Bastien et Handfield, des étincelles en vue?

10 janvier 2020

Ce qui s’annonçait comme un couronnement sans opposition, Véronique Hivon s’étant désisté et laissant la voie libre à Sylvain Gaudreault, semble maintenant prendre une toute autre allure avec les déclarations de réflexion sur leur intention de briguer le poste de chef du PQ de Paul St-Pierre Plamondon, Frédéric Bastien, Guy Nantel et Stéphane Handfield.

Dans l’hypothèse où l’historien Frédéric Bastien et l’avocat Stéphane Handfield posaient leur candidature, il ne serait pas surprenant qu’un débat enflammé ne surgisse entre les deux candidats eu égard au thème de l’immigration, le premier étant très critique sur les « vertus économiques » du multiculturalisme, le second s’étant fait remarquer dans le mouvement qui s’est constitué contre la loi 9 du gouvernement Legault.

Si vous ajoutez à ces deux noms, ceux de l’avocat Paul St-Pierre Plamondon et de l’humoriste Guy Nantel, vous obtenez une cohorte idéale pour relancer un véritable débat sur l’avenir de la cause souverainiste au Québec.

Quoi qu’il en soit, le prochain chef du parti sera connu le 19 juin. D’ici là, il est certain que les éventuels candidats continueront leurs rencontres exploratoires auprès des politiciens et des militants souverainistes pour sonder quelles sont leur véritable chance d’être désigné à la direction du PQ… Bref, une course à la direction qui pourrait nous réserver bien des surprises!

L’immigration et les conséquences culturelles

Dans un article paru sous la rubrique « Idées » du Devoir du 22 août 2019 sous le titre « L’immigration et les conséquences culturelles., en réaction à un texte publié dans Le Devoir du 19 août par le président de la Chambre de commerce de Montréal, Michel Leblanc, eu égard à la justification d’une hausse substantielle de l’immigration pour pallier le manque de main d’œuvre, Frédéric Bastien apporte ce commentaire qui m’apparaît tout à fait pertinent :

« L’immigration a aussi d’importantes conséquences culturelles. Plus les étrangers sont nombreux chez nous, plus il est difficile de les intégrer et, au fil des générations, de les assimiler. À Montréal, des ghettos se forment et plusieurs immigrants peuvent vivre en marge de la société d’accueil. À l’heure actuelle, le Québec reçoit par habitant presque deux fois et demie plus d’immigrants que la France et presque deux fois plus que les États-Unis, alors même que nous constituons 2 % de la population de l’Amérique du Nord et que nous ne sommes même pas un pays souverain. Sommes-nous plus capables que nos cousins français ou que nos voisins du sud d’intégrer et d’assimiler les immigrants à notre nation ? Comme le dit l’adage, poser la question, c’est y répondre.

Être nationaliste, ça veut dire être préoccupé par la survie de notre peuple. L’immigration a des conséquences culturelles importantes, notamment en faisant reculer de façon dramatique le pourcentage de personnes de langue maternelle française au Québec. Celui-ci était de 82 % en 1996 et il tourne aujourd’hui autour de 75 %. En 2100, ce taux pourrait être de 50 %, selon Statistique Canada.

Cette réalité, et non les mythes propagés par la Chambre de commerce de Montréal, devrait être au coeur de notre politique d’immigration. Les immigrants qui s’intègrent le mieux à la société québécoise, et dont les enfants s’assimilent ensuite à notre peuple, sont ceux qui parlent déjà français et qui ont un haut niveau d’éducation, obtenu dans des établissements reconnus. Il faut donc réduire la sélection de l’immigration à ce segment. Le but ne doit pas être de créer du chômage pour plaire au patronat, comme le réclame Michel Leblanc. Pour les nationalistes, il est plutôt primordial de rehausser le nombre de francophones au Québec et d’assurer notre survie. »

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/561051/l-immigration-a-des-consequences-culturelles

Du côté de l’avocat spécialiste en immigration, Stéphane Handfield, entendu le 28 février 2019 par les membres d'une commission parlementaire pour donner son point de vue sur le projet de loi 9, M. Handfield n’y va pas avec le dos de la cuillère pour frapper à bras raccourcis sur la loi 9 :

« Le gouvernement Legault « s'en va dans le mur », a indiqué Stéphane Handfield qui a eu des mots durs contre le texte actuel, évoquant d’éventuelles nouvelles poursuites judiciaires.

