Le « virage » de PKP

2 octobre 2014

Depuis que Pierre Karl Péladeau a pris officiellement la défense du modèle québécois, certaines voix se sont élevées pour lui imputer un « virage » idéologique à saveur partisane dans le but de se rallier les militants péquistes de la gauche.

Pourtant, quand on porte attention à l’argumentaire de PKP, on se rend compte que, quoiqu’il se range du côté d’une attention particulière vis-à-vis les finances publiques, il prend la défense des plus démunis et des plus vulnérables que le gouvernement écorche dans son train de mesures proposées.

En bref, Pierre Karl Péladeau invite le gouvernement à la prudence avant « d’aller tous azimuts sans prendre le temps de regarder » les conséquences sur la classe moyenne, tout en mettant l’accent sur l’augmentation des revenus de l’État au lieu de capitaliser uniquement sur la diminution des dépenses.

En ce sens, je ne crois pas que l’on puisse parler d’un « virage » mais plutôt d’un positionnement stratégique qui fait appel au gros bon sens d’un administrateur chevronné, axé sur une saine gestion équitable de l’État.

quebechebdo 2 octobre 2014
vigile.net tribune libre 2 octobre 2014
Le Journal de Québec 4 octobre 2014

Un débat idéologique

1 octobre 2014

Il ne faut pas se surprendre si le vieux débat sur les subventions aux écoles privées refait surface dans la litanie des mesures de compressions mises sur la table par le gouvernement Couillard. Et ce n’est pas d’hier que les esprits s’échauffent lorsque ce sujet est abordé autour de la table.

Pour avoir œuvré plus de trente ans dans le réseau privé à divers postes, j’ai été à même de constater les critiques acerbes de certains tenants de l’abolition du réseau privé sous prétexte qu’il représentait une faille dans l’universalité des services à l’éducation et qu’il était réservé à une clientèle privilégiée.

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité ressort des « supposées économies » que le gouvernement réaliserait s’il abolissait les subventions au secteur privé alors que, dans les faits, il lui en coûterait davantage pour chaque élève qui migrerait du privé au public.

De plus, pendant toutes ces années où j’ai circulé dans les corridors d’une école privée, il m’a été donné à maintes reprises l’occasion de rencontrer des parents qui faisaient le choix du privé et, par conséquent, de puiser dans leurs ressources financières pour y inscrire leur enfant sans pour autant nager dans l’opulence, loin de là.

Enfin, et ce n’est pas négligeable, j’ai pu constater l’effet positif de la saine concurrence entre les deux réseaux de l’éducation, particulièrement au niveau des structures d’encadrement des élèves que les écoles publiques ont mises de l’avant et cela, pour le plus grand bien de « tous » les élèves du Québec.

quebechebdo 1er octobre 2014
vigile.net tribune libre 1er octobre 2014

Le favori non déclaré

30 septembre 2014

En se montrant clairement à la défense du « modèle québécois » en réaction aux mesures d’austérité « idéologiques » du gouvernement Couillard, Pierre Karl Péladeau fait un pas de plus dans la course à la direction du Parti québécois.

Au lendemain d’un sondage qui le place nettement en avance avec 53 %  des sympathisants péquistes, le député de Saint-Jérôme accuse les libéraux de « crier au loup » en proposant des coupures budgétaires qui auront pour effet de ramener le Québec au statut de province comme les autres.

« Est-ce qu’il y a une pression fiscale plus importante qu’ailleurs ? C’est clair ! Mais il y a des services en contrepartie aussi. C’est le choix que le Québec a fait historiquement. Et c’est clair que ce n’est pas ce que le gouvernement Couillard veut faire. Il dit qu’on va être une province comme les autres. Ce n’est pas ça, l’histoire du Québec. On ne peut pas faire table rase de ce qui s’est passé avant ».

Toutefois, là où le critique péquiste en matière d’économie et d’entrepreneuriat marque véritablement des points, c’est lorsqu’il aborde un de ses leitmotivs préférés, à savoir le développement des PME québécoises : « Le ministre Daoust dit que ce sont les grandes entreprises qui créent des emplois. […] Sauf que si on ne fait pas attention à nos PME, on n’aura jamais de grandes entreprises ». Un filon dont PKP connaît bien toutes les ficelles et qui constitue sans contredit un fleuron de l’économie québécoise.

