Angélil, un homme attaché à ses racines

15 janvier 2016

De tous les reportages que j’ai pu voir sur le décès de René Angélil traitant notamment de ses qualités professionnelles et humaines, j’ai retenu son sentiment d’appartenance à ses racines québécoises. Ainsi en est-il des nombreux retours du couple au Québec qui se faisait non seulement un devoir mais aussi un plaisir de réaliser régulièrement malgré ses nombreuses occupations ailleurs sur la planète.

Comme on pourrait dire dans le monde artistique, la gloire ne lui est jamais montée à la tête. À preuve, cet engouement pour les repas qu’il ne manquait jamais chez Pat Rétro lors de son passage à Québec de même que sa prédilection pour le Capitole dont le directeur Jean Pilote nous raconte qu’un soir, après le spectacle qu’avait donné Céline, le couple était descendu de sa chambre, vêtu du peignoir du Capitole, pour le rejoindre à la salle à manger pour manger un dessert.

Même si René Angélil incarnait un personnage plus grand que nature qui a œuvré sur la scène internationale, il aura laissé dans la mémoire collective des Québécois l’image d’un grand Québécois…et pour cela, nous ne pouvons que lui rendre un hommage singulier et sincère.

quebechebdo 15 janvier 2016
 

Retombées dégradantes de l’omerta sur le COC

14 janvier 2016

Les dernières révélations de l’enquête indépendante de l’avocate Christine Thomlinson viennent confirmer de façon brutale l’omnipuissance de l’ex-président du Comité olympique canadien (COC), Marcel Aubut. Des révélations percutantes qui viennent attester que les « préoccupations sur le comportement » de Marcel Aubut étaient déjà consignées dans les dossiers des ressources humaines du COC depuis 2008.

Sept ans d’omerta qui représentent à quel point maître Aubut pouvait détenir une influence déterminante sur une majorité d’employés qui admettent avoir été victimes ou témoins de harcèlement sexuel de sa part, et tout cela, au vu et au su de hauts dirigeants du comité olympique, et malgré une lettre de remontrances transmise par des représentants du COC à Marcel Aubut en 2011.

Aujourd’hui, le COC fait son mea culpa tout en s’engageant dans une réforme en profondeur. Grand bien lui fasse! Néanmoins, il faudra laisser passer le temps avant que le blason du Canada dans le monde olympique ne puisse retrouver ses lettres de noblesse et que les retombées dégradantes de l’omerta sur le COC ne soient reléguées dans le placard. 

quebechebdo 14 janvier 2016 

Les démunis pris en otages

14 janvier 2016

Brandissant le sacrosaint équilibre budgétaire, le gouvernement Couillard continue de frapper sur les plus démunis de la société. Cette fois-ci, il jette son dévolu sur le centre de désintoxication Mélaric de Saint-André-d’Argenteuil, le seul centre voué à cette clientèle dans l’Outaouais, qui se doit de fermer ses portes, après 32 ans de service, à quelque 75 clients alcooliques et toxicomanes, faute de revenus suffisants.

Il y a quelque chose de révoltant dans les coupures aux services à cette clientèle quand on les compare aux augmentations substantielles accordées aux médecins dans leur dernière entente avec le ministre Barrette. Une situation scandaleuse qui prouve à quel point ces démunis sont pris en otages par un système pernicieux qui témoigne d’un mépris outrancier envers ce type de clientèle.

Si c’est là le reflet de notre société « moderne », il serait primordial que nos politiciens rétablissent l’équité sociale en se mettant au diapason de l’ « ensemble » de cette société et en rétablissant la justice élémentaire envers « tous » les citoyens qu’ils sont censés représenter… À plus forte raison envers ceux et celles pour qui la survie de ces centres incarne leur seule porte de salut.

quebechebdo 14 janvier 2016 

Le carrousel des ministres de l’Éducation

13 janvier 2016

Depuis la création du ministère de l’Éducation en 1964, soit une période de quelque 50 ans, pas moins de 28 ministres s’y sont succédé pour une moyenne d’un peu moins de 2 ans par mandat. Une statistique qui laisse pour le moins perplexe quant à la continuité des démarches entreprises par les prédécesseurs de ceux qui ont suivi.

Il ne faut donc pas s’étonner que notre système d’éducation ait dû franchir de nombreux méandres, voire des avenues inconnues qui ont déstabilisé le personnel des écoles qui devait à chaque nouveau ministre se remettre à jour pour survivre. Et, conséquences non-négligeables, les répercussions de ces changements successifs dans les programmes et les approches pédagogiques ont eu l’heur de perturber les acquisitions de connaissances des élèves.

