SVP. M. Legault, pas de clause « grand-père »!

3 février 2019

Le premier ministre François Legault semble bien déterminé à présenter à l’Assemblée nationale le projet de loi sur la laïcité de l’État au début de la session parlementaire, ajoutant qu’il souhaiterait avoir l’appui d’autres partis à défaut de quoi il allait procéder à l’adoption quand même.

Toutefois, là où le bât blesse, à mes yeux, réside dans le fait que M. Legault hésite sur l'inclusion ou non d'une clause de droits acquis dans le projet de loi, qui protégerait les droits dits acquis des employés actuels de l'État, communément appelée la clause « grand-père ».

Or le fait d’exclure le port de signes religieux ostentatoires sur les lieux de travail pour les employés de l‘État en position d’autorité devrait, en toute logique, s’appliquer à tous les employés actuels, peu importe leur nombre d’années d’expérience. C’est une simple question de gros bon sens…À mon sens, la laïcité de l’État ne doit tolérer aucune exception.

vigilenet tribune libre 2 février 2019
 

Islamophobie: François Legault s’explique

3 février 2019

Suite aux propos de François Legault affirmant que l'islamophobie n'existait pas au Québec, son cabinet a précisé sa pensée en écrivant que « M. Legault voulait dire qu’il n’y a pas de courant islamophobe au Québec. Il existe de l’islamophobie, de la xénophobie, du racisme, de la haine, mais pas de courant islamophobe ». Pour le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, même si le premier ministre a rectifié ses propos, sa sortie n'en est pas moins une « trahison », même un « coup de massue ».

Je trouve déplorable que M. Benabdallah n’accepte pas la rétractation de François Legault et persiste à entretenir un sentiment de hargne envers le premier ministre du Québec qui a agi, à mon sens, comme il se doit, à savoir qu’il n’existe pas de « courant islamophobe au Québec » pas plus qu’il n’existe de courant terroriste même si des actes terroristes sont commis au Québec.

Pour ce qui est de la proposition d’une Journée contre l’islamophobie, je rejoins aussi M. Legault, considérant qu’une telle Journée ne viendrait qu’amplifier démesurément l’islamophobie au Québec en lui dédiant une Journée spéciale annuelle au calendrier. 

Enfin, je suis d’avis que cette saga risque de dégénérer en guerre sémantique inutile compte tenu du caractère émotif qu’il véhicule dans un contexte où la raison devrait guider ce débat déjà trop chargé d’émotions encore à fleur de peau. Aussi, serait-il opportun d’y mettre fin!

vigile.net tribune libre 2 février 2019
 

Trans Mountain, l’éléphant blanc

3 février 2019

Faisant fi du jugement de la Cour fédérale du 30 août 2018 d’ordonner au gouvernement d’aller refaire des études et des consultations avant d’approuver les permis de construction de l’agrandissement, le gouvernement fédéral a plutôt décidé le lendemain d’acheter le pipeline 4,5 milliards de dollars afin de pouvoir terminer le projet lui-même.

Or, selon le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, le gouvernement fédéral a payé 4,5 milliards de dollars pour un pipeline qui pourrait n’en valoir que 3,6. De plus, , des retards et des hausses des frais de construction quasi inévitables coûteraient 1 milliard de dollars de plus aux contribuables.

Toujours aux dires de M. Giroux, « le gouvernement a payé le prix plus élevé dans la fourche de prix [pour le pipeline Trans Mountain]. Si c’était une voiture, on pourrait dire que le gouvernement a payé le prix affiché, sans négocier ou recevoir de rabais. Il a payé le prix suggéré par le manufacturier ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le gouvernement Trudeau a agi beaucoup trop rapidement dans ce dossier et qu’il s’est montré un très mauvais négociateur avec les dirigeants de Trans Mountain… Le résultat? Trans Mountain apparaît de plus en plus comme un éléphant blanc qui risque de coûter très cher aux contribuables canadiens.

vigile.net tribune libre 1er février 2019
 

Relancer le projet d’indépendance

2 février 2019

L’essence même du projet de René Lévesque prend sa source dans l’accession du Québec à son indépendance. Or, depuis quelque 20 ans, soit depuis la défaite amère du référendum de 1995, force est de constater que la souveraineté a été, plus souvent qu’à son tour, reléguée subtilement dans le placard.

