Trudeau dans la mire de Legault

25 janvier 2019

Pour une des rares fois dans l’histoire politique du Québec, un premier ministre est en voie de mettre de l’avant les promesses électorales faites lors de la dernière campagne.

À cet effet, la dernière rencontre de François Legault avec Justin Trudeau ne laisse planer aucun doute sur les velléités de Québec, tant sur le plan d’une déclaration de revenus unique que de la diminution des seuils d’immigration, pour ne nommer que celles-là.

Sur un autre plan, le chef du gouvernement n’est pas un novice en politique et de ce fait, il entretient fort à propos le rapport de force face à Justin Trudeau qui s’apprête à entamer une campagne électorale au cours de laquelle il rencontrera sur son chemin les demandes de Legault.

Du côté de la population québécoise, il m’apparaît clair que le premier ministre du Québec bénéficie actuellement de la cote de popularité des Québécois qui, depuis belle lurette, n’ont pas vu un premier ministre bien en selle, prêt à défendre les intérêts du Québec en priorité, notamment ses intentions de conserver les sièges sociaux au Québec.

vigile.net tribune libre 21 janvier 2019

Opération charme de François Legault en France

25 janvier 2019

Réalité pour le moins surprenante, en une année, le Québec transige davantage avec l’État américain du Texas qu’avec la France tout entière. Ainsi, en 2017, les échanges commerciaux entre le Québec et la France plafonnaient à 4,5 milliards $ alors qu’ils atteignaient plus du double (10,8 milliards $) avec le Texas, en 2015.

L’avenir économique du Québec repose en bonne partie sur sa capacité à exporter. Or, sur ce plan, la France est en joueur marginal. En effet, en 2017, la valeur des exportations de marchandises du Québec à destination de la France s’établissait à 1,7 milliard $, soit à peine 2,5 % du total de nos exportations vers l’étranger. En fait, la France se classe au 6e rang des partenaires commerciaux du Québec à l’échelle internationale.

Conséquemment l’opération charme de François Legault à Paris revêt un caractère prioritaire. D’ailleurs, le premier ministre a un horaire fort chargé avec un grand nombre de dirigeants de multinationales françaises qui seront invités à investir au Québec et à donner une nouvelle impulsion aux échanges commerciaux franco-québécois. De plus, M. Legault participera à un grand dîner-conférence à la Bourse de Paris, devant 350 convives triés sur le volet, en majorité issus de la crème du monde des affaires de l’Hexagone.

Le premier ministre se rendra de plus à la Bourse de Paris ou il y présidera un grand dîner-conférence, organisé par la Délégation du Québec à Paris, auquel seront conviés quelques centaines de partenaires français du Québec, principalement des gens d’affaires perçus comme de potentiels investisseurs. Dans son allocution, il est prévu qu’il va insister sur l’importance d’intensifier les relations commerciales entre le Québec et la France, tout en posant le Québec comme une terre d’accueil propice aux investissements étrangers.

Il est rafraichissant de constater l’importance que M. Legault attache aux relations économiques avec nos cousins français dans un contexte de diversification de nos partenaires, une démarche qui ne peut qu’apporter des retombées économiques majeures pour le Québec, notamment pour la création de nouveaux emplois.

vigile.net tribune libre 21 janvier 2019

Empathie de Mike Ward envers Jérémy Gabriel

24 janvier 2019

En relation avec les messages haineux et les menaces de mort reçus par Jérémy Gabriel sur Twitter, c’est un Mike Ward empathique qui prend sa défense sur son compte Twitter. En voici un extrait : « Cette fois-ci c’est Jérémie qui reçoit la haine, et pour ça j’ai beaucoup d’empathie pour lui. J’espère que les gens qui lui envoient des messages haineux ne pensent pas m’aider. La haine n’aide personne. »

Je ne peux que souscrire entièrement à l’attitude indulgente de Mike Ward qui contribuera surement à redorer son blason écorché depuis les attaques pernicieuses qu’il avait lancées vers Jérémy lors d’un de ses spectacles.

