Les notes gonflées

25 mai 2017

Depuis quelques semaines, une nouvelle tuile est venue ternir le visage de l’éducation au Québec, à savoir les « notes gonflées » qui permettent de transformer un échec en réussite. À cet effet, un dernier sondage, réalisé à la mi-mai auprès de 502 enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) fait ressortir divers facteurs qui expliquent ce phénomène des notes gonflées.

Parmi ceux-ci, j’en retiens deux qui ont particulièrement attiré mon attention. Tout d’abord, le fait que 84% des enseignants ont précisé que ce sont les directions d’école qui leur ont demandé de modifier des résultats. Une statistique fort éloquente qui démontre à quel point les directions d’école s’ingèrent indument dans l’évaluation des élèves, un domaine qui appartient exclusivement à l’enseignant concerné.

Deuxièmement, parmi les raisons qui justifient une modification du résultat de l’élève, le mythe de « ne pas faire vivre d’échec à l’élève » trône en première place selon 49 % des répondants. Un motif laxiste qui vient contrecarrer de façon draconienne une réalité bien concrète, à savoir que l’échec fait partie de la vie…

quebechebdo 25 mai 2017
 

L’entente secrète

24 mai 2017

Alors que les délégués de Québec solidaire (QS) rejetaient toute forme d’alliance avec le Parti Québécois (PQ), on apprenait le lendemain qu’une entente « secrète » avait été conclue par les principaux partis indépendantistes regroupés par les Organisations unis pour l’Indépendance (OUI-Québec), laquelle entente pourrait produire une certaine convergence chez les souverainistes, mais seulement lors d’un éventuel référendum.

Un secret bien gardé par les dirigeants de QS, ces derniers alléguant qu’ils ne voulaient pas faire dévier le débat lors de leur assemblée générale annuelle. Une histoire alambiquée qui donne l’impression que les dés étaient pipés d’avance.

À mon sens, il eût été préférable que les délégués de QS connaissent les tenants et aboutissants d’une telle entente gardée secrète, une attitude ouverte qui aurait permis de tenir des échanges à la fine pointe de l’information, et surtout d’éviter de s’aventurer aveuglément dans des propositions contraires à l’entente secrète…

quebechebdo 24 mai 2017
 

L’envers de la médaille

23 mai 2017

Alors que les élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage accaparent une bonne partie des problèmes soulevés dans le réseau de l’éducation, le magazine d’information et de réflexion entièrement consacré à la famille, animé par Karina Marceau, Remue-ménage, diffusé sur Ici Radio-Canada Télé chaque mardi à 19 h 30, nous présente l’envers de la médaille, à savoir des jeunes du secondaire aux prises avec « l’anxiété de performance », laquelle crée des crises d'angoisse et de larmes, maux de tête et de ventre, absentéisme, dépressions, troubles alimentaires et idées suicidaires.

Aux yeux de François Gervais, animateur de vie spirituelle et d’engagement communautaire à l’école secondaire d’Oka, la situation est alarmante : « J’ai hâte qu’on se mobilise pour ce que j’appelle le syndrome de la médaille d’or. Le stress de la performance fait que les étudiants résument toute leur personne aux notes. C’est criant. »

Les causes de cette anxiété sont multiples. Mais il est clair que la société de performance dans laquelle nous évoluons a de lourdes conséquences. La valorisation des résultats scolaires et les attentes élevées du personnel enseignant et des parents peuvent aussi, chez certains étudiants, être sources d’angoisse.

La moitié des maladies mentales commencent avant 14 ans et 75 % avant 24 ans. Face à un tel constat, il m’apparaît urgent que le « syndrome de la médaille d’or » soit traité en amont, à savoir dès le début des études secondaires par une politique mettant l’accent sur le sens de l’effort intégré dans un curriculum d’activités variées qui permettent de sortir l’élève de la tornade de la réussite scolaire et de retrouver un sain équilibre dans son plein épanouissement personnel.

quebechebdo 23 mai 2017
​Le Devoir 26 mai 2017

 

QS, haro sur l’alliance avec le PQ

22 mai 2017

Sans grande surprise, les militants de Québec solidaire (QS) ont exprimé un « vote de méfiance » en rejetant une alliance avec le Parti québécois (PQ) en vue des élections de 2018. Aux dires de Manon Massé, le PQ « n’est plus ce véhicule rassembleur ». Et, d’ajouter la co-porte-parole de QS, « on ne peut pas bâtir le Québec en excluant du monde », faisant référence au projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

Aujourd’hui, les indépendantistes du Québec se retrouvent placés devant un PQ s’affichant comme un futur « bon gouvernement provincial » ayant relégué l’indépendance dans le placard jusqu’en 2022, et un parti prioritairement socialiste, soit QS, qui dit oui « à l’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance » [dixit Amir Kadir].

