Les référendums au pilori

15 février 2017

Dans son style lapidaire habituel, le maire de Québec, Régis Labeaume, lors de sa présentation en commission parlementaire sur le projet de loi 122 portant sur l’autonomie des municipalités, a clamé haut et fort que les référendums par lesquels des citoyens peuvent bloquer un projet immobilier ne sont rien de moins « qu'antidémocratiques », alléguant que « seuls les opposants organisés à un projet peuvent se manifester et exercer leur droit de veto ».

Un argumentaire pour le moins contestable compte tenu que « toute » la population, y compris les citoyens qui sont en faveur du projet soumis au référendum, ont la possibilité de se présenter aux urnes pour faire valoir leur point de vue. Or, il s’avère que, comme dans toutes consultations populaires par voie de référendum, ceux qui sont pour le « oui » brillent souvent par leur absence.

Toutefois, de là à conclure que les référendums sont antidémocratiques, constitue à mes yeux un vice d’interprétation grossière qui met en danger le processus « démocratique » inhérent aux référendums. Conséquemment, M. Labeaume, je vous invite à peser davantage vos assertions draconiennes et à vous soumettre à la voix du peuple au lieu de clouer cavalièrement au pilori les référendums!

quebechebdo 15 février 2017
vigile.net tribune libre 3 mars 2017

Les dessous de la convergence

14 février 2017

La convergence, voilà un terme qui, bien qu’utilisé abondamment dans les coulisses du Parti québécois et de Québec solidaire, en est encore aujourd’hui à ses premiers balbutiements. À cet effet, pour poser un « geste de bonne foi » eu égard à cette convergence, le chef du PQ a décidé de ne pas présenter de candidat dans la circonscription de Gouin laissée vacante par le départ de Françoise David lors de l’élection partielle qui s’y tiendra d’ici le mois d’août.

Or, il appert que le PQ a lancé un sondage interne soumettant les noms de Paul St-Pierre Plamondon et de l’ancien député Nicolas Girard comme possibles candidats dans Gouin, l’un d’eux étant opposé au candidat pressenti de QS, Gabriel Nadeau-Dubois. Les résultats du sondage n’ont pas été dévoilés par le PQ qui se contente de répondre par la bouche de Jean-François Lisée par des commentaires évasifs.

À mes yeux, devant l’éventualité d’une défaite de son parti aux élections partielles dans Gouin, Jean-François Lisée a sorti l’étendard de la « convergence » pour faire figure de « bon joueur » et éviter de la sorte une défaite humiliante qu’il ne voit pas du tout d’un bon œil, compte tenu que les électeurs de Gouin votent PQ ou QS sans interruption depuis 1976…

quebechebdo 14 février 2017

La déconnexion

12 février 2017

L’un des constats majeurs auquel fait allusion Paul St-Pierre Plamondon dans le rapport qu’il a remis à Jean-François Lisée a trait au désintéressement chronique des jeunes eu égard à la politique en général, et à la souveraineté du Québec en particulier.

L’engouement de la jeunesse pour la fibre souverainiste des années ’70 s’est substitué petit à petit avec le temps au mouvement de mondialisme dans lequel elle baigne de plus en plus, l’influence des médias sociaux siégeant en tête de proue de ce phénomène. Aux yeux de notre jeunesse, l’accession du Québec à son indépendance constitue un repli identitaire malsain qui va à l’encontre d’un multiculturalisme ouvert.

En ce sens, le rapport de St-Pierre Plamondon touche à un point sensible, à savoir la déconnexion des jeunes de l’objectif ultime du Parti québécois. Un défi de taille pour Jean-François Lisée qui semble s’être donné comme mission, entre autres, de rapatrier les jeunes au sein de son option politique.

Et ce n’est pas pour demain la veille compte tenu de la distanciation qui s’est opérée entre les générations de jeunes qui se sont succédées depuis les artisans de la fondation du PQ et les militants actuels dont la majorité se situe au-dessus de la cinquantaine.

quebechebdo 12 février 2017
vigile.net tribune libre 12 février 2017  

« Made for sharing »

11 février 2017

Tel est le choix du slogan du comité organisateur de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024. Eh oui, vous avez bien lu, un slogan en anglais pour la Ville Lumière, l’incarnation de la francophonie européenne.

La raison d’un tel choix ? « Donner un caractère universel au projet français », répond Tony Estanguet, le coprésident de Paris 2024. Et, pour couronner cette exposition anglaise, « le CIO, qu’on le veuille ou non, c’est bien triste peut-être, diront certains, mais c’est une réalité, c’est 80 % d’anglophones », ajoute le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner… Foutaise !

