L’acte de contrition de l’Ontario

24 février 2016

À mes yeux, les excuses du gouvernement ontarien de Kathleen Wynne aux Franco-Ontariens pour les torts causés par le Règlement 17 de 1912 qui a privé plusieurs générations de francophones de cette province de scolarisation dans leur langue ne demeureront que des paroles vides tant et aussi longtemps qu’elles ne seront pas appuyées par des gestes de réparation concrets.

En effet, ce serait trop facile de demander pardon et de s’en tirer sans coup férir plus d’un siècle après l’ignominie subite par les Franco-Ontariens dans un pays qui se targue de respecter les minorités. La contrition a ses limites. L’heure est maintenant arrivée, Mme Wynne, de passer de la parole aux actes.

Et le premier geste de réparation serait de doter enfin les Franco-Ontariens d’une université française. Après tout, les Anglo-Québécois disposent, non pas d’une, mais de trois universités sur le territoire du Québec… Votre demande de pardon a été entendue, place maintenant aux actes concrets pour le plus grand respect des minorités franco-ontariennes !

quebechebdo 24 février 2016

Claude Castonguay attaque

23 février 2016

Ce n’est pas la première fois que Claude Castonguay, le père de l’assurance-maladie au Québec, s’attaque au système de santé actuel du Québec. Cette fois-ci, l’ex-ministre de la Santé vise la rémunération à l’acte des médecins qu’il décrit comme une source de problèmes dans l’organisation des soins professionnels de notre système de santé et un obstacle à l’interdisciplinarité.

Et, comme si ce n’était pas suffisant, M. Castonguay va encore plus loin en déclarant que le ministre de la santé ne devrait pas être un médecin, alléguant que celui-ci se butera à ériger le système selon sa propre pratique, voire même à conserver les acquis qui lui sont profitables. Et, qui plus est, le médecin spécialiste de formation et premier ministre Couillard passe aussi dans le tordeur pour les mêmes raisons.

Des assertions sévères que Claude Castonguay attribue au fait que les médecins gestionnaires ne jouissent pas d’une formation adéquate et /ou des talents d’administrateurs requis. À ses yeux, les médecins sont plutôt formés à une approche individuelle qui les empêche de développer cette nécessaire vision d’ensemble leur permettant de mettre efficacement en réseau les ressources dont disposent nos centres de santé.

À mon sens, Claude Castonguay est un homme pondéré, muni d’un jugement sensé et d’une expertise indéniable dans le système de santé du Québec. Conséquemment, je suis d’avis que ses réflexions doivent faire partie du débat sur notre système de santé qui ne peut pas se permettre de reléguer cavalièrement dans le placard les commentaires du père de l’assurance-maladie au Québec.

quebechebdo 23 février 2016

CH: que sont devenus nos héros du Québec?

22 février 2016

Elle est bien loin l’époque où le Canadien de Montréal fourmillait de joueurs originaires du Québec. Peu à peu, ils ont disparu de l’équipe pour faire place à la vague européenne, à tel point que, le 17 février 2016, lors d’un match contre l’Avalanche du Colorado, aucun joueur du CH n’était de langue maternelle française. Une histoire qui ne paraîtra sûrement pas dans les exploits de la haute direction du Tricolore !

Et pourtant, à l’époque des « flying frenchmen », les coupes Stanley se sont succédées au fil des ans grâce surtout aux dirigeants du CH qui priorisaient les talents des joueurs locaux lors des repêchages annuels. Ainsi, de Georges Vézina à Patrick Roy en passant par Jacques Plante, d’Aurèle Joliat à Guy Lafleur via Maurice Richard et Jean Béliveau, le Bleu Blanc Rouge emplissait les gradins de tous les arénas de la LNH.

C’était la belle époque, vous allez me dire, mais paraît-il que les temps ont changé et que les aspirantes vedettes du Québec sont rares. Encore faudrait-il que les dépisteurs sillonnent les arénas québécois, un phénomène qui tend de plus en plus à disparaître. L’Europe est devenue le centre d’attraction des futures vedettes de la LNH, y compris du Tricolore.

Les années légendaires du CH ont reposé sur les épaules de canadiens français qui avaient « le cœur à la bonne place » et le tatouage de la sainte flanelle au cœur…Aux dirigeants de revoir leur stratégie et de dépister des joueurs de hockey de talent dans les rangs juniors d’ici pour rallumer la flamme du Canadien de Montréal !

quebechebdo 22 février 2016
Le Journal de Québec 25 février 2016
vigile.net tribune libre 26 février 2016  

Dans les méandres du consentement

22 février 2016

Les nuances concernant la notion de « consentement » dans le témoignage d’une victime d’agressions sexuelles à l’adolescence lors de l’émission 24/60 soulèvent, à mes yeux, des interrogations fort pertinentes sur les événements circonstanciels entourant souvent ces agressions.

