La capitale nationale vue par le nouveau chef du PQ

11 octobre 2020

À écouter le nouveau chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), parler de la position privilégiée de la Ville de Québec sur l’échiquier politique d’un éventuel gouvernement péquiste, on ne peut que se réjouir des ambitions que PSPP entretient pour elle.

D’abord aux yeux du dixième chef du PQ, la Ville de Québec est appelée à devenir une plaque tournante des organisations internationales de la diplomatie et de la francophonie en tant que capitale du pays, une situation qui lui conférera un extraordinaire rayonnement économique.

Ensuite, selon PSPP, il est inconcevable que le projet de tramway à Québec brille par son absence dans le projet de loi 66 concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure, notamment en raison de l’importance, pour Québec, de bénéficier d’une infrastructure de transport collectif en lien avec la protection de l’environnement.

Enfin, Paul St-Pierre Plamondon a été élu à la direction du PQ avec 56 % des voix au troisième tour du scrutin, notamment grâce à la mobilisation des jeunes qu’il a éveillés à la cause souverainiste. De plus, en votant pour un candidat n’ayant aucune expérience parlementaire, les militants péquistes ont opté pour le changement au lieu de la continuité… Conséquemment, je suis d’avis que la capitale nationale ne peut que sortir gagnante de l’appui d’un chef de parti dont le leitmotiv se traduit, notamment, par un vif désir de « sortir des sentiers battus ».

quebechebdo 11 octobre 2020
vigile.quebec tribune libre 13 octobre 2020

Ian Lafrenière aux Affaires autochtones

10 octobre 2020

La nomination d’un ex-policier au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Ian Lafrenière, au poste de ministre responsable des Affaires autochtones n’a pas tardé à susciter des réactions de mécontentement du côté de ceux qu'il sera dorénavant appelé à représenter à l'Assemblée nationale, à savoir certains dirigeants des communautés autochtones.

À cet effet, selon Nakuset, la directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, le premier ministre François Legault vient encore une fois de démontrer qu'il s'intéresse peu au sort des Autochtones dans sa province. « Si le gouvernement s'en souciait vraiment, il aurait nommé quelqu’un qui a déjà par le passé pris la défense des communautés autochtones. Mais ce n'est pas le cas de M. Lafrenière ».

Même son de cloche du côté de la Ligue des droits et libertés. Ce choix surprend sa présidente, Alexandra Pierre. « La commission Viens a été mise sur pied suite à des situations répétées d’abus de pouvoir, de menaces à l’intégrité physique de femmes autochtones, c’est donc quand même un message cynique de confier le secrétariat aux Affaires autochtones à un ex-policier » tout en rappelant du même souffle le mandat de M. Lafrenière au SPVM « où il a systématiquement refusé de reconnaître et d’agir sur le profilage racial et sur le racisme systémique ».

Par ailleurs, il m’apparaît opportun de noter que M. Lafrenière a occupé le poste de chef de la Division des communications à la SPVM, une organisation qui s’est fait souvent reprocher de faire preuve de discrimination envers les personnes racisées. À titre d’exemple, en 2019, un rapport mené par trois chercheurs indépendants a notamment conclu que les femmes autochtones étaient surreprésentées dans les interventions menées par les agents du SPVM. En effet, selon ce rapport, elles sont 11 fois plus à risque d’être interpellées par les forces policières que les femmes blanches.

En termes clairs, pour employer un euphémisme, Ian Lafrenière part avec une prise contre lui…

quebechebdo 10 octobre 2020
vigile.net tribune libre 12 octobre 2020

François Legault à court d’idées

9 octobre 2020

C’est frappant, les derniers points de presse de François Legault nous montrent un premier ministre irritable, voire très inquiet, à bout d’idées eu égard à une propagation de la COVID-19, édition deuxième vague, qui ne cesse de se développer dans la communauté, atteignant des personnes de tout âge confondu victimes de foyers d’éclosion qui éclatent dans toutes les sphères de la société québécoise.

À ce rythme-là, d’ici quelques semaines le territoire entier sera peinturé en rouge. François Legault évoque même la possibilité d’une rupture du système de santé devant le nombre croissant d’hospitalisations et de patients en soins intensifs.

Depuis des semaines, le premier ministre répète et répète les mêmes consignes, le port du masque, la distanciation sociale de deux mètres et le confinement à la maison sauf pour des cas exceptionnels. Rien n’y fait, la tendance suit irrémédiablement le rythme de quelque mille nouveaux cas par jour.

