Trans Mountain, le « monstre sacré »

31 mai 2018

Alors que Kinder Morgan se libère du projet de l’oléoduc Trans Mountain jugeant qu’il ne vaut plus la peine de le développer, qu’il ne lui sera pas bénéfique et qu’il est devenu toxique et risqué, le gouvernement Trudeau, faisant fi du contexte explosif suscité par Trans Mountain et alléguant qu’il est dans l’« intérêt national » de développer ce projet, va de l’avant en en devenant acquéreur pour 4,5 milliards de dollars puisés dans les poches des contribuables canadiens, en d’autres termes, en procédant à sa nationalisation.

Mais comment faut-il interpréter une telle attitude pour le moins cavalière de Justin Trudeau? Dans quelle intention le premier ministre prend-il la décision d’aller de l’avant contre vents et marées? Pourquoi le gouvernement Trudeau s’acharne-t-il à ramasser les pots cassés tout en espérant recoller les morceaux et rentabiliser cet investissement?

Toutes des questions sur lesquelles très peu de journalistes, jusqu’à maintenant, se sont penchés et qui méritent, à mon point de vue qu’on s’y arrête sérieusement. Mettons d’abord les choses au clair : Justin Trudeau, dans les traces de son père, incarne, sans l’ombre d’un doute, l’image d’un fédéralisme centralisateur fort. Et, à ce titre, il aurait été fort surprenant qu’il abandonne le « morceau », simplement parce qu’une « province » s’y objecte.

L’intérêt national oblige, argue le premier ministre…même si le fédéralisme coopératif tant clamé par Justin Trudeau lors de la dernière campagne électorale fédérale doit subir les contrecoups du projet Trans Mountain, un « monstre sacré » qu’il a décidé de placer sous ses ailes, et rien ni personne ne l’empêcheront de poursuivre dans cette voie!

vigile.net tribune libre 30 mai 2018

Le PQ peut-il renverser la vapeur?

27 mai 2018

À quatre mois du scrutin général au Québec, les derniers sondages continuent de favoriser la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault au grand dam du Parti québécois (PQ) qui persiste à faire du surplace en troisième position avec un pourcentage d’intentions de vote gravitant autour de 20%.

À ce sujet, le discours enflammé de la vice-chef du PQ, Véronique Hivon, à l’ouverture du Conseil national du parti, a certes constitué une bougie d’allumage au sein des quelque 500 délégués réunis à Drummondville, notamment eu égard aux transfuges du Parti libéral du Québec (PLQ) vers la CAQ qu’elle a qualifiée de « Coalition affaiblissement Québec ».

Toutefois, force est de constater que le thème du « changement » est et risque de demeurer un thème majeur au cours de la campagne électorale. À cet effet, la CAQ, il faut bien l’admettre, semble incarner ce vent de changement auprès de la majorité de l’électorat québécois.

Or, le PQ peut-il encore renverser la vapeur? Une question cruciale à laquelle, jusqu’à maintenant, la réponse est pour le moins douteuse. Jean-François Lisée aura beau évoquer la remontée spectaculaire du NPD en Ontario dans les sondages aux dépens des Conservateurs, il n’en demeure pas moins que les efforts du PQ pour remonter dans l’intérêt des Québécois n’arrivent pas à atteindre l’électorat.

En quatre mois, le PQ doit déconstruire la crédibilité de la CAQ et de son chef, et bâtir sa propre crédibilité auprès des Québécois…Un défi herculéen auquel Jean-François Lisée et ses troupes doivent s’atteler illico avec l’énergie des combattants!

quebechebdo 27 mai 2018 
Le Journal de Québec 28 mai 2018 

Lady Michaëlle

26 mai 2018

C’est un secret de polichinelle que les dépenses controversées de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, font jaser les médias dans la foulée de son passage à titre de gouverneure générale du Canada.

À titre d’exemple, Lady Michaëlle a dépensé un demi-million de dollars de fonds publics pour aménager la résidence officielle située dans le prestigieux 7e arrondissement de la Ville Lumière, près de la tour Eiffel alors que, pourtant, le locataire des trois années précédant la venue de Mme Jean, l’ex-ambassadeur canadien à l’UNESCO, Jean-Pierre Blackburn, jugeait que l’état des lieux était relativement bon malgré quelques problèmes d’eau chaude et de climatisation.