Depuis quand une ville aussi rayonnante que Paris, entre autres, pour sa couleur francophone, devrait-elle « se désincarner » pour plaire à ces dignes représentants du CIO ? Paris ne devrait-elle pas plutôt mettre en lumière la langue de Coubertin ?

Devant une telle ignominie, nul doute que le comité organisateur de Paris 2024 sera candidat au prochain prix de la Carpette anglaise, décerné annuellement à une personnalité ou un organisme français qui s’acharne à promouvoir la domination de l’anglais en France !

quebechebdo 11 février 2017

 

Les farces de « mononcle »

10 février 2017

À entendre Gerry Sklavounos nous déballer les raisons qui expliquent le genre de remarques « déplacées » auxquelles son tempérament « extraverti » le pousse souvent, j’ai eu l’impression que le député réclamait une absolution sans repentir.

Et pourtant, M. Sklavounos a réitéré à plusieurs reprises au cours de son allocution que tous ces événements l’avaient conduit à une « introspection » bénéfique sur le plan personnel, l’introspection étant définie comme une « observation méthodique, par le sujet lui-même, de ses états de conscience et de sa vie intérieure » par le Larousse.

En réalité, Gerry Sklavounos est venu nous dire qu’il regrettait ses farces de « vieux mononcle cochon » qu’on entendait jadis dans les rencontres de famille, et qu’il ferait tout pour ne plus les utiliser. Là s’arrête son « introspection »… De la poudre aux yeux !

Gerry Sklavounos m’apparaît un « beau parleur » dénué de toutes formes de sincères regrets envers les femmes qu’il a harcelées grossièrement entre les murs de l’Assemblée nationale, et, en ce sens, il a manqué à son devoir d’exemplarité que son statut de député lui incombe de facto… Conséquemment, il n’est plus digne de siéger au temple des élus !

quebechebdo 10 février 2017
cyberpresse.ca 11 février 2017
Le Soleil 12 février 2017

Le « club social »

10 février 2017

Ce que plusieurs observateurs politiques appréhendaient eu égard au désintéressement des jeunes Québécois à la cause souverainiste vient d’être confirmé dans le rapport de Paul St-Pierre Plamondon qui image en ces termes « colorés » ce phénomène : « Au PQ, les jeunes sont comme des Pokémons rares que l’on cherche depuis des années et quand tu en as un, tu le mets dans la photo ».

En corollaire à ce constat, le rapport fait ressortir que 68 % des membres du PQ ont plus de 55 ans, un parti aux airs de « club social » vieillissant et déconnecté. Un électrochoc dans l’entourage de l’establishment péquiste.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité se retrouve dans cette proposition laconique, voire méprisante, qui exigerait que les membres d’exécutifs âgés de plus de 70 ans seraient placés petit à petit sur la voie d'évitement en plus d’offrir leur siège à un « protégé » de moins de 40 ans et lui offrir un service de mentorat. À mes yeux, une proposition cavalière qui fait fi d’une expertise indispensable à la saine évolution du parti.

En conclusion, M. St-Pierre Plamondon, je vous incite à manifester un peu de respect pour ces femmes et ces hommes « âgés » qui, malgré leurs cheveux blancs, sont encore insufflés d’un sentiment souverainiste qui ne peut qu’animer la tiédeur des jeunes, à défaut de quoi vous risquez d’éprouver beaucoup de difficultés à repérer d’autres « Pokémons » pour rajeunir la photo de famille.

quebechebdo 9 février 2017
vigile.net tribune libre 12 février 2017
 

Le plafond de verre

8 février 2017

Dans une de ses rares sorties depuis sa défaite aux mains de Donald Trump lors de la course à la présidence des États-Unis, Hilary Clinton est revenue sur un de ses thèmes préférés, à savoir un vibrant appel à l’implication des femmes dans la société, les incitant à « se lever et prendre la parole » pour qu’elles deviennent « les briseuses de plafond de verre de l’avenir ».

Or, chez nous au Québec, l’affaire Sklavounos vient de nous démontrer à quel point les femmes demeurent encore prisonnières du « plafond de verre » lorsqu’arrive le temps de dénoncer les agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Une situation qui s’explique, à mon sens, par l’interrogatoire serrée de la part des forces policières qui poussent au pied du mur une victime déjà fragilisée par le stress qu’elle vient de vivre et qui l’incitent souvent à faire des déclarations contradictoires.