Aujourd’hui, bien que le 28ième  ministre de l’Éducation soit issu du monde de l’enseignement, François Blais s’affaire à tergiverser dans les méandres des commissions scolaires et demeure plutôt coi sur les services aux élèves, si l’on exclut les occasions où il annonce des coupures dans ces services. Rien de très réjouissant pour l’avenir de nos jeunes pris en otages par le sacrosaint équilibre budgétaire géré par des héritiers de la finance. De toute façon, la chaise musicale ministérielle devrait se mettre en marche bientôt…et, qui sait, peut-être qu’un autre ministre suivra!

quebechebdo 13 janvier 2016
Le Journal de Québec 18 janvier 2016
 

François sur les traces de Jean XXIII

12 janvier 2016

En ouvrant Vatican II, Jean XXIII déclarait que l’Église « préfère recourir au remède de la miséricorde plutôt que d’empoigner les armes de la rigueur ». Évoquant le cinquantenaire de la conclusion de Vatican II, François, dans son livre d’entretiens avec le vaticaniste italien Andrea Tornielli, précise que « l’Église ressent le besoin de garder vivant cet événement » dont un des messages essentiels était « qu’il fallait parler de Dieu aux hommes de [ce] temps de façon plus compréhensible ».

À observer le pontificat de François, il est frappant de constater les similitudes avec Jean XXIII, un pont qui s’érige en droite ligne avec la mise en lumière d’un Dieu miséricordieux incarné dans ces deux hommes empreints d’une humilité et d’une chaleur humaine sans bornes. À l’exemple de Jean XXIII qui a redonné l’Église aux croyants en leur permettant d’assister aux offices religieux dans leur langue et de retourner le célébrant face à eux, François, dans son livre Le nom de Dieu est miséricorde, dresse un    plaidoyer pour une Église humble, à l’écoute, souriante et forte de sa vérité miséricordieuse.

François, aujourd’hui, comme Jean XXIII lors du concile Vatican II, prône une Église tournée vers un esprit d’ « hôpital de campagne », une « Église qui réchauffe le coeur des gens, par son attention et sa proximité » et invite les fidèles et les ministres à sortir des églises afin d’aller « chercher les gens là où ils vivent, où ils souffrent, où ils espèrent »… Un message qui sied parfaitement aux convictions que Jean XXIII entretenait envers une Église qu’il a toujours souhaitée accueillante et humaine.

quebechebdo 12 janvier 2016

À tout seigneur, tout honneur

12 janvier 2016

Une tradition vieille de 30 ans, à savoir un permis obligatoire pour les guides touristiques, risque d’être abolie par les autorités de la Ville de Québec qui allèguent que seules trois villes canadiennes imposent cette obligation, Montréal, Niagara et Québec. À Québec, plus de 180 guides touristiques sont membres de l’Association des guides touristiques.

À mon point de vue, il faudrait éviter de faire de ce dossier une guéguerre de clocher qui aurait pour effet de nuire considérablement à l’image de la Capitale nationale, inscrite par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial en 1985 à titre de berceau de la civilisation française en Amérique.

Conséquemment, je suis d’avis qu’une telle reconnaissance doit être accompagnée de guides touristiques bien formés si les autorités de la Ville ne veulent pas tomber dans une forme de laxisme pernicieux qui aurait pour effet de nuire considérablement au cachet historique prestigieux que viennent retirer les touristes de leur visite à Québec qui a acquis depuis longtemps ses lettres de noblesse…À tout seigneur, tout honneur!

quebechebdo 12 janvier 2016
Le Journal de Québec 16 janvier 2016
 

De l’autonomisme de la CAQ

11 janvier 2016

À mon sens, il m’apparaît clair que la CAQ de François Legault tente par tous les moyens de se positionner sur l’échiquier politique québécois, tiraillée des deux côtés entre les souverainistes et les fédéralistes.

Eh bien, il semble, aux yeux du chef tout au moins, que la CAQ ait trouvé son créneau, à savoir de nicher dans la sphère autonomiste [inspirée sans doute de la défunte ADQ dont elle est issue en grande partie].

Or, malgré le fait qu’une telle position peut contribuer à gruger des votes du côté des fédéralistes et des souverainistes « mous », la véritable question repose sur les pouvoirs supplémentaires que la stratégie autonomiste peut rapporter au Québec. En termes clairs, en quoi un parti autonomiste provincial peut-il aspirer à obtenir davantage de pouvoirs pour le  Québec de la part d’un PLQ libéral fédéral dirigé par Justin Trudeau dont le père s’est toujours érigé comme le grand défenseur d’un fédéralisme centralisateur?

Soyons clairs, la position mi-chair mi-poisson de François Legault revêt tous les aspects d’une stratégie opportuniste et partisane qui essaie de s’accaparer de la chèvre et du chou, une démarche qui risque de le conduire tout droit dans une valse hésitation obscurantiste  difficile, voire impossible, à manœuvrer efficacement.

En terminant, je vous invite à lire la chronique de Gilles Proulx du 13 novembre 2015 sous le titre « La CAQ a de l’avenir » dont voici un extrait :

« Il n’y a pas de souverainistes chez les libéraux et pas de fédéralistes chez les péquistes; or, il y a beaucoup d’autonomistes, même dans ces deux partis.

