La capitale nationale dépouillée d’un pan important de son histoire

1 mai 2013

En tant qu’ex-professeur de français, je me suis toujours efforcé d’exiger de mes élèves qu’ils évitent ce que j’appelais les verbes « fourre-tout », tels « aller », « faire », « mettre », etc, et de viser à utiliser plutôt le verbe qui décrit le mieux leur intention.

À cet effet, on pouvait lire dans un journal du 23 avril le titre suivant : « Le PQ exhorte Ottawa à laisser à Québec sa collection d’artefacts. » Quoique je connaisse le sens du verbe « exhorter », j’ai quand voulu m’en assurer en cherchant sa définition dans un dictionnaire : « s’efforcer par le discours de porter quelqu’un à faire quelque chose.

C’est alors que je me suis rappelé les conseils à mes élèves en constatant que l’auteur de cet article, en choisissant le verbe « exhorter », avait utilisé le verbe qui décrit le mieux la réalité, à savoir que le Québec, englouti dans son statut de province, ne peut qu’exhorter le fédéral, à savoir « s’efforcer » par ses arguments de l’inciter à laisser les artefacts patrimoniaux dans la Capitale nationale. À titre d’illustration, voici un extrait de cet article :

« C’est au tour d’Agnès Maltais et de Maka Kotto de tenter d’éviter le déménagement à Gatineau de millions d’artefacts appartenant aux collections patrimoniales de Parcs Canada et entreposés à Québec. Les deux ministres québécois feront parvenir dans les prochains jours une lettre au lieutenant politique de Stephan Harper au Québec, Christian Paradis, dans laquelle ils « l’exhortent » à revenir sur la décision des conservateurs de dépouiller la capitale nationale d’un pan important de son histoire. »

En termes clairs, c’est au fédéral, de par sa juridiction, de décider de l’exportation d’un pan important de l’histoire de la Capitale nationale sans que le gouvernement du Québec ne puisse rien faire d’autre que d’exhorter un gouvernement qui bafoue depuis des années le fait francophone du haut de sa tour d’ivoire anglophone…Frustrant, non ?

Il est vrai que, par « déformation professionnelle, je suis très sensible à la signification des mots et que je ne représente pas le pattern normal du lecteur de journaux, et mon intention n’est pas de vous convertir aux vertus du verbe précis. Toutefois, j’espère que cette petite incursion dans l’univers de la sémantique vous aura permis de constater à quel point le fédéralisme, même s’il n’empiète pas dans le cas présent sur une juridiction provinciale, place le Québec dans une situation telle qu’il doit s’ingénier à faire preuve d’arguments qui puissent convaincre un gouvernement fantasque et narquois envers les francophones de consentir à laisser chez lui son propre patrimoine historique.

« Pourtant, nous qui sommes un peuple aux assises fragiles, nous avons besoin plus que d’autres de références stimulantes à une histoire qui nous serait propre et de posséder des « lieux de mémoire » pour nous approprier la genèse et l’évolution de notre identité et tirer profit de l’expérience acquise à chaque tournant majeur de notre histoire. » Léon Dion

vigile.net 24 avril 2013
quebechebdo 24 avril 2013 (version abrégée)



La Cour suprême dans les dédales de « l’immunité royale »

25 avril 2013

Autre revirement dans la saga Lise Thibault qui subira son procès devant juge seul à partir du 7 avril 2014 alors qu’en mars 2013, l’ancienne lieutenante-gouverneure du Québec avait demandé de ne plus subir son procès devant un jury, une option qu’elle avait elle-même choisie auparavant. D’autre part, son avocat, Me Marc Labelle, n’a pas manqué de rappeler qu’il avait déjà déposé une requête en Cour suprême pour faire annuler toutes les accusations qui pèsent contre Mme Thibault en vertu de «l’immunité royale» dont elle disposerait.

Historiquement, il me semble important de souligner que l’immunité royale est un legs de centaines d’années de tradition avec comme origine la common law britannique. Résumée avec l’adage « the Queen can do no wrong » [la reine ne peut se poursuivre elle-même], cette tradition date des jours où le Souverain était au-dessus des Lois, et était lui-même créateur de ces dernières. Bien qu’en vigueur aujourd’hui, l’article 17 de la Loi d’interprétation du Canada résume encore bien cet état des choses : «sauf indication contraire y figurant, nul texte ne lie Sa Majesté ni n’a d’effet sur ses droits et prérogatives».