Devant ce scénario digne du Jour le marmotte, M. Legault sort, tel un dernier espoir, la carte de la solidarité des Québécois, notamment les jeunes, en alléguant qu’ils incarnent la bougie d’allumage qui va permettre d’espérer voir enfin la courbe s’aplatir progressivement.

Jusqu’à maintenant, le premier ministre répète qu’il n’envisage pas, pour l’instant, de remettre le Québec sur pause comme au mois de mars, une stratégie qui serait, à mon sens, catastrophique autant pour les élèves s’il fallait refermer les écoles que pour l’économie en général.

Il ne reste, à mon avis, qu’un espoir, à savoir que tous les Québécois répondent à l’appel de solidarité de leur premier ministre, à défaut de quoi le rouge risque de tourner au noir!

quebechebdo 9 octobre 2020

Derek Chauvin libéré sous caution

8 octobre 2020

Le 25 mai, une vidéo en direct montrant l’ex-policier Derek Chauvin, devant les yeux de millions de téléspectateur autour du monde, a appuyé son genou pendant plus de huit minutes sur le cou de George Floyd alors qu’il était allongé sur le ventre, les mains menottées dans le dos, implorant à plusieurs reprises l’agent de desserrer son étreinte, clamant qu’il ne pouvait pas respirer, n’a pas convaincu le juge de détenir en prison l’ancien policier Derek Chauvin, inculpé pour le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd, Chauvin ayant été remis en liberté contre le versement d’une caution d’un million de dollars en attendant d’être jugé l’année prochaine dans cette affaire.

Aux yeux de Ben Crump, l’avocat de la famille de George Floyd, en versant une caution d’un million de dollars, Derek Chauvin « a acheté sa liberté après avoir pris la vie de George Floyd pour 20 dollars », l’afro-américain ayant été accusé d’avoir utilisé un faux billet dans un magasin… Tel était le « crime » de George Floyd!

Le 11 septembre, Derek Chauvin a comparu devant un juge avec ses trois coaccusés, qui, eux, ont été remis en liberté sous caution depuis plusieurs semaines. Lors de cette comparution, l’accusation a indiqué qu’elle comptait demander des peines exceptionnellement longues pour les ex-policiers, en raison de la « cruauté particulière » de leur acte et du statut « vulnérable » de la victime au moment des faits.

Quant aux quatre ex-policiers, ils ont pour leur part demandé l’abandon des poursuites qui pèsent contre eux, plaidant avoir fait un usage raisonnable de la force face à un homme qui se débattait. George Floyd est « probablement mort d’une surdose au fentanyl », a assuré l’avocat de Derek Chauvin.

Au moment où l’on vit au Québec un épisode tragique de racisme systémique contre une femme autochtone, Joyce Echaquan, le triste épisode de Minneapolis nous remet devant une accablante réalité, à savoir que le combat des minorités visibles face aux suprémacistes blancs a encore bien des chemins à parcourir avant d’arriver à destination…

vigile.quebec tribune libre 7 octobre 2020
quebechebdo 8 octobre 2020
Le Soleil (version internet) 8 octobre 2020 "Affaire George Floyd: Derek Chauvin libéré sous caution"

Trump a-t-il vraiment contracté le coronavirus?

6 octobre 2020

Depuis le début de son mandat à titre de président des États-Unis en 2016, Donald Trump a multiplié les occasions de qualifier de fake news les informations qui le plaçaient dans des situations inconfortables, voire compromettantes.

Aujourd’hui, les derniers sondages le placent à 10 points derrière le candidat démocrate Joe Biden et le premier débat entre les deux concurrents n’a surement pas contribué à réduire cet écart. Or comme « par hasard », à peine quelques jours après ce débat, le président déclarait sur un tweet que sa femme Mélania et lui avaient été testés positifs au coronavirus.

Conséquemment, la question se pose : Donald Trump aurait-il pu simuler un faux test positif au coronavirus pour renverser la tendance de l’électorat américain en créant un climat de sympathie à son égard en plus de faire la preuve qu’on peut vaincre facilement ce virus comme il l’a toujours affirmé ? Le diagnostic « positif » ne serait-il que fake news, un scénario monté de toutes pièces ?

Les exemples qui démontrent que Donald Trump a menti eu égard à telle information qui circulait dans les médias sont incalculables depuis son investiture. Alors dans ces circonstances, pourquoi devrions-nous le croire aujourd’hui lorsqu’il affirme avoir été testé positif à la COVID-19 ? 