Aujourd’hui, le Parti québécois, celui que l’on considère encore comme le vaisseau amiral de l’indépendance du Québec, se retrouve avec 10 députés à l’Assemblée nationale après son cuisant échec d’octobre 2018. Une défaite historique qui aurait dû déboucher sur un profond examen de conscience de la part des troupes péquistes. Et pourtant, aucun écho à ce sujet…

À mes yeux, la principale cause de ce désaveu flagrant de l’électorat québécois envers le PQ réside dans le fait que l’usure du temps l’a désincarné. En termes clairs, le vaisseau amiral a perdu son âme au cours de ses années de pouvoir… Il est maintenant temps de reprendre les armes et de relancer le projet d’indépendance du Québec sur ses rails.

Enfin, je retiens le commentaire du député de Bonaventure, Sylvain Roy, eu égard à la dégelée du PQ du 1er octobre 2018 : «Quand tout va bien tout le temps et que tu ne vis pas d’échec, tu n’apprends pas»… Or, dans les faits, qu’a appris la députation péquiste de cette amère défaite?  

vigile.net tribune libre 1er février 2019

Alexandre Taillefer ou l’art de s’éparpiller

31 janvier 2019

« À 21 ans, Alexandre Taillefer amorce sa carrière d’entrepreneur à succès en fondant, en 1993, en pleine révolution numérique, la société Intellia, un fournisseur de services pour le commerce électronique, qui a été rachetée trois ans plus tard par Québecor.

Il restera cinq ans chez Québecor (jusqu'en 2000) où il dirige la division numérique, à partir de laquelle il réalise une série d’acquisitions, dont celle de la société Informission qui fusionnera avec Intellia pour devenir Nurun, qui appartient aujourd’hui à Publicis Groupe, et d’Hexacto, une entreprise de jeux mobiles.

En 2007, il cofonde Stingway Digital, un distributeur de produits et services musicaux multiplateformes.

En 2012, il devient président du conseil d'administration du musée d’art contemporain de Montréal et président du Comité-conseil pour le développement et la promotion de l'art public (CCDPAP).

De 2013 à 2016, il est l'un des dragons à l'émission Dans l’œil du dragon.

En 2015, son groupe se porte acquéreur du magazine Voir.

Alexandre Taillefer s’est associé à Stephen Bronfman et son holding Claridge pour créer le premier fonds XNPD, qui était doté de 20 millions. Un deuxième fonds XNPD a été créé et celui-ci profitera d’un capital d’investissement de 40 millions.

Taxelco est un holding de transport mis sur pied en 2015 par XPND Capital, qui a mis la main sur 40 % du marché du taxi à Montréal avec Téo Taxi (pour transport écologique optimisé), Taxi Diamond et Taxi Hochelaga. Téo Taxi déclare faillite en 2019.

En 2016, il lance « Mishmash », un collectif culturel ayant pour mission de favoriser et d'exporter le talent québécois à l'international, notamment éditeur de L’actualité.

Alexandre Taillefer prend à l'occasion position dans les débats politiques au Québec. En août 2016, il s'est dit en faveur du salaire minimum à 15 $. En mai 2017, il a invité le gouvernement québécois à réinvestir dans les CPE.

Appuyant des hommes et des femmes politiques de différents partis politiques, Alexandre Taillefer se décrit comme un "queer politique". Plus critique, Jonathan Durand-Folco le décrit comme un "bourgeois postmoderne".