Et parmi ces événements, nul doute que la notion d’abus d’autorité incarne ce qu’il y a de plus malicieux dans l’approche des pédophiles. À titre d’exemple, le jeune joueur de hockey qui désire vivement faire partie de l’équipe de l’école et qui se fait approcher tout en douceur par l’instructeur de l’équipe.

Et comme le jeune n’a peut-être pas tout le talent nécessaire pour être choisi sur l’équipe, les premiers contacts de l’instructeur deviennent vite dans la tête du jeune la voie à suivre pour atteindre son rêve. Dans ces circonstances, peut-on parler de « libre consentement » ou de simulacre de consentement lié à une condition non-exprimée mais combien réelle ?

Les pédophiles connaissent tous les rouages de leur perfidie et leurs pièges visent essentiellement les intérêts des jeunes qui se sentent vite entrainés dans les méandres d’un consentement qui laissent plus tard des traces profondes de traumatisme difficilement guérissables complètement…Aux parents de demeurer vigilants face à ces situations en incitant leurs jeunes aux bienfaits de l’ouverture et de la nécessaire communication entre eux !

vigile.net tribune libre 22 février 2016

Adolescentes disparues, la liste s’allonge…

21 février 2016

Depuis les fugues inquiétantes du Centre jeunesse de Laval, il se passe rarement une journée sans que les médias nous informent de la disparition d’une adolescente du foyer familial. Une liste qui s’allonge au fil des jours et qui nous laisse perplexes sur le phénomène qui entoure ces fugues.

Plusieurs interrogations demeurent sans réponse. Toutefois, une seule devrait primer à mon sens : Pourquoi ces jeunes filles quittent-elles le foyer familial, souvent sans motif apparent aux yeux des parents ? Que vont-elles chercher ailleurs ?

Sans vouloir jeter le discrédit aux parents qui, souvent, sont désemparés devant la fugue de leur adolescente, je suis d’avis que la communication entre les parents et leur fille demeure toujours la pierre d’assise essentielle pour tenter d’éviter toute tentative de fugue de leur part.

Toutefois, notre monde moderne s’est enfermé dans le vase clos de la technologie de pointe à tel point que nous n’arrivons plus à communiquer avec nos jeunes, envoûtés par des appareils électroniques qui se sont vite imposés comme le modèle servile de la chaîne de communication…Un défi énorme auquel sont confrontés les parents, mais un défi auquel ils doivent s’attaquer avec acharnement, à défaut de quoi la liste des fugueuses risque de s’allonger indéfiniment !

quebechebdo 21 février 2016 
Le Journal de Québec 22 février 2016

Pourquoi pas le prix Ciné-Québec?

19 février 2016

Avec l’annonce de la disparition des prix Jutra, les organisateurs de la soirée du cinéma québécois vont devoir trouver une autre appellation pour les prix qui seront remis pour récompenser les nouveaux films des cinéastes québécois.

Je présume que les suggestions tourneront autour de cinéastes québécois reconnus pour la grandeur de leur œuvre. Par contre, pour éviter qu’un autre scandale ne ressorte des placards du nom de la personne retenue, pourquoi ne pas opter tout simplement pour le prix Ciné-Québec ? Quant à la statuette représentant ce prix, je fais confiance à nos sculpteurs québécois qui arriveront sûrement à fabriquer une statuette digne de leur talent.

quebechebdo 19 février 2016
Le Journal de Québec 20 février 2016
 

CH: le leadership de Therrien?

19 février 2016

Un sondage réalisé pour TVA Sports par Léger révèle, entre autres, que seulement 12 % des répondants estiment que l’entraîneur-chef Michel Therrien est à blâmer pour la situation précaire du club et 46 % des sondés le voient apte à redresser la barre grâce à son leadership.

Les Québécois attribuent principalement les déboires du Tricolore aux contre-performances des meilleurs éléments du club, mais aussi à l’absence du gardien vedette Carey Price, à l’écart du jeu depuis ­novembre à cause d’une blessure au bas du corps. Abstraction faite de l’absence prolongée de Price qui contribue certes aux déboires du Tricolore, je serais porté à penser que le « leadership » de Therrien souffre pour le moins de « punch ».

En effet, l’un des premiers rôles d’un entraineur n’est-t-il pas de motiver ses joueurs, particulièrement lorsque l’on voit ses supposées vedettes se trainer les pieds sur la patinoire ? Alors, pourquoi Michel Therrien n’arrive-t-il pas à trouver les moyens de « leur brasser la cage » ?

