Où était Simon Jolin-Barrette?

14 décembre 2020


Le projet de loi 66 concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure visant à donner le feu vert rapidement à 181 projets d’infrastructure à travers le Québec en accélérant les processus d’évaluations environnementales et d’expropriation a été adopté en soirée le 10 décembre.


Or parmi ces projets figurent les projets d'agrandissement du Collège Dawson et de l'Université McGill, deux établissements d'enseignement supérieur anglophones. Conséquemment, le projet de loi n’a pas obtenu l’appui du Parti Québécois qui « s’opposera toujours à l’anglicisation planifiée du Québec », a fait valoir le député péquiste de Jonquière Sylvain Gaudreault.


En passant, je me demande où était le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, au moment où la langue française au Québec, son supposé cheval de bataille, se faisait passer un sapin juste avant les « réjouissances » du temps des Fêtes!

vigile.quebec tribune libre 14 décembre 2020

Le coup de Jarnac d’Arruda envers Legault

14 décembre 2020

Comme si ce n’était pas assez frustrant que les restaurateurs aient eu à subir un deuxième confinement à compter du 28 septembre, la déclaration du directeur national de santé publique, le docteur Horacio Arruda, lors de sa rencontre avec les députés de l’opposition, selon laquelle il n’a jamais recommandé la fermeture des restaurants a jeté de l’huile sur le feu chez les restaurateurs.

Le chat est sorti du sac lorsque le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, pressa le Dr Arruda de lui donner des recommandations de la Santé publique ignorés par le gouvernement Legault. Un véritable coup de Jarnac d’Arruda envers Legault. Inutile de vous dire que l’opposition s’est jetée sur sa proie avec voracité le lendemain à la période de questions.

Honnêtement, j’éprouve un certain malaise en ce qui a trait à la décision de fermer les salles à manger des restaurants, compte tenu que toutes les mesures de sécurité y sont respectées et qu’aucune éclosion de la COVID-19 ne s’est manifestée dans les restaurants depuis le début de la pandémie. Et, de surcroît, les restaurants génèrent des revenus pour l’État, un critère cher à notre premier ministre.

Jusqu’à maintenant, les restaurants auront été fermés la moitié de l’année en 2020, ce qui représente 5 à 6 milliards de ventes disparues en fumée. Selon une étude menée par l’Association Restaurants Canada, plus de la moitié des restaurants sont à risque de fermer au cours des six prochains mois. Huit restaurants sur dix perdent de l’argent ou survivent à peine. Et 65 % d’entre eux fonctionnent à perte, tandis que 19 % ne font qu’atteindre le seuil de rentabilité.

Et toute cette infortune pendant que les Costco et les Wall Mart de ce monde sont demeurés ouverts depuis le début de la pandémie… Mystère et boule de gomme!

vigile,net tribune libre 14 décembre 2020

Vivement le bâillon, monsieur Trudeau!

14 décembre 2020

Le débat sur l’aide médicale à mourir au Québec a probablement été l’exercice de consultation le plus civilisé jamais entendu entre les murs de l’Assemblée nationale, et tout cela, avec l’accord de la majorité de la population québécoise.

Initialement accessible qu’aux personnes dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible, un jugement de la Cour supérieure rendu en 2019 accorde aussi l’accès à l’aide médicale à mourir aux personnes éprouvant des souffrances physiques ou psychologiques intolérables. La juge Christine Baudouin, de la Cour supérieure du Québec, a donné à Ottawa jusqu’au 18 décembre pour modifier sa loi en conséquence.

Or, pour le Parti conservateur du Canada, par la voix de son chef Erin O’Toole, « le projet de loi C-7, en retirant la notion de mort raisonnablement prévisible, ne porte pas sur l’aide à mourir, mais sur l’aide au suicide…et ouvre la porte à un régime étatique en matière de suicide ».

Le délai du 18 décembre fixé par la juge Beaudoin approche à grands pas. Ou Justin Trudeau demande une extension du délai en exigeant que la Chambre des communes siège une semaine de plus avant Noël pour boucler le débat, ou il impose le bâillon.