Enfin, en tant que narcissique reconnu, n’est-il pas crédible de penser que Donald Trump ait simulé ce scénario pour attirer l’attention de l’électorat américain sur sa propre personne ? Une histoire à suivre !

vigile.quebec tribune libre 5 octobre 2020
quebechebdo 6 octobre 2020

Problèmes de santé mentale chez les jeunes adultes

5 octobre 2020

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke révèle que 20 % des québécois en général et 38 % des jeunes adultes de 18 à 24 ans seraient particulièrement vulnérables face à l’anxiété et la dépression en cette période de pandémie.

Selon la Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke qui a participé à l’étude, les niveaux de dépression et d’anxiété au Québec sont actuellement considérablement plus élevés que ce qui était observé en prépandémie. Selon cette dernière, les chiffres qui ressortent de cette enquête s’apparentent aux niveaux observés dans la communauté de Fort McMurray, 6 mois après les feux de forêt de 2016.

Toujours selon la Dre Généreux, le fait d’avoir été isolé de façon obligatoire pour certaines personnes ou encore le stress causé par les cours en ligne pour certains ont certainement contribué à fragiliser la santé mentale des Québécois des 18-24 ans. Toutefois, il semble que c’est la qualité de l’information qui joue le plus grand rôle, tels le manque de cohérence dans les politiques de santé publique ou encore la méfiance à l’égard des autorités, des facteurs qui pourraient exacerber l’anxiété et la dépression. Cet amalgame de facteurs très liés à la pandémie semble avoir un effet très fort sur la santé mentale des Québécois, particulièrement chez les 18-24 ans. En sus, la pénurie de psychologues dans le secteur publique vient ajouter à l’importance, voire à l’urgence de trouver des solutions au problème.

Dans les derniers jours, François Legault a senti le besoin de condenser son message eu égard aux nouvelles mesures de sécurité sanitaire dans les zones rouges, une stratégie qui devrait contribuer à diminuer l’anxiété et à augmenter le degré de confiance à l’égard de la santé publique, pour le plus grand bien de l’équilibre psychologique des jeunes adultes.

quebechebdo 5 octobre 2020
vigile.quebec tribune libre 18 octobre 2020

À quoi joue François Legault?

4 octobre 2020

On a appris que François Legault soutiendra l’agrandissement du collège Dawson comme projet prioritaire à la hauteur de 50 millions $, dans le cadre du projet de loi 66. Mais où est donc passé le nationalisme du premier ministre? Et cela malgré que le réseau collégial anglophone détienne déjà un pouvoir totalement disproportionnel au nombre d’anglophones au Québec. Si François Legault n’avait pas entrepris des gestes-clés d’affirmation de la nation québécoise, à l’exemple de la loi 21, on serait en droit de se demander s’il n’a pas basculé dans le camp des fédéralistes purs et durs.

À cet effet, en 2018, M. Legault se vantait qu’au moins la moitié de ses candidats étaient d’anciens libéraux. On comprend maintenant mieux qu’avec une telle importance numérique, ce n’était qu’une question de temps avant que ces derniers n’imposent leur vision fédéraliste et anglophile au sein de la CAQ.

Face à un tel dérapage, il est à se demander si François Legault sait qu’il travaille non seulement contre les intérêts du Québec, mais aussi de son propre parti. La CAQ a encore le temps de se rétracter, et elle doit le faire. Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois depuis le début de son mandat qu’elle recule, c’en est presque devenu un modus operandi.

On sait que M. Legault vit toujours dans l’urgence de mener des réformes. Encore faut-il qu’il ne s’égare pas davantage dans des sentiers dangereux qui favorisent l’expansion du groupe anglophone au détriment de la population francophone du Québec. En attendant, il est tout à fait légitime de se demander à quoi joue François Legault!

quebechebdo 4 octobre 2020
vigile.quebec tribune libre 4 octobre 2020
Le Devoir 8 octobre 2020

Le racisme systémique

3 octobre 2020

Les derniers événements dramatiques concernant la mort tragique d’une jeune femme autochtone de 7 enfants dans un Centre hospitalier du Québec relance, pour une énième fois, le débat sur le racisme systémique au Québec.

Parmi tous les témoignages qui ont fusé de toutes parts depuis ce terrible incident, je retiens celui d’une invitée à l’émission 24/60 télédiffusée sur la chaîne de RDI le 30 septembre, à l’effet qu’une véritable concertation, avec des représentants autochtones, soit établie entre la volonté politique du gouvernement d’une part, et les autorités des services de sécurité publique et de santé d’autre part sur les moyens à prendre pour contrer définitivement les comportements racistes contre les autochtones.

Le dépôt du rapport de l’honorable Jacques Viens sur la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec date du 30 septembre 2019, et ses recommandations sont encore à l’étude dans diverses instances. Les délais s’étirent et rien de concret ne transpire des échanges entre les diverses parties en cause.

