À la direction d’école de diriger

2 mai 2023

D’entrée de jeu, je m’insurge radicalement devant le comportement inacceptable des deux enseignants qui ont « pété les plombs » contre certains de leurs élèves récemment. Leur comportement est tout simplement indigne de la profession qu’ils exercent.

Toutefois, indépendamment de ces deux cas, force est de constater que l’amalgame d’élèves réguliers avec d’autres à besoins particuliers amènent son lot de problèmes dont le plus criant résulte de la gestion de classe. En effet, le professeur responsable d’un groupe régulier, qui n’a de régulier que le nom, doit, à son corps défendant, négligé la prestation de son cours, interrompu constamment par un élève en difficulté. En conséquence, ce sont les élèves réguliers qui sont pénalisés.

Dans un autre ordre d’idée, certains ont proposée la création d’un ordre professionnel des enseignants pour contrer ce type de comportements auxquels on a eu droit récemment, alléguant que les syndicats s’objecteront à toute sanction contre des cas similaires. Je suis porté à penser qu’un grief se retrouvant en litige devant un arbitre dans un cas de violence verbale devant des élèves ou de propos vulgaires a bien des chances de donner raison à l’employeur. Par ailleurs, nous devrions nous souvenir que le personnel qui soignait Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette appartenait à un ordre professionnel et cela n’a pas empêché sa fin tragique.

Le directions d’écoles sont rémunérées pour « diriger ». Ce n’est pas une fonction pour une mauviette qui ne peut pas porter ses culottes au moment opportun et, dans les deux cas présents, le moment était plus qu’opportun et méritait le congédiement immédiat des enseignants fautifs.

vigile.quebec tribune libre 2 mai 2023
 

Des enfants qui vieillissent trop vite

2 mai 2023

J’ai été interpelé dernièrement par une caricature publiée dans un média montrant une vieille dame dans une épicerie qui demande à un jeune s’il désirait qu’elle l’aide à retrouver sa mère. Et l’enfant de répondre poliment qu’il travaillait ici. Le cocasse de cette mise en scène est hallucinant, deux mondes, deux réalités.

Mais venons-en au fait. Le ministre du Travail, Jean Boulet, veut faire adopter une loi pour imposer 14 ans comme âge minimal pour travailler. Une décision purement politique pour venir en aide notamment aux commerces de détail qui sont aux prises avec une pénurie de main d’oeuvre. La solution : engager des jeunes.

Dans toute cette saga, on oublie que ces jeunes sont encore des enfants qui vont à l’école, ont des travaux à réaliser à la maison, des études à faire en vue de la préparation à un examen ou un test dans une matière en particulier pour le lendemain, etc…

De surcroît, on oublie aussi que ces enfants n’ont que 14 ans et qu’ils ont une jeunesse à vivre, des activités à réaliser avec des amis, des sports à pratiquer ou toute autre activité de loisir en groupe, bref à apprendre à socialiser avec des jeunes de leur âge.

À mon avis, en les engageant dans le milieu du travail aussi tôt, ils vieillissent trop vite. Ce n’est pas le rôle des enfants d’agir comme solution à la pénurie de main d’oeuvre. En agissant de la sorte, on déplace le problème en faisant travailler des enfants au lieu de les laisser vivre la jeunesse qu’ils risquent de ne pas voir passer.

vigile.quebec tribune libre 2 mai 2023

Le cas de Madame Chantal

29 avril 2023

L’enseignement est un art soumis à certaines limites à ne pas dépasser sans coup férir, notamment l’abus d’autorité envers les élèves, d’autant plus si ces élèves sont des jeunes de 6 ans d’une extrême vulnérabilité.

Dans le cas de Madame Chantal, elle a manifestement passé outre les règles élémentaires qui commandent le respect absolu envers ses élèves. Ses cris ahurissants, ses paroles injurieuses et blessantes adressées à des jeunes de première année risquent de marquer à jamais certains jeunes qui débutent leurs études dans un climat d’affrontements où règne un manque de respect condamnable et inacceptable envers ces jeunes élèves nouvellement arrivés dans le réseau scolaire du Québec. Dans la foulée de toutes ces récriminations, Madame Chantal doit être congédiée sur le champ pour abus de pouvoir et agressions verbales envers ses élèves.

