La fibre nationaliste de François Legault est toujours présente (suite)

7 février 2021

Dans un récent article publié sur cette tribune sous le même titre, j’ai fait mention de quelques situations ayant semé des imbroglios entre François Legault et Justin Trudeau, reliés notamment à la gestion de crise du coronavirus, ces flammèches émanant de l’empiètement de Trudeau dans les compétences provinciales et de sa lenteur à mettre un stop aux voyages non-essentiels.

Imaginons maintenant un scénario où Justin Trudeau, poussé par son fanatisme viscéral [hérité de son père] envers le multiculturalisme, se met à faire des allusions sournoises sur la loi 21 sur la laïcité du Québec. Je crois que vous pouvez imaginer, tout comme moi, la colère noire de François Legault.

Mais poussons la réflexion plus à fond. Si, comme je suis porté à la croire, la fibre nationaliste de François Legault est encore bien présente dans ses tripes, ne croyez-vous pas que cette fibre se mette à vibrer avec de plus en plus d’ampleur?… Et pourquoi pas jusqu’à reprendre le collier du souverainisme en proposant une alliance entre la CAQ et le PQ, et en fondant un nouveau parti indépendantiste qui pourrait s’appeler, par exemple, la Coalition des forces souverainistes du Québec (CFSQ)?

Il m’apparaît clair que François Legault en a marre de quémander auprès d’Ottawa, Le premier ministre du Québec est un homme fier et fier de son Québec, de sa jeunesse et de son entrepreneuriat. Dans cette perspective, il me semble tout à fait pertinent de penser que François Legault revienne à ses anciennes amours et redécouvre les avantages de redonner au Québec tous les leviers économiques pour assumer pleinement son indépendance.

En terminant, je vous laisse sur cette réflexion de Pierre Bourgault qui pourrait peut-être à raison faire partie des pistes de réflexion de François Legault :

« Je n’ai jamais compris pourquoi le nationalisme "canadian" de Pierre Trudeau était plus valable ou plus défendable que mon nationalisme québécois. Je n’ai jamais compris pourquoi le Canada devait être séparé des autres pays du monde pendant que le Québec devait, d’autorité, rester attaché au Canada ».

vigile.quebec tribune libre 3 février 2021

Affaire Camara: où était passée la caméra du MTQ?

7 février 2021

L’agent Vig a été sauvagement attaqué le 28 janvier dernier après avoir intercepté un automobiliste sur le boulevard Crémazie, en bordure de l’autoroute Métropolitaine à Montréal. M. Camara est bel et bien celui qui a été arrêté par le policier. Or ce n’est que le 3 février, soit 6 jours après l’incident, que des images d’une caméra du ministère des Transports du Québec (MTQ) ont été transmises au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui en est venu alors à la conclusion qu’il n’était plus possible de soutenir les accusations à l’égard de monsieur Camara après avoir visionné les images.

Et pendant ces six jours et six nuits, M. Camara a croupi dans une cellule de prison alors que les images de cette caméra auraient dû contribuer à disculper le suspect sur le champ. Mais au fait, qui détenait cette caméra pendant toute cette période? Et surtout, pourquoi le détenteur de ladite caméra ne l’a-t-il pas remise au DPCP avant le 3 février?

Des questions qui devront trouver réponses à défaut de quoi une pièce majeure du puzzle manquera pour compléter le casse-tête. Et, pour y parvenir, je suis d’avis qu’une enquête indépendante menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) représente le meilleur canal pour arriver à bon port.

quebechebdo tribune libre 7 février 2021

Tramway de Québec: que veut vraiment la CAQ?

6 février 2021

Le 10 novembre dernier, le ministre des Transports, François Bonnardel, disait ceci : « On peut offrir aux Québécois un bon projet pour 3,3 milliards. Est-ce qu’on peut le modifier ? Assurément. L’améliorer ? Oui. Maintenant, donnez-moi la chance, dans les prochaines semaines, de travailler avec l’équipe du maire et de revoir ce projet. » Or, près de trois mois plus tard, les précisions du ministre se font encore attendre.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, est loin d’être le seul qui peine à comprendre la position du gouvernement, lequel répète ad nauseam son désir de mieux desservir la banlieue, sans expliquer où le bât blesse. En effet, du côté des experts en urbanisme et des environnementalistes, ils invitent le gouvernement Legault à clarifier sa vision des choses pour la desserte des banlieues avec le futur réseau structurant.