Invoquant cet article, Mme Thibault argumente que, puisque la plupart de ses dépenses ont été effectuées durant l’exercice de ses fonctions, elle bénéficie d’une immunité totale, tant criminelle que civile, en sa capacité de représentante de la Reine. Malheureusement pour elle, dans un rapport déposé en 2007, les vérificateurs généraux du Québec et du Canada ont affirmé que Lise Thibault avait reçu 700 000$ de remboursements qui n’étaient pas liés à sa fonction de Lieutenante-gouverneur.

Déboutée par la Cour du Québec, la Cour d’appel et la Cour supérieure dans ses tentatives de mettre en lumière son « immunité royale », le procès au criminel de Lise Thibault débutera le 7 avril 2014, soit 45 mois après les premières accusations, suivies de la « valse des Cours » disponibles au Québec, un long chapitre sur « l’art de gagner du temps. »

Il reste maintenant à connaître la décision de la recevabilité ou non de la demande de la part des juges de la Cour suprême qui se retrouvent embourbés dans les dédales de l’immunité royale. Peu importe leur avis concernant la requête de la demanderesse, j’ai bien hâte de connaître les arguments invoqués dans leur décision…

quebechebdo 25 avril 2013

Erreur sur la dépouille mortelle

24 avril 2013

C’était bien le cercueil, les vêtements et les bijoux qu’ils avaient minutieusement choisis pour leur mère. Mais c’est une parfaite étrangère qui repose ainsi parée dans le cercueil de leur mère, au salon funéraire Oscar St-Ours à Shawinigan lorsque les six enfants de Marguerite Mercier-Pelletier se présentent devant le cercueil le 14 décembre 2012. Leur mère, elle, avait déjà été incinérée, ce qui allait à l’encontre de ses dernières volontés.

Une poursuite de 570 000$, soit 95 000$ par enfants, est actuellement en litige contre l’entrepreneur de pompes funèbres… Une somme d’argent qui ne pourra jamais compenser pour le fait qu’on leur a volé leur deuil, déplorent-ils.

Une bavure difficilement explicable de la part de l’entreprise funéraire d’autant plus que l’erreur aurait dû être évitée puisque, lorsque les enfants se sont présentés au salon pour faire les arrangements, une employée leur a présenté un chapelet appartenant soi-disant à leur mère alors que ce n’était pas le cas.

quebechebdo 24 avril 2013

Apparences de conflits d’intérêt

24 avril 2013

La nomination de Pierre Karl Péladeau à la présidence du conseil d’administration d’Hydro-Québec en a surpris plusieurs et semé une certaine préoccupation dans la communauté médiatique qui, via le site internet de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, a émis ce communiqué aux allures plutôt laconiques :

« La première ministre du Québec, Pauline Marois, aurait dû chercher ailleurs que dans les rangs des patrons de presse pour pourvoir ce poste. S’il avait fallu que l’ex-premier ministre, Jean Charest, nomme Paul Desmarais jr. à la tête d’Hydro-Québec, le monde journalistique aurait été tout aussi inquiet, et à raison ».

Même si PKP ne dirige plus Québecor au quotidien, il demeure président du conseil d’administration de Québecor Média et de TVA, vice-président du C.A. de Québecor inc. et détenteur de 73 % des droits de vote de la compagnie en Bourse. Quand viendra le temps de critiquer la gestion chez Hydro-Québec, de révéler des écarts budgétaires ou des mauvaises décisions, qui chez Québecor osera prendre le bâton pour dénoncer et exposer le tout ?

À l’époque, Bernard Landry a permis à PKP d’acquérir Vidéotron, Jean Charest lui a ensuite offert un amphithéâtre à Québec, et maintenant, Pauline Marois le nomme à la tête de la plus importante société d’État du Québec. Par ailleurs, il serait intéressant de connaître la perception de Pierre Duchesne, Bernard Drainville et Jean-François Lisée, tous d’ex-journalistes devenus ministres péquistes, à propos de cette nomination.

