Une avancée importante de Trump

24 novembre 2020

Il aura fallu plus de deux semaines après l’annonce de sa défaite à la présidentielle américaine pour que le président républicain sortant Donald J. Trump donne son accord à l’ouverture du processus de transition vers une administration démocrate dirigée par le président élu Joe Biden. À mon avis, la validation de la victoire de Joe Biden dans l’État-clé du Michigan a surement été un élément déclencheur dans la décision de Donald Trump.

Toutefois, le président sortant refuse toujours de reconnaître la victoire de Joe Biden, s’engageant à poursuivre un « juste combat », multipliant les recours en justice, sans succès jusqu’à maintenant, pour essayer de faire la preuve que des fraudes ont été commises lors du scrutin du 3 novembre.

Or, quoique l’administration Trump ne reconnaisse pas officiellement Joe Biden à titre de président élu, la GSA (General Services Administration), via la patronne de l’agence, Emily Murphy, avait préalablement donné le feu vert pour que l’équipe de transition du démocrate puisse commencer à recevoir des informations classées top-secret et s’entretenir avec les équipes en place dans les différents ministères.

Selon moi, la grande victoire de l’avancée de Trump réside dans le fait que la coordination entre les équipes de Trump et de Biden sur la gestion de la pandémie de COVID-19, qui a fait plus de 257 000 morts aux États-Unis, peut maintenant prendre effet autour d’une équipe de scientifiques chevronnés, notamment le réputé Anthony Fauci.

quebechebdo tribune libre 24 novembre 2020

Notre cadeau de Noël

23 novembre 2020


Dans l’éventualité où le plateau des cas contaminés se maintient d’ici le 17 décembre, les Québécois pourront bénéficier de 4 jours de permission, entre le 24 et le 27 décembre, pour recevoir des groupes de 10 personnes au maximum comme cadeau de Noël de notre gouvernement et de la Santé publique. Toutefois, dans le cas contraire, « ça va être just too bad », comme dirait notre directeur national de santé publique Horacio Arruda.

En passant, comme notre premier ministre semble voguer dans une période de largesse, pourquoi ne permettrait-il pas aux restaurateurs d’ouvrir leurs portes entre les 24 et 27 décembre, et ainsi permettre aux Québécois qui désirent célébrer dans un restaurant de pouvoir réaliser leur souhait? En fait, je ne vois pas pourquoi M. Legault ne se montrerait pas ouvert à cette possibilité, d’autant plus que les foules se ruent quotidiennement aux portes des Costco et Walmart demeurées ouvertes en permanence depuis le début de la pandémie!…

Et si, par malheur, les jours de grâce des Québécois devaient être retirés, il leur restera toujours la possibilité d’aller magasiner dans les centres commerciaux pour profiter des rabais des Fêtes comme consolation. Enfin, pour ce qui est du Jour de l’An, les Québécois peuvent toujours se consoler en regardant le Bye Bye, comme dirait le premier ministre.

vigile.quebec tribune libre 22 novembre 2020

Les péquistes, des indépendantistes pressés?

23 novembre 2020

Le nouveau chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a présenté le 21 novembre un nouveau «projet national» aux militants du Parti québécois (PQ), réunis en conseil national virtuel. Un éventuel gouvernement péquiste élu en 2022 tiendrait un référendum sur l'indépendance dans un premier mandat… Et ce n'est «pas farfelu», a-t-il assuré. 

«Je vois bel et bien un nouveau cycle» vers l'indépendance, a déclaré le nouveau chef dans son discours de clôture, en commentant un sondage suggérant que 40 % des Québécois diraient oui à la souveraineté s'il y avait un référendum. Il n'y a «aucune nostalgie», à relancer ce débat 25 ans après la tenue du dernier référendum, a-t-il plaidé.  . «Tout est devant nous».

