Les enfants dans la mire des retombées

13 avril 2012

Alléguant des compressions budgétaires et une baisse d'achalandage observée au cours des dernières années, la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) a décidé d'annuler la tenue de la Fête des enfants en 2012. Les jeux gonflables, ateliers et spectacles gratuits qui, le temps d'une fin de semaine, attiraient des dizaines de milliers d'enfants chaque été depuis 13 ans, au parc Maisonneuve, puis au parc Jean-Drapeau à compter de 2007, ne reviendront pas en 2012.

La directrice des communications à la SPJD, Nathalie Lessard, soutient que le nombre de visiteurs, qui atteignait 300 000 personnes en 2008, a dégringolé à 95 000 en 2011. Toujours selon Mme Lessard, une telle baisse d'achalandage rend plus difficiles la recherche de commanditaires et la viabilité financière de l'événement.

Par ailleurs, la directrice des communications refuse la possibilité d’envisager l’imposition de tarifs à l’entrée. D’autre part, la Ville a indiqué qu'elle poursuivait sa réflexion sur l'avenir de l'événement et qu'elle examinait diverses solutions dans le but de maximiser les retombées des fêtes organisées dans les quartiers et destinées aux familles.

À mon sens, les parents accepteraient de bon gré de payer un prix d’entrée dont l’objectif serait de combler le manque à gagner pour atteindre l’équilibre budgétaire de cette activité plutôt que de plaquer leurs enfants dans la mire des retombées économiques!

quebechebdo 13 avril 2012

Des coupures de 300 millions…dans le gras

13 avril 2012

Loin de se laisser intimider par le durcissement de ton de la ministre Beauchamp qui allègue la sempiternelle peur qui a si souvent fait reculer les Québécois lors de décisions cruciales relativement à leur avenir en tant que société distincte, pas plus que par les comparaisons insidieuses de Charest entre les manifestations étudiantes et l’intimidation dans l’industrie de la construction, les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) proposent une série de mesures pour « couper dans le gras » dans les budgets des universités afin d’accroître les investissements dans la recherche et l’enseignement universitaires, sans pour autant hausser les droits de scolarité.

En effet, en conférence de presse, mercredi le 11 avril, les leaders étudiants ont indiqué avoir identifié des compressions possibles de 300 millions $ sur cinq ans dans les budgets des universités, provenant, entre autres, d’un gel des fonds liés à l’informatique, aux communications, à l’administration et aux investissements immobiliers.

« Lorsqu’on gèle ces fonds, on se rend compte qu’on fait des économies qui nous permettent de réinvestir notamment au niveau de la recherche et de l’enseignement qui sont les éléments fondamentaux des universités », a déclaré la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

Les fédérations étudiantes demandent également une diminution des salaires des recteurs des universités à chartre, pour les arrimer à ceux du réseau de l’Université du Québec. Les étudiants réclament aussi des coupes dans les budgets liés au personnel de gestion.

Ces différentes mesures permettraient de dégager un surplus supérieur à ce que représenterait la hausse des droits de scolarité, sans pour autant accroître le fardeau fiscal des Québécois.

À mon sens, en ripostant de manière concrète aux « supposés assouplissements » présentés la semaine dernière par le duo Beauchamp-Bachand concernant les prêts aux étudiants, les leaders de ces deux fédérations étudiantes font preuve de « gros bon sens » en ramenant le débat là où il doit se situer, à savoir sur la gestion déficiente des universités.

Nul doute qu’une telle réplique de la part des étudiants s’attirera une augmentation de la faveur populaire en attaquant l’origine de l’abcès tout en donnant du mordant et de la crédibilité à leurs revendications contre la hausse des droits de scolarité.

vigile.net tribune libre 12 avril 2012
quebechebdo 15 avril 2012

Message aux étudiants

12 avril 2012

Au moment où la pression est de plus en plus en forte sur les étudiants concernant les menaces d’annulation de la session de la part du gouvernement, certaines associations étudiantes commencent à pencher vers un arrêt du boycott et, par conséquent, un retour sur les bancs d’école.

Paradoxalement, une forte majorité de ces mêmes étudiants se prononcent toujours contre la hausse des droits de scolarité… À quelques jours de l’ultimatum lancé par le gouvernement et les directions des universités, il est tout à fait normal que les tensions montent et que les doutes et les craintes s’emparent de certains étudiants et risquent d’effriter un mouvement qui, à mon sens, est sur le point de faire fléchir les décideurs devant la mobilisation qu’il a suscitée depuis plusieurs semaines, autant auprès de la classe étudiante que de la population en général.