L’autonomisme, ça ratisse large. Si un seul parti s’en fait le véhicule, la CAQ, c’est lui qui exprimera les aspirations de la majorité… ce qui va finir par paraître dans les urnes. »

Oui, M.Proulx, « l’autonomisme, ça ratisse large »…tellement large qu’on peut se demander si nous n’avons pas affaire à un mirage idéologique!

vigile.net tribune libre 11 janvier 2016
quebechebdo 11 janvier 2016 (version abrégée)
Le Journal de Québec 12 janvier 2016 (version abrégée)

http://www.journaldemontreal.com/2015/11/13/la-caq-a-de-lavenir

Le passé garant de l’avenir

10 janvier 2016

Comme le rappelle fort à propos J.-Jacques Samson dans son article paru dans Le journal de Québec du 9 janvier sous le titre 1976-2016, 2016 marquera le 40ième anniversaire de la première prise du pouvoir du Parti québécois sous la gouverne de René Lévesque. « Son gouvernement allait enclencher une deuxième Révolution tranquille, avant sa déchirante défaite référendaire de 1980. »

Partant de cet anniversaire, M. Samson voit dans cet événement l’occasion pour le PQ de PKP de revigorer les forces souverainistes : « Si 2016 sera l’année du grand rêve maintenant évanoui pour nombre de souverainistes d’alors, le battage qui entourera l’élection historique de 1976 servira bien Pierre Karl Péladeau dans ses tentatives de le faire revivre. »

Toutefois, même si les années 2016 et 2017 [année de la commémoration de la loi 101] « seront déterminantes pour une remontée du PQ dans la faveur populaire ou sa marginalisation progressive », je suis d’avis que les souvenirs évoqués par des années fastueuses pour le PQ ne seront pas suffisants pour contribuer à eux seuls à une telle « remontée du PQ ».

Les natifs de 1976 ont maintenant 40 ans et ceux qui ont suivi n’ont pratiquement pas connu la fin des années ’70 et le début des années ’80. Conséquemment, j’acquiesce à l’argumentaire de M. Samson tout en y ajoutant le volet « avenir d’un Québec indépendant ». Alors peut-être pourrons-nous faire nôtre le proverbe qui dit que « le passé est garant de l’avenir ».

quebechebdo 10 janvier 2016
 

LNH: une odeur d’expansion?

9 janvier 2016

C’est bien connu, à chaque fois que le terme « expansion » émane de la bouche des dirigeants de la LNH, les amateurs de hockey de la capitale nationale reprennent aussitôt vie. Un souffle d’espoir réservé envahit alors les corridors du Centre Vidéotron de la part des promoteurs du projet du retour des Nordiques pour qui la patience est devenue la meilleure conseillère.

Cette fois-ci, même si le commissaire Gary Bettman n’a pas encore ouvert la porte à une éventuelle expansion, des rumeurs de plus en plus fondées voudraient qu’une décision soit prise par les gouverneurs de la LNH au plus tard après les séries éliminatoires de juin 2016 si la LNH veut amorcer la saison 2017-2018 avec une ou deux nouvelles concessions dans ses rangs.

Personne ne le niera, Québec est une ville de hockey, les amateurs ont encore le logo des Nordiques tatoué au cœur. Il ne reste plus que le petit coup de pouce nécessaire pour transformer le rêve en réalité…Mon petit doigt me dit que les organisateurs du projet  sont sur le point d’aboutir…et je pense qu’il ne se trompe pas!

quebechebdo 9 janvier 2016

Je suis Charlie

8 janvier 2016

À la suite des attentats meurtriers à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, un slogan est spontanément apparu sur toutes les lèvres : Je suis Charlie, un cri du cœur en faveur de la liberté d’expression.

Un an plus tard, qu’est-il advenu de ce slogan? À la manière d’un « remède » dont l’effet suit le temps qui passe,  Je suis Charlie s’est progressivement dilué dans la mer de l’indifférence, tel le rappel d’un incident plus ou moins anodin qui avait pourtant ébranlé la France dans ce qu’elle défend de plus précieux, à savoir la liberté d’expression.

Il aura fallu une cérémonie de commémoration et un dessin d’un dieu ensanglanté à la une du numéro anniversaire où on peut lire L’assassin court toujours pour faire revivre, le temps d’une journée, les écueils déchirants de l’attentat du 7 janvier 2015.

Or, depuis la montée de l’islamisme, ce qui semblait une évidence ne l’est plus.  D’ailleurs, la censure opère déjà. Et pas seulement en France. À ce propos, dans le dernier Bye-Bye, avons-nous assisté à la moindre ironie à l’égard des terroristes de Paris, du groupe armé État islamique ou de l’islamiste Adil Charkaoui ? Oubli ou censure?

quebechebdo 8 janvier 2016
Le Journal de Québec 10 janvier 2016 "Censure sur la libre expression"