« C’est clair que, s’il n’y a pas de modifications dans ce projet de loi, c’est là qu’on s’en va. On a des discussions [avec d’autres avocats]. Les armes se préparent. On se prépare. » 

Interrogé par le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, l’avocat a assuré avoir eu des « centaines » de messages de la part de personnes susceptibles « de se joindre à un recours collectif » ou prêtes à lancer des poursuites judiciaires.

Demander aux candidats dont les dossiers n'ont pas encore été traités de procéder à une nouvelle demande dans le système Arrima ne met « absolument pas » le gouvernement « à l’abri de poursuites. » 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1155826/immigration-avocats-nouvelles-poursuites-judiciaires-quebec-legault

vigile.net tribune libre 9 janvier 2020
Le Devoir 15 janvier 2020 "PQ: une chefferie qui promet" (version abrégée)

 

Les destins de Rozon et Weinstein liés au mouvement #MeToo

9 janvier 2020

De toute évidence, il existe des similitudes entre les sagas de Gilbert Rozon et de Harvey Weinstein, une première étant qu’ils proviennent tous les deux du domaine artistique, le premier, du monde de l’humour, le second, du cinéma. En ce qui a trait aux motifs d’accusation, M. Rozon fait face à des accusations de viol et d’attentat à la pudeur, M. Weinstein, de viol et d’agression sexuelle. De plus, j’ajouterais que ces accusations ont toutes été portées dans le prolongement du mouvement #MeToo ou #MoiAussi.

Pour le défendre, Gilbert Rozon a choisi Me Pierre Poupart, un des meilleurs criminalistes au pays, célèbre pour avoir entre autres défendu l’ex-cardiologue Guy Turcotte pour le meurtre de ses enfants. Quant à Harvey Weinstein, il a opté pour l’avocat pénaliste Benjamin Brafman celui-là même qui a défendu Jay-Z, Michael Jackson, ou encore Dominique Strauss-Kahn, une liste de clients qui montrent à quel point cet avocat aime défendre les personnalités en pleine polémique.

De plus, à l’image de beaucoup d’autres personnalités publiques dénoncées depuis quelques années, Gilbert Rozon et Harvey Weinstein ont profité du renom de leur statut de personnalités publiques pour abuser de femmes vulnérables dont la carrière était liée à la leur.

Le monde artistique semble un foyer propice à ces effluves d’agressions sexuelles sur des femmes qui ont été attirées par l’aura de personnalités publiques assoiffées d’expériences à sensation forte… ce qui me laisse croire que la dénonciation de ces comportements désaxés doit se poursuivre implacablement jusque devant les tribunaux pour en arriver à contrer le plus possible cette prolifération imprégnée d’une outrecuidance maladive!

quebechebdo 9 janvier 2020
Le Soleil 13 janvier 2020 "Rozon, Weinstein et #MoiAussi"

Le couperet de Gallimard

9 janvier 2020

Dans la foulée des soubresauts qui ébranlent la réputation de l’écrivain Gabriel Matzneff, la réputée maison d’édition Gallimard met fin à la vente du journal de l’écrivain pédophile qu’elle publiait depuis trente ans. "La souffrance exprimée par Madame Vanessa Springora dans son livre autobiographique Le Consentement, fait entendre une parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle", affirme dans un communiqué la maison Gallimard le 7 janvier.

Un camouflet en plein visage de l’auteur qui, dans ses ouvrages autobiographiques, se faisait le chantre de la pédocriminalité depuis plus de trente ans. C'est la première fois que Gallimard prend une telle mesure, a indiqué à l'AFP la maison d'édition. La décision a été prise alors que l'écrivain de 83 ans est visé depuis le 3 janvier par une enquête pour "viol sur mineur" de moins de 15 ans, ouverte 24 heures après la sortie du livre de Vanessa Springora, directrice des éditions Julliard.

De son côté, le ministre de la Culture Franck Riester estime que l’allocation accordée par le Centre national du livre à des auteurs vieillissants ayant de faibles revenus pourrait être retirée à Gabriel Matzneff. Le ministre propose également de réexaminer les décorations remises à Gabriel Matzneff, soit officier des Arts et Lettres depuis 1995 et chevalier de l'Ordre national du mérite depuis 1998, dans le cadre des prochaines réunions des organismes les attribuant.

