Gaétan Barrette doit-il être considéré comme imputable?

15 février 2021

On se souviendra que c’est la « réforme Barrette » qui a donné naissance aux CISSS et aux CIUSS que l’on connaît aujourd’hui. Dans la foulée de ces mégalo-structures, le drame humain qu’ont vécu les personnes âgées résidant au Manoir Liverpool pourrait bien avoir son origine d’un bris de la chaine de communication entre les divers intervenants du CISSS de Chaudière-Appalaches.

C’est du moins ce que laisse entendre l’argumentaire du PDG du CISSS lorsqu’il argue qu’il n’était pas au courant des problèmes de maltraitance envers les résidents du Manoir Liverpool dont il a la responsabilité. 

Si tel était le cas, peut-on lancer comme hypothèse que l’information concernant la situation au Manoir Liverpool ne s’est pas rendue au PDG compte tenu de la lourdeur administrative du CISSS, auquel cas l’ex-ministre de la Santé sous le gouvernement libéral, Gaétan Barrette, le « père de la réforme », devrait être tenu partiellement pour imputable des problèmes de communication entre les différents paliers d’intervention pendant cinq longues années?

En guise de rappel, en 2015, lors de la réorganisation du réseau de la santé, les responsables de la santé publique ont été intégrés aux CISSS et aux CIUSSS pour des motifs d’ « optimisation »… La belle affaire!  

vigile.quebec tribune libre 12 février 2021

Le Manoir Liverpool à nouveau sur la sellette

15 février 2021

Encore sous l’effet de la tourmente depuis la publication d’un rapport interne dévastateur faisant état de maltraitance à la résidence privée Manoir Liverpool, le CISSS de Chaudière-Appalaches est maintenant blâmé par l’Autorité des marchés publics (AMP) pour sa gestion du dossier du Manoir Liverpool, deux contrats totalisant 8,8 M$ ayant été octroyés à la résidence alors qu’elle n’avait même pas les autorisations pour soumissionner sur des contrats publics de cette envergure.

Rappelons que le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches, Daniel Paré, occupe temporairement le poste de grand patron de la campagne de vaccination contre la COVID-19 au Québec, une situation plutôt gênante et embarrassante pour le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui s’interroge sur l’imputabilité du PDG du CISSS dans ces deux dossiers.

À mon sens, il serait contraire à toute saine gestion que Daniel Paré n’échappe aux allégations d’imputabilité dans l’exercice de ses fonctions de PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches sous prétexte qu’il occupe un poste-clef dans la campagne de vaccination.

Dans l’hypothèse où il est prouvé que M. Paré est en partie responsable à la fois de la maltraitance des aînés et de l’octroi de contrats illégaux au Manoir Liverpool, la justice doit suivre son cours et suspendre le PDG de ses fonctions le temps que l’enquête indépendante présente son rapport.

vigile.quebec tribune libre 12 février 2021

Oui à la circonscription Camille-Laurin

15 février 2021

En 2014, le parc de la Francophonie à Québec accueillait un buste de Camille Laurin afin de rappeler la contribution du docteur Laurin au rayonnement de la langue française au Québec et dans le monde. Sur le socle, on peut y lire cette réflexion du père de la loi 101 : « La langue est le fondement même d'un peuple, ce par quoi il se reconnaît et il est reconnu, qui s'enracine dans son être et lui permet d'exprimer son identité. »

Dans la foulée de ce témoignage exceptionnel et alors que le gouvernement se prépare à présenter une réforme de la Charte de la langue française, il m’apparaît tout à fait pertinent d’appuyer la proposition du député de Bourget, Richard Campeau, et de renommer la circonscription de Bourget en l’honneur du député et ministre qui a représenté ce comté de 1970 à 1973, de 1976 à 1985, puis de 1994 à 1998. Qui plus est, le psychiatre de formation a mené sa carrière dans ce comté, à l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, renommé Hôpital Louis-Hippolyte-Lafontaine en 1976.

