Terrorisme solitaire et imprévisibilité

10 juin 2021

Le drame horrible qui a décimé quatre personnes d’une famille musulmane  à London en Ontario aurait-il pu être prévisible? Le chauffard fou qui a procédé à cette hécatombe a-t-il montré quelque signe qui aurait pu attirer les soupçons sur lui? Les autorités policières ont -ils les moyens de s’assurer qu’en telle tuerie ne se reproduira « plus jamais » comme certains le manifestaient lors de la veillée en l’honneur des personnes décédées dans une situation dramatique?

Sans me camper dans une position pessimiste, force est de constater que je ferais preuve d’angélisme si je répondais par l’affirmative à l’une de ces questions. Dans le cas qui nous concerne, l’assassin a probablement été sous l’influence des réseaux sociaux qui foisonnent de commentaires anti-islamistes jusqu’au jour il décide de passer à l’acte sans donner aucun signe préalable.

Le tueur avait certes planifié son geste ignoble tel un loup solitaire sans que personne de son entourage ne se doute de quoi que ce soit. Sa haine avait atteint des proportions fantasmagoriques si bien que rien ni personne ne pouvait l’empêcher de réaliser son crime abominable.

Notre société regorge de mouvements racistes qui ne cessent de gangréner le climat social. Les autorités policières sont débordées. De toute évidence le terrorisme est là pour rester. Au mieux, pouvons-nous démonter une solidarité envers les familles éprouvées… Elles en ont grandement besoin!

vigile.quebec tribune libre 9 juin 2021

Drame de Kamloops: l’Église catholique est imputable

6 juin 2021

J’écoutais le représentant des évêques du Canada lors d’une entrevue réalisée sur les ondes de RDI à l’émission 24/60 du 4 juin, et je n’ai pu m’empêcher de réaliser à quel point il a dû faire des entourloupettes pour se soustraire au devoir de l’Église de s’excuser pour le drame du pensionnat de Kamloops où 215 enfants autochtones ont trouvé la mort dans des circonstances pour le moins nébuleuses.

Nonobstant le fait que l’Église ait entrepris des discussions avec les nations autochtones, je suis d’avis que ces démarches, quoique essentielles, ne compensent en rien pour des excuses tout aussi essentielles, voire incontournables.

Faut-il le rappeler, ce pensionnat était sous la direction de communautés religieuses catholiques qui osaient porter la croix au cou et la malice dans leur cœur. Des êtres cruels dont la mission était d’extirper de ces enfants toute trace de leur origine autochtone.

L’Église catholique s’est toujours montrée rébarbative aux excuses eu égard aux comportements de plusieurs de leurs membres, notamment les sévices sexuels envers des enfants. Encore une fois, l’histoire se répète, et encore une fois, elle se faufile à travers de belles paroles qui ne feront que voiler son imputabilité…La parole appartient maintenant au chef de l’Église, le pape François. Aura-t-il l’humilité de s’excuser au nom de certains membres de son Église?

vigile.quebec tribune libre 6 juin 2021
Le Soleil (version internet) 7 juin 2021

Oui au bal des finissants

4 juin 2021

Il y a quelques jours, le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, annonçait que les finissants du secondaire n’auront pas de bal cette année pour souligner l’obtention de leur diplôme, alléguant que c’était « par souci d’équité », compte tenu de l’interdiction des rassemblements intérieurs dans les domiciles, que la décision concernant les bals a été prise. Un argument plutôt faible dans la mesure où un souper familial peut toujours être reporté alors qu’un bal des finissants n’arrivent qu’une fois en cinq ans.

Le bal des finissants de cinquième secondaire représente une tradition bien établie au Québec, Pour ces milliers de jeunes, c’est l’aboutissement d’un long chemin où ils sont passés de l’enfance à l’adolescence à travers les échecs et les succès.

La vaccination est en cours chez les jeunes. Alors pourquoi ne pourrait-on pas encourager les finissants à se faire vacciner rapidement pour leur permettre d’avoir un bal à la fin juin, quand la majorité des régions seront en zone verte, d’autant plus qu’à ce moment-là, des festivals pourront accueillir un maximum de 2500 personnes réparties dans des sections de 250 spectateurs?