Finalement, la Presse révélait le 10 mai 2018 qu'Alexandre Taillefer était à la fois le président de la campagne électorale du PLQ et membre du Parti québécois. »

Source : Wikipédia

vigile.net tribune libre 30 janvier 2019
 

C’est quoi le problème?

31 janvier 2019

On se souviendra qu’en campagne électorale, la Coalition avenir Québec avait pris comme engagement d’interdire les signes religieux ostentatoires à tout fonctionnaire de l’État en ligne d’autorité, y compris les enseignants.  

Or, récemment, le gouvernement Legault a fait parvenir une lettre à trois commissions scolaires de la région de Montréal invitant les directions d’écoles à lui fournir le nombre d’enseignants arborant un signe religieux.

Une missive qui a créé, à raison, tout un émoi au sein des directions d’écoles qui ne voyait pas l’intention du gouvernement dans cette directive qui sortait de nulle part. En effet, en quoi le nombre d’enseignants portant un signe religieux a-t-il quelque importance puisque l’interdiction de le porter s’appliquent à tous ceux qui dérogeront à la future loi, et ce, peu importe leur nombre, ne fût-ce qu’un seul.

À mon point de vue, le gouvernement erre complètement dans son approche que je qualifierais d’inappropriée, voire d’incohérente, En fait, comme dirait l’autre, c’est quoi le problème?

Le Devoir 31 janvier 2019

Les « gains d’efficacité » de Legault

30 janvier 2019

L’ensemble des ministères du gouvernement Legault auront un prix à payer pour pouvoir réaliser la pléiade de promesses faites par la Coalition avenir Québec en campagne électorale. C’est du moins le sens de la directive que le premier ministre a fait parvenir à chacun des ministres de son caucus en les invitant à réaliser des « gains d’efficacité » de l’ordre de 838 millions de dollars et ce, sans nuire aucunement aux services à la population.

À titre d’exemples de mesures qui pourraient être prises pour rencontrer ces objectifs, M. Legault a cité, entre autres, l’instauration de meilleures pratiques d’approvisionnement, une amélioration de la gestion en informatique, l’accroissement des dividendes versées par les sociétés d’État à l’État, une évaluation de certains programmes de l’État, favoriser l’attrition dans l’administration publique, un ménage dans la bureaucratie et des coupures dans la « paperasse ».

Toutefois, François Legault a bien insisté sur le fait que les Québécois ne revivront pas la rigueur budgétaire du gouvernement précédent, répétant à maintes occasions que « d’aucune façon ça ne va affecter les services ».

Pour terminer, je laisse la parole à la vice-première ministre, Geneviève Guilbault : « On a reçu effectivement chacun dans nos ministères des cibles de réduction… mais, appelons ça de réaménagement des dépenses pour être capable de dégager des marges de manoeuvre à l’intérieur des enveloppes qui sont déjà disponibles ». Reste à espérer que ce « réaménagement des dépenses » saura rapporter les dividendes fixés par le premier ministre, soit 838 millions $…sans affecter, bien sûr, les services aux Québécois!

vigile.net tribune libre 29 janvier 2019
 

Davie, la « vache maigre » du fédéral

30 janvier 2019

Alors que la diminution des travailleurs du chantier naval Davie ne cesse de s’accroître, moins de 3 % des contrats de la Stratégie nationale de construction navale ont été attribués au chantier naval de Lévis.

Questionné à ce sujet lors de sa visite dans la région de Québec auprès de gens d’affaires, le premier ministre Trudeau, adoptant son style louvoyant habituel, a jeté le blâme au précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper qui a attribué des contrats à Vancouver et à Halifax en négligeant la région de la Capitale-Nationale, tout en ajoutant que le Canada ne pouvait pas être perçu comme un État qui déchire des contrats déjà signés lorsqu'un nouveau gouvernement est élu.

Une réponse laconique qui illustre à n’en pas douter le désengagement du gouvernement Trudeau qui dénote à quel point, dans les faits, le chantier Davie incarne la vache maigre du fédéral.

