Le bilinguisme, vous dites?

24 novembre 2022

La Commission sur l’état d’urgence, présidée par le juge Paul Rouleau, un franco-ontarien, a entendu une soixantaine de témoins depuis cinq semaines. Combien de personnes ont témoigné en français? Une seule.

Et ce n’est pas par manque de témoins francophones, au contraire. Le 21 novembre, trois d’entre eux l’étaient. David Vigneault, le grand patron du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Michelle Tessier, la sous-directrice aux opérations du SCRS et Marie-Hélène Chayer, la directrice du Centre intégré d’évaluation du terrorisme du SCRS. Ils ont fait le choix tous les trois de témoigner en anglais alors que le français est leur langue maternelle.

Devant cet état de fait, comment ne pas voir dans l’absence chronique du français à cette commission que la marginalisation du français au gouvernement fédéral se porte à merveille? Par ailleurs, selon un sondage du Commissaire aux langues officielles, près de la moitié des fonctionnaires francophones se sentent mal à l’aise d’utiliser leur langue au bureau. Pendant ce temps, le gouvernement Trudeau tente d’adopter une mouture édulcorée et sous bâillon de sa réforme de la Loi sur les langues officielles et cela, contre l’avis d’experts et de Québec.

En fin d’audience, la commission Rouleau entendra le premier ministre Justin Trudeau. Dans quelle langue fera-t-il valoir ses arguments? Je suis d’avis que le grand défenseur du bilinguisme au Canada utilisera un « harmonieux mariage « des deux langues officielles… tout au moins pour sauver les apparences!

vigile.quebec tribune libre 23 novembre 2022

Poussé par l’élan de la victoire de 1976

22 novembre 2022

Une anthologie à lire pour se souvenir d’un homme politique dont les convictions profondes envers l’indépendance du Québec ne se sont jamais démenties.

Allocution prononcée devant les membres de l’Assemblée nationale française, Paris, 2 novembre 1977 (extrait)

« Il est donc de plus en plus en plus assuré qu’un nouveau pays apparaîtra bientôt démocratiquement sur la carte, là où jusqu’à présent un aurait bien voulu s’apercevoir qu’une de ses provinces parmi d’autres , et là où vit la très grande majorité de ceux que vous appelez souvent « Les Français du Canada » : expression dont la simplicité, qui rejoint quelque chose d’essentiel, est pourtant devenue trompeuse en cours de route.

Mais commençons par tout ce qu’elle conserve d’authentiquement vrai. Sur quelque 2 000 kilomètres du nord au sud et plus de 1 500 de l’est à l’ouest, le Québec est, physiquement, la plus grande des contrées du monde dont la langue officielle soit le français. Plus de quatre sur cinq de ses habitants sont d’origine et de culture françaises. Hors de l’Europe, nous formons donc la seule collectivité importante qui soit française de souche. Nour pouvons, tout comme vous, évoquer sans rire nos ancêtres les Gaulois. Et, comme nous ne sommes pourtant que six millions au coin d’un continent comptant quarante fois plus d’anglophones, même qu’il nous advient de nous sentir cernés comme Astérix dans son village… » (p. 187)

vigile.quebec tribune libre 21 novembre 2022

Jean Lapointe, un personnage authentique

19 novembre 2022

Le décès de Jean Lapointe marque un moment historique de la scène artistique québécoise. De la chanson à l’humour en passant par le cinéma, son immense talent laissera dans la mémoire collective des Québécois des souvenirs impérissables.

Toutefois, le trait marquant qui aura imprimé en lettres d’or toute la vie et la carrière de Jean Lapointe se traduit en un mot, l’authenticité. À cet effet, le refrain de sa chanson « Rire aux larmes » en fait foi : « Rire aux larmes, rire aux larmes/Ça arrive en plein bonheur de rire aux larmes/Rire aux larmes, rire aux larmes/Ça arrive en plein malheur de rire aux larmes ».

Jean Lapointe n’a jamais caché sa dépendance à l’alcool qui a insufflé au philanthrope la création de sa fondation La Maison Jean Lapointe, fondée en 1982 et qui fête cette année ses 40 ans d’existence.

Au cinéma, la série « Duplessis » projetée sur le petit écran en 1978, et dans laquelle Jean Lapointe interprète le rôle-titre, a marqué l’imaginaire québécois par l’authenticité du personnage de Maurice Duplessis.

