Le sauveur

1 mai 2014

Malgré les efforts soutenus des tenants du report de la désignation d’un chef à la tête du PQ au profit d’une remise en question de la stratégie péquiste suite à la dégelée du 7 avril, l’ombre de l’élection d’un nouveau chef ne cesse de planer dans les officines du parti.

Et, parmi les candidats pressentis, il semble que deux d’entre deux retiennent davantage l’opinion publique, à savoir Gilles Duceppe et Pierre Karl Péladeau, deux hommes diamétralement opposés, le premier issu du monde politique, le second, du monde des affaires.

Toutefois, au-delà de cette différence fondamentale, leur personnalité tranche sur plusieurs aspects, particulièrement sur le plan du tempérament, Gilles Duceppe, davantage rationnel et pondéré dans ses intentions, Pierre Karl Péladeau, plutôt émotif et impatient d’en arriver à ses fins.

Par ailleurs, les deux incarnent à leur façon un apport de «sang nouveau» que plusieurs militants souhaitent voir émerger à la direction du PQ… Un argument auquel nous ont habitués les hautes instances du parti depuis sa création.

Nul doute que les discussions des participants des prochains congrès convoqués pour procéder au post-mortem de la cuisante défaite du 7 avril ne pourront passer outre l’étalage de noms de candidats susceptibles de prendre la relève.

Reste à souhaiter que le sauveur pressenti saura rallier les forces indépendantistes québécoises par son charisme et ses convictions à conduire le Québec sur la voie de son autonomie pleine et entière… car c’est bien là la raison d’être du Parti québécois.

quebechebdo 1er mai 2014
vigile.net tribune libre 2 mai 2014 "Oui à un chef charismatique de conviction" (version modifiée)

Vive le bon vieux crayon

1 mai 2014

Qu’on le veuille ou non, l’ordinateur est en train de s’implanter à l’école tel un incontournable, y compris dans la prise de notes de cours par les étudiants. Toutefois, une étude pilotée par deux psychologues américains auprès d’étudiants universitaires révèle des résultats qui ébranlent la sacrosainte toute-puissance de l’ordinateur.

En effet, deux groupes d'élèves inscrits à des cours magistraux de 30 minutes ont été soumis à deux méthodes de prises de notes visant à déterminer lequel des deux groupes manifestait la meilleure rétention. Un groupe avait le droit d'utiliser son ordinateur, l'autre disposait uniquement d'un bloc de papier et d'un crayon.

Eh bien, croyez-le ou non, l'écriture manuscrite non seulement facilite davantage la rétention à court terme de l'information que le clavier, mais elle favorise de plus un meilleur stockage de cette information dans le cerveau en vue d’un usage ultérieur.

Une preuve que le cerveau humain a ses raisons que le disque dur ne connaît pas!

quebechebdo 29 avril 2014
Le journal de Québec 1er mai 2014

Le syndrome de la dépossession progressive

30 avril 2014

Même si, aux dires de Philippe Couillard, la privatisation partielle d’Hydro-Québec et de la Société des alcools n’est pas «dans les cartons» du gouvernement pour la prochaine année financière, le simple fait d’en évoquer l’hypothèse constitue à mon sens une brèche dangereuse dans l’ingérence du secteur privé.

Pourtant, sans être expert en fiscalité, il me semble que, bon an mal an, ces deux sociétés d’État présentent annuellement des budgets excédentaires. Alors, au lieu de céder 10 % de leur capital au privé comme le proposent Luc Godbout et Claude Montmarquette et verser cette somme au Fonds des générations pour réduire la dette, pourquoi le gouvernement ne puiserait-il pas dans les surplus de ces sociétés d’État des sommes imputées à la réduction de la dette… et cela, tout en demeurant propriétaire à part entière?