À titre d’exemple, Justin Trudeau a déclaré devant son auditoire qu'il cherchait des moyens de fournir plus de travail au chantier naval, mais qu'un deuxième navire de ravitaillement n'était tout simplement pas nécessaire pour le moment. Et pourtant, aux yeux des fournisseurs du chantier naval, « il est nécessaire que le Canada soutienne ses troupes dans l'Atlantique » …  Qu’à cela ne tienne, M. Trudeau a tranché!

vigile.net trinume libre 29 janvier 2019
 

La fédération canadienne serait-elle en danger d’implosion?

28 janvier 2019

Selon une étude menée par l'Institut Angus Reid, le Québec serait la province la moins aimée du reste du Canada. Au-delà de l'indifférence, le Québec est accusé par plus de la moitié des répondants au sondage de soutirer des fonds à la fédération canadienne plus qu'il en apporte. Pire encore, on y apprend qu'une infime minorité de Canadiens font confiance aux Québécois. Enfin, seulement 6 % des répondants canadiens vivant hors Québec disent avoir l'impression que le Québec entretient des liens étroits avec la province dans laquelle ils résident et démontre une attitude amicale à son égard.

Un portrait plutôt sombre qui démontre à quel point l’« unité canadienne », un des leitmotivs si chers au premier ministre Trudeau, est sérieusement ébranlée, et tout ce branle-bas à moins d’un an des élections fédérales.

En ce qui a trait aux motifs justifiant une tel tiraillement entre les provinces, on peut citer les propos acerbes de François Legault eu égard au dossier de l'oléoduc Énergie-Est, les « généreux » versements de péréquation du gouvernement fédéral au Québec alors que l'Alberta s'en voit éliminée, et la sortie du premier ministre manitobain, Brian Pallister, lequel n'a guère apprécié les tactiques de « marchandage politique » du premier ministre du Québec lors de sa rencontre avec Justin Trudeau en pleine période pré-électorale.

La fédération canadienne serait-elle en danger d’implosion? Une question qui peut sembler prématurée mais qui mérite, à mes yeux, d’être déposée sur la table de travail des journalistes politiques…

vigile.net tribune libre 27 janvier 2019
 

Le court métrage, l’enfant pauvre du cinéma

28 janvier 2019

On ne peut qu’applaudir au fait que deux courts métrages québécois, Marguerite et Fauve, soient finalistes à la 91e cérémonie des Oscars. Toutefois, aux yeux du distributeur de films chez H264 et co-créateur du festival de courts métrages sur Facebook Pleins écrans, Jean-Christophe Lamontagne, la pente est encore longue avant que le court métrage sorte de son statut d’ « enfant pauvre du cinéma » et obtienne ses lettres de noblesse.

À cet effet, c’est entre autres parce qu’il a été confronté à un manque de ressources alors qu’il réalisait son premier film que Jean-Christophe Lamontagne a décidé de prendre le court métrage québécois sous sa tutelle. « Je me suis alors rendu compte assez rapidement qu’au Québec, il se fait de très bons courts métrages, mais que malheureusement, ils ne sont pas vus. Ils ne sont pas appréciés à leur juste valeur ».

Aux dires de M. Lamontagne, le court métrage n’a malheureusement pas toujours une bonne réputation. Les gens pensent parfois que ce sont de « petits films », alors que dans les faits, les courts métrages nécessitent autant de préparation et de temps de production qu’un long métrage, parfois même davantage.

Mais, en réalité, cette double nomination du Québec aux Oscars dans la catégorie Court métrage contribuera-t-elle à un vent de changement pour le court métrage au Québec? « Je pense que la véritable valeur, c’est la reconnaissance au Québec, mais aussi à l’international, de notre cinéma », répond M. Lamontagne. D’ailleurs, depuis l’annonce de cette nouvelle, on commence à parler de courts métrages dans les médias…C’est déjà révélateur!

vigile.net tribune libre 24 janvier 2019