Or, il semblerait que, devant la grogne manifeste des parents et des élèves, le Dr Arruda envisage une façon de réévaluer la situation. Toutefois, le temps presse, il doit faire vite. Des milliers d’adolescents n’attendent que son signal pour mettre les préparatifs en marche… et vivre le conte de fée auquel ils aspirent depuis cinq ans!

quebechebdo tribune libre 4 juin 2021

Pierre Fitzgibbon, le mouton noir du cabinet

3 juin 2021

C’était écrit dans le ciel, le quatrième rapport de la commissaire à l’éthique à l’encontre de Pierre Fitzgibbon aura eu raison de son poste de ministre de l’Économie. En termes clairs, M. Fitzgibbon était devenu le « mouton noir » du cabinet de François Legault.

Pourtant, Pierre Fitzgibbon aurait dû incarner un excellent ministre de l’Économie compte tenu de ses nombreux contacts dans le monde des affaires. Mais, et il y a un gros « mais », l’ex-homme d’affaires maintenait des placements dans deux compagnies qui recevaient des subventions du gouvernement, Ça sent l’apparence de conflit d’intérêt. Et, le moins qu’on puisse dire, l’éthique en prend pour son rhume

Qui joue avec le feu risque de se brûler, nous rappelle un vieux proverbe. Habitué à traiter de grosses affaires dans sa vie antérieure, il est un habitué des petits jeux avec le feu, et c’est très bien ainsi. Toutefois, en faisant le saut en politique, il s’engageait à respecter le code d’éthique qui lui, ne fait pas de quartier à ceux qui osent y déroger. En fait, il est impitoyable.

En démissionnant, Pierre Fitzgibbon a fait le bon choix, celui du gros bon sens. En effet il ne pouvait pas garder la chèvre et le chou, Les affaires ne font pas bon ménage avec la politique. Néanmoins, l’ex-ministre assure qu’il demeurera député jusqu’à la fin de son mandat en 2022 et peut-être même au-delà. « Je suis venu en politique pour aider, je voulais aider le gouvernement »

En bien, M. Fitzgibbon, il n’en tient qu’à vous de respecter le code d’éthique en toutes lettres à défaut de quoi je vous suggère de retourner dans le monde des affaires!

Le Soleil (version internet) 3 juin 2021
vigile.quebec tribune libre 4 juin 2021

Deux langues officielles, vous dites?

2 juin 2021

Décidément, ce n’est pas pour demain que les communications provenant du fédéral se feront systématiquement dans les deux langues officielles, À titre de preuve, le rapport annuel du Commissaire aux langues officielles constate que pour l’année 2020-2021, le gouvernement fédéral a fracassé à nouveau son record du nombre de plaintes pour non-respect de la Loi sur les langues officielles, soit 1870 plaintes, une hausse significative par rapport à l’année précédente,soit1361 plaintes, et plus de trois fois plus de plaintes qu’en 2011-2012, soit 518.

Soyons clairs, le bilinguisme tel que pratiqué à Ottawa est une utopie, et il apparaît clairement que la situation ne tend pas à s’améliorer. Dans les faits, il semble s’être immiscé au cours des dernières décennies une culture de travail favorisant l’anglais chez les fonctionnaires, ce qui a eu pour conséquence de nuire à la prestation de services essentiels en français, notamment dans les communications d’urgence.

Aux yeux du Commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, « c’est la dualité linguistique de notre pays qui ne peut s’exprimer ou s’épanouir dans la fonction publique, ce qui a indéniablement un effet sur la qualité du service offert au public. La source du problème vient, selon moi, du manque de leadership en langues officielles au sein de nos institutions fédérales ».

