La « bulle » de la discorde

30 août 2020

Une rentrée scolaire pas comme les autres marquée sous le signe des mesures sanitaires imposées par le contexte pandémique. Tous, parents comme enfants, s’y attendaient. Toutefois, l’annulation du programme sport-études a eu l’effet d’une bombe, particulièrement auprès des jeunes qui s’entrainaient déjà depuis plusieurs semaines.

En termes clairs, le ministre Roberge a décrété que le concept des classes-bulles aura préséance sur toutes les autres activités organisées par les écoles. Donc, si l’équipe de football, où l’on retrouve quand même de 40 à 50 joueurs, est composée d’élèves provenant de trois classes différentes, il n’y aura pas de football à l’école… Jusqu’à ce que le ministre décide que la situation est suffisamment sécuritaire pour implanter le football, ou le soccer ou la natation, etc…

Or, le plus incohérent dans toute cette saga, c’est qu’à la sortie de l’école, ces mêmes élèves, qui ont été privés de pratiquer leur sport à l’école, se retrouveront sur le terrain de la municipalité pour participer soit à des entrainements soit à des matchs inter-équipes. Et tout cela avec la bénédiction de la santé publique!

De vouloir faire en sorte que des joueurs d’une équipe de football se retrouvent dans la même « bulle » tient de l’utopie la plus incohérente, tout d’abord en raison de leur nombre trop élevé, ensuite du fait qu’ils proviennent souvent de degrés différents.

M. Roberge, il n’est pas trop tard pour revenir sur votre décision, à défaut de quoi les jeunes vont carrément abandonner le programme sport-études, un programme, soit dit en passant, qui rehausse le sentiment d’appartenance à l’école publique. 

vigile.quebec tribune libre 27 août 2020
quebechebdo 30 août 2020

Trudeau dans le champ de compétences du Québec

30 août 2020

On aura beau louanger le premier ministre du Canada pour sa « générosité » envers le gouvernement du Québec en injectant la somme de 432 millions $ pour répondre à l’« inquiétude des parents » eu égard à la rentrée scolaire, en agissant de la sorte, Justin Trudeau s’ingère sans coup férir dans l’éducation, un champ de compétences strictement provinciales.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Trudeau a injecté des sommes faramineuses dans toutes sortes de programmes pour venir en aide aux Canadiens, faisant grimper le déficit du gouvernement à quelque 345 milliards $. Or, comme si le budget fédéral constituait « un puits sans fond », M. Trudeau ressort de la poche des contribuables 2 autres milliards $.

En fait, dans ces circonstances, quels sont les motifs qui poussent à payer pour ces mesures alors que l’éducation relève strictement des compétences des provinces? Justin Trudeau est-il en train de mousser sa réélection en se présentant comme un « sauveur » ou, à plus court terme, de garantir sa survie lors du vote de confiance qui aura lieu cet automne?

Bien malin celui ou celle qui pourrait répondre avec certitude à ces deux questions… En attendant, je suis convaincu que François Legault voit dans cette manœuvre de Justin Trudeau un futur retour d’ascenseur lorsque viendra la prochaine campagne électorale fédérale au Québec… Une histoire à suivre!

vigile.quebec tribune libre 27 août 2020

L’école, milieu d’apprentissage

26 août 2020

D’entrée de jeu, je veux dissiper toute équivoque à l’effet que le projet de Lab-École ne contient pas des éléments positifs, notamment l’effort déployé par les instigateurs du projet pour améliorer la qualité de vie des élèves. De vouloir transformer l’école en milieu de vie incarne à première vue une intention louable.

Toutefois, je demeure convaincu que l’école est et doit demeurer d’abord et avant tout un milieu d’apprentissage, à défaut de quoi la raison d’être de l’école risque de s’effriter au profit d’une conception qui privilégierait le contenant au détriment du contenu. Et, si cela s’avérait être le cas, nous commettrions une grave erreur d’aiguillage.

Au cours des dernières décennies, la plupart des école élémentaires du Québec ont fait une place grandissante aux nouvelles technologies de l’enseignement, tel l’avènement de l’informatique sous toutes ses formes. Au primaire particulièrement, les élèves sont regroupés en équipes de 4 ou 5 pendant toute la durée de l’année scolaire, une stratégie qui favorise nettement le phénomène de la socialisation et par ricochet, le travail en équipe.

Par ailleurs, je vois un danger dans l’implantation du Lab-École, à savoir que, dans l’emballement qu’il suscite, il risque de perdre de vue l’essence même de l’école au détriment d’un changement radical dans l’aménagement des lieux qui risque de « déboussoler » les élèves et de les distraire de leur concentration essentielle à leur apprentissage.

