa base tout en courtisant une clientèle à laquelle il n’est pas habitué.

vigile.net tribune libre 22 mai 2014
quebechebdo 23 mai 2014 (version abrégée)

Se plaindre le ventre plein

22 mai 2014

Selon les statistiques que j’ai pu obtenir sur Internet, le salaire moyen d’un médecin spécialiste en 2010-2011 atteignait plus de 400 000$ annuellement, fruit d’une entente signée avec le gouvernement en 2006.

Aujourd’hui, le nouveau ministre de la Santé Gaétan Barrette et ex-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec leur propose d’étaler la hausse de leur rémunération jusqu’en 2028-2029, modulant de la sorte l’entente de 2006.

Toujours selon cette entente, les médecins devraient recevoir 540 millions en augmentation en 2014-2015, un montant qui accaparerait plus de la moitié des hausses de budget prévues au ministère de la Santé et des Services sociaux, une situation qui occasionnerait une réduction de services selon l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux.

Face à un tel portrait, la levée de boucliers des médecins spécialistes relativement à l’étalement proposé par Gaétan Barrette ne soulève aucune sympathie de ma part, compte tenu de leurs conditions salariales «plus que raisonnables»!

quebechebdo 22 mai 2014

Rapport Ménard: un pétard mouillé?

21 mai 2014

Je déplore vertement la façon cavalière avec laquelle le gouvernement Couillard, en particulier la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault, ont accueilli le rapport Ménard. Une réaction déplorable qui démontre sans équivoque une mauvaise foi inacceptable pour quiconque prend à cœur la sécurité publique.

En effet, ce rapport, quoiqu’il puisse souffrir de quelques lacunes, présente, à mon sens, une panoplie de recommandations honnêtes que les divers intervenants autant politiques, policiers qu’étudiants auraient avantage tout au moins à consulter pour éviter les écarts de conduite auxquels les Québécois ont eu à faire face au cours des événements malheureux ayant marqué le printemps érable.

Au premier chef, je ne peux que condamner la façon méprisable avec laquelle le gouvernement Charest a agi tout au cours des péripéties ayant entouré l’évolution d’une situation tendue qu’il a lui-même provoquée par son refus systématique d’entamer des discussions sérieuses avec le dirigeants des mouvements étudiants…Une démarche tout simplement scandaleuse à l’image de la petite politique à laquelle nous a habitués le gouvernement Charest tout au cours de ses neuf années de pouvoir.

En conséquence, par-delà la frustration légitime de Serge Ménard devant l’accueil méprisable de Lise Thériault face au rapport de la commission qu’il présidait, je suis d’avis que les intervenants auraient avantage à lire à fond les recommandations qui s’y trouvent…à défaut de quoi la petite partisannerie viendra saper à la base les intentions louables des commissaires.

quebechebdo 21 mai 2014

Bureau-Blouin sort de sa tanière

20 mai 2014

Réputé pour un ex-leader étudiant et un ex-politicien plutôt réservé, Léo Bureau-Blouin, à la suite de la déconfiture du PQ du 7 avril, s’est livré à un exercice de défoulement dans son analyse des faits qui ont conduit à cette défaite qui a fait aussi mal qu’un «coup de batte de baseball».

Toutefois, au-delà du post-mortem de cette défaite péquiste, l’ex-député de 22 ans de Laval-des-Rapides s’en prend énergiquement à la ligne de parti, alléguant qu’il «faut passer dans un monde politique où on tolère la dissidence, même l’encourager, c’est ça, la démocratie…Une dissidence, ça veut dire la mort en politique, et si on veut que nos politiciens adoptent des comportements différents, va falloir changer cette façon de faire».

Un argumentaire musclé de la part d’un jeune modéré qui écorche au passage un des irritants les plus polluants de la vie politique, à savoir la sacrosainte ligne de parti qui vient contrecarrer toute forme de désaccord pourtant indispensable à l’expression démocratique dans un sain et véritable débat public.

Et, si l’on désire attirer l’intérêt de la jeune génération aux débats de société, on devra lui donner le droit de parole… Après tout, ne dit-on pas que c’est dans le choc des idées que jaillit la lumière?

quebechebdo 20 mai 2014
vigile.net tribune libre 20 mai 2014
cyberpresse.ca 23 mai 2014