En agissant de la sorte, le gouvernement Couillard éviterait de susciter le syndrome pervers de la dépossession progressive de deux joyaux de la société québécoise, un phénomène pernicieux qui risque d’entrainer dans son sillon la cession partielle de d’autres sociétés d’État au profit des intérêts privés.

quebechebdo 30 avril 2014
Le Journal de Québec 2 mai 2014 "La dépossession progressive"

La couleuvre Fournier

29 avril 2014

Sans grande surprise, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes Jean-Marc Fournier continue d’étaler son style habituel louvoyant lorsqu’arrive le temps de répondre aux questions pointues des journalistes sur un sujet délicat.

Il en est ainsi du projet de réforme unilatéral du Sénat du gouvernement Harper qui vient d’être rabroué par la Cour suprême. Ainsi, à savoir si le Sénat sert les intérêts du Québec à l’heure actuelle, la couleuvre Fournier s’est contentée de répondre qu’elle n’avait pas à répondre à cette question-là mais que la véritable question portait sur les priorités économiques des Québécois : «Si vous nous demandez : “Est-ce que c’est 250 000 emplois ou les 24 emplois des sénateurs?” C’est les 250 000 emplois.»

Et voilà, le tour est joué…Les caméras sont déplacées pernicieusement dans une autre direction, et tant pis pour un sujet aussi «banal» que la réforme du Sénat qui ne figure pas au sommet des priorités du gouvernement du Québec, aux dires du premier responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes.

Par contre, en qui a trait aux négociations constitutionnelles, notre louvoyant ministre libéral se montre beaucoup plus loquace. Ainsi, dans l’hypothèse où Stephen Harper décidait de consulter les provinces sur le sort du Sénat, le gouvernement du Québec en profiterait pour négocier d’autres «enjeux», alléguant du même souffle qu’il mettrait l’accent sur le «dialogue, la coopération et la collaboration avec Ottawa et les autres provinces canadiennes»… En terme de gueule de bois, avouons qu’on ne peut faire mieux!

Pourtant, dans les faits, il m’apparaît évident que Jean-Marc Fournier tente d’éviter les écueils laissés par Stephen Harper dans l’épineux dossier du juge Nadon, lequel a donné raison au gouvernement du Québec, et les scandales qui ont éclaboussé la Chambre haute au cours des derniers mois, sachant fort bien que ces dossiers chauds pourraient procurer des armes aux partis souverainistes québécois qui ne réclament rien d’autre que l’abolition du Sénat.

En bref, l’histoire se répète… Le scénario démagogique pervers auquel nous ont habitués les libéraux de Jean Charest pendant neuf ans avec Jean-Marc Fournier en tête reprend sa place sur la scène politique québécoise avec tous les louvoiements qui l’accompagnent.

quebechebdo 29 avril 2014
vigile.net tribune libre 29 avril 2014

Pour que persiste la flamme

28 avril 2014

Comment se fait-il que les neuf longues années de «pillage» de la part du gouvernement Charest, à savoir de 2003 à 2012, n’ont pas réussi à «dégoûter la population et lui donner le goût du changement» «après à peine dix-huit mois passés dans l’opposition»?

Une question, me semble-t-il, qui suscite une profonde réflexion et qui laisse planer une ombre morose et qui me laisse perplexe quant à la capacité de mémoire de l’électorat québécois concernant les magouilles antérieures du PLQ.

La dernière déconfiture du PQ du 7 avril liée à l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire m’a laissé, comme à des milliers d’indépendantistes, un goût amer dans la gorge. En tant que militant de la première heure, j’avoue que j’éprouve de plus en plus de difficultés à me retrousser les manches et à me relancer à la conquête de notre rêve, échaudé par les nombreuses désillusions que m’ont causées les tergiversations du PQ, particulièrement depuis la défaite crève-cœur du référendum de 1995.

Toutefois, en bon vétéran de toutes ces guerres auxquelles j’ai participé, une petite flamme intérieure continue à scintiller au fond de moi. Cependant, pour persister, elle aura besoin d’un souffle nouveau qui saura lui redonner la vigueur nécessaire pour tracer le chemin vers la réalisation de notre idéal commun.