En résumé, je suis d’avis qu’il ne faut pas tout faire tomber les remparts de l’école traditionnelle au profit d’un concept tout à fait nouveau. Il m’apparaîtrait plus réaliste, voire plus productif, d’amalgamer les avantages de l’école traditionnelle à ceux du Lab-École qui irait dans la continuité de l’école d’aujourd’hui pour le plus grand bien de l’école, milieu d’apprentissage.

quebechebdo 26 août 2020
vigile.quebec tribune libre 26 août 2020 
Le Devoir 28 août 2020 "L"école, d'abord un milieu d'apprentissage" 
Le Soleil 29 août 2020 (Point de vue)

Et l’imputabilité du gouvernement?

25 août 2020



Parmi les termes chers à François Legault depuis qu’il est entré en politique, l’imputabilité occupe certes une place de prédilection. Ce n’est donc pas surprenant si les intentions manifestes du premier ministre visent la future imputabilité des cadres du réseau de la santé dans une seconde vague de la crise sanitaire et, par ricochet, un blâme sur leurs actions pendant la catastrophe printanière,



Or, qu’en est-il de l’imputabilité du gouvernement dans la gestion de crise liée au coronavirus, particulièrement la triste hécatombe des personnes âgées vivant dans les Centres hospitaliers pour soins de longue durée (CHSLD)? Et pourtant, ce n’est pas d’hier que la pénurie de main d’œuvre, notamment chez les préposés aux soins des bénéficiaire, fait l’objet de nombreux cris d’alarmes de la part des autorités en place.



Et pourtant, il aura fallu que François Legault lance une vaste opération d’urgence visant la formation de plusieurs centaines de nouveaux préposés aux soins pour espérer mettre fin à ces foyers d’éclosions qui sévissaient dans les CHSLD. N’est-ce pas là une preuve, M. Legault, que votre gouvernement, par son laxisme, a fait la preuve d’un manque flagrant d’imputabilité? Et que dire du manque de ressources matérielles essentielles à une saine gestion de la pandémie dans ces mêmes CHSLD, encore là un manque de planification élémentaire?



Or, le Québec détient le bilan le plus catastrophique des provinces canadiennes, lié notamment à un manque de prévoyance patent et à beaucoup trop d’improvisation. Et pourtant, jamais n’avons-nous entendu le premier ministre Legault prendre quelque part d’imputabilité que ce soit dans la gestion de crise liée au coronavirus.



Dans ces circonstances, il m’apparaît paradoxal de crier à l’imputabilité des autres quand on ne prend aucun moyen pour assumer la sienne en temps opportun. À ce chapitre, M. Legault, je vous invite à mettre en pratique ce que vous exigez des autres… C’est une simple question de cohérence élémentaire!

quebechebdo 25 août 2020
vigile.quebec tribune libre 25 août 2020

Matzneff refait surface

21 août 2020

En janvier 2020, l'éditeur français Gallimard annonce l'arrêt de la commercialisation du journal de l'écrivain Gabriel Matzneff, visé par une enquête pour « viols sur mineur » et mis en cause dans le livre de Vanessa Springora Le consentement dans lequel elle raconte l'emprise qu'a exercée l'auteur âgé de 50 ans sur elle alors qu’elle n’a que 14 ans, évoquant une relation qui l'a dévastée et lui a laissé des blessures profondes.

Par ailleurs, dans la foulée de la publication du récit autobiographique de Vanessa Springora, le parquet de Paris fait savoir qu’il procède à l’ouverture d’une enquête préliminaire contre Matzneff pour viols sur mineur, une décision qui survient après l’analyse du livre Le consentement.

De son côté, dans un entretien accordé au journal Le Parisien, Gabriel Matzneff se dit « chagriné » par le récit de Vanessa Springora qui vient, selon lui, dénigrer les « lumineuses et brûlantes amours qu’ils ont vécues à l'époque ».

Or, aujourd’hui, après avoir été temporairement retirés, les exemplaires du journal de l’auteur Gabriel Matzneff, reviennent sur les tablettes de la Grande bibliothèque, son directeur général alléguant que la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a pris cette décision parce qu’elle « adhère aux grands principes sur la liberté intellectuelle énoncés et mis de l'avant par les organismes internationaux et les principales associations œuvrant dans le domaine documentaire ».

À la rigueur, je pourrais comprendre qu’un auteur pédophile puisse répondre aux critères de la « liberté intellectuelle ». Toutefois, je demeure perplexe quand cette même liberté intellectuelle ouvre les portes à un journal qui raconte avec moultes détails ses fantaisies « amoureuses » avec des mineurs… Là, je crois que la limite de la décence est outrageusement dépassée! 