Le portail internet de la Maison Jean Lapointe indique que l’artiste a produit une centaine de spectacles, donné plus de 15 000 représentations au Québec et en Europe, et enregistré 18 albums, ayant de surcroît joué dans une vingtaine de films et une quinzaine de séries.

«Perdre notre père est une terrible épreuve, mais de savoir que son héritage artistique et humaniste restera vivant dans le cœur des Québécoises et Québécois est réconfortant pour nous», a dit son fils Jean-Marie Lapointe.

Jean Lapointe a été un personnage hors de l’ordinaire autant par son talent que son humanisme. Aussi sied-il que le gouvernement du Québec lui offre des funérailles nationales pour permettre aux Québécoises et aux Québécois de lui rendre un dernier hommage amplement mérité.

vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2022

Trump peut-il encore aspirer à l’investiture républicaine?

18 novembre 2022

Nonobstant l’élection partielle dans l’État du Michigan le 6 décembre, à la suite des élections de mi-mandat, les résultat n’ont pas vu déferler la vague rouge prévue dans les derniers sondages. Les démocrates ont remporté la majorité au Sénat, et les républicains, de justesse, à la Chambre des représentants.

Dans ce contexte décevant pour les républicains, envers et contre tous les grands stratèges du parti Républicain, fidèle à lui-même, Donald J. Trump a décidé de poser sa candidature à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2024. Toutefois, la majorité des commentateurs présents à la résidence de Trump en Floride ont souligné le manque de vivacité dans son discours. En réalité, l’ex-président n’a pas réussi à soulever les quelques centaines de personnes présentes pour entendre son allocution, ce qui est, pour le moins, inhabituel.

Les résultats déstabilisants aux élections de mi-mandat auraient-ils diminué les ardeurs de Trump, voire celles de ces supporters également? Les défaites de candidats de prestige supportés par Trump dans certains États névralgiques auraient-elles refroidi la base modérée de Trump?

Toutefois, il ne faut jamais oublier que Donald Trump est imprévisible et que seul lui connaît ses plans pour l’avenir. Cependant, je suis d’avis que la pente sera abrupte pour atteindre le sommet de la montagne avant les élections à l’investiture républicaine…s’il y a élection. Or, les rumeurs circulent à l’effet que le gouverneur de la Floride, Ron De Santis, serait intéressé à briquer l’investiture républicaine. Quoi qu’il en soit, les pièces sur l’échiquier peuvent bouger passablement d’ici deux ans! D’ici là, j’ai l’intention de suivre de près la stratégie de Donald Trump.

vigile.quebec tribune libre 18 novembre 2022
 

Effets collatéraux du mode de scrutin

18 novembre 2022

Dans l’état actuel des négociations, le Parti québécois, qui a fait élire 3 députés avec 14,6% du vote populaire, devrait se contenter d'un budget annuel de fonctionnement de 495 000 $, soit 7% de l’enveloppe budgétaire dédiée à cette fin. Par contre, l'opposition officielle libérale avec 20 députés et 14,3 % du vote recueilli aurait 4,4 millions $, soit 64% du budget, et Québec solidaire, qui a fait élire 11 députés avec 15,4 % du vote, aurait 1,9 million $, à savoir 28% de l’assiette budgétaire. Par ailleurs, sur le plan du temps de parole alloué à chaque parti d’opposition, dans l’hypothèse où le modèle proposé est mis en vigueur, pour chaque cycle de 100 questions, l'opposition libérale pourrait en poser 70, Québec solidaire 25 et le PQ 5.

Or, à la suite du scrutin du 3 octobre, de nombreuses voix de tous horizons se sont élevées pour dénoncer la distorsion flagrante entre le pourcentage de voix obtenus au suffrage et le nombre de députés élus, notamment eu égard au PQ, à savoir 14,6% du vote et 3 députés. De ce fait, les effets collatéraux d’un mode de scrutin inéquitable se répercutent inexorablement dans la proportion du budget de fonctionnement ainsi que que dans le temps de parole accordé aux partis d’opposition.

Nonobstant le fait que la réforme du mode de scrutin nécessite un processus de consultation générale, je suis d’avis que l’énoncé des règles établies pour l’attribution du budget de fonctionnement et le temps de parole accordé aux partis d’opposition pourrait être modifié rapidement par les chefs des quatre partis en tenant compte, cette foi, du pourcentage de votes obtenus lors du dernier scrutin. C’est une simple question d’équité!

vigile.quebec tribune libre 18 novemmbre 2022

Courte lune de miel pour Marie-Claude Nichols

17 novembre 2022

Le retour au bercail de la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, n’aura pas fait long feu. En effet, moins de 24 heures après l’annonce du retour de la députée au sein du giron libéral, le caucus a refusé l’offre du chef intérimaire Marc Tanguay.