À mon avis, les conservateurs ont eu tout le temps nécessaire pour s’exprimer sur le sujet. Une extension du délai au-delà du 18 décembre ne ferait que bloquer indument les travaux de la Chambre… Dans ces circonstances, monsieur Trudeau, vivement le bâillon!

vigile.quebec tribune libre 9 décembre 2020

Claude Castonguay, un homme d’état au service des Québécois

13 décembre 2020

Selon Wikipédia, « le qualificatif  « homme d’état » peut avoir un aspect mélioratif, et viser à souligner la capacité du personnage d'État à s'élever au-dessus des divisions partisanes pour rechercher le seul bien commun. » Tel m’apparaît avoir incarné le personnage de Claude Castonguay au cours de sa courte carrière politique de trois ans, soit de 1970 à 1973.

Trois années au cours desquelles il aura réussi à mener à terme l’imposant défi de mettre sur pied l’Assurance-maladie pour tous les Québécois de même que la Régie des rentes du Québec et la Caisse de dépôt. Un exploit titanesque guidé par une ténacité sans borne et une conviction sans limite envers ses principes d’équité pour tous les citoyens québécois.

Claude Castonguay était aussi un homme droit et honnête qui n’hésitait jamais à dire le fond de sa pensée au risque de choquer certains membres du caucus libéral, voire le premier ministre, et cela, dans un profond respect des personnes.

Celui qui passera à l’histoire comme le « père » de l’assurance-maladie au Québec demeurera, dans la conscience collective des Québécois, un grand homme d’état qui a consacré ses trois années de carrière politique au service des Québécois.

Monsieur Castonguay, au nom de tous les Québécois, je tiens à vous remercier sincèrement pour l’ardeur indéfectible et la fidélité inlassable que vous avez manifestées pendant votre court mais fertile passage sur la scène politique québécoise… Un grand merci à vous pour votre détermination et votre courage!

quebechebdo tribune ibre 13 décembre 2020

Louis Garneau: « Ne jamais abandonner…! »

13 décembre 2020

J’ai d’abord connu Louis Garneau sur les bancs d’école comme enseignant en français en troisième secondaire où il m’est arrivé fréquemment de le prendre sur le fait en train d’esquisser des dessins dans ses notes de français. Ce n’est donc pas d’hier que Louis dispose d’une propension naturelle aux arts. C’est d’ailleurs lui qui crée tous les designs des vêtements signés de la griffe de Louis Garneau.

Au moment de prendre ma retraite en 2003, comme j’avais toujours éprouvé une passion pour l’écriture, il m’est venu à l’idée d’offrir à Louis d’écrire sa biographie. Après quelques semaines de réflexion, arguant d’abord qu’il se trouvait trop jeune pour publier sa biographie, il finit par accepter.

Puis le marathon prit son élan. Rencontres après rencontres, Louis en vint peu à peu à s’ouvrir de plus en plus sur les émotions à travers desquelles il a dû passer tout au long de son parcours, parfois houleux, mais souvent emballant. Toutefois, tout au cours de ses péripéties, un mot revenait souvent dans nos conversations, à savoir le mot « détermination ». Le titre de sa biographie émergeait de lui-même : Ne jamais abandonner…!

Puis, les années ont passé, toutes plus enivrantes les unes que les autres. Les anecdotes vécues au cours de sa carrière prirent vie d’autant plus que nous avions décidé d’écrire la biographie à la première personne, une tournure stylistique qui conféra encore plus de vécu au récit. En 2009, la biographie était finalement lancée.

En ce qui a trait à l’entreprise, les affaires ont fonctionné à vitesse grand V jusqu’en mars dernier, où Louis Garneau Sport a dû se placer sous la protection de la Loi sur les faillites et l’insolvabilité, avec une dette de 32 millions $.

Toutefois, qu’à cela ne tienne, malgré la pente extrêmement ardue à laquelle l’homme d’affaires était confronté, son désir de renaître en tant qu’entreprise québécoise de renom a contribué à sauver son entreprise grâce à un montage financier de 25 millions $, de nouveaux investisseurs se joignant à lui.   