Par ailleurs, chaque école dispose d’une personne responsable de la direction dont une de ses tâches est la gestion du personnel. Or, dans le cas présent, il m’apparaît impossible que le directeur n’ait pas entendu les hurlements stridents de Madame Chantal de son bureau. En conséquence, son laxisme outrancier et son absence muette d’imputabilité ne méritent pas moins qu’un renvoi de ses fonctions illico.

Le cas de Madame Chantal constitue sans l’ombre d’un doute un cas exceptionnel, la très grande majorité des enseignant (es) s’efforçant de respecter leurs élèves et de les traiter comme des êtres humains. Toutefois, je suis d’avis que les directions d’école doivent être à l’affût de certains comportements déviants et intervenir aussitôt qu’ils en prennent connaissance. Un cas comme celui de Madame Chantal, s’il est connu, doit être immédiatement circonscrit avant que le phénomène ne prenne des proportions éhontées et attaquent l’équilibre affectif fragile des enfants sur les bancs d’école.

vigile.quebec tribune ibre 28 avril 2023
 

Intelligence artificielle, vivement des balises

29 avril 2023

L’intelligence artificielle (IA) est en train d’envahir toutes les sphères de la société pour le meilleur et pour le pire. De toute évidence, elle permettra d’accomplir des percées importantes, notamment dans les domaines de la médecine et de la conquête de l’espace.

En contrepartie, les deux dernières vidéos qui redonnent vie à Cédrika Provencher, à la fillette de Granby et à Norah Carpentier dénotent, à mon humble avis, un manque d’éthique inouï et envers les victimes et envers les proches qui vivent encore au jour le jour les séquelles de ces drames qui ont ébranlé tout le Québec.

«Je trouve qu’il y aurait peut-être un ménage à faire quelque part pour préserver l’intégrité des disparus et l’intégrité de ceux qui restent et qui doivent vivre avec des gestes qui ne leur appartiennent pas», se désole Amélie Lemieux, la mère des sœurs Carpentier, tout en suggérant que la personne ayant créé la vidéo de ses filles «a besoin d’aide».

En réincarnant les victimes sans aucune autorisation des familles touchées, les responsables de ces vidéos ont fait en sorte que l’IA a dépassé les limites de l’éthique élémentaire. Or, il est à se demander si notre société automatisée n’est pas en train d’oublier que c’est le cerveau humain qui l’a conçue.

En conséquence, il est plus que temps que le gouvernement reprenne le contrôle sur l’IA et établisse des balises claires permettant de protéger la vie privée des personnes et la mémoire des victimes.

vigile.quebec tribune libre 28 avril 2023

Caire doit démissionner

25 avril 2023

En février 2011, le député indépendant de La Peltrie, Éric Caire, présentait à l’Assemblée nationale un projet de loi qui aurait eu pour effet de donner aux électeurs un outil pour répudier leur député s'ils jugent qu'il ne fait pas correctement son travail ou ne se montre plus digne de les représenter.

Or, douze ans plus tard, le même Éric Caire, maintenant ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, et toujours député de La Peltrie, s’est engagé dans la dernière campagne électorale à mettre son siège en jeu et à démissionner si le projet de troisième lien Québec-Lévis ne voyait pas le jour dans sa version initiale, à savoir une voie auto-routière sous-fluviale. On sait maintenant que la nouvelle mouture ne sera réservé qu’au transport en commun.

Dans ces circonstances, le député Caire « ne se montre plus digne de représenter ses électeurs » compte tenu qu’il persiste à rester en poste malgré que le projet de loi qu’il a présenté en 2011 permettrait à ses .lecteurs de le répudier.

Pendant ce temps, le chef du parti Conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, n’en démord pas et a lancé une pétition auprès des électeurs de La Peltrie pour exiger la démission du député Caire, 30 000 signatures seraient suffisantes pour destituer Éric Caire, tel que proposé dans son projet de loi de 2011.