Régis Labeaume assure que le réseau structurant de 3,3 G$ répond aux besoins des banlieues grâce notamment aux 22 km de tramway, aux différents Métrobus circulant sur des voies réservées et aux sept Parc-O-Bus régionaux qui totaliseront 6000 stationnements incitatifs. En parallèle, un autre projet municipal de 144 millions $, annoncé en juin 2020, prévoit « la mise en place d’une véritable toile régionale de transport collectif, selon les mots du maire. Nous avons comme projet d’augmenter le niveau service, de faciliter significativement le transport en périphérie et d’établir des connexions avec les quatre MRC adjacentes. »

Permettez-moi, en terminant, de lancer une hypothèse pouvant expliquer la lenteur des négociations entre la Ville de Québec et le gouvernement. Et si la CAQ éternisait les débats jusqu’aux élections municipales prévues pour novembre 2021 dans l’espoir de relancer un projet qui lui est cher, à savoir le troisième lien, dans les débats de la campagne électorale municipale!

quebechebdo tribune libre 6 février 2021
vigile.quebec tribune libre 8 février 2021

L’isolement, un virus dévastateur

4 février 2021

À tous les jours depuis bientôt un an, tel un glas fatidique, on entend le nombre de décès au Québec liés à la pandémie du coronavirus. Toutefois, les souffrances, voire la mort, causées par l’isolement, ce virus mal connu et dévastateur, passent malheureusement trop souvent sous silence. Aucun vaccin n’existe pour tuer l’isolement, seul le contact humain chaleureux ayant le pouvoir de combattre les méfaits pervers du vieillissement. 

Le 11 mars, le premier ministre a annoncé la tenue d’une journée de commémoration en hommage aux victimes de la COVID-19. Mais qu’en est-il des victimes dont l’isolement a aussi eu raison de leur vie ? Malheureusement, aucune statistique ne fait état de cette triste réalité.

À toutes les fois que l’on vient à bout du coronavirus, un patient récupère peu à peu sa santé. Toutefois, lorsqu’un neurone est attaqué par l’isolement, apparaissent des séquelles irréversibles et permanentes sur la santé mentale et physique, étant scientifiquement prouvé que le stress chronique causé par l’isolement attaque pernicieusement le système immunitaire et contribue à augmenter le risque de morbidité, voire de mortalité.

Le 11 mars prochain, nous devons avoir aussi un devoir de mémoire envers les victimes décédées après avoir contracté le virus de l’isolement, un dommage collatéral de la pandémie dont on parle si peu alors qu’il est l’un des plus dévastateurs.

quebechebdo tribune ibre 4 février 2021
Le Soleil (version internet) 5 février 2021
vigile.quebec tribune libre 5 février 2021

Les restaurants, une solution aux rassemblements interdits

4 février 2021

Depuis la fermeture des restaurants en octobre 2020, le nombre de cas contaminés par la COVID-19 au Québec n’a fait qu’augmenter, ce qui fait dire aux restaurateurs qu’ils ne sont pas la cause des ces augmentations en flèche.

Bien au contraire, l’ouverture des restaurants peut faire partie de la solution, à savoir des rassemblements supervisés, dotés d’un équipement de protection adéquat assurant une sécurité accrue.

C’est sans compter tout l’argent dépensé pour réaménager les espaces permettant une distanciation physique, l’installation des barrières en plexiglas, l’amélioration de la ventilation, l’ajout de filtres à air et l’assurance de mesures de désinfection appropriées.

Selon l’association Restaurants Canada, ce sont plus de 10 000 établissements qui ont définitivement fermé leurs portes, occasionnant la mise à pieds de milliers de travailleurs. Huit restaurants sur 10 qui sont demeurés ouverts perdent de l’argent ou peinent à joindre les deux bouts.

Monsieur Legault, il est maintenant prouvé que les restaurateurs sont des propriétaires responsables qui disposent de tous les moyens nécessaires pour répondre adéquatement aux mesures sanitaires…Permettez-leur d’ouvrir leur porte, l’économie ne s’en portera que mieux et cela, dans un contexte sécuritaire.