Jusqu’à maintenant, le directeur général Marc Bergevin réitère toute sa confiance à son entraineur. Reste à savoir si son idée ne changera pas une fois la saison terminée…une histoire à suivre !

quebechebdo 19 février 2016

Jutra, l’homme et le cinéaste

18 février 2016

À la suite des révélations parues dans la biographie de Claude Jutra et plus particulièrement du témoignage percutant d’une victime d’agressions sexuelles commises alors qu’il n’avait que 6 ans, les commentaires de toutes sortes ont déferlé sur les réseaux sociaux à la vitesse de l’éclair.

Des commentaires parfois hargneux parfois nuancés, un phénomène qui s’explique, à mes yeux, par le fait qu’il devient difficile, voire même périlleux, de dissocier l’homme du cinéaste. En effet, face à la gravité des gestes de pédophile posés par Claude Jutra, l’homme, comment ne pas y associer la carrière phénoménale du cinéaste et ses retombées sur le cinéma québécois ?

Pourtant, il faudra bien qu’on y parvienne si l’on désire continuer de rendre justice au talent du cinéaste tout en condamnant avec véhémence les gestes qu’il a posés en tant que pédophile, un crime odieux contre lequel notre société n’accorde pas de pardon.

Enfin, pour ce qui est de la « soirée des Jutra » qui doit se tenir en mars, je suis d’avis que les organisateurs devraient la décaler de quelques mois, le temps de « laisser tomber la poussière » sur cette triste affaire et surtout de permettre aux lauréats de recevoir les honneurs qu’ils méritent dans le climat festif voué à une soirée qui doit souligner leur contribution au cinéma québécois…Comme diraient nos voisins du sud, « the show must go on ! »

quebechebdo 18 février 2016
vigile.net tribune libre 18 février 2016

Rapport Gagné: avancée ou recul?

17 février 2016

Suite à la présentation du rapport Gagné, la bisbille est prise dans la cabane entre la Fédération des producteurs acéricoles du Québec et le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis.

Aux yeux de Florent Gagné, l'industrie québécoise du sirop d'érable évolue dans un marché d'exportation, ce qui rend insoutenable la poursuite de la gestion par quota. « Ça m'apparait difficile de concevoir dans une course internationale que nous nous donnons des contraintes que les autres joueurs n'ont pas. On a le pied sur le frein, je propose qu'on déménage notre pied sur l'autre pédale ».

Du côté des producteurs acéricoles, on évoque avec amertume les années ’90 où le libre marché était établi en système, tel qu’exprimé en ces termes par Jonathan Blais, producteur acéricole : « « Je l'ai connu, le libre marché, les montagnes russes de misère et mon père, c'était un Québécois comme mes amis ici, et il s'est tenu debout. Il a mis le poing sur la table et il a dit : "Assez, c'est assez! Ce n'est pas cet avenir-là que je veux te donner" »

Toutefois, une nouvelle donnée est apparue dans le décor depuis ces années-là, à savoir le libre marché américain qui voit nos voisins du sud gruger de plus en plus dans le marché du Québec. De plus, quoique critiqué par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, le rapport Gagné n’a pas que des ennemis, certains producteurs voyant des avantages à la dérèglementation des quotas pour favoriser la libre concurrence.

Somme toute, je suis d’avis qu’il ne faut pas rejeter du revers de la main le rapport Gagné, mais qu’il faudrait plutôt que tous les intervenants se mettent à la table pour trouver un terrain d’entente. 

quebechebdo 17 février 2016

Décrochage scolaire: interpeller les parents

15 février 2016

Le décrochage scolaire coûterait plus de 1,9 milliard $ chaque année aux contribuables québécois, une facture salée présentée par les intervenants qui participent aux Journées de la persévérance scolaire au Québec, du 15 au 19 février. Une estimation pour le moins inquiétante qui se traduit dans les coûts reliés au chômage, à l’aide sociale et à la délinquance.

Toutefois, certaines statistiques laissent entrevoir une amélioration notable au chapitre du taux de diplomation qui a maintenant atteint 77,7 %, ce qui est de bon augure pour l’objectif de 80 % d’ici 2020. Et, parmi les moyens préconisés par les intervenants en milieu scolaire pour lutter contre le décrochage, on note un appel à la communauté toute entière pour sensibiliser les décrocheurs potentiels à l’importance du sens de l’effort et de la persévérance, aux risques liés au décrochage scolaire et aux avantages inhérents à l’obtention d'un diplôme.

L’éducation demeure, à mes yeux, la pierre angulaire d’une société saine qui peut regarder l’avenir avec optimisme. Et, quoique certains progrès au chapitre de l’abandon scolaire soient manifestes, l’implication des parents demeure encore l’atout privilégié pour pallier la tentation de leur jeune d’abandonner l’école. Les parents doivent agir comme catalyseurs auprès de leur adolescent en demeurant en contact permanent avec lui, à défaut de quoi ils risquent de contribuer à un fiasco qui peut aboutir à un point de non-retour dramatique.

quebechebdo 15 février 2016
vigile.net tribune libre 15 février 2016