Le Soleil (Point de vue) 21 août 2020
vigile.quebec tribune libre 24 août 2020

Et s’il n’y avait pas de deuxième vague…

21 août 2020

Depuis plusieurs semaines, même si la situation s’est considérablement améliorée au Québec eu égard aux cas de coronavirus et aux décès liés au virus, la plupart des intervenants s’expriment comme si une deuxième vague était « inévitable » et ce, même si la grande majorité des Québécois respectent les consignes de la santé publique à la lettre, notamment le port du masque dans les endroits clos et les transports en commun, et les deux mètres de distance.

J’en ai pour preuve tout le train de mesures présentées par le ministre de la Santé, Christian Dubé, lesquelles, soit dit en passant, particulièrement la nomination d’une personne imputable dans les CIUSS, et l’interdiction de déplacements d’un CHSLD à l’autre pour un préposé aux bénéficiaires, auront surement leur utilité « dans l’hypothèse où une deuxième vague émergeait ».

Toutefois, pour l’instant, aucun signe précurseur ne laisse présager de l’éclosion d’une deuxième vague. Conséquemment, je suis d’avis que le ministre de la Santé, en étroite relation avec la santé publique, présente son plan d’action comme étant une garantie que les ratés de la première vague seront aplanis si le coronavirus reprenait de l’ampleur… et non pas comme si une deuxième vague était « imminente », une stratégie négative, voire défaitiste, qui ne peut que contribuer à créer un sentiment de panique dans la population encore ébranlée par la première vague!

vigile.quebec tribune libre 20 août 2020

Trudeau doit démissionner

19 août 2020

Si le manque d’éthique dans l’affaire UNIS a eu raison du ministre des Finances Bill Morneau, je suis d’avis que l’implication personnelle du premier ministre dans l’octroi d’un contrat sans appel d’offres à WE Charity avec lequel Justin Trudeau entretenait des liens très étroits est suffisante pour qu’il tire lui aussi sa révérence.

À mon sens, Justin Trudeau a sacrifié Bill Morneau sur l’autel du scandale pour sauver sa tête comme il l’avait fait avec Jody Wilson-Raiboult dans le dossier SNC Lavalin. Sans présumer du verdict du commissaire à l’éthique eu égard à Justin Trudeau dans l’affaire UNIS, je serais fort étonné si M. Trudeau n’était pas imputable d’un troisième blâme depuis qu’il occupe le poste de premier ministre.

La survie du gouvernement est littéralement compromise. Déjà, le Bloc québécois menace de déposer une motion de censure envers les libéraux si Justin Trudeau et sa chef de cabinet, Katie Telford, ne démissionnent pas, provoquant de la sorte, si la motion est appuyée, des élections générales anticipées auquel cas le PLC aurait toute une pente à remonter.

Par ailleurs, à mon avis, Justin Trudeau mise sur le mauvais cheval en la personne de Mark Carney pour remplacer Bill Morneau aux Finances, M. Carney, c’est un secret de polichinelle, visant davantage le poste de chef du PLC, en l’occurrence de premier ministre du Canada.

De toute évidence, les astres sont alignés pour une démission de Justin Trudeau à titre de premier ministre, l’accumulation de blâmes de la part du commissaire à l’éthique faisant foi d’un manque de jugement patent de sa part, entachant par le fait même sa légitimité comme représentant des Canadiens sur la scène internationale… Assez, c’est assez!

vigile.quebec tribune libre 19 août 2020
Le Devoir 20 août 2020 "Le premier ministre Justin Trudeau doit démissionner"

Une histoire abracadabrante

18 août 2020

Plus j’écoutais le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, dresser le tableau des événements ayant conduit, selon ses dires, à sa démission, et plus j’éprouvais de difficultés à croire à la véracité de son argumentaire.

En effet, me disais-je, comment un homme de la trempe de Bill Morneau, qui est venu en politique pour occuper le poste de ministre des Finances dans l’intention d’y laisser sa trace, peut-il quitter ce poste tant convoité au moment même où s’amorce le plan de relance économique post-pandémique?

Et qui plus est, comment se fait-il que, « par hasard. », sa démission se produise au moment même où le commissaire à l’éthique enquête sur le fait que M. Morneau ne s’est pas récusé quand le fédéral a songé à collaborer avec le Mouvement UNIS, un organisme avec lequel sa famille entretient des liens très étroits, et alors que, il y a à peine une semaine, le premier ministre réitérait sa confiance envers son ministre?… Une histoire abracadabrante qui ne tient tout simplement pas la route.

