Moins de garçons dans les universités

10 mai 2017

Selon des chiffres publiés en 2014 par l'Institut de la statistique du Québec, environ 25 % des hommes de 25 à 34 ans ont un diplôme universitaire en poche, alors que chez les filles, la proportion est de 35 %. Un écart de 10 points de pourcentage, qui est semblable à la réalité du reste du Canada.

Aux dires de Sylvie Beauchamp, présidente sortante de l'Université du Québec (UQ), les universités québécoises ont fait le plein de jeunes femmes au cours des dernières décennies. « Il y a eu beaucoup de rattrapage pour les filles. Je pense que le prochain défi collectif qu'on a, c'est la réussite aussi des garçons ».

Quoique les raisons qui motivent cette désertion des garçons des campus universitaires soient très peu documentées, il m’apparaît que la réflexion à ce sujet devrait invectiver en amont du côté du phénomène du décrochage des garçons au primaire et au secondaire qui prend de plus en plus d’ampleur.

Bien que j’applaudisse à la montée du nombre d’inscriptions à l’université chez les filles, il appert qu’une sérieuse réflexion soit entreprise auprès des divers intervenants en éducation eu égard à cette carence inquiétante relative à la baisse des garçons qui choisissent les études universitaires… pour le plus grand bien d’un sain équilibre entre les deux sexes.

quebechebdo 10 mai 2017
Le Devoir 12 mai 2017
 

Les EMM déboutées

9 mai 2017

Dans une saga judiciaire qui aura duré plus de cinq ans opposant les Écoles musulmanes de Montréal (EMM) à Djemila Benhabib, les EMM ont été déboutées par la Cour d’appel qui refuse d’entendre la cause, confirmant de la sorte le jugement de la Cour supérieure du 13 décembre 2016 par la juge Carole Hallée.

Permettez-moi de rappeler les faits : lors d’une entrevue à la radio du 98,5 FM de Montréal en 2012, Mme Benhabib avait comparé ces établissements primaires et secondaires à des camps militaires au Pakistan ou en Afghanistan, et estimé qu'ils véhiculaient des valeurs sexistes.

Or, dans son jugement, la juge Hallée estime que Mme Benhabib n'a pas outrepassé les limites de la liberté d'expression ni décelé de diffamation dans ces propos : « Ce ne sont pas les élèves ni leurs parents qui ont été visés par les propos de Djemila Benhabib. Elle n’a critiqué aucun individu, mais bien une école, soit une entité corporative, ainsi qu’une méthode d’enseignement, dans un contexte de sujets d’intérêt public ».

Je ne peux que me réjouir de ce jugement qui statue sans équivoque la primauté de la liberté d’expression sur les religions, une décision qui, à mes yeux, fera jurisprudence pour le plus grand bien de notre système judiciaire et de notre démocratie!

quebechebdo 9 mai 2017
​vigile.net tribune libre 9 mai 2017

Le drapeau malmené

8 mai 2017

Le fleurdelisé qui flottait sur le toit du pavillon Gérard-Morisset du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) depuis 1983 lorsque l'institution est devenue société d'État a été retiré. « Abîmé par le temps et par le vent, il a été décroché en février dernier et il ne sera pas remplacé », a déclaré la responsable des relations de presse, Linda Tremblay.

En guise d’argument ayant conduit à cette décision, Mme Tremblay allègue que « cet emplacement est particulièrement exposé au vent, entraînant la détérioration rapide des drapeaux… Compte tenu de cette détérioration récurrente entrainant un remplacement quatre à cinq fois par année, et des conditions difficiles dans lesquelles s'effectuait le remplacement de ce drapeau, il a été décidé de ne pas le remplacer à la suite du dernier bris ».

Or, pour pallier cet impair regrettable, Mme Tremblay évoque le fait qu'un fleurdelisé a été planté devant le nouveau pavillon Pierre Lassonde et qu'un autre est au garde-à-vous face au pavillon central, la pyramide de verre du rond-point de l'avenue Wolfe-Montcalm.

Une décision justifiée par les caprices de dame nature qui a eu raison « des conditions difficiles dans lesquelles s'effectuait le remplacement de ce drapeau »… Un argument méprisant qui met en exergue le laxisme des responsables du Musée qui plaident des motifs qui ne tiennent carrément pas la route! 

quebechebdo 8 mai 2017

Le débat fatal

8 mai 2017

L’agressivité souvent teintée d’attaques vicieuses envers son opposant Emmanuel Macron lors du dernier débat aurait contribué à désespérer plusieurs de ses supporters à tel point que certains analystes considèrent que cette prestation aurait coûté à Marine Le Pen 2 à 3 points dans les urnes en plus d’avoir un effet repoussoir auprès des indécis.