À la quatrième de couverture de sa biographie, je termine avec ces mots : « Toute la vie de Louis Garneau s’est déroulée en une séquence ininterrompue d’événements qui l’ont prédestiné à devenir l’homme d’aujourd’hui, condamné à ne jamais abandonner. » C’est donc sans grande surprise si aujourd’hui Louis Garneau renaît parmi les grands entrepreneurs québécois. L’homme d’affaires qu’est Louis Garneau est ainsi constitué que chaque événement de sa vie, heureux ou malheureux, représente une pierre d’assise nouvelle qui contribue, à sa manière, à l’érection des murs de l’édifice.

vigile.quebec tribune libre 10 décembre 2020
Le journal Métro 12 décembre 2020 "Louis Garneau renaît"
Le Journal de Québec 13 décembre 2020

Le « pas dans ma cour » de François Legault

12 décembre 2020

D’entrée de jeu, voici un extrait du point de presse de François Legault tenu le vendredi 11 décembre : «La situation qu’on a actuellement, on ne peut pas tolérer qu’elle demeure au niveau où elle est là. [...] Si la situation reste comme ça, on va être obligés d’ajouter des restrictions, à moins que les Québécois se mettent à respecter les mesures déjà en place ». Autrement dit, je serai gentil si les Québécois respectent les mesures sanitaires. En réalité, le « pas dans ma cour ».

Par ailleurs, en date du 10 décembre, le Canada dénombrait 13 109 décès, le Québec, en tête des provinces, 7 382, soit 56% de l’ensemble des décès au pays, la deuxième province dénombrant le plus grand nombre de décès, soit l’Ontario, comptait 3 871, soit 30% des décès au Canada. 

En termes clairs, avec un dossier aussi peu reluisant au chapitre des décès liés à la COVID-19, le premier ministre du Québec devrait peut-être jeter à l’occasion un coup d’œil dans sa cour, notamment dans les CHSLD, pour voir s’il ne devrait pas assumer sa part d’imputabilité eu égard au nombre imposant de décès dans SA province qui lui confère le titre peu enviable de premier de classe au chapitre des décès au Canada!

quebechebdo tribune libre 12 décembre 2020
vigile.quebec tribune libre 14 décembre 2020

Le Québec doit-il être remis « sur pause »?

9 décembre 2020

Devant le nombre de cas, de décès et d’hospitalisations quotidiens qui n’arrivent pas à diminuer depuis des semaines, force est de constater que les mesures sanitaires décrétées par le gouvernement n’arrivent pas à stopper la croissance de la contamination communautaire au Québec.

À cet effet, plus de 75 experts en santé, en économie et en sciences sociales, dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, plaident que le gouvernement Legault remette le Québec sur pause et décrète la fermeture de tous les services non essentiels pendant la période des Fêtes, soit du 20 décembre au 3 janvier, arguant que l’économie tourne déjà au ralenti et que beaucoup de gens, dont les étudiants, sont en congé, plutôt que d’être confrontés à une perspective encore plus critique en janvier et février.

Du côté du gouvernement, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, allègue que les mesures sanitaires actuelles sont déjà « très sévères » tout en insistant sur le difficile équilibre qu'il tient à maintenir entre les restrictions sanitaires et la santé mentale de la population.

Compte tenu de la situation critique qui règne dans les hôpitaux en termes de débordement provoquant, entre autres, des délestages inquiétants, et du taux d’absentéisme alarmant du personnel médical, je suis plutôt de l’avis des experts, à savoir que le Québec devrait être remis sur pause pendant deux semaines pour permettre au réseau de la santé de faire le plein d’oxygène et de démarrer la nouvelle année dans un meilleur état.  

quebechebdo tribune libre 9 décembre 2020

La loi 21 entre mauvaises mains

9 décembre 2020


Frédéric Bastien, historien et ex-candidat à la direction du Parti québécois, a déposé une plainte au conseil de la magistrature contre le juge Marc-André Blanchard, celui-là même qui devra trancher le débat sur la loi de la laïcité, parce qu’il aurait validé les propos controversés de Me Azim Hussain comparant la loi 21 à des lois raciales.