Camille Laurin fait partie des sept premiers députés élus du Parti québécois en 1970 et de ce fait, il s’est impliqué activement dans les années fastes du PQ. Toutefois, il aura surtout laissé en héritage aux Québécois la fierté d’appartenir à la seule nation francophone en Amérique du Nord en leur léguant la Charte de la langue française… Oui à la circonscription Camille-Laurin!

Le Soleil (version internet) 15 février 2021
vigile.quebec tribune libre 18 février 2021

Tramway: le bla-bla-bla de la CAQ

11 février 2021

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le gouvernement Legault ne pèche pas par excès de transparence dans le dossier du tramway de Québec. J’en ai pour preuve la réponse évasive de la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, à une question d’un journaliste qui lui demandait de définir les attentes du gouvernement concernant la desserte des banlieues, ce à quoi la ministre répondit que «ce sont des discussions qu'on a avec la Ville par souci de préserver l'intégrité et l'efficacité des pourparlers ».

La veille, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait pourtant fait preuve de transparence en mettant carte sur table concernant la desserte des banlieues qui bénéficieront d’investissements substantiels de plus de 1 G$ sur un budget de 3,3 G$, contrairement aux 200 M$ évoqués par le premier ministre lors de la période des questions.

Depuis les tout débuts de cette saga, le gouvernement s’est contenté de détruire l’argumentaire de la Ville de Québec sans jamais apporter de contre-proposition concrète. C’est le bla-bla-bla perpétuel axé autour de phrases creuses.

Le 10 novembre dernier, le ministre des Transports, François Bonnardel, disait ceci : « On peut offrir aux Québécois un bon projet pour 3,3 milliards. Est-ce qu’on peut le modifier ? Assurément. L’améliorer ? Oui. Maintenant, donnez-moi la chance, dans les prochaines semaines, de travailler avec l’équipe du maire et de revoir ce projet. » Or, trois mois plus tard, les précisions du ministre se font encore attendre…

quebechebdo tribune libre 11 février 2021
quebechebdo tribune libre 8 mars 2021

Projet de loi 84: injustice envers certaines victimes

9 février 2021

À la suite de l’assassinat de sa fille, un père s’est vu refuser l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) parce qu’il n’était pas présent au moment précis où l’assassin a, de façon violente, assassiné sa fille. Il est arrivé quelques minutes plus tard au moment où sa fille inerte se faisait transporter jusqu’à l’ambulance. 

Or, après trois ans de fastidieuses procédures, le Tribunal administratif du Québec a annulé cette décision. À l’instar de plusieurs victimes de la mosquée de Québec et de Lac-Mégantic, le contact brutal avec la scène de crime est suffisant pour causer un choc post-traumatique et à qualifier le père endeuillé de « victime ». 

Toutefois, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, dans son projet de réforme de l’IVAC [Loi 84], fait obstacle à cette jurisprudence en plaidant qu’une victime placée dans la même situation que le père ne serait désormais plus admissible au remplacement de revenu. Malgré les tollés de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues et de l’ensemble des partis d’opposition, le ministre Jolin-Barrette persiste et signe.

Ce n’est pas la première fois que le député de Borduas, dans d’autres ministères où il a occupé la fonction de ministre, notamment l’Immigration, est confronté à des contestations quasi unanimes et qu’il prend l’attitude du matamore en persistant dans sa décision…Dans le cas présent, il faut se demander si son attitude réfractaire ne représente pas simplement de l’entêtement!

quebechebdo tribune libre 9 février 2021
vigile.quebec tribune libre 30 mars 2021

Manoir Liverpool: le chaos

8 février 2021

Le rapport d’enquête accablant du CISSS de Chaudière-Appalaches sur la gestion de la résidence Manoir Liverpool de Lévis soulève, à mon point de vue, de sérieuses lacunes relativement aux mécanismes de contrôle mises de l’avant par la direction du CISSS.

Ainsi, de son propre aveu, Daniel Paré, le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches, soutient ne pas avoir agi plus tôt dans le dossier du Manoir Liverpool à Lévis parce que les mécanismes en place ont failli à détecter «la maltraitance qui y avait cours». De son côté, le PDG par intérim du CISSS, Patrick Simard, admet que son organisation devra tirer des leçons sur les motifs qui ont fait que le CISSS a été impuissant, nonobstant ses processus de contrôle, à pallier ces événements inhumains qui durent depuis plusieurs années.