Face aux appuis plus que confortables en faveur de sa candidature à la chefferie du PQ, il m’apparaît que PKP annoncera bientôt ses intentions de briguer ce poste. Reste à savoir s’il réussira à rallier les diverses tendances souverainistes qui ont cours actuellement auprès des sympathisants péquistes…Pour ma part, je suis convaincu qu’il possède tous les atouts pour y parvenir.

vigile.net tribune libre 30 septembre 2014

La barbarie à la face du monde

30 septembre 2014

La liste d’innocentes victimes décapitées par les djihadistes de l’État islamique ne cessent de s’allonger, le dernier en liste, le Français Hervé Gourdel, étant le quatrième après deux Américains et un Britannique.

À chaque fois que j’apprends qu’un autre acte d’une telle barbarie s’est produit, je ne peux que ressentir des sentiments de haine envers ces fanatiques inhumains et d’incompréhension devant des actes aussi macabres…Et tout cela, à la face du monde en plein 21ième siècle!

Comment un groupe d’individus peut-il en arriver à poser impunément des gestes d’une telle atrocité? Comment la communauté internationale peut-elle répondre aux djihadistes, sinon par des frappes militaires…au risque de tuer d’innocents civils? À mon sens, l’État islamique représente une énigme des temps modernes devant laquelle l’Occident et la communauté européenne sont littéralement désarmés!

quebechebdo 30 septembre 2014

Le Bloc toujours dans la course

29 septembre 2014

Malgré les nombreuses critiques provenant surtout de l’aile conservatrice du parti à l’égard de la position radicale de son nouveau chef sur la promotion de l’indépendance du Québec, le Bloc québécois de Mario Beaulieu recueille l’aval d’un Québécois francophone sur cinq  dans un récent sondage Léger Marketing.

Dans un tel contexte, il est fort à parier que la division du vote entre les libéraux de Trudeau et les néo-démocrates de Mulcair favorisera l’émergence du Bloc au niveau des suffrages exprimés au Québec lors des élections fédérales de 2015.

Une situation qui donnerait raison à Mario Beaulieu sur la stratégie qu’il entend mettre de l’avant au sein des troupes bloquistes, à savoir de redonner au Bloc ses lettres de noblesse dans la défense et la promotion des intérêts du Québec à Ottawa…Un défi auquel je souscris entièrement, particulièrement dans une période où le PQ cherche désespérément à retrouver sa place sur l’échiquier politique du Québec.

quebechebdo 29 septembre 2014
cyberpresse.ca 1er octobre 2014

Au diable les règles référendaires!

28 septembre 2014

D’entrée de jeu, je vous présente un extrait d’un article publié dans le SundayPost du 21 septembre en réaction au référendum en Écosse dans lequel Jean Chrétien déclare ce qui suit concernant les derniers jours de la campagne référendaire de 1995 au Québec :

“But in the last nine days I said to hell with the rules and organised a huge meeting in Montreal in which thousands of people flew in to send a message that we wanted Quebec to stay with us.” Traduction  libre: « Dans les derniers neuf jours, j’ai dit au diable les règles et organisé une énorme rencontre à Montréal où des milliers de personnes sont venues de partout pour envoyer le message à l’effet que nous voulions que le Québec reste avec nous. » 

En termes clairs, Jean Chrétien a fait fi des règles démocratiques élémentaires de non-ingérence dans le processus référendaire d’un peuple sur son avenir politique, rien de moins…Un geste de vil mépris non seulement envers la saine démocratie mais surtout envers le peuple du Québec. L’auteur de « la nuit des longs couteaux » venait de brandir perfidement une autre arme de son arsenal!

quebechebdo 28 septembre 2014

L’aura de PKP sur la course à la chefferie du PQ

27 septembre 2014

Un récent sondage Léger Marketing, mené entre le 22 et le 25 septembre auprès de 1000 internautes, révèle que 40 % des électeurs répondraient « oui » à un référendum sur la souveraineté du Québec, un appui qui est en hausse de 10 points chez les 18-24 ans. Par ailleurs, le coup de sonde place Pierre Karl Péladeau nettement en avance parmi les candidats prétendants à la chefferie du PQ avec 53 % d’appuis chez les militants péquistes.

Toutefois, une majorité de 61 % des électeurs péquistes affirme qu’il « faudra faire un référendum plus tard, mais que ce n’est pas une priorité pour le moment », et à peine 45 % des souverainistes appuient le Parti québécois comme véhicule d’accession du Québec à son indépendance. Un indice fort révélateur que le PQ perd sa capacité d’attraction auprès des souverainistes et que l’idée de refondation du parti fait tranquillement son chemin.