À titre d’exemples, Me Hussain aurait comparé le loi 21 aux lois de Nuremberg, des lois raciales nazies discriminant la communauté juive, et aux lois ségrégationnistes sud-américaines forçant, entre autres, les individus de couleur à s’asseoir à l’arrière dans les autobus.


Loin de de se dissocier des comparaisons outrancières de l’avocat et de le ramener à l’ordre, le juge est allé jusqu’à valider les arguments de Me Hussain. Or, selon Frédéric Bastien, le magistrat aurait dû couper court à ces propos démesurés et « rabrouer » l’avocat, au lieu de renchérir avec des exemples similaires.


Dans cette foulée, Frédéric Bastien dénonce aussi des paroles « partiales » émises par le juge lors d’un échange précédent, où le magistrat aurait dit que « quant à [lui], il n’y a aucun doute qu’il y a des droits fondamentaux qui sont violés » par la loi 21, un commentaire anti déontologique selon l’historien puisque les avocats qui se portent à la défense de la loi 21 n’ont pas encore plaidé. 


Sans être un expert en droit, il m’apparaît évident que le juge a erré eu égard au code de déontologie lié à sa fonction et qu’il doit être de facto remplacé sur-le-champ, à défaut de quoi la loi 21 est condamnée à être jugée inconstitutionnelle.

vigile.quebec tribune libre 7 décembre 2020

Le franco-québécois, « une langue belle »

9 décembre 2020

Par les temps qui courent, le français d’ici, le franco-québécois, fait l’objet d’un mouvement de solidarité de la part de nombreux groupes de défense, notamment en raison de l’anglicisation galopante de la Métropole.

Toutefois, mon intention ici n’est pas de vous entretenir des tenants et aboutissant de ces débats qui sont par ailleurs fort utiles, voire nécessaires, mais plutôt de mettre l’accent sur la beauté et la richesse du français parlé ici au Québec, partant du principe qu’on ne protège bien que ce que l’on connaît bien.

Je vous propose de partir de ce quatrain de la magnifique chanson d’Yves Duteil « La langue de chez nous » : « C'est une langue belle à qui sait la défendre/ Elle offre les trésors de richesses infinies/ Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre/ Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie ».

Revenons si vous le voulez bien sur le premier vers : « C'est une langue belle à qui sait la défendre ». Partant de là, nous entrons dans le vif du sujet, à savoir la manière de défendre notre « langue belle » ici au Québec. Encore faut-il se rappeler qu’ « Elle a [d’abord] jeté des ponts par-dessus l'Atlantique… et  « quitté son nid pour un autre terroir » pour parvenir en Nouvelle-France, et qu’elle a dû subir en 1759 un choc linguistique percutant de la part des conquérants anglais.

Imaginez toute l’énergie et le courage des Canadiens-français conquis de l’époque qu’ils ont dû déployer pour défendre leur langue. Il faudra attendre la naissance du Haut et du Bas-Canada Canada, soit l’Ontario et le Québec d’aujourd’hui, pour que le français reprenne, non sans heurt, ses lettres de noblesse en terre d’Amérique. Depuis lors, avec l’arrivée des autres provinces anglophones au sein du Canada, le Québec français est devenu de plus en plus isolé. Et encore aujourd’hui, les Québécois francophones, qui détiennent une majorité qui s’effrite peu à peu, doivent régulièrement monter aux barricades pour protéger leur langue.

Le français du Québec, à l’exemple de leurs parlants, est une langue fière qui a traversé les mers pour s’établir ici dans ce vaste pays de froids et de longs hivers. Le français du Québec est une langue riche dans laquelle vivent en harmonie des amérindianismes et des québécismes qui nous caractérisent en tant que peuple parlant le franco-québécois.