Dans la foulée de ces commentaires des deux dirigeants principaux du CISSS de Chaudière-Appalaches, je suis d’avis qu’ils ont manqué à leur devoir de supervision, une responsabilité primordiale dans tout manuel de saine gestion. En termes clairs, il m’apparaît incompréhensible, voire inacceptable, qu’il aura fallu une enquête pour que les dirigeants du CISSS prennent conscience du chaos systémique qui règne dans une résidence dont ils ont la responsabilité

Quoi qu’il en soit.dans toute cette affaire, la question de l’imputabilité devra se poser un jour et, à mon avis, toute la chaîne de communication devra alors justifier sa gestion eu égard à la qualité de vie exécrable des résidents du Manoir Liverpool.

vigiel.quebec tribune libre 8 février 2021

La fibre nationaliste de François Legault est toujours présente (suite)

7 février 2021

Dans un récent article publié sur cette tribune sous le même titre, j’ai fait mention de quelques situations ayant semé des imbroglios entre François Legault et Justin Trudeau, reliés notamment à la gestion de crise du coronavirus, ces flammèches émanant de l’empiètement de Trudeau dans les compétences provinciales et de sa lenteur à mettre un stop aux voyages non-essentiels.

Imaginons maintenant un scénario où Justin Trudeau, poussé par son fanatisme viscéral [hérité de son père] envers le multiculturalisme, se met à faire des allusions sournoises sur la loi 21 sur la laïcité du Québec. Je crois que vous pouvez imaginer, tout comme moi, la colère noire de François Legault.

Mais poussons la réflexion plus à fond. Si, comme je suis porté à la croire, la fibre nationaliste de François Legault est encore bien présente dans ses tripes, ne croyez-vous pas que cette fibre se mette à vibrer avec de plus en plus d’ampleur?… Et pourquoi pas jusqu’à reprendre le collier du souverainisme en proposant une alliance entre la CAQ et le PQ, et en fondant un nouveau parti indépendantiste qui pourrait s’appeler, par exemple, la Coalition des forces souverainistes du Québec (CFSQ)?

Il m’apparaît clair que François Legault en a marre de quémander auprès d’Ottawa, Le premier ministre du Québec est un homme fier et fier de son Québec, de sa jeunesse et de son entrepreneuriat. Dans cette perspective, il me semble tout à fait pertinent de penser que François Legault revienne à ses anciennes amours et redécouvre les avantages de redonner au Québec tous les leviers économiques pour assumer pleinement son indépendance.

En terminant, je vous laisse sur cette réflexion de Pierre Bourgault qui pourrait peut-être à raison faire partie des pistes de réflexion de François Legault :

« Je n’ai jamais compris pourquoi le nationalisme "canadian" de Pierre Trudeau était plus valable ou plus défendable que mon nationalisme québécois. Je n’ai jamais compris pourquoi le Canada devait être séparé des autres pays du monde pendant que le Québec devait, d’autorité, rester attaché au Canada ».

vigile.quebec tribune libre 3 février 2021

Affaire Camara: où était passée la caméra du MTQ?

7 février 2021

L’agent Vig a été sauvagement attaqué le 28 janvier dernier après avoir intercepté un automobiliste sur le boulevard Crémazie, en bordure de l’autoroute Métropolitaine à Montréal. M. Camara est bel et bien celui qui a été arrêté par le policier. Or ce n’est que le 3 février, soit 6 jours après l’incident, que des images d’une caméra du ministère des Transports du Québec (MTQ) ont été transmises au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui en est venu alors à la conclusion qu’il n’était plus possible de soutenir les accusations à l’égard de monsieur Camara après avoir visionné les images.

Et pendant ces six jours et six nuits, M. Camara a croupi dans une cellule de prison alors que les images de cette caméra auraient dû contribuer à disculper le suspect sur le champ. Mais au fait, qui détenait cette caméra pendant toute cette période? Et surtout, pourquoi le détenteur de ladite caméra ne l’a-t-il pas remise au DPCP avant le 3 février?