Et, pour y arriver, je préconise un ralliement des forces indépendantistes autour du projet de pays. Il n’existe, à mon sens, aucune autre avenue possible. Et cela, peu importe le parti et le chef qui le dirigera.

quebechebdo 28 avril 2014

Le pape « de transition »

27 avril 2014

Élu pape à l’âge de soixante-seize ans, le cardinal Angelo Giuseppe Roncalli devait être un pape de transition. Et pourtant, de tous les papes que j’ai connus, Jean XXIII a été de toute évidence celui qui m’a le plus marqué, non seulement par la réforme majeure de l’Église suscitée par le concile Vatican II dont il a été l’instigateur, mais surtout par l’extrême bonté qui émergeait de son visage.

Au moment de donner sa première bénédiction urbi et orbi, Jean XXIII, ébloui par les projecteurs de la télévision, déclarera plus tard : « J’ai béni Rome et le monde à l’aveuglette. Je quittais le balcon lorsque j’ai réalisé que j’allais passer le reste de mes jours sous les projecteurs. Je me suis dit : si tu n’es pas fidèle à l’enseignement de ton doux et humble Maître, tu ne comprendras rien aux réalités de ce monde, et tu seras vraiment aveugle ».

À mes yeux, la canonisation de Jean XXIII revêt un caractère symbolique en ce sens que l’Église catholique l’élève au rang de « Saint Père », lui qui a incarné le rôle du bon père de famille qui aura marqué mon adolescence.

quebechebdo 27 avril 2014
cyberpresse.ca 1er mai 2014

Dans l’arène des répliques cinglantes

26 avril 2014

On reproche souvent aux politiciens d’utiliser la langue de bois lorsqu’ils sont confrontés à des questions embarrassantes. Dernièrement, j’ai reçu un message électronique d’un ami qui contenait des répliques cinglantes qui pourraient inspirer certains de nos politiciens et qui mettraient un peu de « mordant » dans une arène politique souvent insipide.

À titre d’exemples, j’ai trié celles qui concernaient le coloré Winston Churchill qui, le moins qu’on puisse dire, n’était pas un adepte de la langue de bois…avec les risques de retour de l’ascenseur à l’occasion :

Lady Astor apostropha un jour Winston Churchill :

« Monsieur Churchill, vous êtes ivre! »

Réplique de Churchill :

« Et vous, Madame, vous êtes laide…Mais moi demain, je serai sobre! »

Churchill fit un jour la remarque suivante à George Bernard Shaw (alors très maigre contrairement à ce premier de forte corpulence) :

« À vous voir, toute le monde pourrait penser que la famine règne en Angleterre »

Réplique de Shaw :

À vous voir, tout le monde pourrait penser que c’est vous qui en êtes la cause »

Lors d’une visite du palais de Blenheim (maison ancestrale de la famille Churchill), Lady Astor se retrouva à discuter des droits des femmes avec Winston Churchill, qui n’était pas réputé pour son affection pour le sujet.

Au sommet de leur désaccord, Lady Astor s’écria :

« Winston, si j’étais votre épouse, je mettrais du poison dans votre verre! »

Réplique du tac au tac de Churchill :

« Eh bien moi, Nancy, si j’étais votre mari, je le boirais! »

À la fin d’un dîner organisé par Winston Churchill, le maître d’hôtel du héros de la guerre présente la cave à cigares aux invités. L’un d’entre eux, sans le moindre scrupule, en prend cinq, les met dans sa poche et déclare :

« C’est pour la route »

« Merci d’être venu d’aussi loin », lui lance Churchill.

quebechebdo 26 avril 2014

La coupe déborde

25 avril 2014

La saga déclenchée par le coup médiatique de Joël Legendre concernant le remboursement par la RAMQ des frais liés aux traitements de fécondation in vitro soulève de nombreuses questions.