Ce qui me plaît particulièrement dans le discours de PSPP, c’est la clarté avec laquelle il expose ses idées. À titre d’exemples, la « démondialisation » et la « décanadianisation » du Québec font partie du moteur de son action politique qui conduira à l’indépendance du Québec. En termes clairs, un gouvernement péquiste s'engagerait à «démondialiser» le Québec, c'est-à-dire notamment à accroître la production industrielle locale pour moins dépendre des biens importés d'ailleurs, et à le « décanadianiser » en légiférant dans les champs de compétence d'Ottawa quand il jugerait que l'inaction du fédéral nuirait aux intérêts du Québec.

 En termes clairs, un gouvernement péquiste sous PSPP non seulement sortirai le Québec du Canada mais aussi le Canada du Québec. Enfin, un autre volet de son programme porte sur la lutte aux paradis fiscaux : le chef du PQ s'engage à ce que son gouvernement cesse de faire affaire avec les entreprises ayant recours à ce stratagème d'évitement fiscal.

Le «projet national» de PSPP ne fait pas mention d'une union économique avec le Canada,  ce qui était pourtant un des pivots pour rassurer l'électorat au dernier référendum de 1995. Mais le nouveau chef estime que le contexte a changé et que les entreprises québécoises continueront à pouvoir faire affaire partout sans l’aide du fédéral.

Enfin, en ce qui a trait à la tenue d’une consultation populaire sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat, je vois mal comment PSPP pourrait être traité de « séparatiste pressé » compte tenu qu’il s’est écoulé pas moins de 25 ans depuis la tenue du dernier référendum en 1995… ce qui, en soit, à mon point de vue, constitue un écart plus que raisonnable!

vigile.quebec tribune libre 22 novembre 2020

L’occasion manquée

23 novembre 2020

Sans grande surprise, les libéraux fédéraux ont l’intention de voter contre le projet de loi C-223 du Bloc québécois qui vise à exiger une « connaissance suffisante » du français pour les candidats à la citoyenneté canadienne au Québec.

Pourtant, les dernières déclarations de Justin Trudeau sur l’importance « que le Québec soit avant tout francophone » et sur son appui à la loi 101 « dans ce qu’elle fait au Québec » auraient pu laisser présager d’une plus grande ouverture du premier ministre sur son appui à la promotion et la défense du français au Québec.

Toutefois, les libéraux ont voté en faveur d’une motion du député fédéral néo-démocrate de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, reconnaissant que « la situation du français est toujours fragile, que l’usage du français est en déclin au Québec et au Canada » et demandant à Ottawa de mettre sur pied un plan d’action pour « mieux protéger et mieux promouvoir le français, au Québec et au Canada »… Une motion pour le moins timide et sans grand engagement concret de la part du gouvernement!  

On reconnaît bien là qu’il y a loin de la coupe aux lèvres eu égard aux belles paroles de Justin Trudeau sur l’importance du fait français au Québec et que le sacrosaint bilinguisme trudeauiste viscéral de Trudeau fils perpétue la tradition du père. Une autre occasion manquée de passer de la parole aux actes et de reconnaître concrètement le Québec comme société distincte…

vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2020

L’âgisme systémique

23 novembre 2020

Un billet écrit conjointement par le Dr. Réjean Hébert, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, et Yves Couturier, professeur à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke, paru dans Le Soleil sous le titre «Les vieux allaient mourir de toute façon», un âgisme systémique révélé par la pandémie, m’a profondément touché.

En tant que septuagénaire relativement en santé, j’attribuerais cette empathie naturelle envers les aînés en raison de la cruelle réalité que 90 % des décès liés à la pandémie étaient âgés de 70 ans et plus, mais plus encore qu’une telle hécatombe n’ait suscité aucune sympathie de la population ni celle de nos dirigeants, ni même des médias sociaux. Dans cette triste réalité, qui s’émeut devant la mort de résidents âgés privés de soins et de compassion dans les derniers moments de leur vie sur terre?