L’écrivain pédophile déchu récolte enfin les doléances du monde de la culture et de la littérature françaises… Il aura fallu le courage de Vanessa Springora pour exposer au grand jour les vicissitudes du prédateur sexuel qu’incarne Gabriel Matzneff!

Le Devoir 9 janvier 2020

Souveraineté et immigration: des concepts antinomiques

7 janvier 2020

 

« Je demeure persuadé que ce projet de souveraineté du Québec ne se réalisera que par l’adhésion des différentes communautés culturelles qui composent le Québec d’aujourd’hui. Il est indéniable que l’immigration est un apport positif pour le Québec. C’est une richesse… Nous devons convaincre les nouveaux arrivants, les gens venus de partout à travers le monde, du bien-fondé du projet de souveraineté du Québec. Ils doivent être inclus dans ce grand projet de société. Ils doivent être partie prenante de cette belle et grande aventure, ce projet rassembleur ». (Stéphane Handfield, Le Devoir, 6 janvier 2020)

Depuis la naissance du projet de souveraineté du Québec, nombreux ont été les premiers ministres péquistes, notamment Jacques Parizeau et Bernard Landry, qui ont tenté par tous les moyens de convaincre les immigrants du bien-fondé de la création d’un État québécois indépendant sans succès.

Au contraire, les immigrants, particulièrement dans la métropole, se sont ghettoïsés autour de quartiers chinois, grecs ou italiens, se refermant ainsi à toute forme d’intégration aux us et coutumes du Québec. Et, qui plus est, un nouvel immigrant a accès à tout un filet social, notamment en santé et en éducation, sans jamais y avoir cotisé et cela, aux frais des contribuables de souche.

Lors des deux référendums, les immigrants ont voté à plus de 95% contre le projet de pays. Quoi qu’il en soit, leur première priorité est de faire venir les membres de leur famille au Québec et non pas la création d’un pays qu’il rejette massivement. À leurs yeux, ils ont immigré au Canada et le Québec n’est pas leur terre d’accueil.

Conséquemment, je suis d’avis que les immigrants nés ailleurs qu’au Québec ne devraient pas avoir droit de vote à un référendum portant sur la souveraineté du Québec et cela pour des raisons d’appartenance à des coutumes différentes de celles vécues au Québec.

Enfin, je termine sur cette assertion de M. Handfield : « Aujourd’hui encore, l’appui à la souveraineté du Québec oscille autour de 30 %. Ce projet est donc loin d’être mort, bien au contraire. René Lévesque écrivait d’ailleurs que « c’est une option politique qu’on ne cesse de retrouver en bonne place dans les esprits comme dans les sondages. Si mauvais juge que je sois, il me semble qu’un tel enracinement est significatif. Il dénote à tout le moins que l’idée demeure bien vivante »… et ce, grâce aux convictions profondes des Québécois de souche qui, depuis plus de 50 ans, se sont toujours tenus debout pour l’avènement d’un Québec souverain au Conseil des nations!

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/570244/souverainete-et-immigration

vigile.net tribune libre 7 janvier 2020

 

 

Lettre ouverte à Denise Bombardier

6 janvier 2020

Mon article fait suite au billet écrit par Denise Bombardier dans Le Journal du 4 janvier sous le titre « La mal baisée ».

 

Madame Bombardier,

D’entrée de jeu, je tiens à vous exprimer toute mon admiration pour le cran et la droiture que vous avez manifestés lors de votre sortie contre l’écrivain pédophile sans scrupule Gabriel Matzneff lors de l’émission Apostrophes en 1990 animée par Bernard Pivot.

Sachez que je compatis sincèrement à la solitude que vous exprimez dans votre billet eu égard à la complaisance laxiste autant de l’animateur que des invités sur le plateau qui se sont contentés d’esquisser des sourires complices et d’une vacuité béate… une solitude qui tient grandement, comme vous l’exprimez à raison, à votre statut de femme.

À cet effet, vous avez parfaitement raison d’affirmer « qu’aucun homme qui affronte les pédophiles ne se fait qualifier de « pas de couilles et qu’au pire, on l’accusera d’être un moralisateur. » À preuve que l’égalité homme-femme n’est pas pour demain la veille!