De son côté, le numéro deux de l’OIF, l’administrateur Adama Ouane, estimait que l'appartement de fonction ne correspondait pas aux normes attendues, alléguant que l’organisation avait l’obligation « de loger les secrétaires généraux dans des conditions dues à leur statut ».

En ce qui a trait à Philippe Couillard, après avoir démontré quelque timide hésitation, il s’est finalement rangé derrière l’ex-gouverneure générale du Canada, alléguant qu’« on a une Canadienne et une Québécoise qui dirige l’OIF. Bien sûr, on en est heureux, on va la soutenir », tout en ajoutant du même souffle que Mme Jean saura répondre aux préoccupations exprimées par le gouvernement québécois quant à sa gestion et à la transparence de l’OIF…Foutaise!

Mme Jean a été élue secrétaire générale de l’OIF en 2014. Le renouvellement de son mandat sera décidé lors d’un sommet prévu en octobre. Reste à espérer que son mandat ne sera pas renouvelé et que le « prestige de la fonction » dont elle se targue à qui veut l’entendre fera place à une candidature plus respectueuse de l’utilisation des fonds publics.

vigile.net tribune libre le 25 mai 2018

 

Protection des sources journalistiques

26 mai 2018

D’entrée de jeu, permettez-moi de vous situer dans une scène de la vie courante à laquelle vous avez participé sans aucun doute à quelques reprises au cours de votre vie. Je veux parler d’une personne qui, un jour, vous a confié une confidence tout en vous demandant de garder le silence sur ce secret.
Ainsi en est-il des sources journalistiques qui, la plupart du temps, sont révélées sous le couvert de la confidentialité, sans laquelle l’information privilégiée demeurerait dans le secret des dieux…et les forces policières perdraient une belle occasion d’amorcer ou de poursuivre une enquête.

À cet effet, la journaliste Marie-Maude Denis, forcée de témoigner par la Cour supérieure du Québec, demande à la Cour suprême d’intervenir pour être libérée de l’obligation de révéler ses sources confidentielles afin d’éviter un «dangereux précédent» au Canada. Rappelons que cette saga oppose la journaliste aux causes liées à Marc-Yvan Côté et Nathalie Normandeau.

Nonobstant tous les méandres judiciaires auxquels je ne suis nullement familier, il m’apparaît « juste et équitable » que les sources journalistiques conservent leur caractère confidentiel, à défaut de quoi la justice devra se passer de ces sources confidentielles compte tenu qu’aucun individu n’osera les révéler aux journalistes.

quebechebdo 26 mai 2018
​Le Journal de Québec 30 mai 2018
 

Immigration et pénurie de main d’oeuvre

25 mai 2018

Par les temps qui courent, le Québec, selon les experts en la matière, vit une pénurie de main d’œuvre inquiétante, et, comme solution, l’immigration est envisagée. Si on s’en tient exclusivement à l’aspect économique du problème, on ne peut qu’être en accord avec une telle alternative.
Toutefois, il m’apparaît que d’autres facteurs que l’économie doivent être envisagés si on ne veut pas que la solution pose des problèmes par ailleurs, notamment sur le plan de l’intégration des immigrants à la société d’accueil qu’est le Québec.

À ce sujet, les divers partis politiques du Québec y vont de leurs propositions qui, à quelques exceptions près, semblent favoriser une augmentation des immigrants, ce qui, à mes yeux, représente une arme à deux tranchants en ce sens que le marché de l’emploi risque d’être saturé et soit soumis à une vague de chômeurs immigrants.

En conséquence, il m’apparaît prudent de contingenter le nombre d’immigrants à son niveau actuel, soit environ 50 000 par année, et de former des futurs travailleurs qui adhèrent aux us et coutumes du Québec, notamment le français comme langue officielle, de façon à répondre adéquatement à la pénurie de main d’œuvre.