Rappelons que cette offre consistait à scinder le poste de troisième vice-président de l'Assemblée nationale en mandats de deux ans au lieu de quatre tel que prévu entre les députés Frantz Benjamin et Marie-Claude Nichols, une offre qui a a fait sursauter M. Benjamain qui est même allé jusqu’à envisager de quitter le caucus libéral.

Depuis l’éjection de Marie-Claude Nichols du caucus par l‘ex-chef du PLQ Dominique Anglade, beaucoup d’encre a coulé dans les médias. Une histoire qui contribue à éclabousser le PLQ, lui qui peine à se remettre de la pire défaite électorale de son histoire le 3 octobre.

Pour sa part, la députée de Vaudreuil, qui a appris le revirement de situation par les médias, a décidé d’attendre l’élection du futur chef du PLQ avant de décider si elle refait le saut au sein du caucus du PLQ… Comme le dit si bien le proverbe, « Chat échaudé craint l’eau froide ».

vigile.quebec tribune libre 16 novembre 2022
Le Devoir (version abrégée) 17 novembre 2022

Le français face au bilinguisme

17 novembre 2022

La nouvelle mouture de la loi 101 est claire : les grandes entreprises de juridiction fédérale de 50 employés et plus installées au Québec ont jusqu’au 1er décembre pour s’inscrire auprès de l’Office québécois de la langue française (OQLF), en vertu des nouvelles exigences découlant de la réforme de la langue française.

Or, parallèlement à cette réforme, Ottawa a entrepris, depuis 2019, une réforme de la loi sur les langues officielles au Canada qui seraient adoptée avant les vacances des Fêtes. Or, Air Canada, le Canadien Pacifique, le Canadien National et Via Rail ne sont toujours pas inscrits auprès de l’OQLF.

Les compagnies récalcitrantes se retrouvent donc devant deux scénarios : ou elles se rangent du côté de la loi fédérale qui prône le bilinguisme sur les lieux de travail, ou elles vont vers la loi 101 qui exige la connaissance du français en ces mêmes lieux de travail. Inutile d’être devin pour connaître le choix des transporteurs ferroviaires et aériens nommés ci-haut.

Québec se retrouve encore une fois relégué au second plan pour une question linguistique, à savoir le français ou le bilinguisme, la porte de sortie idéale pour les compagnies à dominance anglophone qui ne se bousculeront pas au portillon pour remplir les classes de français.

À mon avis, Québec fait face à un vice de procédure en ce sens que le projet de loi C-13 d’Ottawa, soit la réforme de la Loi sur les langues officielles au Canada, préconise le bilinguisme, et ne peut de la sorte être une alternative à la loi 101 qui, elle, exige l’utilisation du français pour les compagnies sises sur le territoire du Québec. En termes clairs, on ne peut pas comparer des tomates avec des oranges!

vigile.quebec tribune libre 16 novembre 2022

COP 27, un écran de fumée ?

15 novembre 2022

J’aime bien, quand j’aborde un sujet, savoir de quoi je parle. Aussi me suis-je permis de voyager quelques minutes sur la toile pour découvrir à quoi correspond le sigle COP. Et voici ce que j’ai obtenu : «  COP signifie « Conference of parties », les « parties » étant les signataires de l’Accord de Paris et de la Convention, à savoir 195 pays et l'Union européenne. Le double objectif de la COP est de faire le point sur l'application de la Convention et négocier des nouveaux engagements ».

Or, à cinq jours de la fin de la COP 27 qui se déroule en Égypte, certains signataires semblent s’engager sur un cul-de-sac eu égard à l’application de la convention de Paris en proposant de radier du texte de la Convention l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.

De plus, les pays en voie de développement insistent pour qu’un mécanisme compensatoire puisse être établi en raison des effets dévastateurs des changements climatiques sur leur territoire alors qu’ils comptent en réalité pour les pays les moins polluants. Une proposition qui est loin, pour l’instant, de faire l’unanimité.