Par ailleurs, là où vous mettez le doigt sur le point le plus sensible de toute cette saga, c’est lorsque vous prenez avec ardeur la défense des enfants agressés sexuellement, de « tous ces enfants victimes à qui on a volé leur enfance en s’emparant de leur corps et de leur esprit au nom du droit au désir », un désir « morbide » qui fait des pédophiles des « tueurs » d’enfants et d’adolescents. 

Merci Mme Bombardier pour avoir su trouver les « mots qu’il fallait » pour condamner vertement sur la place publique cet auteur fondamentalement pervers et pourtant tant adulé sur le parquet littéraire. Persévérez dans vos efforts de protection des enfants avec vos « seules armes : des mots », des armes que vous manipulez à la perfection!

vigile.net tribune libre 4 janvier 2020

Changements climatiques: l’après-Greta

6 janvier 2020

Nul doute que le phénomène Greta Thunberg aura contribué à créer un mouvement de sensibilisation sans précédent autour de la lutte aux changements climatiques, la manifestation monstre de quelque 500 000 personnes à Montréal le 27 septembre, notamment des jeunes, en faisant foi sans équivoque.

Toutefois, même si des efforts timides émergent de différents pays, force est de constater que l’élan de mobilisation a tendance à s’estomper petit à petit pour céder la place à des vœux pieux qui ne franchissent pas la barrière des belles intentions, sans compter qu’elles sont souvent projetées sur des échéances lointaines.

Et pourtant, l’ensemble de la classe scientifique ne cesse de clamer l’urgence d’agir dans la lutte aux changements climatiques, notre planète donnant de plus en plus des signes visibles de bouleversements climatiques, tels les inondations, les ouragans, les feux de forêts, les tornades, les sécheresses, etc…

Bref, il appartient maintenant aux dirigeants de la planète de passer des paroles aux actes, de donner suite aux nombreuses manifestations qui, de toute évidence, n’ont pas réussi à créer le momentum nécessaire à la mise sur pied d’une véritable transition énergétique.

Il ne faudrait surtout pas que l’image hautement médiatisée de Greta Thunberg se dissipe dans la nuée des temps sans que le message d’urgence de la jeune militante suédoise ne donne les fruits nécessaires à la survie de notre planète!…

quebechebdo 6 janvier 2020
Le Devoir 8 décembre 2020 "L'après-Greta"

Affaire Matzneff: les « regrets » de Pivot

3 janvier 2020

Accusé de complaisance avec l'écrivain Gabriel Matzneff, l'ex-animateur de télévision Bernard Pivot a exprimé ses "regrets" et estimé n'avoir pas eu « les mots qu'il fallait » envers les propos libertins de l’écrivain pédophile eu égard à ses nombreuses relations sexuelles avec des mineurs lors d’une émission d’Apostrophes en 1990. 

Or, dans son autobiographie intitulée Les mots de ma vie publiée chez Albin Michel en 2011, Bernard Pivot s’exprime en ces termes : « Mais les mots de ma vie, c'est aussi ma vie avec les mots. J'ai aimé les mots avant de lire des romans. J'ai vagabondé dans le vocabulaire avant de me promener dans la littérature. » Face à une telle assertion sur l’importance capitale des mots aux yeux de Bernard Pivot, est-il raisonnable de croire qu’il n’a « pas eu les mots qu’il fallait » face à Gabriel Matzneff? Permettez-moi d’en douter!…

Par contre, je suis plutôt d’avis que les regrets de Bernard Pivot s’articulent davantage autour de ces mots : « Il m'aurait fallu beaucoup de lucidité et une grande force de caractère pour me soustraire aux dérives d'une liberté dont s'accommodaient tout autant mes confrères de la presse écrite et des radios…Ces qualités, je ne les ai pas eues… Je le regrette évidemment. » En termes clairs, Bernard Pivot n’a pas pu démontrer la « grande force de caractère » pour oser affronter la galerie au risque de ternir son image médiatique.

quebechebdo 3 janvier 2020
Le Devoir 4 janvier 2020

Un test des valeurs de quatre sous

3 janvier 2020


L’examen portant sur le test des valeurs québécoises, conditionnel à l’obtention du certificat de sélection du Québec pour les immigrants économiques qui désirent s’installer dans la province, est entré en vigueur le 1er janvier.

