Les vases communicants

19 mars 2017

De passage à Drummondville dans le cadre de sa tournée pré-électorale dans toutes les régions du Québec, Philippe Couillard s’est targué de présenter le 28 mars prochain un budget équilibré pour la troisième année consécutive, un budget qu’il a baptisé celui de « l’espoir retrouvé ».

Or, il s’avère que, depuis trois ans, le gouvernement des « vraies affaires » a sabré des millions de dollars dans tous les services de l’État, notamment en éducation et en santé, à même les goussets des contribuables. Et, pour ajouter un peu de « glaçage sur le gâteau », notre bon docteur Couillard clame que « ce n'est pas le temps de confier le Québec à des bricoleurs. C'est le temps d'aller vers l'expérience, la constance et les vraies priorités ».

Mais quelle « expérience » le premier ministre évoque-t-il avec autant d’éloquence? Est-ce celle qu’il a développée depuis trois en ébranlant sérieusement la qualité des services à la population? En réalité, « l’espoir retrouvé » n’est-il pas le résultat d’un régime minceur imposé aux contribuables québécois?

Somme toute, les largesses que M. Couillard s’apprête à distribuer dans le prochain budget de Carlos Leitao ne sont rien d’autre que l’application des « vases communicants ». Un simple retour des sommes faramineuses ponctionnées dans les poches des contribuables…point final!

quebechebdo 19 mars 2017
​vigile.net tribune libre 22 mars 2017
 

QS, l’opposition officielle?

18 mars 2017

Pour employer une formule bien connue, « si la tendance se maintient », Québec solidaire (QS) pourrait former l’opposition officielle à l’Assemblée nationale lors des élections de 2018. À titre d’indice laissant percevoir cette tendance, un sondage réalisé pour Le Devoir par la firme Léger révèle que QS passe de 8 % à 14 % dans l’ensemble du Québec depuis janvier alors que, pour la même période, le PQ recule de 29 % à 25 %. Autre indice fort révélateur, six points seulement séparent maintenant le PQ (22 %) et QS (16 %) dans la région de Montréal.

Nul doute que certains événements fort médiatisés ont joué en faveur de la visibilité de QS au cours des dernières semaines, notamment le départ de Françoise David, la lutte acharnée menée par Manon Massé pour garder intacte sa circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques et, non le moindre, l’arrivée en scène de Gabriel Nadeau-Dubois (GND) comme candidat de QS dans le comté de Gouin, laissé vacant par le départ de Françoise David…un billet d’entrée assuré compte tenu que le PQ a décidé de ne pas présenter de candidat dans ce comté.

À mes yeux, les astres s’alignent pour favoriser la montée de QS dans les intentions de vote. À cet effet, en quelques jours de politique active, l’effet GND a permis de recruter quelque 4000 nouveaux membres au sein de QS, une augmentation substantielle de 40 % de ses effectifs.

Reste à savoir si « la tendance se maintiendra »…Toutefois, un constat me semble évident, QS a pris « du gallon » à tel point qu’il est devenu un adversaire de gauche sérieux pour le PQ qui devra « mettre les bouchées doubles » s’il désire conserver la maigre avance qu’il détient sur QS.

quebechebdo 18 mars 2017
​vigile.net tribune libre 18 mars 2017

Le budget de Trump

17 mars 2017

Tel que promis lors de sa campagne électorale, Donald Trump a présenté son budget « America first » qui met carrément l’accent sur le ministère de la Défense et le département de l’Intérieur, notamment par l’investissement de 1,5 milliard de dollars pour la construction du mur à la frontière avec le Mexique.

En revanche, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) voit ses financements diminuer de 31%, la pire baisse de ce budget prévisionnel. Quant au Fonds national pour les arts et le Fonds national pour les lettres et les sciences humaines, il voit son financement réduit à zéro.

Des mesures draconiennes qui, quoique ayant peu de chance d’être acceptées telles quelles par le Congrès, démontrent à quel point le président des USA est déterminé à rétablir le Law and Order au détriment de la situation environnementale inquiétante et du rayonnement de la culture américaine.

Donald Trump a fait son nid : « America first »…Reste à savoir jusqu’où ira cette mégalomanie envers la défense du pays, une stratégie inquiétante, voire suicidaire, qui risque de faire reculer les USA de plusieurs décennies eu égard à l’environnement et à leur culture.

quebechebdo 17 mars 2017
 

Le pari de Martine

15 mars 2017

Bien que la députée provinciale de Vachon, Martine Ouellet, allègue que son nouveau cumul de fonctions, à titres de députée provinciale et chef fédéral du Bloc québécois, « ne constitue aucun problème puisque [sa] situation n'est pas différente des autres chefs de partis, qui sont également députés », force est de constater qu’elle crée un précédent qui risque de l’éconduire dans des sentiers pour le moins embarrassants.

