Maternelle 4 ans: un projet-pilote

1 mai 2019

Nous apprenons que la construction de chaque nouvelle classe de maternelle 4 ans coûtera en moyenne 800 000 $, soit un coût six fois plus élevé que l’estimation faite en campagne électorale par François Legault.

Or un récent sondage Léger réalisé pour le compte de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) démontre que le CPE demeure le choix de prédilection d’une proportion significative de parents qui disent préférer le CPE pour leur enfant de 4 ans dans une proportion de 49 %, contre 19 % qui indiquent leur préférence pour la maternelle 4 ans.

À n’en pas douter, le réseau des CPE, mis sur pied en septembre 1997 par Pauline Marois, alors ministre de l'Éducation, à partir des garderies sans but lucratif et des agences de garde en milieu familial, a rapidement gagné la faveur populaire et est maintenant solidement établi au Québec.

Dans ces circonstances, je suis d’avis que l’implantation des maternelles 4 ans sur tout le territoire du Québec, à titre de service offert aux parents, doit être expérimentée d’abord à titre de projet-pilote sur une petite échelle dans le but de vérifier le véritable intérêt qu’elle suscitera auprès des parents.

quebechebdo 1er mai 2019
Le Soleil 2 mai 2019
vigile.net tribune libre 2 mai 2019
 

Sauver la chèvre et le chou

1 mai 2019

En réalité, sur les plans environnemental et économique, Mm Trudeau et Scheer se retrouvent sur la même longueur d’onde. En effet, les deux chefs de partis prônent la construction d’un pipeline tout en se targuant de mettre sur pied une politique environnementale « réaliste ». Autrement dit, ils veulent sauver la chèvre et le chou…

Comment les deux chefs de partis peuvent-ils espérer obtenir quelque crédibilité en acceptant d’une part d’encourager l’exploitation d’un des plus grands pollueurs, à savoir le pétrole, tout en invoquant d’autre part qu’ils sont préoccupés par les changements climatiques?

Questionné eu égard au manque d’acceptabilité sociale pour un tel projet au Québec, le chef de l’Opposition officielle avance que «c’est le rôle du gouvernement de créer un climat de confiance». Eh bien, à moins que M. Scheer ait des capacités de pédagogue insoupçonnées, il devra s’atteler à rencontrer des résistances tenaces au Québec à commencer par le premier ministre François Legault qui ne s’est pas gêné pour parler récemment du « pétrole sale » de l’Alberta.

Alors, Mm Trudeau et Scheer, faites votre choix et cessez de jouer aux équilibristes… Vous risquez de vous ramasser au sol!

vigile.net tribune libre 28 avril 2019
 

Le PCC ssur les races de la CAQ

30 avril 2019

De toute évidence, la Parti conservateur du Canada (PCC) se lance à la conquête des Québécois en prenant comme modèle la dernière campagne électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ, notamment en ne cherchant pas des vedettes connues à l'échelle nationale, mais des gens bien implantés dans leur milieu.

«La CAQ a vu aussi les mêmes choses que nous et peut-être que nos chemins se croisent présentement», affirme le lieutenant conservateur au Québec, le député Alain Rayes. «Ça nous montre le potentiel, ça donne de l'espoir, ça, je peux le confirmer. On pense être capable de faire des percées jusque sur l'île de Montréal, comme la CAQ a réussi à faire», ajoute-t-il.

À cet effet, le PCC a déjà discrètement annoncé des dizaines de candidatures à travers le Québec dans les dernières semaines. L'objectif est d'avoir une équipe prête à faire campagne bien avant le début de l'élection, à l'instar de la CAQ l'an dernier. Jusqu'à présent, le parti compte 56 candidatures confirmées sur 78 circonscriptions au Québec, incluant les 11 députés élus à la Chambre des communes sous la bannière conservatrice en 2015.

Exploitation des pipelines

Toutefois, sur le plan environnemental, les deux partis divergent diamétralement. En effet, même si les conservateurs promettent de dévoiler un plan en environnement à une date encore indéterminée, il n’est pas question de remettre en cause leur appui aux pipelines pour transporter du pétrole.