Or, pour avoir pris connaissance de certaines des questions pour le moins d’une facilité déconcertante qu’il contient, du temps alloué pour y répondre, soit trois heures, et des trois possibilités de reprises, sans compter qu’un un guide pratique d’une trentaine de pages publié sur le site du ministère québécois de l’Immigration est disponible, je me demande sérieusement qui pourrait échouer cet examen.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que même si le ministère attribuera un identifiant unique à chaque personne qui désire passer le test en ligne, le ministère de l’Immigration n’aura aucune preuve pour certifier si c’est bien cette personne qui aura répondu au questionnaire…

En bref, le gouvernement Legault utilise, à mes yeux, ce test à des fins purement électoralistes et nationalistes dans ce test des valeurs de quatre sous!

quebechebdo 3 janvier 2020

Les féminicides, un fléau grandissant

31 décembre 2019

S’il y a un fléau qui n’a cessé de croître en 2019, c’est bien les féminicides. À ce sujet, un rapport publié le 6 décembre 2019, soit trente ans après la tuerie de Polytechnique qui a causé la mort de 14 jeunes femmes, par l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation révèle que 118 femmes et filles avaient été tuées cette année par la violence au Canada, ce qui signifie qu’il y a eu un meurtre de femme à chaque trois jours, en moyenne. Au Québec, 605 femmes et filles ont été assassinées de 1997 à 2015. Depuis le 25 novembre 2018, 15 femmes et trois enfants ont été tués au Québec.

Pour la très grande majorité de ces femmes, la violence conjugale est à l’origine de ces meurtres. Certaines d’entre elles ont signalé ces violences aux forces policières. La plupart des agresseurs s’en sont tirés avec des conditions de libération, notamment la défense de prendre contact avec leur conjointe, conditions qui, la plupart du temps, ne sont pas respectées. Résultat? L’irréparable se produit…

Mais, que faire alors pour radier le phénomène croissant des féminicides? Le système judiciaire fait partie de la solution. À cet effet, les tribunaux imposent désormais des sentences plus sévères dans les cas de violence conjugale extrême quoique cette forme de violence ne fasse pas partie du code criminel… La voie est ouverte. La prochaine étape serait d’intégrer la violence conjugale dans le code criminel à titre d’infraction criminelle aux yeux de la loi!

quebechebdo 31 décembre 2019

L’affaire Matzneff

31 décembre 2019

 

Sur le plateau d’Apostrophes, l’émission littéraire de Bernard Pivot diffusée sur Antenne 2 le 2 mars 1990, Denise Bombardier dénonce vertement les propos de l’auteur de Mes amours décomposés, Gabriel Matzneff, qui se vante d’avoir eu de multiples relations sexuelles avec des mineurs. « Les vieux messieurs attirent les petits enfants avec des bonbons. M. Matzneff, lui, les attire avec sa réputation! », lance-t-elle-elle froidement au sujet de l’auteur assis à ses côtés, médusé.

Trente ans plus tard, une semaine avant la parution du livre-choc Le consentement, publié chez Grasset, un roman autobiographique de l’éditrice Vanessa Springora vient hanter les couloirs des lettres françaises. Pour la première fois, une victime de Matzneff révèle sa relation avec le pédophile alors qu’elle n’avait que 14 ans. Le retour du pendule se manifeste sans fioriture au grand jour.

Dans son livre, Vanessa Springora évoque le « consentement » d’une jeune fille de 14 ans manifesté lors de l’opération-charme de son prédateur sexuel. Le consentement relance ainsi le débat entre les défenseurs de l’écrivain et ses détracteurs, dans un contexte de dénonciation des violences sexuelles en France.

Trente ans ont passé depuis ce face à face entre Denise Bombardier et Gabriel Matzneff… Pour le journaliste Pierre Maisonneuve, ce passage à Antenne 2 en 1990 a eu une influence indéniable. « Ce jour-là, Denise Bombardier a fait tourner le vent. Elle avait l’expérience du direct et un propos à tenir. Elle n’a pas reculé. » … Et grand bien nous fasse!

quebechebdo 31 décembre 2019
vigile.net tribune libre 4 janvier 2020