Dans ce contexte, il sera intéressant de suivre l’évolution de PKP au cours des semaines à venir. Nul doute que les yeux seront tournés vers ses prochaines déclarations. Tentera-t-il de redorer le blason du navire amiral ou se mettra-t-il à la construction d’un nouveau vaisseau ? Ses convictions indépendantistes clairement affirmées lors de sa mise en candidature à titre de candidat péquiste arriveront-elles à s’arrimer avec le report d’un éventuel référendum ?

Des questions essentielles auxquelles PKP devra répondre s’il désire que son aura puisse rallier les diverses tendances qui s’entrechoquent actuellement au sein des troupes indépendantistes…Une histoire à suivre !

quebechebdo 27 septembre 2014
vigile.net tribune libre 27 septembre 2014 "L'aura de PKP"

Une équation qui laisse perplexe

26 septembre 2014

Mises à part les craintes inhérentes à l’autorité directe accrue du ministre Gaétan Barrette dans la gestion du réseau de la santé, le projet de réforme annoncé dans le projet de loi 10 vise « moins de bureaucratie pour plus de soins, c’est de ça qu’on parle ici », affirme le premier ministre Philippe Couillard.

Or, partant du principe que l’abolition de 1300 postes d’employés-cadres dans le réseau suite à la disparition des agences de la santé et des services sociaux générera des revenus supplémentaires dans les coffres de l’État, le citoyen contribuable verra-t-il de facto une amélioration des services ?

Sans connaître toutes les composantes de l’organigramme du ministère de la Santé, il m’apparaît que la création de 19 centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) représente une super-structure qui risque d’éloigner les décideurs des priorités du patient dont les attentes se résument à obtenir des soins dans des délais raisonnables.

« Moins de bureaucratie pour plus de soins »…une équation qui me laisse perplexe et qui sème déjà des doutes « raisonnables » dans la tête des principaux intervenants qui se sont exprimés sur la réforme proposée par Gaétan Barrette.

quebechebdo 26 septembre 2014
Le Journal de Québec 27 septembre 2014   

Les deux mains sur le volant

25 septembre 2014

Quand un enfant pose un geste dangereux pour sa sécurité qui, de surcroît, met en danger la sécurité des autres, on tente de le raisonner en lui expliquant les conséquences possibles de ses actes. Et, s’il persiste, il est confronté à une sanction.

Or, dans le cas de l’utilisation du téléphone dit « intelligent » au volant pour envoyer des « textos », il appert que les campagnes de sensibilisation ne sont pas suffisantes, pas davantage que les pénalités liées à de telles pratiques irresponsables.

En conséquence, je ne peux que souscrire aux intentions du ministre des Transports, Robert Poëti, de renforcer les pénalités envers les utilisateurs du téléphone cellulaire au volant qui ont grimpé de 475% depuis 2008. Quant à ceux qui ont développé un besoin irrésistible envers ce machin des temps modernes, de grâce, sortez de la voie routière et laissez la voie libre aux conducteurs prudents qui ont les deux mains sur le volant !

quebechebdo 25 septembre 2014

Le cri du coeur

24 septembre 2014

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de Sébastien Ricard, un des commissaires des états généraux sur la souveraineté du Québec, paru dans le Devoir du 24 septembre 2014 sous le titre « L’échec d’un exercice important ».

Une courte phrase en particulier a retenu mon attention : « Ce sont les peuples qui fondent les États et non l’inverse ». Une référence directe à la scission qui s’est produite entre le peuple québécois et l’establishment du Parti québécois depuis sa création et particulièrement ses années de pouvoir.

À cet effet, parlant des deux rondes de consultations régionales qui se sont tenues, Sébastien Ricard illustre très bien l’état d’esprit des citoyens qui sont venus s’exprimer : «  Des gens prenaient leur courage à deux mains pour venir exprimer au micro un dépit qui ne convenait pas au cadre traditionnel qu’on leur avait fixé, une frustration qui dès lors ne pouvait être entendue. Mais si elle ne pouvait l’être là, où le serait-elle ? »

Un cri du cœur auquel nous ne pouvons ni ne devons demeurer insensibles. La souveraineté du peuple québécois se doit de devenir la bougie d’allumage des Québécois qui doivent se l’approprier, à défaut de quoi elle continuera de flotter dans les esprits telle une idée abstraite et dénuée de mobilisation citoyenne.

quebechebdo 24 septembre 2014
Le Devoir 29 septembre 2014  "Le cri du coeur de Sébastien Ricard"