En réalité, la COP 27, dans l’hypothèse où elle continue dans la direction où vont les discussions, se dirige littéralement dans le mur en ce qui concerne le double objectif des COP tels que définis par la Convention. Ce ne serait pas le premier camouflet infligé par les pays plus nantis envers les pays en voie de développement, la demande compensatoire traînant dans le placard des COP antérieures depuis plusieurs années.

Enfin, au rythme où vont les divergences fondamentales, la COP 27, à l’image de plusieurs qui l’ont précédée, risque d’aboutir malheureusement en écran de fumée…et toute cette saga aux frais de millions $ de contribuables de tous pays confondus!

vigile.quebec tribune libre 14 novembre 2022
 

Le PQ peut-il remonter la pente?

14 novembre 2022

N’eût été d’un mode de scrutin déficient à bien des égards, lors du dernier scrutin, le Parti Québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon, en récoltant quelque 14% du vote exprimé, aurait fait élire plus de trois députés.

Par ailleurs, il est indéniable que, plus la campagne avançait plus le PQ recueillait des intentions de vote dans les derniers sondages, à tel point qu’il a fini la course à égalité avec le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS), soit autour de 14% des suffrages exprimés qui eux ont fait élire respectivement 21 et 11 députés.

Sur un autre plan, la saga menée par Paul St-Pierre Plamondon eu égard à l’obligation de prêter serment d’allégeance à Charles III a contribué sans contredit à sonner l’alarme entre les murs de l’Assemblée nationale à tel point que le ministre de la Justice, Simon Jolin Barrette, s’apprêterait à déposer un projet de loi à l’effet que le serment au roi deviendrait facultatif… ce qui est, à mon sens un petit pas dans la bonne direction.

D’un autre côté, aux yeux de plusieurs observateurs de la scène politique québécoise, le chef du PQ a été celui qui a mené la meilleure campagne électorale. Et parmi les faits d’armes que l’on peut lui attribuer, on ne peut passer sous silence le fait qu’il ait placé, dès le départ, l’indépendance du Québec au centre de sa campagne, une stratégie qui avait été reléguée dans le placard par plusieurs de ses prédécesseurs.

À mon sens, Paul St-Pierre Plamondon a réussi, à force de convictions et de détermination, à redonner un nouveau souffle à la cause de l’indépendance du Québec. La table est mise, ne reste plus qu’à remobiliser les « purs et durs » et à mobiliser ceux qui sont tentés par l’aventure emballante menant éventuellement à la souveraineté du Québec… Et 2026 pourrait causer de grandes surprises!

vigile.quebec tribune libre 12 novembre 2022
quebechebdo tribune libre 13 novembre 2022

Trump, candidat républicain à la présidentielle de 2024?

12 novembre 2022

Décidément, l’ex-président américain, Donald J Trump, semble décidé à briguer l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2024 et cela, même si plusieurs accusations pèsent contre lui, notamment son implication dans dans l’attentat du Capitole le 6 janvier 2021. Qu’à cela ne tienne, aux yeux de son conseiller Jason Miller, le républicain de 76 ans juge que la question de sa candidature «ne se pose même pas».

«Bien sûr que je me présente. Je vais le faire et je veux m’assurer que les gens savent que je suis gonflé à bloc et que nous devons remettre le pays sur les rails…Tout le monde sait que je vais me présenter, donc allons-y», clame Donald Trump.

Toutefois, même si son influence sur le parti républicain reste indéniable, Donald Trump sort fragilisé des élections de mi-mandat. En effet, la «vague» conservatrice tant espérée par ses soutiens n’a pas déferlé et, même si les résultats définitifs ne sont pas encore connus, les démocrates semblent avoir réussi à limiter la casse pourtant prévue par les derniers sondages.

Autre ombre au tableau, le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, réélu triomphalement, sort de cette élection auréolé de l’image de grand gagnant. La victoire de cette nouvelle vedette de la droite dure a conforté sa place de potentiel rival de l’ex-président pour l’investiture républicaine, une éventualité qui a fait sortir de ses gongs Donald Trump en affublant DeSantis du quolibet « Ron-la-Morale».

Par ailleurs, les élections de mi-mandat auront révélé une faille au sein des républicains modérés qui, dans certains États, auraient accordé leur vote aux candidats démocrates, le discours du président Biden sur la menace d’ébranler la démocratie américaine ayant produit un effet boomerang sur Donald Trump… Un scénario qui fragilise l’emprise de Trump sur ses troupes.

quebechebdo tribune libre 12 novembre