De son côté, nul doute que Jérémy appréciera les mots empreints de compassion de Mike Ward d’autant plus que l’humoriste a tenu, dans son message à préciser que « ce n’est pas le procès Mike Ward vs Jérémy Gabriel. C’est Mike Ward vs la Commission des droits de la personne. Je ne me bats pas contre un jeune handicapé et sa famille, je me bats contre un organisme gouvernemental qui essaie de censurer mon art. »

quebechebdo 24 janvier 2019
 

Encore Netflix!

23 janvier 2019

Après l’épisode contesté par bon nombre de consommateurs sur l’exemption de la taxe de vente pour Netflix par la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, c’est maintenant au tour du Québec de goûter à la médecine répugnante du télédiffuseur américain qui a utilisé sans vergogne des images du drame de Lac-Mégantic dans deux de ses productions.

À ce sujet, Guillaume Bouchard, professeur dans une école secondaire, regardait la plus récente saison de la série Travelers lorsqu'il a aperçu quelque chose de familier sur son écran. Dans la série, une bombe nucléaire venait d'exploser dans les rues de Londres, mais au lieu de voir l'incendie ravager la capitale britannique, M. Bouchard visionnait des flammes orangées dans une petite ville. En arrière-plan, au bout de la rue, on pouvait voir un réservoir de pétrole calciné. Il a appuyé sur pause et a fait une recherche rapide qui a confirmé ses impressions : Netflix avait pris la vidéo de la tragédie de Lac-Mégantic.

Une attitude pour le moins cavalière qui a fait réagir la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, qui a adressé une lettre au directeur de Netflix, Reed Hastings, déplorant que « tant sur le plan moral qu’éthique, c’est tout simplement inadmissible ».

La délinquance outrancière dont fait preuve Netflix démontre à quel point il est urgent que la loi sur les Communications soit resserrée illico avant d’assister à d’autres scènes aussi disgracieuses qui font fi de l’éthique la plus élémentaire.

vigile.net tribune libre 20 janvier 2019
 

Dialogue de sourd

20 janvier 2019

Pendant que des centaines de milliers de travailleurs américains sont privés de leur emploi ou travaillent sans rémunération en raison du shutdown qui dure maintenant depuis trente jours, un record de tous les temps aux États-Unis, le dialogue de sourd entre Donald J. Trump et les démocrates persiste imperturbablement.

Les deux partis demeurent campés sur leur position, Donald Trump réclamant 5,6 milliards $ pour la construction d’un mur à la frontière mexicaine, les démocrates de Nancy Pelosi s’y opposant catégoriquement, Trump invoquant la sécurité nationale, Pelosi plaidant en faveur de d’autres mesures pour sécuriser le frontière.

Compte tenu que Donald Trump a fait de ce mur un enjeu électoral lors de la dernière campagne à la présidence, il est fort à parier, connaissant son entêtement, qu’il ne dérogera pas d’un iota eu égard à la construction de « son mur » qui est devenu son leitmotiv quotidien.

Par deux fois, le président s’est adressé à la nation dans le bureau ovale de la Maison Blanche, par deux fois les démocrates ont rejeté ses propositions. Bien malins ceux qui pourraient prévoir l’issue de cette guerre de tranchée entre républicains et démocrates… Ne reste plus qu’à attendre la prochaine déclaration du président au sujet de laquelle je vous avouerai que je fonde très peu d’espoir!

vigile.net tribune libre 20 janvier 2019
quebechebdo 20 janvier 2019 "Dialogue de sourd à la Maison Blanche"
 

Paroles, paroles, encore des paroles…

19 janvier 2019

Voici quelques extraits de la conversation tenue lors de la rencontre entre Justin Trudeau et l'épouse du blogueur Raif Badawi, Ensaf Haidar.