Le Soleil (version internet) 4 février 2021
vigile.quebec tribune libre 5 février 2021

La semaine de relâche à l’arraché

3 février 2021

Il m’apparaît clair que l’interdiction des voyages aériens non-essentiels décrétée par Ottawa a contribué grandement à la décision de Québec de maintenir la semaine de relâche. Dans le cas contraire, je suis d’avis que le ministre de l’éducation aurait annulé la semaine de relâche de peur de susciter le même phénomène que l’an dernier, à savoir une augmentation de cas contaminés par le virus de la part des voyageurs provenant de destinations soleil.

En bref, à mon avis, les raisons qui motivent le maintien de la semaine de relâche n’ont rien à voir avec le temps d’arrêt nécessaire aux élèves et aux enseignants compte tenu que le nombre de jours de classe a été amputé grandement depuis le début d’une année scolaire non-conventionnelle.   

Conséquemment, pour des facteurs essentiellement pédagogiques liés au calendrier restreint, il aurait fallu annuler la semaine de relâche pour cette année afin de récupérer le plus possible les contenus de matière qui n’ont pu être enseignés, notamment chez les élèves en difficulté.

À mes yeux, le fait d’associer le maintien de la semaine de relâche à l’annulation des voyages non-essentiels, une version toute personnelle mais plausible, démontre à quel point Québec craignait de revivre le même cauchemar qu’en mars 2020… En réalité, une semaine de relâche gagnée à l’arraché!

quebechebdo tribune libre 3 février 2021
vigile.quebec tribune libre 5 février 2021

La pornographie, tributaire de l’expansion du Web

2 février 2021

Les révélations chocs du New York Times sur les dessous du site canadien Pornhub révèlent, notamment, qu’entre 1998 et 2003, les années folles de l’expansion du Web, le nombre de sites pornographiques a augmenté de 1800 %. Aujourd’hui, on estime que son commerce légal et illégal génère entre 100 et 200 milliards de dollars par année, ce qui en fait l’industrie « culturelle » la plus lucrative au monde.

Dans notre monde post-Playboy, l’industrie du X présente maintenant sans retenue la dégradation, l’exploitation et l’humiliation d’êtres humains d’une manière jamais vue auparavant dans les médias de masse. Son omniprésence entraîne des changements de mentalités et une banalisation de la violence sexuelle.

Par ailleurs, plusieurs études scientifiques menées ces 20 dernières années ont démontré que les personnes qui consomment des vidéos pornographiques sont beaucoup plus susceptibles de croire que le sexe en groupe ou des actes sexuels dangereux sont choses tout à fait communes et normales.

Pour être cohérente avec son appel à l’égalité des sexes et à la fin des agressions sexuelles, notre société se doit aussi de dénoncer les effets pervers de la pornographie. Les liens entre les deux sont trop intimes et démontrés scientifiquement pour être encore ignorés.

Le Devoir 2 février 2021
Le Soleil (version internet) 2 février 2021
vigile.quebec tribune libre 10 mars 2021

Le supplice de la goutte

1 février 2021

Depuis le début de son mandat à titre de ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge donne l’Impression de se situer souvent en position de défensive devant les situations problématiques auxquelles il a dû faire face. Bref, le ministre est continuellement en réaction et très peu souvent en pro-action.

J’en ai pour exemples récents trois dossiers qui tardent à donner des résultats concrets alors que, dans les faits, le ministre Roberge allègue depuis le début du mois de janvier que les décisions devront se prendre d’ici quelques jours. Ce sont la nouvelle pondération des bulletins, la liste des « savoirs essentiels » et le déploiement des mesures d’aide aux élèves en difficulté.

De son côté, François Legault réitère toute sa confiance à son ministre de l’Éducation qui, aux dires du premier ministre, est «un gars qui a de l’expérience, qui a été enseignant» et «qui en a fait beaucoup depuis qu’il est là». Pour sa part, ,la porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Véronique Hivon, reproche à Jean-François Roberge de faire vivre le «supplice de la goutte» au milieu de l’éducation avec des annonces «pas ficelées».

En ce qui me concerne, force est de constater que M. Roberge semble patiner longtemps avec la rondelle avant de lancer au filet, une valse-hésitation malsaine, voire chronique, qui le place fréquemment devant des décisions « mal ficelées ».

vigele.quebec tribune libre 29 janvier 2021

Peut-on parler d’un sénicide au Québec?

1 février 2021

Selon les plus récentes statistiques, 91% des décès liés à la COVID-19 sont des personnes âgées de 70 ans et plus. En fait, sur les 9630 décès au Québec, 8667 sont des personnes âgées.