En ce qui me concerne, Éric Caire manque à son engagement en persistant dans son intention de demeurer en poste. La façon la plus « honorable » de clore cette saga est d’offrir immédiatement sa démission, quitte à se présenter à l’élection partielle dans La Peltrie. De cette façon, M. Caire obtiendrait ce qu’il clame depuis plusieurs jours, à savoir être jugé par ses électeurs.

vigile.quebec tribune libre 24 avril 2023
Le Soleil (version numérique) 25 avril 2023

Le troisième lien, RIP!

25 avril 2023

Lors de la conférence de presse de la ministre des Transports, Geneviève Guilbault eu égard au troisième lien Québec-Lévis, nous avons eu droit à un scénario de tragi-comédie de première classe. D’entrée de jeu, c’est d’abord d’un pas assuré, une pile de cartables entre les mains, que la ministre a fait son entrée dans la salle de conférence au milieu d’une panoplie de journalistes suspendus à ses lèvres et dévorant d’avance le fruit de ses révélations.

Coup de théâtre! La ministre annonce d’un ton solennel que le projet initial de troisième lien sera modifié. Il sera réservé uniquement pour le transport en commun. Les députés péquistes de la ive Sud sont complètement dévastés, et se sentent trahis par leur propre parti, eux qui avaient fait campagne en grande partie, tel que promis par leur premier ministre en campagne électorale, sur un troisième lien contenant une voie auto-routière.

Depuis cette nouvelle pour le moins percutante annonçant un changement de cap à 90 degrés, la machine à rumeurs s’est mise rapidement en branle au sein des partis d’opposition et du monde des médias, la plus souvent énoncée étant celle d’un enterrement de première classe du troisième lien.

Pendant les deux dernières campagnes électorales, François Legault n’a pas cessé de clamer que le projet initial de troisième lien constituait une engagement phare de son parti. Aujourd’hui, j’ai la nette impression qu’il est devenu un caillou dans le soulier du premier ministre. Conséquemment, je suis d’avis que le gouvernement, d’ici la prochaine élection, va volontairement laisser traîner le dossier afin de ne pas nuire à ses chances de reprendre le pouvoir…et, une fois élu, le cas échéant, il inscrira RIP sur le projet de troisième lien sous-fluvial Québec-Lévis en début de mandat.

vigile.quebec tribune libre 24 avril 2023
 

 

Dépenses de séjours pharaoniques de Trudeau

22 avril 2023

Un autre voyage extravaguant vient de s’ajouter aux vacances de rêve de Justin Trudeau, cette fois-ci en Jamaïque chez des amis de longue date de la famille Trudeau. Le séjour s’est étalé sur une semaine et a coûté aux contribuables canadiens la somme pharaonique de 160 000 $, soit l’équivalent de plus du tiers du salaire du premier ministre estimé à 400 000 $.

À ces vacances exorbitantes s’ajoutent son séjour familial sur l’île de l’Aga Khan en 2016 qui lui avait valu un blâme du commissaire aux conflits d’intérêt et à l’éthique, ce voyage ayant coûté 215 000 $ aux contribuables canadiens, son séjour dans une résidence en bord de mer à Tofino au début de ses vacances lors de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation qui avait été instituée par son gouvernement et la location d’une luxueuse suite à grands frais, 6000 $ la nuit, lors de sa participation aux funérailles de la reine Élisabeth II à Londres.

Or, une question se pose : dans le contexte économique actuel où des centaines de milliers de Canadiens en arrachent pour joindre les deux bouts, à quoi pense Justin Trudeau lorsqu’il se paye des vacances aussi scandaleuses? Erreur de jugement? Peut-être. Mais je suis plutôt porté à penser qu’il a hérité du tempérament égocentrique de son défunt père. Pour Justin Trudeau, c’est le « me, myself and I » qui prime, et tant pis pour les autres.