«Ce n'est pas un sujet qui est sexy à vendre au Québec», reconnaît M. Rayes, qui dit qu'il y aura de la «pédagogie» à faire à ce sujet auprès des Québécois. Pour y parvenir, les conservateurs comptent taper sur le clou du «réalisme». Les citoyens sont nombreux à acheter des camions de style «pick-up» et des véhicules utilitaires sport qui consomment plus d'essence. «Nous, on a décidé de faire le choix de dire les vraies choses, d'assumer notre position et les gens vont comprendre à la toute fin», laisse tomber M. Rayes.

Le parti souhaite aussi faire rouler l'économie des provinces de l'Ouest en exploitant leur pétrole des sables bitumineux, réputé plus polluant. «On pense que c'est la meilleure solution et on fait tourner notre économie, le temps que la population fasse les changements, que les gens changent leurs habitudes de consommation», conclut Alain Rayes.

Sondages

Toujours en tête dans la projection du vote populaire dans les derniers sondages, le Parti libéral du Canada (PLC) récolte un support moyen de 35,2 % à l’échelle du pays. Il s’agit d’un net recul pour le PLC depuis l’automne, où sa moyenne frôlait régulièrement les 38% et 39%. Non loin derrière, le PCC grimpe quelque peu depuis l’automne et atteint maintenant une moyenne de 33,5 %. Bien que les Libéraux soient toujours en première place dans la plupart des sondages publiés dans les derniers mois, l’écart moyen entre le PLC et le PCC est bien trop étroit pour que cette avance soit statistiquement significative. Les chiffres actuellement disponibles nous indiquent donc qu’il y a une égalité statistique entre les deux partis. À suivre…

vigile.net tribune libre 27 avril 2019

La colère des eaux

28 avril 2019

D’entrée de jeu, nous sommes tous sensibles aux drames que vivent actuellement les milliers de sinistrés touchés par les inondations dans l’est du pays qui nous laissent bouche bée devant l’ampleur des dégâts sur leurs passages.

Par ailleurs, je me suis demandé si les changements climatiques n’avaient pas quelque influence sur les variations de niveaux des eaux, et une petite recherche m’a conduit à des observations pour le moins révélatrices.

À titre d’exemple, selon les experts, en ce qui concerne le lien entre changement climatique et eau, l’eau est impliquée à tous les niveaux du système climatique et les impacts du changement climatique se font principalement sentir aux hommes à travers l’eau : sécheresses, inondations, fonte des glaces, élévation du niveau des mers.

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) estime que globalement, les précipitations, et avec elles le débit des rivières, augmentent dans les hautes latitudes. Les précipitations gagnent en intensité, entraînant des risques accrus d’inondations dues à la modification du débit des rivières ou à la montée du niveau des mers.

Bien sûr, ces assertions scientifiques ne contribueront nullement, et j’en suis conscient, à adoucir la détresse que vivent actuellement les sinistrés. Par contre, elles peuvent tout au moins apporter quelque élément de réponse à la « colère des eaux », un reflet incontestable des changements climatiques.

quebechebdo 28 avril 2019
vigile.net tribune libre 28 avril 2019
 

Qu’est devenu le Lab-École?

27 avril 2019

En novembre 2017, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, annonçait qu’au moins cinq écoles du Québec seraient rénovées pour l’année scolaire 2021-2022 pour répondre aux critères du projet de Lab-École tel que conçu par l'architecte Pierre Thibault, le cuisinier Ricardo Larrivée et l'homme derrière Le Grand défi, Pierre Lavoie.

Or, depuis lors, un changement de gouvernement a pris le pouvoir et, par conséquent, un nouveau ministre de l’Éducation en la personne de Jean-François Roberge est maintenant en poste, et aucune allusion au Lab-École n’est ressortie de sa part jusqu’à maintenant.
Si bien qu’on peut se poser la question : qu’est devenu le Lab-École? Quelles sont les intentions du ministre eu égard à son avenir, si avenir il a? Faute de réponses à ces questions, je vais me permettre quelques considérations personnelles eu égard à ce projet.