Des questions qui devront trouver réponses à défaut de quoi une pièce majeure du puzzle manquera pour compléter le casse-tête. Et, pour y parvenir, je suis d’avis qu’une enquête indépendante menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) représente le meilleur canal pour arriver à bon port.

quebechebdo tribune libre 7 février 2021

Tramway de Québec: que veut vraiment la CAQ?

6 février 2021

Le 10 novembre dernier, le ministre des Transports, François Bonnardel, disait ceci : « On peut offrir aux Québécois un bon projet pour 3,3 milliards. Est-ce qu’on peut le modifier ? Assurément. L’améliorer ? Oui. Maintenant, donnez-moi la chance, dans les prochaines semaines, de travailler avec l’équipe du maire et de revoir ce projet. » Or, près de trois mois plus tard, les précisions du ministre se font encore attendre.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, est loin d’être le seul qui peine à comprendre la position du gouvernement, lequel répète ad nauseam son désir de mieux desservir la banlieue, sans expliquer où le bât blesse. En effet, du côté des experts en urbanisme et des environnementalistes, ils invitent le gouvernement Legault à clarifier sa vision des choses pour la desserte des banlieues avec le futur réseau structurant.

Régis Labeaume assure que le réseau structurant de 3,3 G$ répond aux besoins des banlieues grâce notamment aux 22 km de tramway, aux différents Métrobus circulant sur des voies réservées et aux sept Parc-O-Bus régionaux qui totaliseront 6000 stationnements incitatifs. En parallèle, un autre projet municipal de 144 millions $, annoncé en juin 2020, prévoit « la mise en place d’une véritable toile régionale de transport collectif, selon les mots du maire. Nous avons comme projet d’augmenter le niveau service, de faciliter significativement le transport en périphérie et d’établir des connexions avec les quatre MRC adjacentes. »

Permettez-moi, en terminant, de lancer une hypothèse pouvant expliquer la lenteur des négociations entre la Ville de Québec et le gouvernement. Et si la CAQ éternisait les débats jusqu’aux élections municipales prévues pour novembre 2021 dans l’espoir de relancer un projet qui lui est cher, à savoir le troisième lien, dans les débats de la campagne électorale municipale!

quebechebdo tribune libre 6 février 2021
vigile.quebec tribune libre 8 février 2021

L’isolement, un virus dévastateur

4 février 2021

À tous les jours depuis bientôt un an, tel un glas fatidique, on entend le nombre de décès au Québec liés à la pandémie du coronavirus. Toutefois, les souffrances, voire la mort, causées par l’isolement, ce virus mal connu et dévastateur, passent malheureusement trop souvent sous silence. Aucun vaccin n’existe pour tuer l’isolement, seul le contact humain chaleureux ayant le pouvoir de combattre les méfaits pervers du vieillissement. 

Le 11 mars, le premier ministre a annoncé la tenue d’une journée de commémoration en hommage aux victimes de la COVID-19. Mais qu’en est-il des victimes dont l’isolement a aussi eu raison de leur vie ? Malheureusement, aucune statistique ne fait état de cette triste réalité.

À toutes les fois que l’on vient à bout du coronavirus, un patient récupère peu à peu sa santé. Toutefois, lorsqu’un neurone est attaqué par l’isolement, apparaissent des séquelles irréversibles et permanentes sur la santé mentale et physique, étant scientifiquement prouvé que le stress chronique causé par l’isolement attaque pernicieusement le système immunitaire et contribue à augmenter le risque de morbidité, voire de mortalité.

Le 11 mars prochain, nous devons avoir aussi un devoir de mémoire envers les victimes décédées après avoir contracté le virus de l’isolement, un dommage collatéral de la pandémie dont on parle si peu alors qu’il est l’un des plus dévastateurs.

quebechebdo tribune ibre 4 février 2021
Le Soleil (version internet) 5 février 2021
vigile.quebec tribune libre 5 février 2021