En termes clairs, la pénurie de main d’œuvre ne doit pas devenir l’occasion d’ouvrir ad nauseam les clapets de l’immigration, une démarche qui risque d’aboutir à un effet boomerang, à savoir que le marché de l’emploi se retrouve avec des immigrants sur l’assistance sociale…Bref, dans ce secteur comme dans tout autre, le « gros bon sens » doit primer sur les « effluves irrationnelles ».   

vigile.net tribune libre 24 mai 2018
 

L’empêcheur de tourner en rond

23 mai 2018

Au cours des six élections fédérales de 1993 à 2011, le Bloc québécois a toujours remporté la majorité des 75 sièges impartis au Québec. Toutefois, aux élections de 2011, il obtient seulement quatre sièges. Malgré tout, le parti réussit, aux élections fédérales de 2015, à faire élire cette fois 10 députés dans un contexte où Gilles Duceppe effectuait alors un retour en politique.

Depuis lors, le Bloc est devenu un parti moribond où déjà se profilait le spectre de la saga entre les fervents défenseurs d’un Bloc axé prioritairement sur la défense des droits du Québec à Ottawa et ceux dont la priorité était orientée sur l’indépendance du Québec, Gilles Duceppe ayant toujours fait partie du premier clan.

Or, depuis que M. Duceppe s’est retiré « officiellement » de la scène politique, nombreuses ont été ses sorties publiques où il est intervenu dans les débats idéologiques entre les militants du Bloc. J’en ai pour preuve son parti pris bien affirmé en faveur de la défense des intérêts du Québec par le Bloc à Ottawa et, par ricochet, son désaveu envers la chef actuelle du Bloc, Martine Ouellet.

Une attitude qui n’est pas sans nous rappeler les belles-mères qui ont toujours gravité autour du Parti québécois et qui, souvent, agissaient comme des empêcheurs de tourner en rond, un rôle que Gilles Duceppe joue actuellement dans la crise que vit le Bloc, et dont les militants pourraient facilement se passer.

vigile.net tribune libre 22 mai 2018 

Une simple question

21 mai 2018

Si les coupes drastiques du gouvernement Couillard au cours des deux premières années de son mandat étaient si essentielles pour atteindre le déficit zéro et même dégager des surplus faramineux, pourquoi, maintenant, ce même gouvernement « réinvestit » ces mêmes surplus dans les différents services de l’État, notamment en éducation et en santé, si ce n’est pour pallier les inconvénients des coupes antérieures?

Et, pour couronner le tout, ces sommes réinvesties arrivent à quelques mois des élections tel un cadeau…Tout simplement révoltant!

Le Journal de Québec 21 mai 2018
 

François et le scandale sexuel au sein du clergé

19 mai 2018

Depuis sa visite au Chili, pays traumatisé par les abus sexuels commis par le clergé, le pape François, qui s’était pourtant donné comme mission de mettre fin à l’épidémie de pédophilie au sein du clergé au début de son pontificat en continuant d’appliquer la « tolérance zéro » mise de l’avant par Benoît XVI, a adopté une attitude plutôt « conciliante » envers les évêques qui ont fermé les yeux sur de tels actes pervers dont ils avaient été informés.

À titre d’exemple, en janvier dernier, le pape argentin a provoqué l’indignation en célébrant la messe au côté de Mgr Juan Barros, accusé d’avoir passé sous silence les agissements d’un prêtre pédophile. Tout au long de son voyage, François a apporté un soutien indéfectible à Mgr Barros tout en dénonçant des « calomnies ».

Depuis lors, la tempête déclenchée au Chili n’en finit plus, si bien que les associations de victimes d’abus sexuels reprochent à François de multiplier les belles paroles, sans pour autant qu’elles soient suivies d’actions concrètes.

Des questions pour le moins inquiétantes envahissent les médias. François était-il mal informé ? Ou bien a-t-il fait preuve de complaisance vis-à-vis d’un évêque qu’il a lui-même nommé en 2015 ? Pourtant, la lettre apostolique « Comme une mère aimante » de 2016 s’inscrivait dans la politique de fermeté évoquée au début de son pontificat, le contenu prévoyant que les évêques pourront désormais être révoqués pour « négligence » en cas de non-dénonciation d’abus sexuels commis dans leur diocèse sur des mineurs.