À mes yeux, le problème le plus aigu émane du fait qu’elle se retrouve sur deux paliers de gouvernements et, qu’à ce titre, elle ne peut bénéficier des pouvoirs dévolus aux deux fonctions qu’elle occupera, notamment au chapitre de la légitimité nécessaire pour pouvoir occuper adéquatement ses deux rôles. En termes clairs, à force de courir deux lièvres à la fois, elle risque de les perdre tous les deux!

Conséquemment, le statu quo m’apparaît illusoire. À mon avis, le Bloc québécois se doit de dégager les sommes nécessaires pour permettre à Mme Ouellet de jouer pleinement son rôle de chef de parti d’une part, et la députée de Vachon doit démissionner de son poste de députée provinciale d’autre part, à défaut de quoi le fait d’être assise entre deux chaises la conduira inévitablement dans un cul-de-sac politique fatal.

quebechebdo 15 mars 2017

Adieu convergence!

14 mars 2017

En associant le PLQ et le PQ comme étant les deux partis qui « ont trahi » le Québec au cours des trente dernières années, Gabriel Nadeau-Dubois (GND) vient de mettre un bâillon sur toute forme de convergence entre QS et le PQ. Une fin de non-recevoir on ne peut plus claire.

Si Jean-François Lisée entretenait encore quelque espoir d’amener QS à se joindre à son parti sous quelque forme que ce soit, j’ai bien peur que l’absence délibérée de candidat du PQ dans Gouin, à l’occasion des élections partielles en vue de remplacer Françoise David, pour laisser toute la place à QS sera le premier et dernier geste posé par le chef du PQ en vue de susciter la convergence.

À mon sens, il m’apparaît évident que GND n’est pas du tout le genre à agir comme deuxième violon. En termes clairs, il préfère d’emblée être le premier violon dans un petit orchestre que second dans un grand, là où ses chances de relever des défis sont davantage présentes…Adieu convergence et tous les « beaux principes » qu’elle faisait miroiter en termes de solidarité pour « la cause »!

quebechebdo 14 mars 2017
​Le Devoir 17 mars 2017

Une étoile dans la pénombre autochtone

13 mars 2017

Les histoires atroces au sujet de la maltraitance des autochtones ne cessent de ressurgir dans les médias. Or, parmi celles-ci, il en est une qui apporte une dose de fraîcheur sur un paysage désolant, à savoir celle de Maïté Labrecque-Saganash. Comme 150 000 petits autochtones à travers le pays, le père, les oncles et les tantes de Maïtée ont été arrachés à leurs parents et placés dans des pensionnats, dont la mission avouée était de « tuer l’Indien au cœur de l’enfant ».

La jeune Maïté a goûté à cet acharnement dès ses débuts à l’école primaire, un harcèlement qui l’a conduite à une tentative de suicide il y a un an et demi. Or, aujourd’hui, elle attribue sa guérison au fait d’assumer désormais son identité autochtone, un processus de « décolonisation de l’âme » amorcé pendant son hospitalisation après sa tentative de suicide.

Pour la première fois, d’aussi loin qu’elle se souvienne, Maïtée Labrecque-Saganash se trouve belle, et peut dire qu’elle est heureuse. Ses grands yeux bruns s’emplissent de larmes et sa voix tremble sous le coup de l’émotion. « Ça peut-tu être ça, la vie, ou je suis en train de rêver ? Ce n’est tellement pas une habitude pour nous, autochtones, de nous sentir bien. »

Ce bonheur chèrement acquis, elle a envie que toutes ses sœurs des Premières Nations y goûtent et qu’elles réalisent que tout est possible. « Je veux donner une voix aux filles de Kuujjuaq, de Timiskaming, de Waswanipi. Je suis tannée de les voir malheureuses, tannée qu’on ne les traite pas en êtres humains. »…Maïté Labrecque-Saganash, une étoile dans la pénombre autochtone!

quebechebdo 13 mars 2017
 

Diviser pour mieux régner

12 mars 2017

Même si la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, argue qu’ « il ne s’agit pas de diviser pour mieux régner » dans le dossier des transferts fédéraux en santé, force est de constater que le soi-disant « front commun » des provinces visant une entente nationale sur ces transferts a fondu comme neige au soleil.

On devait s’y attendre dans la mesure où Ottawa a toujours gardé le contrôle sur ces transferts qui, pourtant, proviennent des provinces. Un paradoxe gênant qui démontre à quel point les provinces sont à la merci d’un gouvernement central fédéral qui règne en maître sur un champ de juridiction pourtant provincial, à savoir la santé.