Or, la publication d’une vidéo choquante montrant Joyce Echaquan, une femme atikamekw, victime de racisme par du personnel soignant depuis son lit d'hôpital, tient d’un film d’horreur. Des scènes semblables doivent bien sûr être condamnées avec véhémence.

Toutefois, tant et aussi longtemps que le gouvernement actuel ne manifestera pas une ferme volonté politique de lutter avec énergie contre ces scènes inhumaines, le Jour de la marmotte risque de prendre l’affiche encore longtemps dans les hôpitaux et lors des contacts entre policiers et autochtones… À quand une véritable politique contre le racisme systémique?

quebechebdo 3 octobre 2020

Les restaurants dans l’incohérence

2 octobre 2020

C’est bien connu, les Québécois aiment se réunir et avoir du plaisir ensemble. Or parmi les nouvelles mesures annoncées par François Legault touchant les citoyens résidant dans les zones rouges, la fermeture des salles à manger des restaurants frappe de plein fouet ce besoin viscéral de socialisation chez les Québécois.

Pourtant, pour avoir fréquenté plusieurs restaurants de Québec pendant la trop courte période de déconfinement, jamais je n’ai éprouvé la moindre crainte d’être contaminé par le coronavirus, les mesures de sécurité sanitaires y étant parfaitement respectées autant par le personnel que par la clientèle.

À mon avis, les mesures mises de l’avant pour la zone orange concernant les salles à manger des restaurants répondaient adéquatement aux critères de sécurité acceptables et auraient dû être maintenues telles quelles en zone rouge. D’ailleurs, je ne comprends pas en quoi un couple avec deux enfants peut se promener librement dans un centre commercial tout en prenant du bon temps tandis qu’un autre couple avec ses deux enfants ne pourrait pas eux aussi avoir un bon moment en famille autour d’une bonne table dans un restaurant… d’autant plus que la distanciation sociale en prend souvent pour son rhume dans un centre commercial alors que toutes les tables du restaurant ont une distance de deux mètres entre elles!

François Legault, de toute évidence, veut protéger les commerces, notamment les emplois et les propriétaires. Dans cette perspective, les restaurants ne répondent-ils pas aux mêmes conditions? Une réponse s’il vous plaît, M. Legault!  

vigile.quebec tribune libre 2 octobre 2020

PLC et PLQ, même déni

2 octobre 2020

Il y a 50 ans, le 16 octobre 1970, la Loi sur les mesures de guerre est imposée au Québec par le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau à la demande du gouvernement de Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec. Durant les jours qui suivent, des centaines d'artistes, de journalistes et de syndicalistes d'allégeance indépendantiste sont arrêtés ou emprisonnés de façon tout à fait arbitraire.

Or à l'approche du 50e anniversaire de ce que l’histoire a qualifié de Crise d’octobre au Québec, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des excuses officielles du premier ministre canadien et chef du Parti libéral du Canada (PLC) Justin Trudeau qui s’est contenté de lancer, parlant de ces événements dramatiques, que « c'est certain que les événements d'octobre 1970 ont été très difficiles pour bien des Québécois. Je pense qu'il faut commencer par avoir une pensée pour la famille de Pierre Laporte, pour qui cet anniversaire ramène de très douloureux souvenirs ».

Du côté de l’Assemblée nationale à Québec, une motion du Parti québécois (PQ) demandant des excuses officielles au premier ministre Trudeau pour les 36 000 victimes arbitraires de la Crise d'octobre, motion qui a reçu l'appui de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS) alors que le Parti libéral du Québec (PLQ) s’y est opposé par la voix du leader de l'opposition officielle, André Fortin.

On aura beau invoquer que l’aide d’Ottawa a été demandée par le premier ministre libéral du Québec de l’époque Robert Bourassa, la légendaire réplique de Pierre Elliot Trudeau Just watch me à la question d’un journaliste, qui voulait s’enquérir des intentions de M, Trudeau eu égard aux derniers événements, en dit long sur l’état d’esprit d'alors du premier ministre fédéral…

On connaît la suite, près de 500 personnes ont été injustement arrêtés et emprisonnés, et 36 000 autres ont fait l’objet d’une perquisition abusive tout simplement en raison de leur allégeance politique indépendantiste… Conséquemment, des excuses s’imposent de la part de Justin Trudeau pour cette bévue historique inacceptable, voire hargneuse et méprisante, de son illustre père.

vigile.quebec tribune libre 2 octobre 2020
quebechebdo 2 octobre 2020