Dans ces circonstances, le grand défenseur de la classe moyenne canadienne se foutre éperdument de dilapider des centaines de milliers de dollars extirpés des poches de ces mêmes contribuables…Ainsi va la vie pour notre premier ministre canadien!

vigile.quebec tribune libre 19 avril 2023

La CAQ élue sous de fausses représentations

22 avril 2023

Lors de la dernière campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est engagée formellement devant les Québécois à construire un troisième lien sous-fluvial autoroutier entre Québec et Lévis et cela sans étude à l’appui. C’était une promesse-phare de la CAQ. Les 16 députés caquistes de la Capitale nationale, de Lévis et de Chaudière Appalaches se sont faits élire en grande partie pour cet engagement, dont Éric Caire qui a même mis son siège en jeu si le projet ne se réalisait pas. C’est sans compter les milliers de Québécois qui ont voté pour la CAQ en grande partie en raison du projet de troisième lien.

Or, aujourd’hui, nous apprenons, par la voix de la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, que le projet initial est abandonné en faveur d’un troisième lien uniquement réservé au transport en commun. C’est la consternation. Plusieurs membres de la classe politique se sentent trahis, dont les ministres responsables de Lévis et de Chaudière Appalaches Bernard Drainville et Martine Biron. C’est sans compter la frustration et l’indignation du maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui a fait une croix sur sa confiance envers le gouvernement de la CAQ.

Partant du constat d’une part, que la CAQ a reçu un mandat clair pour réaliser ses engagements, notamment et surtout le troisième lien initial présenté aux électeurs québécois, et d’autre part, qu’elle renie maintenant son engagement, je suis d’avis que ce gouvernement a été élu sous de fausses représentations, et qu’il doit par conséquent se présenter devant les électeurs québécois lors d’une élection générale… C’est le prix à payer pour avoir leurré honteusement l’électorat québécois en brisant son engagement!

vigile.quebec tribune libre 21 avril 2023
 

Le pathos de Bernard Drainville

22 avril 2023

Lors d’un point de presse tenu à la suite de l’annonce de l’enterrement de première classe du projet initial de tunnel sous-fluvial auto-routier entre Québec et Lévis par la ministre des Transports Geneviève Guilbault, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville avait peine à retenir ses larmes en se confondant en excuses auprès de ses électeurs pour ne pas avoir respecté son engagement.

Je ne doute pas que le l’orgueil du ministre en ait pris un coup, mais il m’apparaît qu’en tant que ministre et député de la CAQ, il aurait dû se garder une petite gêne et accepter dignement le coup en se rangeant derrière la ligne de parti. C’est une simple question de solidarité ministérielle élémentaire!

vigile.quebec tribune libre 21 avril 2023
Le Devoir "Le pathos de Drainville" 22 avril 2023 
 

Chapeau à toi, Catherine!

20 avril 2023

L’ex-députée péquiste et indépendante à l’Assemblée nationale et actuelle mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, est sortie de l’ombre en avouant avoir été la victime d’agression sexuelle de la part du député péquiste Harold Lebel. Même si les faits avoués étaient connus du moins sur la scène politique, Catherine Fournier aurait pu choisir de maintenir l’interdit de publication « artificiel ».

Or, je suis enclin à penser que maintenant que la poussière est retombée, que l’agresseur a été reconnu coupable et qu’il a purgé une peine de prison, qu’elle souhaite que son histoire puisse servir d’exemple et encourager les victimes d’agression sexuelle à dénoncer.

Catherine Fournier est un personnage public connu et adulé. En jetant le voile sur ce triste épisode de sa vie personnelle, elle prenait, entre autres, le risque de nuire à sa carrière politique en jouant la victime. Toutefois, elle a décidé de faire confiance au système judiciaire malgré les nombreux cas qui ont innocenté les agresseurs présumés qui ont été déclarés non-coupables faute de preuve hors de tout doute raisonnable, et couverts par la présomption d’innocence.

Et, pour ajouter à toute cette affaire sûrement extrêmement traumatisante, le député Lebel représentait de surcroît un mentor pour la jeune députée, donc un homme politique en qui elle avait pleinement confiance, d’où le cheminement intérieur pénible auquel a été confrontée la victime. Dans ces circonstances, on ne peut qu’applaudir au courage sans faille démontrée par Catherine Fournier pour avoir mené ce combat difficile jusqu’à la fin. Chapeau à toi, Catherine… Puisse ton combat en susciter d’autres!

vigile.quebec tribune libre 19 avril 2023
Le Soleil (version numérique) 23 avrile 2023