Parmi celles-ci, celle qui retient davantage mon attention concerne le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, un principe qui a fait l’unanimité au sein de toutes les formations politiques tout au cours du débat sur le projet de loi 60.

En effet, comment peut-on défendre d’une part ce principe et permettre d’autre part que le corps de la femme soit utilisé comme des «machines» à reproduction pour pallier l’impossibilité de reproduction d’un couple homosexuel?

Une question fondamentale à laquelle tous les intervenants en la matière, politiciens et juristes, devront répondre à défaut de quoi ils ouvriront la porte à un débordement éthique et social insensé et scandaleux.

quebechebdo 25 avril 2014
Le Journal de Québec 27 avril 2014 "Débordement éthique"
vigile.net tribune libre 27 avril 2014 "Débordement éthique"
Le journal Métro 28 avril 2014
Le Soleil 29 avril 2014

Du sang neuf à la tête du PQ

24 avril 2014

L’engouement suscité par Véronique Hivon comme candidate à la chefferie du PQ auprès des jeunes péquistes suscite à mon sens un indice fort révélateur d’un besoin de renouveau de la part de l’aile jeunesse du Parti québécois.

Un renouveau qu’il ne faut pas sous-estimer mais qu’il convient au contraire de prendre sérieusement en considération, compte tenu particulièrement de la cuisante dégelée du gouvernement Marois le 7 avril.

Aux yeux du président du Comité national des jeunes du PQ, Frédéric Saint-Jean, «une femme de cette trempe-là devrait participer au débat», tout en saluant au passage l'«intelligence» et le «beau travail parlementaire» effectué, souvent à l’abri des caméras de télévision, par l’auteure du projet de loi sur les soins de fin de vie.

À mon sens, sans pour autant renier la valeur des candidatures des Lisée, Drainville, Péladeau et autres, les jeunes du PQ lancent un signal clair aux partisans du parti, à savoir que ce parti se doit d’entamer une sérieuse réflexion sur sa stratégie souverainiste…et, à ce sujet, je ne peux qu’abonder dans les bienfaits de la présence de Véronique Hivon au sein de ce débat fondamental. 

quebechebdo 24 avril 2014
vigile.net tribune libre 24 avril 2014
Le Journal de Québec 25 avril 2014

Le temps d’une illusion

23 avril 2014

Eh bien voilà, c’est fait…malgré les pétitions ayant circulé à l’effet de demander aux élus péquistes de renoncer à leur serment d’allégeance à la Reine d’Angleterre, les députés indépendantistes se sont prosternés bassement devant Sa Majesté.

J’avais espéré, le temps d’une illusion, que cette mascarade soit relayée dans le placard des mauvais souvenirs et qu’enfin, la fierté nationale puisse reprendre ses lettres de noblesse auprès de l’électorat souverainiste québécois.

Et pourtant, dans la lignée de la poussée identitaire suscitée par la charte des valeurs, l’occasion était belle de réaliser un pas de plus vers l’affirmation nationale. Mais non, la députation péquiste, sourire aux lèvres, s’est contentée servilement d’ânonner servilement un serment d’allégeance relié à une constitution de laquelle le Québec est absent, une aberration inacceptable de bas étage.

Pour sa part, le chef de l’opposition officielle Stéphane Bédard, en clamant son intention de placer l’intégrité au centre de ses priorités, a lui aussi perdu une belle occasion de faire preuve d’«intégrité» en se dissociant de ce serment d’allégeance qui vient signifier de facto son incongruence par rapport à ses convictions politiques souverainistes.

Et vogue la galère des illusions perdues et de l’aplaventrisme éhonté…La session parlementaire peut maintenant reprendre son cours normal, chaque député ayant maintenant rempli les conditions pour siéger à notre auguste Assemblée du peuple…à moins que les trois représentants de QS ne se tiennent debout! 

quebechebdo 23 avril 2014