En bref, seul le parti Option nationale (ON) a le courage de ses convictions sur la démarche immédiate du Québec vers son indépendance. Un parti qui recueille bon an mal an quelque 2 % des suffrages exprimés. Malgré ce faible taux d’adhésion, je demeure convaincu qu’un vote pour ON en est un pour l’indépendance du Québec… Aux indépendantistes d’en prendre bonne note et de contribuer à accroître le membership d’Option nationale!

vigile.net tribune libre 22 mai 2017
quebechebdo 22 mai 2017
 

L’arrêt Jordan

21 mai 2017

Un autre accusé de meurtre vient d'obtenir un arrêt des procédures en raison de délais déraisonnables qui outrepassent les délais fixés par l'arrêt Jordan, de la Cour suprême du Canada. Depuis l'arrêt Jordan, en juillet 2016, le DPCP dénombrait, en date du 11 mai, 61 requêtes accordées en vertu de délais déraisonnables sur 130 décisions rendues. Au total, 863 requêtes ont été déposées.

Des chiffres inquiétants qui soulèvent la question suivante : jusqu’à quand l’appareil judiciaire sera-t-il captif de l’arrêt Jordan dans les cas d’accusations de meurtres? Une question fondamentale démontrant clairement le laxisme des cours de justice provinciales qui devraient, à mes yeux, utiliser la clause dérogatoire dans les cas d’accusations de meurtres dans le but de bloquer les effets négatifs de l'arrêt Jordan.

Or, dans le dernier jugement du juge Daniel Payette, de la Cour supérieure du Québec, ce dernier affirme qu’« il est vrai que l'infraction reprochée constitue une infraction grave…  Cependant, cette seule gravité ne permet pas de nier le droit constitutionnel de toute personne d'être jugée dans un délai raisonnable. »

Devant une assertion aussi drastique, l’arrêt Jordan, à mon point de vue, jette un pavé dans la mare du système judiciaire en omettant d’intégrer dans l’arrêt des procédures une exception pour les accusés de meurtres qui se retrouvent « au large » sans avoir subi de procès.

quebechebdo 21 mai 2017
vigile.net tribune libre 29 mai 2017
 

La « chasse aux sorcières »

20 mai 2017

Depuis le début du mandat de Donald Trump à titre de président des États-Unis, nombreux ont été les incidents pour le moins incriminants tournant autour de ses décisions compromettantes, la dernière en liste portant sur le fait qu’il aurait demandé à l'ancien directeur du FBI James Comey de mettre un terme à son enquête sur les liens entre la Russie et le premier conseiller à la sécurité nationale de la présente administration, Michael Flynn.

Fidèle à son habitude lorsque le tonnerre gronde autour de sa personne, le chef de la Maison-Blanche s’est empressé de ressortir son arc et ses flèches en affirmant haut et fort être victime de « la plus grande chasse aux sorcières » de l’histoire des États-Unis… Et voilà, le tour est joué!

Or, la désignation de l’ancien directeur du FBI, Robert Muller, à titre de procureur spécial pour mener une enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de Donald J. Trump vient brouiller les cartes du scénario gravitant autour de complexe de persécution invoqué par le président dans toute cette saga.

Robert Mueller aura donc les pouvoirs de se pencher sur les allégations d'entrave à la justice et d'abus de pouvoir qui planent sur Donald Trump. L’enquête pourrait également mener au dépôt d’accusations criminelles, voire sur l’ouverture du processus de destitution [impeachment] du président… En attendant, la crédibilité du président des USA, voire son imputabilité, fondent comme neige au soleil auprès des Américains!

quebechebdo 20 mai 2017
 

Le drapeau de la discorde

19 mai 2017

Selon sa bonne vieille habitude, le premier ministre Philippe Couillard a emprunté la route des méandres pour justifier son refus de hisser le drapeau patriote au parlement, alléguant qu’il « a été, à un moment tragique de notre histoire, lié à la violence », faisant allusion à son usage par le Front de libération du Québec (FLQ) dans les années 1960-1970.

Et pourtant, il y a quelques années, Philippe Couillard a rappelé, dans un texte, que le Parti libéral avait comme origine le mouvement patriote et que son drapeau, un tricolore à bandes horizontales verte, blanche et rouge, était déjà un signe d'inclusion, puisqu'il symbolisait respectivement l'Irlande, la France et l'Angleterre. Or, aujourd’hui, le premier ministre soutient que cet étendard, qui unissait les partisans du gouvernement responsable en 1837-1838, a été « récupéré » par le mouvement indépendantiste « en lui donnant une vertu séparatiste ».