Tout d’abord, concernant cette rencontre officielle avec le premier ministre, Mme Haidar raconte que « M. Trudeau [lui] a donné la promesse qu’il va faire quelque chose [...] Je ne sais pas c'est quoi sa stratégie, mais il m'a promis de faire quelque chose. »

Elle a aussi profité de cette rencontre pour demander à nouveau à Justin Trudeau d'octroyer la citoyenneté canadienne à son mari. [Justin Trudeau] n'a pas dit oui, il n'a pas dit non. Il dit qu'il va voir, répond Ensaf Haidar.

Enfin, Ensaf Haidar a aussi cherché à avoir des détails sur la rencontre que M. Trudeau a eue avec le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, en marge du sommet du G20 en décembre dernier. Il m'a dit qu'il a parlé de Raif [...] Mohammed ben Salman a dit : « On va voir », souligne-t-elle.

En bref, des mots creux qui donnent une impression de vide, la gueule de bois à son meilleur. Paroles, paroles et encore des paroles…

vigile.net tribune libre 17 janvier 2019

Le gros bout du bâton à François Legault

19 janvier 2019

Le moins qu’on puisse dire, c’est que François Legault joue franc jeu avec Justin Trudeau en lui présentant sa liste d’« épicerie », à savoir l’immigration, les compensations pour les demandeurs d’asile, les infrastructures, l’économie et la possibilité pour les Québécois de remplir une déclaration de revenus unique… et tout cela à la veille d’une campagne électorale fédérale

En ce qui a trait plus particulièrement à la déclaration de revenus unique, M. Legault ne s’est pas gêné pour alléguer que les conservateurs d’Andrew Scheer, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique se sont déjà exprimés en faveur de cette demande de Québec. À cet effet, il est bon de rappeler que M. Trudeau s’est opposé en mai 2018 à une déclaration de revenus unique qui serait administrée par le gouvernement québécois, malgré le consensus de l’Assemblée nationale.

Quoique François Legault ait reconnu que l’introduction d’une déclaration de revenus unique gérée par le Québec occasionnerait des pertes d’emplois chez les fonctionnaires, il avance qu’on pourrait créer d’autres emplois « plus efficaces » pour des employés « qui font exactement la même chose » au fédéral comme au provincial, et tout cela pour une masse salariale de 500 millions $ en dédoublement.

À mon point de vue, le premier ministre du Québec détient « le gros bout du bâton » dans cette joute stratégique entre les deux paliers de gouvernements. La balle est maintenant dans le clan des libéraux fédéraux qui ont tout avantage à se montrer à l’écoute des demandes du gouvernement Legault s’ils désirent accroître leur députation au Québec à l’automne 2019.

vigile.net tribune libre 17 janvier 2019
quebechebdo 19 janvier 2019
Le Devoir 22 janvier 2019

L’humour noir selon Mike Ward

17 janvier 2019

Rappelons d’abord les faits. Entre 2010 et 2013, dans son spectacle Mike Ward s’eXpose, l’humoriste Moke Ward a fait des blagues sur la maladie de Jérémy Gabriel en disant qu’il était « laid » et qu’il était supposément mourant, mais qu’il n’était pas « tuable ». L’humoriste a aussi réalisé des capsules vidéo dans lesquelles il qualifiait Jérémy de « pas beau qui chante ». En 2012, dans le cadre de l’émission Les Francs-tireurs, M. Ward explique, en parlant des blagues sur Jérémy, que le fait de dépasser les limites le fait rire. C’en est trop pour la famille de Jérémy qui dépose une plainte au Tribunal des droits de la personne qui condamne l’humoriste à 35 000 $ en dommages punitifs pour avoir tenu des propos discriminatoires sur le handicap de Jérémy Gabriel.