De nombreuses allégations de harcèlements sexuels de la part de Gerry Sklavounos sur du personnel féminin de l’Assemblée nationale circulent actuellement dans les corridors de cet auguste temple des élus. Peut-être serait-il temps de faire une brèche dans le « plafond de verre » pour laisser entrer un peu d’air pur au royaume du machisme.

quebechebdo 8 février 2017
 

« Il n’y en a pas, de problème »

7 février 2017

Telle est la conclusion à laquelle arrive Martine Ouellet dans l’hypothèse où elle était élue chef du Bloc québécois à Ottawa et qu’elle continuait de siéger à l’Assemblée nationale à Québec à titre de députée de Vachon.

Or, il s’avère, selon un vieux dicton, qu’à force de courir deux lièvres à la fois, on risque de les perdre tous les deux…même s’ils sont de la même famille! En l’occurrence deux partis indépendantistes, soit, mais, faut-il le préciser, cantonnés sur deux paliers de gouvernements différents ayant pignon sur rue dans deux provinces différentes.

Si on ajoute à ces quelques différends le fait que Martine Ouellet n’ait pas le don d’ubiquité, on peut aisément se demander comment elle arrivera à concilier ses fonctions parlementaires à Québec, ses devoirs envers ses électeurs de Vachon, et ses responsabilités de chef du Bloc.

En réalité, Mme Ouellet aura beau tenter de vouloir sauver la chèvre et le chou en tergiversant sur des arguments tous plus alambiqués les uns que les autres, « il y a un problème » à jouer sur deux tableaux, à savoir le danger imminent de contrecarrer le professionnalisme exemplaire qu’elle doit à ses commettants.

quebechebdo 7 février 2017

 

O’Leary sur les traces de Trump

6 février 2017

Deux candidats issus du monde des affaires, n’ayant aucune expérience en politique active, et aspirant au plus poste de la scène politique de leur pays respectif, l’un , Donald Trump, ayant atteint son but, l’autre, Kevin O’Leary, tentant d’emprunter sa voie pour le moins « originale » pour y parvenir.

Un exemple évocateur? La diffusion d’une vidéo montrant le candidat conservateur en train de se servir d'armes automatiques dans un stand de tir de Miami le même jour où se tenaient les funérailles de trois des six victimes de l'attaque contre une mosquée de Québec. Erreur de jugement ou stratégie partisane dans le but de détourner l’attention des caméras sur lui?

Lors de son premier débat à titre d’aspirant à la chefferie du Parti conservateur du Canada, M. O’Leary a été bombardé de toutes parts par l’ensemble des autres candidats, tel un chien dans un jeu de quilles. Un triste rappel de l’arrivée « foudroyante » mais combien contestée de Donald Trump dans la course à la présidence des États-Unis.

Vous connaissez la suite…Kevin O’Leary réussira-t-il l’exploit de Donald Trump? L’avenir le dira. Pour l’instant, il m’apparaît évident que ces deux hommes d’affaires sont du même accabit, du genre « regardez-moi bien aller »!

quebechebdo 6 février 2017
 

Le poids des mots

6 février 2017

Nombreuses ont été les interventions de divers orateurs qui sont venus s’exprimer dans le cadre de l’attentat de Québec sur l’importance du poids des mots. Le thème n’est peut-être pas nouveau mais il a encore aujourd’hui toute son importance, particulièrement sur un sujet aussi délicat que l’inclusion de la communauté musulmane dans la société québécoise.

Or, maintenant que les cérémonies de sympathie envers les familles éprouvées par la mort d’un des leurs est chose du passé et que des milliers de Québécois ont manifesté leur appui à la communauté musulmane, il m’apparaîtrait opportun de jeter un coup d’œil rationnel sur les suites à donner à ce triste événement.

Et, pour y parvenir, il suffit de se reporter au 28 janvier, soit la veille de l’attentat, lorsque le climat entre la communauté musulmane et les Québécois était souvent à couteaux tirés, notamment au chapitre de l’intégration des musulmans à la société québécoise.

En termes clairs, les vœux de rapprochement entre les deux communautés n’effaceront pas d’un coup de baguette magique les heurts auxquels le us et coutumes des musulmans sont confrontés avec ceux des Québécois depuis des décennies (et je pèse mes mots). Comme le dit fort à propos un proverbe suisse : « Les mots sont comme les abeilles : ils ont le miel et l’aiguillon ».

quebechebdo 6 février 2017
vigile.net tribune libre 7 février 2017