À mon point de vue, la réalité est toute autre. Tout comme il l’avait fait avec Jody Wilson-Raiboult dans l’affaire SNC Lavalin, Justin Trudeau a sacrifié la tête de Bill Morneau pour détourner l’attention des médias et de la population sur son ministre des Finances et ainsi espérer faire oublier qu’il a lui-même péché par manque d’éthique dans l’affaire UNIS. Il a donc enjoint Bill Morneau à démissionner sur le champ, tout en préparant le terrain laissé vacant par le ministre pour Mark Carney, l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, déjà approché à titre de conseiller spécial sur la gestion de la crise post-COVID-19.

À mon sens, Justin Trudeau doit quitter temporairement ses fonctions de premier ministre tant et aussi longtemps que le commissaire à l’éthique n’aura pas rendu son verdict sur l’implication du premier ministre dans l’affaire WE Charity… Il en va de sa crédibilité à titre de premier ministre du Canada!  

vigile.quebec tribune libre 18 août 2020

S.O.S. d’un handicapé

17 août 2020

L’histoire n’est pas nouvelle, des personnes souffrant d’un handicap sont tenues en otages dans des CHSLD, faute de soins à domicile. C’est le cas d’un ingénieur en informatique de 43 ans, Jonathan Marchand, atteint de dystrophie musculaire, qui vit en CHSLD depuis 10 ans, et qui, en guise de contestation, demeure enfermé dans une cage devant l’Assemblée nationale, alléguant qu’il ne bougera pas tant que le premier ministre ne lui aura pas garanti les sommes nécessaires à son retour à domicile.

C’est un secret de polichinelle, les soins à domicile sont les parents pauvres du système de santé au Québec. Et pourtant, depuis des décennies, tous les gouvernements se sont toujours engagés à pallier cette situation pour le moins embarrassante d’autant plus que ces mêmes gouvernements se disaient les défenseurs des soins à domicile qui favorisaient, selon leurs dires, la prise en charge graduelle de la personne handicapée. D’ailleurs, à cet effet, Jonathan Marchand allègue que son retour à domicile pourrait lui permettre de recommencer à travailler et de redevenir un actif pour la société.

Et, pour y arriver, M. Marchand a un plan auquel il a longuement réfléchi, à savoir un « programme d’assistance personnelle autodirigé québécois », où les personnes handicapées ne seraient pas « forcées » de rester à l'hôpital ou à domicile avec des services minimums, un plan, dit-il, qui coûterait moins cher à l’État que de leur bâtir des ailes dans les prochaines Maisons des aînés, où les personnes handicapées se sentiront encore « ghettoïsées ».

Les personnes handicapées sont des êtres humains à part entière et, de facto, elles méritent d’être traitées de la sorte à tous égards. Le cas de Jonathan Marchand s’apparente à une multitude de personnes handicapées laissées pour compte par le système de santé. Il est plus que temps que le gouvernement leur vienne en aide…C’est une simple question de dignité humaine tout à fait légitime.

vigile.quebec tribune libre 17 août 2020

Où est le nationalisme de la CAQ?

17 août 2020


Nonobstant la nouvelle loi sur la laïcité de l’état québécois, force est de constater que les mesures du gouvernement caquiste pour renforcer le nationalisme au Québec se sont faites rarissimes au cours des deux premières années de son mandat.


Et pourtant, la protection et la promotion de la culture québécoise, le renforcement de la loi 101, la préservation des fleurons québécois, la priorisation de l’éducation, des meilleurs soins de santé pour la population, et plus particulièrement pour les aînés, figuraient au sommet des promesses électorales du parti de François Legault.


L’étude rendue publique récemment par l’Office de la langue française sur les exigences accrues de bilinguisme dans les entreprises, les commerces et les municipalités représente le triste reflet d’une Charte de la langue française devenue vaporeuse, voire inopérante. Les chimères d’un Canada bilingue entretiennent le mirage de l’importance du français partout au pays alors que, dans les faits, le multiculturalisme révèle que l’anglais constitue la langue commune et que le français s’avère la langue d’une communauté culturelle parmi d’autres.


S’il désire légitimer le titre nationaliste qu’il s’est octroyé, le gouvernement Legault se doit de rendre incontournable le recours à la langue française, et exceptionnelle l’utilisation de la langue anglaise dans les institutions publiques et les milieux de travail.


Des mesures rigoureuses s’imposent, comme le financement des institutions publiques anglophones à hauteur du poids historique de la communauté anglophone au Québec, le prolongement de la loi 101 au collégial, l’interdiction d’exiger le bilinguisme pour obtenir un emploi dans les entreprises ou les commerces et la dispensation des services gouvernementaux en français.

vigile.quebec tribune libre 17 août 2020