Par ailleurs, selon Wikipédia, un sénicide est « le meurtre des personnes âgées ou leur abandon à la mort ». Considérant le nombre élevé de personnes âgées qui sont décédées dans les CHSLD et les RPA depuis le début de la pandémie, peut-on parler d’un sénicide au Québec au sens où elles auraient été « abandonnées à leur mort »?

Et pourtant, le gouvernement, en accord avec la Santé publique, dès le début de la pandémie, ont concentré leurs efforts pour protéger les personnes de 70 ans et plus, considérées comme « les plus vulnérables ». Puis, les éclosions en rafale se sont succédé dans les CHSLD et les RPA.

Or, comme la cellule de crise avait décidé de mettre de côté quelque 600 lits dans les hôpitaux pour accueillir les personnes ayant contracté le virus, les personnes âgées ont dû par conséquent demeurer confinées dans leur résidence avec les résultats que l’on connaît…

Alors, dans ces circonstances que je qualifierais tout au moins de malheureuses, peut-on avancer l’idée que les personnes âgées ont été « abandonnées à leur mort »? Et si tel était le cas, il faudra bien que tôt ou tard certains décideurs puissent être tenus imputables d’un tel sénicide.

vigile.quebec tribune libre 29 janvier 2021

La maladie mentale: cette intruse pernicieuse

1 février 2021

 

Ce n'est pas toujours simple de gérer l'anxiété générée par la pandémie de COVID-19. Ce l'est encore moins pour ceux aux prises avec des problèmes de santé mentale.

À titre d’exemple, Marie-Soleil Nantais, 41 ans, est sortie de la rue il y a trois ans et souffre aujourd'hui de troubles anxieux. Le stress lié à la pandémie l'a fait replonger dans la toxicomanie, après s'être abstenue de consommer durant plusieurs mois. Évidemment, l'isolement n'a rien fait pour aider.

La peur d'avoir peur emmène les gens à consommer, à s'isoler davantage et comme il y a de moins en moins de circulation de drogues dans la rue, les consommateurs se mettent à consommer n’importe quoi.

On peut citer aussi l’histoire d’un homme qui vit avec un trouble de stress post-traumatique et agoraphobique. Vous pouvez imaginer que tous les efforts qu'il a déployés lors des deux dernières années pour réintégrer la société, ont été mis à mal par le confinement lié à la pandémie.

La maladie mentale chez les jeunes

Parmi les troubles de santé mentale les plus courants chez les enfants et les jeunes se retrouvent l’anxiété, le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, la dépression et autres troubles de l’humeur, la schizophrénie et les troubles de l’alimentation.

Les jeunes eux aussi ont subi des contraintes difficiles à vivre depuis le début du confinement, notamment l’éloignement de leurs amis liés étroitement à une carence sur le plan de la socialisation qui peut facilement dégénérer en périodes dépressives ou d’anxiété.

Les parents ont ici un rôle primordial à jouer, particulièrement sur le plan de l’écoute, la pierre angulaire d’une saine communication avec le jeune qui ne peut qu’être bénéfique dans un climat de confiance mutuelle.

La maladie mentale, le parent pauvre du système de santé

Le 3 avril 2020, au petit matin, un individu est entré par effraction dans le domicile d’une famille d’Hudson, en Montérégie. L’intrus s’en est d’abord pris physiquement à Isabelle, la mère, puis à sa fille aînée, qui a bien cru qu’elle allait y rester. Isabelle voyait que l’agresseur ne semblait pas dans un état normal, mais elle ne pouvait pas savoir qu’il était en réalité un schizophrène en crise. Prise de panique, dans un élan de légitime défense, Isabelle a poignardé l’agresseur avec un couteau. Ce dernier a succombé à ses blessures.

Le drame vécu par Isabelle et sa fille aurait sans doute pu être évité si les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale bénéficiaient d’un meilleur encadrement. Et pourtant, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, s’est engagé à répondre à la demande grandissante de soins pour des troubles anxieux résultant du confinement, un engagement dont on attend toujours la concrétisation…

Quant à la famille d’Isabelle, neuf mois après le terrible drame, elle n’a encore reçu aucune aide du régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC)… Aux dernières nouvelles, le dossier est toujours à l’étude!

 

vigile.net tribune libre 28 janvier 2021