La refonte promise de la Loi sur les langues officielles ne s’est toujours pas concrétisée par un projet de loi du gouvernement Trudeau, mais un « document de réforme » a été déposé par la ministre Mélanie Joly. Nonobstant les belles intentions qui se dégageront de cette loi sur la refonte des langues officielles, je demeure sceptique sur les moyens concrets qui seront proposés pour pallier la maltraitance du français au sein de certaines institutions fédérales… Une histoire à suivre!

quebechebdo tribune libre 2 juin 2021
vigile.quebec tribune libre 2 juin 2021
Le Soleil 5 juin 2021

Les enfants martyrs de Kamloops

31 mai 2021

Encore une fois, une nation autochtone est éprouvée par un événement horrible dont les gestes meurtriers dépassent l’entendement humain : la découverte macabre de 215 dépouilles d’enfants enterrés, dont certains avaient à peine trois ans. sur le site d’un ancien pensionnat autochtone.dans la communauté de Kamloops en Colombie-Britannique.

L’ancien pensionnat de Kamloops, dont la gestion avait été confiée à l’Église catholique au nom du gouvernement canadien, était autrefois l’un des plus imposants pensionnats parmi les 139 établissements du genre mis en place dans le pays à la fin du XIXe siècle. Il avait ouvert ses portes en 1890 et avait accueilli jusqu’à 500 élèves dans les années 1950, lesquels ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture, plusieurs d’entre eux ayant été soumis à de mauvais traitements ou à des abus sexuels.

À cet effet, la Commission de vérité et réconciliation du Canada a recensé au moins 51 enfants morts au pensionnat autochtone de Kamloops entre les années 1914 et 1963. Dans son rapport final, publié en 2015, la commission écrit que d’après des responsables en poste en 1918, les enfants du pensionnat n’étaient pas adéquatement nourris, ce qui entraînait leur malnutrition.

Mais d’où provient cette malédiction qui plane au-dessus des nations autochtones au Canada? Pourquoi sont-elles considérées et traitées comme des peuples de « second ordre »? Comment se fait-il qu’il soit répandu que rien de ce qui est autochtone n’a de valeur pour quiconque?

La découverte des enfants martyrs de Kamloops nous replace devant la macabre réalité d’une nation dont les droits reconnus par l’ONU ont constamment été bafoués… même le droit à la vie. Un bien triste constat!

vigile.quebec tribune libre 31 mai 2021
Le Soleil (version internet) 1er juin 2021
Le Devoir 2 juin 2021

Je suis une langue fière

30 mai 2021

À l’occasion du dépôt du projet de loi 96 modifiant la loi101, j’ai cru pertinent de vous proposer la lecture d’un petit poème que j’ai composé sur notre langue par un soir d’hiver…

Certains me disent belle

Mais je ne suis pas de celles

Qui se nourrissent de miel

Ou d’une pincée de sel

J’ai traversé les mers

Pour m’établir ici

Dans ce vaste pays

De froids et longs hivers

J’y ai vite pris racine

Je me suis senti chez moi

J’ai lacé mes bottines

Et suis parti au bois

M’attendait au retour

Une langue étrangère

Empiétant sans détour

Sur les droits de mes terres

Je ne suis pas guerrière

Mais je ne suis pas de celles

Qui se nourrissent de miel

Je suis une langue fière

J’ai traversé les mers

Pour m’établir ici

Au pourtour des rivières

Où m’accueille ce pays

Je suis ici chez moi

Je suis revenu du bois

Je remets mes bottines

Et reprends mes racines

vigile.net tribune libre 29 mai 2021

Catherine Raîche, les deux mains sur le ballon

30 mai 2021

Une Montréalaise de 32 ans, Catherine Raîche, atteint les plus hauts sommets de l’organisation d’une équipe de football américain, les Eagles de Philadelphie, en étant nommée vice-présidente aux opérations football de l’équipe.

Dans un communiqué de presse, la direction des Eagles a annoncé que Mme Raîche «sera impliquée dans tous les aspects des opérations football et du personnel des joueurs, soit le recrutement professionnel et collégial, la gestion des contrats, le développement des joueurs et du personnel et la recherche football.»