Deux ans et demi après ce jugement, l'humoriste Mike Ward porte aujourd’hui sa cause devant la Cour d’appel. Le tribunal doit déterminer si l'humoriste doit effectivement lui verser des dommages punitifs. Par la voix de son avocat, Julius Grey, Mike Ward plaide que ses blagues n'étaient pas  « discriminatoires » et qu'une société où prévaut la liberté d'expression doit permettre de tenir ce genre de propos, tout en clamant qu'il continuerait de « faire de l'humour noir », qu'il considère comme son métier.

À mes yeux, Mike Ward a outrepassé les limites de la liberté d’expression par ses propos diffamatoires sur l’aspect physique de Jérémy Gabriel. Conséquemment, le jugement du Tribunal des droits de la personne est nettement justifié et doit être maintenu.

Selon Wikipédia, « l’humour noir est une forme d’humour qui souligne avec cruauté, amertume et parfois désespoir l’absurdité du monde ». Or, en s’attaquant vertement à la personne de Jérémy, M. Ward s’éloigne considérablement de « l’absurdité du monde » et franchit les limites de la diffamation.

vigile.net tribune libre 16 janvier 2019
quebechebdo 17 janvier 2019
 

Rahaf Mohammed, la réfugiée

16 janvier 2019

On pourra toujours invoquer que le Canada s’est servi de l’arrivée de la jeune réfugiée saoudienne Rahaf Mohammed pour faire de la diplomatie politique et redorer son image eu égard à sa politique inclusive d’immigration, et cela, à quelques mois d’une élection fédérale, il n’en demeure pas moins qu’en agissant ainsi, le gouvernement canadien accomplit un geste humanitaire digne de mention.

D’autre part, il ne faudrait pas négliger que l’accueil de la jeune saoudienne vient resserrer un peu plus la tension au sein des liens diplomatiques avec l’Arabie saoudite qui détient déjà prisonniers deux canadiens, sans compter Raif Badawi qui est emprisonné depuis 2012.

De son côté, Rahaf Mohammed, lors de sa première déclaration publique depuis son arrivée au Canada, a émis le vœu que d'autres femmes qu'elle aient accès à cette vie libre qu'elle peut désormais entamer au Canada, qui lui a accordé l'asile à la demande des Nations unies. « Aujourd’hui et pour les années à venir, je travaillerai en faveur de la liberté des femmes dans le monde, la même liberté que j’ai vécue le premier jour de mon arrivée au Canada », a-t-elle déclaré.

Rahaf Mohammed a vécu la condition misérable réservée aux femmes dans son pays d’origine où la loi les soumet au contrôle quasi permanent des hommes…De la sorte, la réfugiée saoudienne ne peut être qu’un atout crédible pour dénoncer l’ « esclavage » des femmes aux prises avec la domination des hommes en Arabie saoudite. 

vigile.net tribune libre 15 janvier 2019
quebechebdo 16 janvier 2019
Le Devoir 18 janvier 2019
 

Place aux victimes de violence sexuelle et conjugale!

15 janvier 2019

Il est très rare que, dans notre système parlementaire, des députés des trois partis d’opposition se joignent à la ministre de la justice dans le cadre d’une rencontre non partisane pour discuter d’un problème particulier.

En bien, tout comme le mouvement #moiaussi a sonné l’éveil de la révélation des agressions sexuelles, le temps semble maintenant venu de rétablir la confiance des victimes envers l’appareil judiciaire, une lacune bien enracinée dans la perception de ces victimes qui, pour la plupart, se sont vues déboutées lors de leur comparution en cours.

C’est donc dans cette optique qu’est ressortie, entre autres suggestions, l’idée de la création d’une instance, voire un tribunal, spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale, lequel recevra toute l’expertise nécessaire pour délibérer de façon juste et équitable envers les deux partis qui se présenteront devant la cour.

La ministre de la Justice Sonia Lebel semble déterminée, en compagnie des trois députées de l’opposition, à prendre le taureau par les cornes… En conséquence, la table est mise, place aux victimes de violence sexuelle et conjugale!

quebechebdo 15 janvier 2019