Pour toutes ces raisons, je lance ce message aux étudiants…

Compte tenu que vous avez réussi à maintenir le cap sur vos revendications initiales depuis plus de sept semaines,

Compte tenu que vous avez même réussi à étendre le débat jusque dans les antres du financement et de la gestion des universités,

Compte tenu que vous avez réussi à mobiliser des milliers de Québécois, de toutes classes sociales confondues, autour de votre cause,

Compte tenu que le gouvernement ne peut plus reculer l’échéance d’une entente à cause des frais énormes encourus par l’annulation éventuelle de la session d’hiver,

Vous devez être conscients qu’un vote contre le boycott de vos cours est un vote pour la hausse des droits de scolarité puisqu’un tel vote consacrera la victoire du gouvernement Charest et du néo-libéralisme contre lequel vous vous battez avec tant d’acharnement.

Voilà pourquoi, à mon sens, vous n’avez pas le droit d’abandonner la route que vous avez maintenant contribuer largement à ouvrir vers une démocratie orientée sur la justice sociale que vous réclamez à grands cris.

Ne tombez pas dans le piège pernicieux de la peur, cette peur viscérale qui a si souvent fait reculer les Québécois au cours des dernières décennies! Tenez bon…vous arrivez à bon port!

quebechebdo 12 avril 2012 

Laurent Proulx, un cas…isolé

11 avril 2012

Le titulaire du cours « Anthropologie des conflits et de la violence » Martin Hébert, qui devait donner son cours où assistait Laurent Proulx, cet étudiant qui a bénéficiée d’une injonction interlocutoire provisoire de 10 jours la semaine dernière pour faire lever les piquets de grève à l’entrée du local de son cours, a abandonné les quelques étudiants qui s'étaient présentés en classe le 10 avril, alléguant que la présence des médias l'empêchait de travailler dans un climat propice à l'apprentissage avant de se raviser pour finalement donner son cours vers 17h devant une douzaine d’étudiants.

Préalablement à ces événements, soit moins d'une heure avant le début du cours, Laurent Proulx avait convoqué une conférence de presse devant le palais de justice de Québec pour dénoncer la campagne de salissage dont il s'est dit victime de la part d'autres étudiants.

À mon sens, lorsqu’il invoque la prérogative des droits individuels sur les droits collectifs, Laurent Proulx fait fausse route puisque, dans le cas des débrayages des associations étudiantes, des votes démocratiquement tenus ont eu lieu et que, dans ces situations, la voix de la majorité doit primer.

Telles sont les règles établies en démocratie…Il appartient maintenant à Laurent Proulx de se rallier à la majorité sinon, il se retrouvera un cas…isolé, à savoir rejeté et seul!

quebechebdo 11 avril 2012 

Des scènes de violence qui perturbent

10 avril 2012

Une enquête menée par des chercheurs de l’Hôpital Sainte-Justine auprès de 2120 enfants depuis l’âge de cinq mois jusqu’à la deuxième année du primaire révèle que les scènes de violence présentées à la télé ont des impacts négatifs sur le comportement de ces enfants. De plus, loin d’être un phénomène marginal, 73% des parents avouent que leurs enfants voient des scènes de violence à la télévision au moins une fois par semaine.

Au terme de leur enquête, soit à la deuxième année du primaire, les enseignants de ces enfants ont été invités à remplir un questionnaire portant, entre autres, sur leurs réactions émotives, leurs capacités de concentration, leur degré de morosité et leurs résultats scolaires.

Les constats sont pour le moins inquiétants…en effet, les enfants soumis régulièrement à des actes de violence à la télé présentent des augmentations de comportements antisociaux, une diminution du degré d’enthousiasme conduisant à des manifestations de tristesse et une croissance de comportements agressifs.

Des résultats qui, en soi, ne sont pas surprenants mais qui nous placent brutalement devant une dure réalité, à savoir, celle de prendre nos responsabilités en tant que parents et éducateurs vis-à-vis ce déferlement de scènes de violence présentées au petit écran en contrôlant leur accès de la part de nos enfants!

quebechebdo 10 avril 2012 

L’avènement du Québec au rang d’un État souverain

10 avril 2012

Une réflexion de Charles De Gaulle parue en haut de la page d’accueil de la tribune libre de Vigile récemment m’a rappelé la phrase désormais légendaire du Président français prononcée avec pompes sur le balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal le 24 juillet 1967 lors de sa visite officielle à l’occasion de l’Exposition universelle de Montréal… « Vive le Québec… libre ! »

« Que le Québec soit libre c’est, en effet, ce dont il s’agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d’autres peuples, tant et tant d’autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. »

Près de 45 ans après les paroles percutantes de De Gaulle, nous attendons toujours « l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale ». Toutefois, le printemps 2012 pourrait bien devenir le début d’une étape cruciale vers cet avènement.