Pourtant, certaines décisions prises pendant la pandémie étaient carrément teintées d’âgisme. Pourquoi interdire, par exemple, aux personnes proches aidantes de visiter les résidents des CHSLD? Comment justifier la séquestration indue des aînés en résidences pour aînés? Comment expliquer l’interdiction absolue de sorties des aînés? «À quoi bon se préoccuper des vieux, ils ont fait leur temps». La vie d’une personne aînée dans notre société utilitariste vaut-elle moins que celle d’un jeune ou d’un travailleur ? Poser la question, c’est y répondre…

Le Québec compte maintenant plus de 20% de personnes de plus de 65 ans et, dans une décennie, nous dépasserons les 25%. Quand enfin reconnaîtrons-nous la contribution inestimable des aînés à la société dite civilisée dans laquelle nous vivons, et les traiterons-nous avec toute la dignité accordée à un être humain à part entière?

quebechebdo tribune libre 23 novembre 2020
vigile.quebec tribune libre 25 novembre 2020

La querelle des Anciens et des Modernes

19 novembre 2020

L’hypothèse soulevée par le premier ministre François Legault eu égard à une prolongation des vacances des Fêtes pour les élèves soulève un débat digne d’une querelle des Anciens, représentés par Égide Royer, professeur titulaire associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l’Université Laval, et des Modernes incarnés par Sylvie Barma, professeure titulaire au Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de l’Université Laval.

Du côté des « Anciens », Égide Royer argue que les 220 000 jeunes du Québec qui sont en difficulté d’apprentissage ne pourront que souffrir de cette mesure, qui risque d'exacerber le décrochage scolaire. M. Royer en veut pour preuve des études qui ont fait le lien entre le retard scolaire des jeunes plus vulnérables et la diminution des jours de classe. En bref, à ses yeux, c’est une très mauvaise idée sur le plan éducatif et sur le plan de la réussite scolaire.

Pour ce qui est des « Modernes », Sylvie Barma, bien qu’elle avoue que la pandémie, en général, affecte les enfants des milieux défavorisés, appuie l’idée d’une prolongation des vacances des Fêtes. Elle estime que le contexte particulier et inédit de la pandémie nous oblige à plus de souplesse et à se dégager de l’obsession de l’évaluation qui risque de stresser les élèves davantage.

En ce qui me concerne, je suis d’avis que le calendrier scolaire doit être respecté tel que prévu. D’abord pour des raisons pédagogiques qui justifient l’importance pour les élèves de recevoir tout le contenu de chaque cours prévu au programme, et ensuite pour des motifs de santé mentale liés aux bienfaits des contacts des élèves entre eux dans la microsociété que représente l’école.

quebechebdo tribune libre 19 novembre 2020

Au sujet de l’école privée

18 novembre 2020

Le débat public sur la pertinence du maintien d’un réseau d’écoles privées au Québec ne date pas d’hier. Parmi les arguments récurrents de ceux qui prônent l’arrêt des subventions aux écoles privées, arrivent au sommet de la liste les subventions qui leur sont versées par le gouvernement et la clientèle « sélectionnée ».

Les subventions

La subvention versée à l’école par le gouvernement du Québec correspond à 60 % de ce qui est versé à l’école publique pour un élève régulier pour les services éducatifs. Par ailleurs, les écoles privées, étant dans l’obligation de fournir elles-mêmes les bâtiments et d’en assumer l’entretien, le mobilier et les différents services aux élèves, ne reçoivent pas les différentes allocations supplémentaires allouées aux écoles publiques. Ainsi, la subvention réelle du gouvernement représente environ 40 % du coût total d’un élève à l’école privée.

Par conséquent, étant donné que l’État ne paie qu’une partie des coûts réels de l’élève, l’autre partie étant assumée par les parents, ces écoles permettent au gouvernement de réaliser des économies substantielles qui peuvent être réinvesties dans le réseau des écoles publiques.

Selon le rapport de la Commission permanente de révision des programmes du gouvernement du Québec (2015), la diminution ou l’abolition des subventions augmenterait de façon importante le budget que le gouvernement devrait allouer à l’éducation compte tenu que les écoles privées, sans leurs subventions, vont perdre une part substantielle de leur clientèle, qui se retrouvera inévitablement dans le public et l'État paierait alors 100% de la formation des élèves car il n'y aurait pas de contribution parentale.