Un constat qui, dans mon esprit, ne fait aucun doute. En effet, cette image belliqueuse à laquelle est associée le Front national (FN) depuis ses origines sous la gouverne de son père aura forcé Mme Le Pen à annoncer dès son allocution à la suite de sa défaite du 7 mai une « refondation » du FN. « Je proposerai d’engager une transformation profonde de notre mouvement, afin de constituer une nouvelle force politique que de nombreux Français appellent de leurs vœux », a-t- elle lancé aussitôt les premiers résultats connus.

Forte des quelque 11 millions de voix recueillies, soit 4 millions de voix supplémentaires par rapport à son score déjà historique des élections régionales de 2015, Marine Le Pen doit maintenant s’attaquer au « visage grimaçant de l’extrême droite » et le substituer par une stratégie mettant de l’avant les valeurs fondamentales du FN, notamment l’affrontement entre son populisme et la mondialisation d’Emmanuel Macron, un atout majeur entre les mains de Marine Le Pen.

quebechebdo 8 mai 2017
 

Le coup d’épée dans l’eau

8 mai 2017

L’ultimatum [puisqu’il faut bien nommer les choses par leur nom] lancé par Jean-François Lisée à Québec solidaire relativement à une éventuelle convergence entre le PQ et QS a reçu un accueil pour le moins réservé, voire froid, de la part de QS qui a rétorqué que leurs membres poursuivent leur réflexion sur la convergence. « Ce n'est pas un ultimatum provenant de l'externe qui fera dérailler notre processus démocratique », a réagi le secrétaire général de Québec solidaire, Gaétan Châteauneuf.

Et vlan!…Une leçon d’humilité en direction du chef du PQ qui devra un jour se soumettre aux principes qui régissent les autres partis et surtout, admettre que le PQ n’a pas le monopole de la vérité en matière de convergence pas plus qu’en matière de stratégie axée autour de l’indépendance du Québec…particulièrement depuis 1995, période pendant laquelle le PQ s’est emberlificoté dans de multiples tergiversations sur le thème souverainiste!

quebechebdo 8 mai 2017
 

Mâchurer doit aboutir

5 mai 2017

Si l’on se fie au ton déterminé du grand patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, l'enquête Mâchurer, lancée en 2013 et qui porte notamment sur le financement politique et l'octroi de contrats publics, connaîtra indubitablement son dénouement : « Soyez certains que je vais me rendre au bout de cette enquête […] et on va le déposer au DPCP, j’en suis convaincu ».

C’est du moins ce qu’a affirmé M. Lafrenière lors de son témoignage livré devant la commission de la sécurité publique de l'Assemblée nationale. Nonobstant cette déclaration ferme du patron de l’UPAC, force est de constater que les circonstances ayant conduit à sa nomination par le gouvernement Charest en 2011 et à sa reconduction par Philippe Couillard portent sérieusement ombrage à la crédibilité de M. Lafrenière qui a une pente ardue à remonter en ce sens.

Dans un autre ordre d’idée, le grand patron de l’UPAC s’est fait rassurant en démentant catégoriquement que les élus bénéficient d’un traitement spécial auprès de son corps de police. « Il n’y en a pas d’immunité pour personne », a-t-il assuré. Il soutient même que l’UPAC considère comme un « facteur aggravant » le fait qu’une personne visée par des allégations soit un élu, municipal ou provincial. « Il faut tout de suite s’en occuper. »

À mon avis, je crois que Robert Lafrenière a le plein contrôle sur les effectifs de sa force policière et a su le démontrer aux députés de la commission de la sécurité publique de l'Assemblée nationale. L’enquête Mâchurer se doit d’aboutir pour le plus grand bien de l’appareil judiciaire du Québec qui en a grandement besoin pour retrouver ses lettres de noblesse.

quebechebdo 5 mai 2017 
vigile.net tribune libre 5 mai 2017

Violette sur la sellette

4 mai 2017

Les tuiles n’en finissent plus de tomber sur la tête du Parti libéral du Québec (PLQ), la dernière en liste faisant référence à l'influence qu'aurait eue l'ex-responsable du financement du PLQ, Violette Trépanier, auprès du gouvernement Charest.

Les allégations tournent autour d’une série de courriels de 2007-2008 publiés par Québecor qui soulèvent de sérieuses questions sur des portions du témoignage que Mme Trépanier a livré à la commission Charbonneau en juin 2014, notamment quant à son influence sur des nominations effectuées par le gouvernement Charest.