Et, par un concours de circonstances providentiel, cette marche vers notre libération est menée par une jeunesse vigoureuse, animée du feu d’une justice sociale qui n’a d’égale que sa conviction dans le nécessaire affranchissement d’un néo-libéralisme avilissant.

Le débat auquel ces jeunes nous invitent outrepassent largement la simple hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest qui se retrouve carrément dépassé par les événements, déséquilibré par l’ampleur de la mobilisation suscitée par la force de frappe du mouvement étudiant.

À mon sens, les règles du jeu changent petit à petit…fini le temps de la servile soumission aux arguments purement mercantiles de ces dirigeants carriéristes à courte vue, aveuglés par une basse partisanerie.

Arrive maintenant un temps nouveau…un temps où la loi de la justice sociale retrouve ses lettres de créances par la voix de ces jeunes qui manifestent ouvertement leur ras-le-bol de ces discours mesquins prononcés par des politiciens tout aussi mesquins.

La voie de la libération est maintenant ouverte…une véritable révolution sociale est amorcée…une réflexion sérieuse sur le politique autrement s’impose…il nous appartient maintenant d’emboîter le pas avec ces jeunes qui viennent d’enclencher « l’avènement du Québec au rang d’un État souverain » !

vigile.net tribune libre 10 avril 2012

Le plus cynique s’éteint

9 avril 2012

Celui qui, à mon sens, incarnait le plus cynique des «Cyniques», Serge Grenier, s’est éteint le 6 avril à l’âge de 73 ans. Par son calme flegmatique et ses pointes d’humour acerbes, il avait développé l’art de pointer insidieusement ses messages dans les pensées de ses admirateurs.

Depuis plusieurs années, Serge Grenier montait sur les planches du festival Juste pour rire duquel il avait été d’ailleurs le premier animateur. À chaque occasion, il y faisait la lecture de son caustique «bulletin de nouvelles» dans lequel l’humoriste avait imaginé une manière bien personnelle de lancer des «bombes» sur tous les sujets d’actualité et ce, dans des textes finement articulés.

Je retiendrai de Serge Grenier que, dans son style irrévérencieux, politically incorrect, l’homme cultivé qu’il était a réussi à conférer à l’humour québécois un statut particulier!

quebechebdo 9 avril 2012

Sur le chemin de la liberté

8 avril 2012

 Nous n’avons qu’une liberté : la liberté de nous battre pour conquérir la liberté » Henri Jeanson

Il y a quatre ans, soit le 7 avril 2008, France Bonneau publiait sur cette tribune un texte sous le titre « Liberté », lequel se terminait par ces mots :

« Nous sommes en insuffisance de tout sur cette planète et il manque chez nous, ici même, le nom d’un pays appelé QUÉBEC. Ce patronyme enfin célébré, nous représentant à l’assemblée des nations, marquerait la rencontre ultime : celle d’un peuple et de sa liberté. »

Aujourd’hui, sous la plume d’un poète français du nom de Jean Dornac, la marche des étudiants vers leurs droits légitimes à des études supérieures a franchi l’océan pour atteindre la terre de nos ancêtres français :

« Devenez l’espérance d’un Monde Nouveau
Où les jeunes se lèvent et crient :
 « Liberté ! Enseignement et Culture ! »
Comme dons d’humanité en toute gratuité

L’esprit n’est pas marchandise
Pas plus que la santé ou l’eau
Pas plus que le logement
Où le nécessaire revenu de vie »

Dans sa chanson « Je chante avec toi liberté », Nana Mouskouri s’exprime en ces termes :

« Moi je crois que tu es la seule vérité
La noblesse de notre humanité…
Les chansons de l’espoir ont ton nom et ta voix
Le chemin de l’histoire nous conduira vers toi »

Peu importe ce qu’il adviendra du mouvement étudiant actuel au Québec, il aura certainement contribué à susciter un éveil social et politique inégalé depuis des décennies. Ces jeunes auront marqué à jamais, par leur détermination et la richesse de leurs arguments, la fierté d’un peuple en route vers sa libération du joug néo-libéral qu’ils rejettent sans équivoque.