À mes yeux, Philippe Couillard s’écarte subtilement de la véritable symbolique des patriotes de 1837-1838 qui se sont battus corps et âme pour défendre les us et coutumes des Québécois contre les Anglais… Et, pour cette raison, il serait tout à fait approprié que le drapeau des patriotes flotte sur l’assemblée nationale en cette journée commémorative où nous soulignons leur apport inestimable à la survie de la nation française en territoire québécois.

quebechebdo 19 mai 2017
 

La CAQ en pole position

19 mai 2017

Difficile à croire mais le dernier sondage réalisé par la firme Mainstreet place la Coalition avenir Québec (CAQ) en tête des intentions de vote des Québécois à 32 %, suivie du parti libéral (PLQ) à 31 %, du Parti québécois à 24 % et de Québec solidaire (QS) à 14 %.

Même si nous sommes à plus d’un an des élections et que les sondages n’ont pas toujours misé au milieu de le cible, force est de constater que la CAQ de François Legault est en train de s’infiltrer en douce entre les tuiles incessantes qui tombent sur le PLQ et l’errance du PQ eu égard au référendum reporté et à l’hypothèse d’un bon gouvernement.

Devant ce décor plutôt déprimant, la CAQ représente le parti de la nouveauté, celui qui n’a jamais occupé le pouvoir et qui n’est donc pas, du moins en théorie, infesté par les controverses éthiques liées au PLQ ni les tergiversations malsaines du PQ autour de son option prioritaire, à savoir l’indépendance du Québec.

Quoi qu’il en soit, la voie semble s’ouvrir pour le parti de François Legault. Un signal d’alarme vient d’être envoyé au PLQ et au PQ. Ce ne serait pas la première fois que les Québécois voteraient « contre » le parti au pouvoir et celui de la première opposition officielle…En réalité, comme nous le rappelle un vieil adage, faute de pain, on mange de la galette!

quebechebdo 18 mai 2017
vigile.net tribune libre 18 mai 2017
cyberpresse.ca 22 mai 2017
Le Soleil 23 mai 2017

Convergence

19 mai 2017

S’il est un mot galvaudé à toutes les sauces dans la sphère politique souverainiste au Québec, c’est bien le mot « convergence », un terme fétiche, notamment aux yeux du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Toutefois, force est de constater que la dite « convergence » se veut une stratégie partisane utilisée dans le seul but de déloger les libéraux de Philippe Couillard du pouvoir lors des élections de 2018.

Pourtant, quand on s’y arrête vraiment, les premiers balbutiements de la convergence des forces indépendantistes sont apparus sur la scène politique du Québec dans le but de rallier les diverses causes du souverainisme et de constituer une force mobilisatrice eu égard à la démarche du Québec vers son indépendance.

En termes clairs, nous sommes en train de perdre de vue la véritable convergence au détriment d’une partisannerie purement utilitaire. Pas étonnant si l’on considère que le chef du PQ a relégué la question identitaire dans le placard jusqu’en 2022 pour y substituer le « bon gouvernement »… Quelle farce loufoque!

quebechebdo 18 mai 2017
 

La croisade d’Hillary

17 mai 2017

Le retour d’Hillary Clinton sur la scène politique américaine ayant comme slogan « Onward together », soit « En avant ensemble » en français, laisse présager, à mes yeux, une intention avouée de mobilisation politique des citoyens contre Donald Trump dans le but de contrecarrer les démarches du président qu'elle considère dangereuses pour le futur des États-Unis.

À cet effet, il m’apparaît évident que l’ex-candidate démocrate aux dernières élections présidentielles n’a jamais accepté l’intervention, dans les derniers jours de la campagne, du directeur du FBI, James Comey, et le piratage informatique d’un de ses conseillers, des révélations qui, aux dires d’Hillary Clinton, lui auraient fait perdre l’élection à la présidence.

Forte de l’appui des 66 millions de votes recueillis en novembre 2016, l’ancienne première dame, que « le Monde » qualifie de nouvelle « mentor politique », peut certes revivifier les ardeurs démocrates. Toutefois, je doute fort que l’ex-Secrétaire d’État parvienne à incarner la bougie d’allumage qui permettra à déstabiliser Donald Trump, celui-là même qui, en passant, est très bien capable de se tirer lui-même dans le pied…

En termes clairs, la croisade d’Hillary pourra, tout au moins, faire partie des éléments qui conduiront inévitablement à l’ « impeachment » de Donald Trump sans véritablement jouer un rôle stratégique dans cette destitution déjà pressentie par plusieurs observateurs de la scène politique américaine.

quebechebdo 17 mai 2017