En ces temps de grande turbulence où le français au Québec semble parfois bien fragile, grand bien lui ferait qu’il soit appuyé fermement par les Québécois de souche par respect pour leurs ancêtres qui ont su, à grands coups de gestes courageux, lui conserver la vigueur qu’il manifeste encore aujourd’hui.

Enfin, je vous laisse sur cette réflexion de Saint-Exupéry « Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer ».

vigile.quebec tribune libre 7 décebre 2020

Les réseaux sociaux, des bombes à retardement

7 décembre 2020

Selon Statistique Canada, pour l’année 2019, la ville de Québec affiche le quatrième taux le plus élevé au pays par 100 000 habitants eu égard aux crimes haineux, un phénomène qui découle, selon le maire de la Capitale nationale, Régis Labeaume, de la mouvance conspirationniste et complotiste. Soit!

Toutefois si nous poussons plus à fond la réflexion sur l’accroissement des crimes haineux, je suis d’avis que l’ambiance de « bars ouverts » qui règne sur les réseaux sociaux contribue fortement à attiser les tensions entre certains « autodidactes proclamés », des tensions qui peuvent dégénérer en violence verbale et ultimement, à commettre l’irréparable.

À titre d’exemple de dérapage récent lié aux médias sociaux, on peut citer cet événement où quelques « maîtres à penser autodésignés » se sont littéralement insurgés sur les médias sociaux contre le fait que le premier ministre Legault avait placé sur sa liste de livres un ouvrage du « méchant » Mathieu Bock-Côté qui ose afficher sa position sur le racisme systémique. Une attaque en règle contre la liberté d’expression, une pierre angulaire de l’essence même de la littérature.

Toutefois, le cas le plus dramatique qui s’est produit ici au Québec depuis mars 2020 réside dans un mouvement de complotistes et de conspirationnistes qui colportent sur les médias sociaux toutes sortes d’idées toutes plus saugrenues et farfelues les unes que les autres pour justifier leur délinquance par la non-application des mesures sanitaires fixées par la Santé publique pour lutter contre la COVID-19.

Par ailleurs, le 23 septembre dernier, une enseignante d’histoire à l’Université d’Ottawa, Verushka Lieutenant-Duval, a employé dans le cadre d’un cours en ligne le « mot en N », son intention étant d’expliquer à ses élèves que certaines communautés s’étaient réapproprié des termes, comme le mot commençant par la lettre « N ». L’enseignante a été suspendue quelques jours, à la suite d'une plainte d'une étudiante à ce sujet via les médias sociaux. Cette suspension a créé un vif débat quant à l’utilisation du mot tabou entre les murs universitaires. Une lettre signée par 34 professeurs de l’Université d’Ottawa, exprimant leur désaccord au traitement de Mme Lieutenant-Duval et publiée dans divers médias, a précisé que l’université demeurait « un lieu de débats, un lieu, aussi, d’exploration des réalités de l’histoire ». L’enseignante a finalement été réintégrée dans ses fonctions.

Enfin, de l’autre côté de l’Atlantique, plus précisément en France, le lundi 5 octobre, un professeur d'histoire-géographie donne un cours sur la liberté d'expression à ses élèves. Pour illustrer son propos, il décide de montrer des caricatures de Mahomet. Il aurait demandé à ceux qui le souhaitaient de sortir si cela les dérangeait. Le jeudi 8 octobre, le père d'une élève du collège, qui ne fréquentait même pas la classe de l’enseignant en question, décide de porter plainte contre le professeur. Il poste également une vidéo sur les réseaux sociaux pour interpeller sur l'attitude du professeur. Le vendredi 16 octobre, un jeune homme de 18 ans attaque le professeur avec un couteau et le décapite sur-le-champ.

Je ne prétends pas connaître la solution à ce phénomène malsain, voire pernicieux, qui émane souvent des médias sociaux. Néanmoins, ce que je sais, c’est que, aussi longtemps que les violences verbales et les attaques personnelles envahiront les réseaux sociaux, ils demeureront de facto des bombes à retardement!

vigile.quebec tribune libre 4 décembre 2020