À travers ses convictions et ses valeurs, notre jeunesse québécoise nous convie à la « rencontre ultime : celle d’un peuple et de sa liberté » Il ne faudrait surtout pas la décevoir…il y a de ces rendez-vous avec l’histoire que nous ne pouvons pas manquer !

vigile.net tribune libre 8 avril 2012

La justice sociale au centre du débat

7 avril 2012

Dans un article publié dans Le Devoir du 7 avril sous le titre « Le printemps étudiant à la lumière de Pâques », un collectif de jeunes croyants québécois , rassemblés par le Centre Justice et foi, se prononcent sur la lutte étudiante contre la hausse des droits de scolarité.

En le parcourant, j’ai été agréablement surpris par la richesses de leurs arguments en faveur du mouvement étudiant dans le contexte de la tradition chrétienne dont les Québécois sont les héritiers.

« Ce Jésus de Nazareth, dont la vie a marqué tant de personnes en son temps et continue d’inspirer des femmes et des hommes d’aujourd’hui, que nous inspire-t-il sur ce que nous vivons maintenant ? Le contexte historique qui a été le sien était troublé du point de vue politique. Il était également divisé par des visions divergentes de la foi et de la vie sociale. Il y a là une analogie avec notre époque. »

Que nous soyons croyants ou non, le message de ce « Jésus de Nazareth » ne peut nous laisser indifférents. En ce sens, le rapprochement que nous proposent ces jeunes entre les deux contextes historiques prend une signification extrêmement porteuse de sens.

« Pour notre part, ce que nous percevons dans le mouvement étudiant, c’est le surgissement d’un questionnement fondamental sur ce qui nous relie les uns aux autres. Car loin d’être seulement une question d’argent, les demandes des étudiants se réfèrent à la justice sociale, aux valeurs collectives, à la critique de l’individualisme néolibéral. Elles en appellent au bien commun et à l’équité entre les générations. »

Devant le mépris et les attaques sévères qui relèvent souvent de préjugés grotesques contre notre jeunesse, nous ne pouvons que nous réjouir de la prise de position de ces jeunes qui ramènent la justice sociale au centre du débat actuel sur la hausse des droits de scolarité.

En terminant, je crois opportun de vous laisser sur cette réflexion porteuse d’espoir de ces jeunes :

« C’est une part de cette vie en mouvement que nous reconnaissons à l’oeuvre dans l’actuelle mobilisation étudiante. Cela pourrait-il ouvrir de nouveaux horizons pour notre vivre ensemble et, qui sait, faire germer un printemps politique du Québec ? C’est ce que nous espérons ! »

vigile.net tribune libre 7 avril 2012
quebechedo 8 avril 2012

Commentaire:

"M. Marineau, merci pour vos contributions qui nous obligent à saisir le sens de ce qui nous porte sans cesse par en avant.

Joyeuses Pâques à vous et à tous les vôtres."

Oscar Fortin

vigile.net tribune libre 7 avril 2012 

Joyeuses Pâques…tout en oeuf!

7 avril 2012

L'origine des œufs de Pâques daterait de l'instauration du carême pendant lequel l'Église interdisait la consommation d'œufs. En conséquence, à l'issue du jeûne de quarante jours, il fallait consommer les œufs qui s'étaient accumulés, en les mangeant normalement pour les plus récents, les plus vieux étant décorés.

Avant la démocratisation du chocolat, les œufs étaient naturels et décorés par les enfants. Dans les campagnes, ils étaient teints en rouge avec des rouelles d’oignon cuites, en rose pâle avec des épluchures de radis ou en vert avec des feuilles d’ortie ou de lierre.

Chez les catholiques, les cloches cessaient de sonner à partir de la messe du Jeudi qui précède Pâques, dit « Jeudi Saint ». Elles recommençaient à vibrer à la fin de la veillée pascale. La tradition prétend que les cloches ne sonnaient plus, car elles étaient parties à Rome. Elles revenaient dans la nuit de Pâques, chargées d'œufs en chocolat qu'elles déversaient dans les jardins. Le lendemain, les enfants allaient chercher les sucreries qui y étaient dissimulées.

Même si les temps ont bien changé et que les œufs de Pâques se font de plus en plus rares sur les tablettes, il fait bon de connaître leur histoire qui fait partie de nos traditions québécoises qui, malheureusement, se perdent de plus en plus dans la nuée des temps!

Joyeuses Pâques à toutes et à tous !

quebechebdo 7 avril 2012
vigile.net tribune libre 7 avril 2012 "La justice sociale au centre du débat!