La clientèle

Il ne faut pas se fier à certaines rumeurs qui disent que seuls les élèves qui ont de la facilité à l’école sont admis dans les établissements privés. Malgré la croyance populaire, les écoles privées accueillent des élèves qui ont des profils variés. Certaines écoles privées ont mis en place des programmes avec appui pédagogique ou des mesures adaptées pour amener les élèves qui ont des défis particuliers à la réussite.

Par ailleurs, les établissements d’enseignement privés sont autonomes et chaque école présente son propre système d’admission. La grande majorité des écoles privées se fie d’abord aux bulletins de 5e année pour l’admission au secondaire et ne fait pas passer d’examen d’admission. On parle plutôt de test de classement afin d’équilibrer les groupes ou encore pour déterminer l’accès à différents programmes (sports-études, international, enrichi, etc…). 

Le secteur privé compte un peu moins de 125 000 élèves répartis dans près de 270 établissements. Le préscolaire regroupe environ 5 % de ces élèves, le primaire 25 % et le secondaire 70 %. Douze de ces établissements accueillent exclusivement des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), alors qu’une vingtaine offrent la formation professionnelle.

Les fondations

Enfin, pour pallier les difficultés de certains parents d’assumer une partie ou l’ensemble des frais de scolarité, plusieurs écoles privées ont mis sur pied des fondations et offrent de l’aide financière à quelque 8000 élèves québécois provenant de familles à faibles revenus. Fait à noter, ces bourses ne sont pas attribuées en fonction des résultats scolaires. De plus, les familles de tous les élèves admis à l’école peuvent faire une demande si leur situation financière correspond aux critères de la fondation.

Effets collatéraux du réseau privé

Il existe, à mon avis, une saine compétition entre les réseaux public et privé au sein des établissements scolaires du Québec. Et de surcroît, certaines initiatives, telles l’instauration de programmes particuliers (sports-études, arts-études, etc…), et la mise sur pied d’une structure d’encadrement via la création de responsables de cycles, figurent parmi les virages positifs inspirés du réseau privé et entrepris par le réseau public au cours des dernières décennies.

vigile.quebec tribune libre 18 novembre 2020

La DPJ à nouveau mise en cause

17 novembre 2020

C’est un cri de désespoir sur un fond de colère qu’Émilie Arsenault, la mère des deux enfants de 5 ans et de 2 ans assassinés par leur père, Michaël Chicoine, à Wendake le mois dernier, a lancé devant les médias le 15 novembre.

« Je suis en colère contre notre Québec qui se dit doté d’un système de protection à l’enfance. Moi, quand j’ai fait appel à la DPJ pour protéger mes propres enfants, il était où ce système de protection-là ? Pourquoi on ne m’a pas entendue ? Pourquoi tous les signalements pour mes amours n’ont pas été reconnus malgré tout notre bon vouloir ? »

Et oui, en fait, pourquoi la DPJ n’a-t-elle pas entendu l’appel à l’aide de la mère des deux malheureuses petites victimes? Où est le maillon manquant dans la chaîne de communication? Jusqu’à quand des parents effondrés par la douleur devront-ils jouer dans ce scénario horrible?

« Quand on décide de porter plainte, ce n’est pas deux mois plus tard que la police doit nous téléphoner pour faire le suivi. La violence, ça ne prend pas de congé, elle est à nos portes 24 heures sur 24, 365 jours par année », lance Émilie Arsenault… Un autre cri d’alarme dans le désert?

quebechebdo tribune libre 17 novembre 2020
vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2020

Place à la clarté dans nos communications en français

16 novembre 2020

Notre langue fait souvent les machettes par les temps qui courent, particulièrement sur l’île de Montréal où elle est menacée de toutes parts par l’invasion anglophone, notamment dans les commerces et restaurants où il devient difficile, voire impossible, d’être accueilli et servi en français.

Parallèlement à cette assimilation sournoise, les francophones, loin de réagir contre cet envahissement de la langue de Shakespeare, malmènent le français honteusement, notamment dans les médias sociaux où la clarté du message a été évincée par un charabia qui conduit à une nova langue incompréhensible.     