La diplômée en droit de l’Université de Sherbrooke et titulaire d’une maîtrise en fiscalité travaille dans le monde du football depuis 2015. C’est Jim Popp, alors DG des Alouettes, qui l’avait engagée comme stagiaire non rémunérée. Elle a ensuite occupé le poste de coordonnatrice de l’administration football chez les Alouettes, avant d’être nommée en janvier 2017 adjointe au directeur général.

En obtenant un poste aussi prestigieux, Catherine Raîche fait un pas de plus vers son rêve de devenir directrice générale d’une équipe de la NFL, rêve dont elle ne s’est jamais cachée. En entrevue en décembre 2020, elle s’exprimait ainsi: «Si on attend toujours de voir quelqu’un qui nous ressemble faire quelque chose, c’est peut-être pour ça que ça fait 30 ans qu’il n’y en a pas, de femme DG, dans la ligue.»

Le Soleil (version internet) 29 mai 2021
vigile.quebec tribune libre le 31 mai 2021

Une erreur de « sémantique »

28 mai 2021

La saga des tests sur la qualité de l’air dans les écoles a atteint un nouveau sommet. En effet, le ministère de l’Éducation a tenté d’influencer le ministère de la Santé pour qu’il laisse croire que la santé publique avait validé les tests de qualité de l’air à l’école, alors que c’était faux.

Une série d’échanges de courriels entre le ministère de l’Éducation et celui de la Santé révèlent que le ministère de l’Éducation a demandé une modification à une réponse que s’apprêtait à faire la Santé à Radio-Canada. Il voulait que soit ajouté que le processus de tests semble conforme. Un rappel à l’ordre du ministère de la Santé a été immédiatement signifié au responsable des relations de presse du ministère de l’Éducation, lui-même en communication permanente avec le cabinet du ministre Roberge.

Or, trois semaines plus tard, le cabinet du ministre réaffirme dans les médias que la santé publique a donné son aval au processus de tests de qualité de l’air. Et qui plus est, en plein Salon bleu de l’Assemblée nationale, c’est le ministre Roberge lui-même qui déclare que les protocoles ont été faits en partenariat et sur recommandation de la santé publique et validée par la santé publique.

Selon la version officielle du ministère de l’Éducation, les commentaires de la Santé publique sur le protocole ont été interprétés comme une « validation » Le mot validé» a donc été utilisé par l'ensemble du ministère. Par ailleurs, aux yeux du ministre Jean-François Roberge, il a plaidé l’erreur de « sémantique» et admis qu’il aurait pu être plus précis… Une défense pour le moins insidieuse!

vigile.net tribune libre 27 mai 2021

Le grand virage des forces policières

27 mai 2021

Vingt ans se sont déjà écoulés depuis la parution du dernier rapport sur les forces policières au Québec. Dans ce contexte, il m’apparaît tout à fait pertinent qu’un virage majeur ressorte des 138 recommandations du Comité consultatif sur la réalité policière créé à la demande de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Comme le souligne les membres du comité, la réalité de la société au chapitre de la criminalité a beaucoup changé, notamment au chapitre de la cybercriminalité et des crimes économiques, un volet actuellement où les intervenants manquent souvent de l’expertise nécessaire pour mener à bien leurs enquêtes. Quant à la proposition d’annexer l’UPAC à cette unité pour faire profiter les autorités de l'expertise de ce groupe en matière de lutte contre la corruption, l’UPAC aura, à mon avis, un travail de cosmétique à réaliser pour restaurer sa crédibilité échaudée dans les scandales de corruption au sein des partis politiques lors de la commission Charbonneau.

Dans un autre chapitre, l'une des principales propositions du rapport consiste à faire passer de 31 à 13 le nombre de corps policiers au Québec, les auteurs arguant que la disparité en ce qui a trait aux services rendus par les différents services de police inquiète plusieurs parties prenantes À cet effet, je suis plutôt d’avis que l’uniformité recherchée peut être atteinte tout en maintenant le même nombre de corps policiers, favorisant de la sorte la spécificité des différentes régions du Québec.

Le Soleil (version internet) 26 mai 2021
vigile.qquebec tribune libre 27 mai 2021