D’entrée de jeu, personne ne niera que l’école idéale n’existe pas. Toutefois, peu importe le modèle d’école, on ne doit jamais perdre de vue que sa mission première est de communiquer des connaissances à des jeunes en situation d’apprentissage.

Le projet de Lab-École a été imaginé par trois personnalités publiques hors du milieu scolaire. À mes yeux, il ne doit aucunement être priorisé au détriment des ressources humaines et matérielles essentielles au bon fonctionnement de l’école d’aujourd’hui.

vigile.net tribune libre 25 avril 2019

Vague de gouvernements conservateurs au Canada: conséquences

27 avril 2019

Avec l’élection d’un gouvernement conservateur à l'Île-du-Prince-Édouard, le Canada compte donc maintenant sept provinces gouvernées par un parti conservateur, soit l’Ontario, l’Alberta, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador en plus de l'Île-du-Prince-Édouard.

Ces victoires successives pavent-elles la route à l'élection du chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, en octobre prochain, à la tête du pays ? Pas si sûr, selon le directeur de l'Institut d'études canadiennes de l'Université McGill et politologue Daniel Béland qui attribue plutôt ce changement de couleur politique à des facteurs internes. En 2015, quand le libéral Justin Trudeau a remporté les élections fédérales, trois des quatre plus grandes provinces du pays étaient dirigées par des libéraux. Au Québec, ils étaient au pouvoir depuis 2003 (sauf un intermède péquiste en 2012-2013), idem en Ontario. En Colombie-Britannique, ils dirigeaient depuis 2001, jusqu'à l'élection des néo-démocrates en 2017. Donc c'est surtout l'usure du pouvoir subie par les gouvernements provinciaux qui a joué un rôle. Or il se trouve que les conservateurs représentaient l'alternative traditionnelle.

Quant aux libéraux de Justin Trudeau, il est clair qu’ils sont fragilisés suite aux victoires des conservateurs dans plusieurs provinces canadiennes. On se retrouve avec des gouvernements provinciaux qui affichent des positions antagonistes par rapport à Ottawa. Cela place Justin Trudeau dans une attitude défensive face à un front commun de conservateurs dont le fil conducteur, pour certains de ceux-ci, est leur opposition à la taxe carbone.

Bref, une vague conservatrice qui risque de causer des surprises à Ottawa en octobre prochain!

vigile.net tribune libre 25 avril 2019

Elle est où l’éthique professionnelle?

27 avril 2019

Le couperet est tombé, le maire de Hampstead, William Steinberg, est blanchi par la Commission municipale du Québec (CMQ) eu égard à ses propos sur le projet de loi 21 qu’il a qualifié de « nettoyage ethnique ».

À titre argumentaire, la CMQ invoque le fait que les propos tenus par le maire d'Hampstead constituent des éléments jugés en fonctions de valeurs éthiques et ne viennent pas à l'encontre des règles du codes d’éthique et de déontologie de la municipalité de Hampstead.

Autrement dit, les valeurs éthiques véhiculées dans les propos du maire sont condamnables sans pour autant contrevenir aux règles du code d’éthique. Finalement, je suis d’avis qu’il est tout à fait légitime de se demander où se situe le respect de l’éthique professionnelle liée aux fonctions du maire de Hampstead.

quebechebdo 27 avril 2019
 

Superinfirmières sous surveillance des médecins

26 avril 2019

Une maîtrise de deux ans qui suit un baccalauréat et qui suit aussi deux ans de pratique avant de pouvoir appliquer la maîtrise. Telle est la formation que doivent suivre les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) avant de pouvoir pratiquer, Et pourtant, qu’à cela ne tienne, même si les IPS du Québec sont les mieux formées au pays, les médecins reçoivent quelque 2 680 $ mensuellement par IPS pour exercer une surveillance auprès de ces infirmières et 2500 $ pour les frais d’exploitation associés,

« On est une des seules provinces où les superinfirmières ont encore besoin d'être surveillées par des médecins pour pouvoir pratiquer. Cette surveillance a un coût important, et on pense que ce sont des fonds qui sont dépensés inutilement », soutient Anne Plourde, chercheuse à l’Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS). 