Même si je ne remets nullement en question les qualités de gestionnaire de PKP, sa nomination à Hydro-Québec laisse présager des périodes de conflits d’intérêt potentiels non-négligeables sans compter que son parcours de carrière des dernières années me laisse à penser qu’il a une oreille attentive dans les cercles du pouvoir, ce qui, à mon sens, est tout à fait légitime.

Toutefois, bien malin celui qui pourrait prévoir vers quel parti PKP jetterait son dévolu, le cas échéant. À titre d’exemples, selon le registre sur les donateurs du Directeur général des élections, M. Péladeau a versé des contributions de 1000$ en 2005 et 2007 et de 3000$ en 2008 au PLQ, de 3000$ au PQ en 2010, et de 3000$ à l’ex-ADQ en 2007.

quebechebdo 21 avril 2013 "Nomination de PKP à Hydro-Québec: inquiétude dans le monde journalistique" (version abrégée)
vigile.net tribune libre 23 avril 2013

Quand les coqs s’affrontent …dans la basse-cour fédérale

23 avril 2013

Quand on regarde les débats à la Chambre des Communes ou à l’Assemble nationale, nous avons souvent l’impression de nous retrouver dans une basse-cour en plein combat de coqs se disputant les honneurs de mettre la patte sur la poule aux œufs d’or.

Parlant de coqs, je me suis amusé à trouver des expressions contenant ce fier gallinacé et j’en ai découvert deux qui collent parfaitement à notre premier ministre canadian et au nouveau chef du PLC.

On pourrait par exemple dire de Stephen Harper qu’il « vit comme un coq en pâte » depuis qu’il tient fermement les rennes du pouvoir. À cet effet, il est intéressant de constater que cette expression signifie « mener une existence confortable et douillette, être bien soigné, avoir toutes ses aises » et qu’elle tire son origine du « coq de panier » ou « coq de bagage » par allusion au coq qu'on transportait au marché avec beaucoup de précautions pour lui conserver une valeur marchande la plus élevée possible.

En ce qui a trait à Justin Trudeau, vous ne serez pas surpris de voir l’expression « fier comme un coq » apposée à son image, une expression dont l’origine remonte à l’instinct de domination propre au coq, roi de la basse-cour, se révélant être un redoutable combattant dans ses heures, réveillant le peuple le matin et trônant jusqu’au sommet des églises.

Pour poursuivre mon allégorie, il convient de remarquer que le jeune coq fraîchement arrivé dans l’enclos subit déjà les attaques du vieux coq expérimenté dont la réputation n’est plus à faire concernant ses sournoises stratégies contre ses adversaires, particulièrement quant ils viennent du Québec.

Toutefois, il faut dire que le coq du Québec s’est déjà mis les pattes dans les plats à quelques reprises et ce, malgré sa récente arrivée dans la basse-cour. De plus, son chant matinal n’a pas l’heur de plaire aux coqs de l’ouest, quoiqu’il semble intéresser davantage ceux du Québec, ces derniers, se rappelant son père, à cause du trémolo dans son ramage.

Considérant l’animosité qui se développe entre les deux gallinacés, il est à prévoir, dans un avenir rapproché, un combat décisif entre eux. À cet effet, je serais porté à penser que la fierté du jeune coq l’emportera sur le coq en pâte et ce, indépendamment de la « coquille vide » de son discours, compte tenu que l’électorat de la basse-cour, selon les rumeurs qui circulent, désirerait du changement, lequel changement est clamé haut et fort par le jeune coq qui a sans doute hérité de son père qui a tenu en haleine les coqs du Québec pendant des années à titre de maître de cette même basse-cour sans jamais pour autant tenir ses promesses.

quebechebdo 23 avril 2013

Une menace d’expulsion discutable

22 avril 2013

Une centaine de personnes se sont rassemblées le 21 avril dans le quartier Limoilou à Québec afin d’accorder leur appui à Ibrahim Soumahoro, un professeur à l’École de cirque de Québec. L’homme d’origine ivoirienne, qui habite dans la capitale depuis cinq ans, est menacé d’expulsion par le ministère de l’Immigration.

Analphabète, M. Soumahoro a fait appel à des amis pour remplir sa demande de résidence permanente pour motifs humanitaires, lesquels ont commis des erreurs qu’il n’a pu lui-même déceler, compte tenu qu’il n’avait pas la capacité de remplir toute la paperasse requise.