En bref, François doit faire preuve de cohérence et de leadership, et prendre tous les moyens pour éradiquer ce fléau qui gruge la crédibilité de l’Église depuis des décennies, à défaut de quoi c’est sa propre crédibilité qui en souffrira…

quebechebdo 19 mai 2018
​vigile.net tribune libre 19 mai 2018 "Pédophlie au sein du clergé"

 

Reste-t-il un équipage dans l’avion?

19 mai 2018

À deux semaines du vote de confiance auquel se soumettra Martine Ouellet, ses appuis fondent comme neige au soleil. Après la démission des sept députés bloquistes à la fin février, c’est autour du trésorier du parti, Jules Gagné, de quitter l’ « équipage », alléguant que « parmi les rôles d’un chef de parti, il en est un qui est fondamental à savoir de maintenir la cohésion au sein du parti », tout en ajoutant du même souffle que Martine Ouellet n’avait « clairement pas réussi ».

Et, comme si ce n’était pas suffisant, l’aile jeunesse du Bloc québécois retire son appui à la chef du parti en arrivant à la même conclusion que M. Gagné, les jeunes bloquistes affirmant que Mme Ouellet « ne fait plus partie de la solution ».

Depuis le début de la crise au Bloc, j’ai toujours maintenu mon appui à Martine Ouellet, particulièrement pour ses convictions souverainistes profondes, un atout indispensable pour un chef de parti indépendantiste.

Toutefois, je suis sensible à l’argument qui exige d’un chef de parti de « maintenir la cohésion », objectif que Martine Ouellet n’a manifestement pas atteint, à tel point que nous devons nous demander s’il reste encore « un équipage dans l’avion ». À mes yeux, je crois qu’il est temps que le « pilote » pose son « avion sur la piste d’atterrissage » et revoit en profondeur son « plan de vol », à défaut de quoi sa détermination risque de se substituer à de l’entêtement!

vigile.net tribune libre 17 mai 2018

Cours d’éducation à la sexualité

18 mai 2018

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que l’affaire Weinstein et l’émergence du mouvement #MeToo qui a suivi sur les réseaux sociaux ont contribué grandement à la décision du gouvernement Couillard d’implanter, dès septembre 2018, un cours d’éducation à la sexualité dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec.

Or, quoique l’intention soit louable, l’implantation d’un tel cours suscite des critiques véhémentes de la part des enseignants via la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, qui allègue, entre autres arguments, que « les milieux ne sont pas prêts [et que] les formations ne sont même pas rendues dans les écoles ! »
Mme Scalabrini met aussi en exergue le caractère délicat d’un tel cours (anatomie, image corporelle, rôles sociaux, agressions sexuelles, vie affective et amoureuse, relations sexuelles, stéréotypes, maladies transmises sexuellement, etc), de même que l’importance de disposer des ressources humaines nécessaires pour venir en aide aux jeunes aux prises avec des problèmes liés à la sexualité

Selon le plan du ministre, l’éducation sexuelle ne fera pas partie de la grille-matières comme telle, étant plutôt intégrée à l’enseignement des matières existantes. Par exemple, un enseignant de français pourrait insérer du contenu pédagogique de nature sexuelle à son cours pendant quelques heures. Par ailleurs, le contenu du programme pourrait être enseigné par des psychoéducateurs, des infirmiers, des sexologues ou des psychologues plutôt que par les enseignants… Essayez d’y voir clair!

À toute fin pratique, si le gouvernement Couillard persiste dans son intention d’offrir un tel cours malgré les critiques acerbes auxquelles il est confronté, il s’achemine dans une démarche vouée à l’échec compte tenu que ce cours ne répond à aucune forme d’acceptabilité de la part des enseignants!

Qu'à cela ne tienne, le ministre Proulx maintient le cap…

http://vigile.quebec/articles/on-respecte-l-age-des-enfants-assure-sebastien-proulx


vigile.net tribune libre 16 mai 2018