L’IRIS salue toutefois la volonté du gouvernement Legault et du Collège des médecins de permettre aux IPS de poser certains diagnostics, mais il estime qu’il faut aller plus loin. Mme Plourde croit que le gouvernement accueillera favorablement l’idée d’abolir la surveillance des infirmières praticiennes spécialisées, alléguant l’ouverture de la ministre de la Santé d’aller plus loin dans ce dossier.

Par contre, du côté du Collège des médecins, il faudra attendre compte tenu de la frilosité des médecins à déléguer sans surveillance certaines de leurs tâches…

vigile.net tribune libre 25 avril 2019
quebechebdo 26 avril 2019
 

Vigneault, l’orfèvre des mots

23 avril 2019

Lors de son entrevue réalisée auprès du poète et auteur-compositeur-interprète Gilles Vigneault lors d’une émission spéciale de 24/60 présentée le soir du vendredi saint, Anne-Marie Dussault l’a présenté comme étant l’orfèvre des mots.
Vigneault a écrit beaucoup d'hymnes dont tout le monde sait le refrain par coeur, l'archétype étant Gens du pays dont voici quelques vers : « Le temps que l'on prend pour dire Je t'aime/ C'est le seul qui reste au bout de nos jours/ Les voeux que l'on fait, les fleurs que l'on sème/ Chacun les récolte en soi-même/ Au beau jardin du temps qui court… »

Le 27 octobre dernier, Gilles Vigneault soufflait ses quatre-vingt-dix bougies. Monument de la culture québécoise, en plus de 60 ans de carrière, l’orfèvre des mots a composé les paroles d’environ 400 chansons, réparties sur 39 albums. Fervent partisan de l’indépendance du Québec, il raconte avec émotion dans l’entrevue le devoir que nous avons tous comme Québécois de « secourir la langue française partout où elle est menacée. »

Enfin, je vous laisse sur cette citation de Gilles Vigneault : « La francophonie, c'est un vaste pays, sans frontières. C'est celui de la langue française. C'est le pays de l'intérieur. C'est le pays invisible, spirituel, mental, moral qui est en chacun de vous. »

vigile.net tribune libre 20 avril 2019
 

Les autistes, ces mal-aimés

23 avril 2019

Voici l’histoire vécue d’une mère de famille dont le fils autiste de 8 ans n’a maintenant plus accès à aucun service de garde. L’enfant fréquentait depuis trois ans le service de garde de son école de quartier. Puis, il y a quelques mois, la mère a transféré son garçon vers une école spécialisée pour qu'il ait accès à plus de services. Mais après avoir fait appel à différentes ressources, la Commission scolaire a renvoyé le garçon de tous les services de garde en raison de son comportement difficile.

«On a mis tous les services en place, on a même développé un service 1-1 [un intervenant par élève], on a fait du 2-1. On s’est rendu compte, en bout de ligne, que ces services-là ne répondaient pas à l’enfant», a expliqué le coordonnateur aux communications à la Commission scolaire. Selon lui, le cas du petit garçon doit être transféré au ministère de la Santé et des Services sociaux.

«J’ai parlé au ministère de la Famille, ils m’ont renvoyée au ministère de l’Éducation, qui, eux, m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas se prononcer parce qu’ils n’ont pas la version de la commission scolaire», dit la mère.

La dame demande aux parents qui vivraient la même situation qu’elle de la dénoncer au gouvernement pour que les choses changent. «Je sais que plusieurs parents vont s’identifier à moi parce que je ne suis pas la seule à vivre ça. Il manque de ressources», a conclu la mère de famille.

Finalement, la Commission scolaire a assuré à la mère que son fils pourra réintégrer son service de garde si son comportement s’améliore… Et voilà, la boucle est fermée, fin de l’histoire, c’est le cul-de-sac.

vigile.net tribune libre 20 avril 2019
quebechebdo 23 avril 2019