Même si tous les intervenants s’entendent à dire qu’il y a eu des manquements aux exigences administratives et que Immigration Canada est dans son droit de le renvoyer, ses amis et collègues demandent au ministre fédéral Jason Kenney de lui accorder un sursis, sans quoi il pourrait être expulsé du pays dès le 30 avril.

De son côté, l’avocat du principal intéressé, Me Denis Langlais, réclame un sursis administratif de la mesure de renvoi pour qu’il puisse continuer à vivre et à travailler ici en attendant son traitement, tout en espérant que la mobilisation de la communauté attirera l’attention de Jason Kenney. « C’est de faire en sorte que cet appui populaire permette au ministre d’utiliser son pouvoir discrétionnaire, parce qu’il a le pouvoir de le faire en vertu de la Loi sur l’immigration », plaide-t-il.

Sur la page Facebook mise en ligne le 16 avril en soutien à M. Soumahoro, les commentaires demandant à Ottawa de lui permettre de rester affluaient, plusieurs d’entre eux manifestant leur colère contre le gouvernement Harper :

« On laisse des bums dans la rue, des immigrants qui viennent ici au Québec pour profiter des largesses de notre système, etc., mais on répudie un citoyen bien intégré dans notre société, qui travaille honnêtement, qui supporte ses parents, ses frères et soeurs dans son pays d’origine », a écrit une internaute.

Espérons qu’il reste encore une parcelle de sens humanitaire dans ce gouvernement aux allures effrontément dictatoriales et que Jason Kenney donnera suite favorablement à la demande d’Ibrahim Soumahoro sans quoi, nous serons, pour une énième fois, condamnés à une étroitesse d’esprit dont le gouvernement Harper fait étalage depuis toutes ses années de pouvoir !

vigile.net tribune libre 22 avril 2013

L’attachement de Harper pour « sa Reine »

22 avril 2013

Pour ceux qui doutaient encore que Stephen Harper tenait à « sa Reine », le nouveau guide destiné aux immigrants canadiens, paru le 2 avril, consacre une section entière aux liens du Canada avec la Reine d’Angleterre et au Duc et à la Duchesse de Cambridge, William et Kate.

Or, l’ancienne version, qui date de 2007, ne contient aucune référence aux liens du Canada à la monarchie…une autre « bavure » à ajouter au dossier monarchique rétrograde de Stephen Harper!

quebechebdo 22 avril 2013
vigile.net tribune libre 22 avril 2013

Une hausse de la taxe scolaire déguisée

21 avril 2013

Étranglé par le carcan du déficit zéro, une conséquence directe de la valse des compressions qui touchent la plupart des ministères, le gouvernement Marois, après les premières compressions annoncées dans le budget des commissions scolaires, leur impose une nouvelle coupe de 65 millions $ sur l’ensemble de la province.

"Même si on abolit tous les postes à l’administration, on ne réussira pas à couvrir toutes les coupures", déclare le secrétaire général de la commission scolaire de la Capitale dans la région de Québec, Érick Parent. Ce poste de dépenses représente 3,4 % de son budget, soit environ 9,8 millions $. Or, c’est désormais 11 millions $ d’ici trois ans que le gouvernement provincial lui demande de retrancher.

Le même scénario est envisagé à la commission scolaire des Navigateurs sur la rive sud de Québec, puisque la diminution des revenus de péréquation se chiffre désormais à 12,8 millions $ sur une période de trois ans alors que les frais administratifs correspondent à 4 % du budget. "Ces efforts doivent se faire sans affecter les services aux élèves… une hausse de la taxe scolaire ne pourra être évitée", souligne la coordonnatrice aux communications, Louise Boisvert.

De toute façon, lors de l’annonce de ces compressions, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Marie Malavoy, a encouragé ouvertement les commissions scolaires à hausser les taxes scolaires pour diminuer les répercussions des compressions imposées par son gouvernement tout en présumant probablement que ces compressions placeraient les commissions scolaires dans une situation financière telle qu’elles n’auraient guère d’autre choix que d’augmenter la taxe scolaire pour préserver la qualité des services aux élèves.