La ponctuation

À cet effet, j’aimerais insister sur une notion fort importante, à savoir la ponctuation, la grande négligée, voire la grande oubliée de notre langue écrite. Pour illustrer mon propos, imaginons le scénario suivant : dans un courriel adressé à son épouse qui avait l’intention de se procurer un manteau de fourrure très dispendieux comme cadeau d’anniversaire, le mari lui répond : « Jamais trop cher » au lieu de « Jamais, trop cher ». La dame était tellement heureuse de la réponse « positive » de son conjoint qu’elle s’acheta non pas un mais deux manteaux de fourrure!

En réalité, la leçon de cette histoire, c’est que la ponctuation est à la langue écrite ce que l’intonation est à la langue parlée. En d’autres mots, si l’homme avait répondu oralement à son épouse, il aurait naturellement fait une pause après le mot « jamais », laquelle pause aurait dû être substituée par une virgule dans le courriel… une virgule oubliée qui, dans notre scénario, aurait coûté cher au conjoint de la dame!

Les mots de liaison

Les mots de liaison ou souvent appelés « connecteurs » représentent le fil conducteur du message véhiculé dans les communications. Ce sont pour la plupart des conjonctions (toutefois, néanmoins, par ailleurs, d’ailleurs, pourtant, en revanche, etc…) qui constituent le « ciment » qui permet aux « pierres » de s’édifier en une charpente homogène, et, linguistiquement parlant, qui offre au texte écrit les courroies indispensables pour relier les idées en un texte cohérent.

L’emploi du terme précis

Certains termes, principalement des verbes, tels « faire », « avoir », « être », « mettre », « prendre », « voir » et bien d’autres, jouent souvent le rôle de mots fourre-tout qui auraient avantage à être substitués par un terme plus précis. Ainsi, au lieu de « mettre des efforts pour réussir… », on pourrait plutôt dire ou écrire « investir des efforts pour réussir ». Au lieu de « faire ses devoirs », il serait préférable de « rédiger ses devoirs ». Notre langue regorge d’un vocabulaire riche et foisonnant… N’hésitons pas à puiser dans son coffre aux milliers de mots-trésors!     

Le français, une langue belle

Le français est « une langue belle avec des mots superbes », écrit Yves Duteil dans sa chanson La langue de chez nous. J’ajouterais que notre langue maternelle incarne une langue riche, une langue fière que nous devons chérir et protéger avec la passion du chevalier pour sa dulcinée. Contre vents et marées, le français québécois s’est tenu debout en terre d’Amérique au travers des siècles. À nous maintenant de contribuer à perpétuer sa clarté dans nos rapports avec les autres!

vigile.quebec tribune libre 15 novembre 2020

La loi 21 devant les tribunaux

16 novembre 2020

La loi 21 sur la laïcité de l’État, présentement devant la Cour supérieure, a reçu un appui de taille récemment en la personne de l’éminent juriste, constitutionnaliste et ancien ministre libéral Benoît Pelletier. Les tribunaux canadiens ont reconnu, a-t-il fait valoir, qu’un contexte particulier à la nation québécoise l’a conduite à fonder un État voulu  « neutre en matière religieuse ». Le Québec est une « société distincte », insiste M. Pelletier, et la loi 21 reflète cette dimension et la rend même plus officielle.

Et, qui plus est, reconnaître ce fait serait profondément « fédéraliste », au sens fort du terme, a expliqué Pelletier au tribunal. Car une fédération a pour idéal « l’unité dans la diversité » et est fondée sur la tolérance pour des conceptions diverses, la laïcité à la québécoise diffèrant de la conception qui a généralement cours dans le reste du Canada.

Enfin, Benoît Pelletier allègue que les dispositions de dérogation sont courantes dans les « fédérations multinationales ». Celle qui se trouve dans la Charte canadienne permet ni plus ni moins « aux provinces de préserver leur identité dans des matières qui leur sont d’une importance fondamentale ».

Quel que soit le verdict du juge Marc-André Blanchard, il m’apparaît écrit dans le ciel que sa décision effritera les convictions d’une partie de l’opinion publique au Québec et que ce différend se retrouvera à n’en pas douter devant la Cour suprême du Canada.

quebechebdo tribune libre 16 novembre 2020
vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2020
Le Soleil 21 novembre 2020