Tant et aussi longtemps que le Québec persistera à faire partie de la « grande famille canadian », il continuera de s’empêtrer dans un nœud gordien sans issue. Seule l’appropriation de nos pouvoirs légitimes nous permettra d’assumer à bon escient les impôts des contribuables québécois…D’ici là, on peut continuer à rêver à un utopique « front commun » qui n’a de réalité que son appellation !

quebechebdo 12 mars 2017
Le Journal de Québec 13 mars 2017
 

Sauver la chèvre et le chou

11 mars 2017

Depuis qu’il est chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau proclame sur toutes les tribunes qu’« on ne peut pas choisir entre l'environnement et l'économie ». À cet effet, depuis son élection, le gouvernement Trudeau a tenté de plaire tant aux écologistes, en signant l’accord de Paris qu’à l’industrie pétrolière, en approuvant deux oléoducs et en maintenant les subventions pour les combustibles fossiles.

Or, de l’avis des environnementalistes, Justin Trudeau ne pourra pas sauver le chèvre et le chou. Il lui faut choisir entre la stimulation de l’économie via le développement pétrolier ou la réduction des gaz à effet de serre dans la voie de son engagement à la COP21. Un dilemme politique auquel Justin Trudeau est confronté et qui risque de le placer devant l’inévitable quadrature du cercle.

Nous sommes en 2017, M. Trudeau. La protection de l’environnement est devenue un enjeu capital et déterminant pour l’avenir de notre planète. À vous de transformer en mesures concrètes, telle la taxe sur le carbone à laquelle on ne peut qu’applaudir, vos engagements de l’accord de Paris, à défaut de quoi vous risquez de couler avec les compagnies pétrolières dans les eaux troubles de l’or noir…

quebechebdo 11 mars 2017
vigile.net tribune libre 12 mars 2017
 

Le choix de GND

10 mars 2017

Parmi les arguments évoqués par Gabriel Nadeau-Dubois (GND) pour joindre les rangs de Québec solidaire (QS) se retrouve le fait qu’il est temps de « sortir la classe politique actuelle depuis 30 ans qui a trahi le Québec ». Un argument qui détonne avec le choix de GND compte tenu du fait qu’il est certain que ce n’est pas QS qui délogera les libéraux du pouvoir, le cas échéant.

Par ailleurs, on peut se demander pourquoi avoir opté pour un parti « de gauche et indépendantiste » alors que le PQ, qui se définit en ces termes, incarne le seul parti en mesure d’évincer le PLQ du pouvoir. D’autre part, on peut douter du volet indépendantiste de QS qui, aux dires d’Amir Khadir, doit viser « l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l’indépendance ».

En réalité, le choix de GND me semble guidé davantage par un objectif carriériste que par une véritable conviction dans les « vertus » de QS, un parti qui, bon an mal an, réussit à aller chercher autour de 7 % du suffrage populaire lors des dernières élections provinciales…Un choix qui confirme, à mes yeux, que GND préfère être « grand » dans un petit parti que « petit » dans un grand parti.

quebechebdo 10 mars 2017
 

Le monde de Sophie

8 mars 2017

Sur ses comptes Instagram et Facebook, Sophie Grégoire a soulevé toute une gamme de commentaires en invitant ses lecteurs à « célébrer les garçons et les hommes qui nous encouragent à être qui nous sommes vraiment » dans le cadre de la Journée internationale des femmes, son message s’accompagnant d’une photo où on la voit tenir la main de son époux, le premier ministre Justin Trudeau.

Bien que conscient que certains hommes abondent dans l’argumentaire de Sophie Grégoire, force est de constater que la voie qu’elle emprunte pour souligner la Journée internationale des femmes est pour le moins « originale ».

À mon sens, la conjointe du premier ministre a raté le coche en éludant les iniquités salariales entre les hommes et les femmes qui persistent encore depuis l’instauration de la Loi sur l’équité salariale votée… il y a 20 ans, et en utilisant la seule journée de l’année destinée à la cause des femmes pour célébrer les hommes.

Il appert que les astres ne tournent pas dans le sens de l’histoire dans le merveilleux monde de Sophie dans lequel les stéréotypes prévalent sur les luttes relatives à l’équité salariale qui persistent encore aujourd’hui entre les hommes et les femmes…Pourtant, comme dirait Justin, nous sommes en 2017!

quebechebdo 8 mars 2017
Le Devoir 9 mars 2017
Le Journal de Québec 9 mars 2017
vigile.net tribune libre 12 mars 2017