Sans entrer dans un autre débat, à savoir une refonte de l’appareil administratif des commissions scolaires qui devrait, à mon sens, être allégé, la voie détournée utilisée par Marie Malavoy pour aboutir à ces compressions correspond à une hausse de taxes déguisée envers les contribuables. Pour pallier cette manœuvre "détournée", un gouvernement responsable aurait dû emprunter la ligne directe et compenser cette hausse de taxes prévisible via une "contribution scolaire" au même titre qu’il le fait pour la contribution santé au lieu de faire supporter l’odieux d’une telle décision par les commissions scolaires.

En terminant, même si je suis "hors jeu", je m’en voudrais de ne pas vous faire part d’une bonne blague que j’ai lue dans un média à propos de la nomination de Pierre Karl Péladeau au poste de commande d’Hydro-Québec qui s’est assuré du même coup que ses Nordiques disposeront de compteurs intelligents !

vigile.net tribune libre 21 avril 2013

1970…Le début d’un temps nouveau

21 avril 2013

1970…Le 29 avril, le Parti québécois participe pour la première fois aux élections générales et fait élire sept députés. Octobre de la même année, le Québec est en crise suite aux enlèvements de James Richerd Cross et Pierre Laporte par le FLQ. Toujours en 1970, Rnée Claude interprète pour la premièr fois la chanson "Le début d'un temps nouveau, sur des paroles et une musique de Stéphane Venne. En voici un extrait:

« On connaît les détours des tours du monde
On a les yeux du cinérama
Nos âmes sont devenues des ballons sondes
Et l'infini ne nous effraie pas
Et l'infini ne nous effraie pas
Et l'infini ne nous effraie pas »

À cette époque, le peuple québécois vit une effervescence patriotique qui bouscule les règles établies depuis des siècles…Il y a de cela plus de quarante ans et…nous en sommes toujours là, « effrayés par l’infini »! C’est Victor Hugo qui disait : « Il y a une chose plus forte que toutes les armées du monde, c’est une idée dont le temps est venu. » Alors, quand allons-nous enfin pouvoir proclamer que « le temps est venu » pour le Québec d’accéder à son indépendance?

Une question toujours sans réponse…Une énigme qui nous place devant la résolution de la quadrature du cercle comme si nous étions condamnés à la fatalité de la dépendance à un pays qui n’est même pas le nôtre! Aberrant, non?

Ce qui m’amène à une autre question : pourquoi? Le peuple québécois se complairait-il dans cette soumission aveugle au Canada, dans ce colonialisme qui semble l’avoir stigmatisé à tout jamais? J’avoue que là aussi, la réponse n’est pas aussi claire que deux et deux font quatre!

Pourtant, il y a eu un moment de notre histoire où nous sommes venus bien prêts de répondre à ces questions, à savoir le 30 octobre 1995, lors du second référendum. N’eût été, comme a déclaré ce soir-là Jacques Parizeau, de « l’argent et du vote ethnique » [phrase lapidaire qui a conduit à sa démission], les Québécois auraient franchi un grand pas vers leur indépendance compte tenu que l’écart entre le « oui » et le « non » n’était que de quelque 55 000 voix.

Dix-huit ans plus tard, nous en sommes encore à tourner en rond autour de fioritures désuètes au lieu de nous poser [et surtout de nous faire poser] la vraie question : sommes-nous pour ou contre l’indépendance du Québec? À mon sens, cette question nous révélera une fois pour toutes si « le temps est venu » et si « l’infini ne nous effraie pas ».

quebechebdo 21 avril 2013

La gouvernance souverainiste: une démarche « provinciale »

21 avril 2013

Dans un document gouvernemental public concernant la gouvernance souverainiste, on peut lire qu’elle vise à «freiner et à combattre les ingérences» du gouvernement fédéral, à «assumer tous les pouvoirs» du Québec, à «repousser les limites imposées par l'ordre constitutionnel actuel» ainsi qu’à «acquérir de nouveaux pouvoirs».

Si on porte attention à ces objectifs, tout gouvernement, de toutes allégeances confondues, pourrait les viser dans l’état actuel du statut du Québec. Conséquemment, la gouvernance souverainiste ne représente qu’une démarche « provinciale » sans aucune connotation souverainiste.

quebechebdo 21 avril 2013