Il n’en fallait pas davantage pour que l’opposition, notamment Jean-François Lisée, n’évoque la nécessité que Mme Trépanier fasse l’objet d’une enquête pour parjure, un motif d’accusation reliée au fait qu’elle a témoigné sous serment à la commission Charbonneau.

Plus le temps passe, plus le PLQ s’embourbe dans un système de corruption et de collusion qui lui colle à la peau sans qu’il puisse s’en défaire, une situation inconfortable, voire compromettante, qui place le parti de Philippe Couillard devant une crédibilité attaquée de toutes parts…bref, devant un cul-de-sac qui m’apparaît inévitable!

quebechebdo 4 mai 2017
 

Le clin d’oeil

3 mai 2017

Ce que Marine Le Pen qualifie de « clin d’oeil » en plagiant mot pour mot de larges pans d’un discours de François Fillon prononcé à la mi-avril, représente, selon moi, une erreur monumentale de jugement et cela, à quelques jours du deuxième et dernier tour de scrutin qui déterminera le nom du ou de la président(e) de la France.

S’adressant aux médias, Mme Le Pen aura beau invoquer qu’elle « assume totalement ce clin d'oeil et puis ce buzz, disons-le, puisqu'il n'y a que ça qui vous fait courir », il n’y a qu’un terme pour qualifier cette ingérence dans un texte de M. Fillon, le plagiat, ce même plagiat qui est probablement sévèrement sanctionné dans les lycées français.

Si on ajoute à ce malencontreux impair le fait que la candidate à la présidence dénigre les médias en les accusant de se délecter de ce buzz, j’ai plutôt l’impression que le dit « clin d’œil » se marie fort bien avec le style cavalier utilisé par Donald Trump envers les médias lors de la course à la présidence américaine…et cela n’a rien de glorifiant! 

quebechebdo 3 mai 2017

13 Reasons Why

2 mai 2017

S’il est un sujet délicat à traiter, c’est sans contredit le suicide chez les jeunes, un phénomène sociétal qui semble prendre de l’ampleur avec les années. À cet effet, il n’est pas surprenant que la série télévisée 13 Reasons Why, une série fort médiatisée sur le service de vidéo en ligne Netflix et qui raconte l’histoire d’une jeune fille s’enlevant la vie, atteigne de si fortes cotes d’écoute.

Le dernier son de cloche émane d’un courriel des ministères de la Santé et de l’Éducation envoyé aux commissions scolaires, aux écoles privées et aux établissements de santé et des services sociaux selon lequel cette série télévisée « contribuerait à fragiliser les jeunes plus vulnérables ».

Même si, en réaction aux nombreuses critiques, le service Netflix a annoncé qu'il avait ajouté davantage d'avertissements aux internautes avant le premier épisode et « renforcé le message » tout au long de la série en vue de soutenir les personnes ayant besoin d'aide, il m’apparaît qu’un encadrement rigoureux auprès des jeunes soumis à ce visionnement doit être mis en place avant et après la présentation de 13 Reasons Why.

En effet, il serait téméraire, voire irresponsable, à mon sens, que des jeunes déjà fragilisés soient soumis à la présentation de cette série télévisée sans aucune préparation et/ou qu’ils soient laissés à eux-mêmes après le visionnement sans prendre le temps de répondre à leurs interrogations…C’est une simple question de gros bon sens!

quebechebdo 2 mai 2017
vigile.net tribune libre 2 mai 2017
 

Le « tripotage » des notes

1 mai 2017

La controverse suscitée par le « tripotage » des résultats inscrits aux bulletins des élèves dénote, à mon sens, un impair dangereux eu égard à la crédibilité de la politique du ministère de l’Éducation qui fixe la note de passage d’un élève à 60 % bien que, dans les faits, les notes de 58 % ou de 59 % sont portées à 60 % en vertu des règles du ministère.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, réside dans le fait que ces modifications de résultats sont consenties sans consultation auprès des enseignants concernés par les élèves qui « bénéficient d’un tel privilège ».

Or, à mes yeux, l’enseignant demeure le premier responsable de la note finale de ses élèves et, en ce sens, c’est à lui qu’appartient la décision d’accorder la note de passage à ses élèves, le cas échéant. Dans les faits, l’enseignant connaît le cheminement d’un élève au cours de l’année scolaire et est en mesure de déterminer si tel élève a fourni de efforts constants par rapport à un autre qui n’a fait preuve d’aucun effort.

En bref, il m’apparaît équitable d’encourager les efforts des élèves tout en m’opposant à un système qui incite au nivellement par le bas au profit d’élèves qui ne récoltent que ce qu’ils ont semé, à savoir un échec.

quebechebdo 1er mai 2017